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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

La petite Delphine Renard
1962, la fin de la guerre d'Algérie

il y a cinquante ans, le 7 février 1962, un attentat de l’OAS…

Le 7 février 1962,

La petite Delphine Renard
La petite Delphine Renard
dix charges de plastic explosent à la porte du domicile parisien d’hommes politiques, d’intellectuels, de journalistes. Sept blessés.
Parmi les blessés une fillette âgée de quatre ans et demi, Delphine Renard. Elle jouait dans sa chambre quand une charge de plastic destinée à André Malraux, qui habitait le même immeuble de Boulogne-sur-Seine, explose devant ses fenêtres. Delphine est gravement atteinte, elle finira par perdre la vue.

Plusieurs syndicats et partis de gauche appellent à une manifestation à Paris pour le lendemain, 8 février 1962, afin de protester contre cette vague d’attentats de l’OAS. Ce sera Charonne.

Aujourd’hui, Delphine Renard prend la parole pour dire sa révolte devant les «attentats à la vérité [commis] en honorant ceux qui ont eu recours à la barbarie pour tenter de renverser l’ordre démocratique», devant le négationnisme entretenu au plus haut de l’État. Nous reprenons sa tribune, pour l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS – Anpromevo 1 –, publiée le 7 février sur LeMonde.fr. 2

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Paul Teitgen par Marie Bellando-Mitjans
Bigeard aux Invalides ?

Bigeard : recul du gouvernement – le transfert aux Invalides ne doit pas se faire

Gérard Longuet vient d’annoncer le “report” du transfert des restes du général Bigeard aux Invalides 3. Le collectif qui s’était créé pour protester contre cette manoeuvre politicienne s’en félicite tout en demandant l’annulation définitive de ce projet.

Nous remercions les 9 500 signataires de la pétition qui ont permis de parvenir à ce résultat. L’un d’entre eux nous a autorisé à reproduire ci-dessous la lettre qu’il a adressée au président de la République.

Faisons un vœu : Paul Teitgen au Panthéon !

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Le 17 octobre 1961

manifestations organisées pour le cinquantenaire des massacres d’octobre 1961

Le Collectif 17 octobre 1961, dont le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples) et la Ldh (Ligue des droits de l’Homme) font partie, a demandé dans un communiqué publié le 3 octobre 2011, «que les plus hautes autorités reconnaissent les massacres commis par la police parisienne le 17 octobre 1961 et les jours suivants comme crime d’Etat».

« Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyens d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières», ajoute le communiqué.

La requête est faite chaque année. Elle avait un relief particulier à quelques jours de la célébration du 50e anniversaire de la répression à Paris de
la manifestation algérienne du 17 octobre 1961, qui avait fait plus de 200
morts selon des historiens.

  • De nouveaux ouvrages sont publiés et de nouveaux films sortent en salle ; certains sont présentés sur ce site.
  • Pour commémorer le drame, des manifestations – concerts, débats, projections de films… – ont été organisées à Paris, en banlieue et en province. Certaines sont présentées ci-dessous4.

[Mis en ligne le 5 octobre 2011, mis à jour le 3 février 2012]

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Bouclage d'un douar
1962, la fin de la guerre d'Algérie

que cherche-t-on en refusant de célébrer le 19 mars ?

«C’était à la fin février 1960 peut-être le 26, c’est-à-dire le jour de mes 20 ans. C’était l’après-midi. J’étais dans ma classe de CM1 à l’école de La Plaine à Bédarieux. Envoyé par Monsieur Espitalier, le directeur du cours complémentaire, qui était aussi le directeur de l’école primaire, un élève est venu m’apporter un courrier. Il s’agissait de ce que dans la région on appelait “la billette”. C’était l’avis de mon affectation pour effectuer mon service militaire. Il m’était ordonné de me rendre au Camp Sainte Marthe le 1er mars à Marseille afin de prendre le bateau pour Oran … (lire la suite

Nous reprenons ci-dessous deux extraits récents du blog de cet ancien appelé pour faire la guerre en Algérie. En espérant qu’il fait erreur quand il affirme «qu’il n’y a pas de dialogue possible avec des gens qui n’ont rien appris et rien oublié !»

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Le 17 octobre 1961

“la police parisienne et les Algériens (1944-1962)”, par Emmanuel Blanchard

Le « problème nord-africain » : c’est ainsi que la police avait pris l’habitude de qualifier après-guerre la question des immigrés algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes. Pour comprendre ce qui a rendu possible l’explosion des violences policières du 17 octobre 1961, l’historien Emmanuel Blanchard, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip), s’est intéressé à l’emprise policière sur ces immigrés au cours des deux décennies précédentes. Dans son livre récemment publié, La Police parisienne et les Algériens (1944-1962)5 dont l’épilogue est reprise sur ce site, il met en évidence grâce à un travail sur des archives et des témoignages inédits, la manière dont les pratiques des fonctionnaires chargés de la sécurité ont contribué à créer ce «problème nord-africain».

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Emmanuel Blanchard a abordé ce sujet, lors du colloque “Nanterre ne veut pas oublier” qui s’est tenu, le 15 octobre 2011, à la Maison de la Musique de Nanterre. Voici le texte de son intervention, basé sur la transcription qu’en a faite Christine Excoffier6 et revue par Emmanuel Blanchard.

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Photos de disparus au mémorial Gisozi de Kigali [source : Reuters]
Légiférer sur l'histoire ?

Le droit à la recherche sur les génocides et sur les négationnismes, par Jean-Pierre Chrétien

L’adoption, le 23 janvier dernier, de la loi “visant à réprimer la contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi” ne met pas un terme aux controverses sur ce sujet. Dans le texte repris ci-dessous, publié le 17 janvier sur le site du Comité de vigilance face aux usages publics de l’Histoire (CVUH), Jean-Pierre Chrétien, historien spécialiste reconnu de l’histoire de l’Afrique des Grands lacs, inquiet du caractère superficiel de nombreux commentaires suscités par cette loi, rappelle la gravité spécifique de la question des génocides, souligne la virulence en France d’un courant déniant la réalité du génocide des Tutsi rwandais en 1994 et demande que soit garanti « le droit de qualifier un négationnisme contre les harcèlements judiciaires, tout en refusant la pénalisation juridique de celui-ci. » Il conclut : « Ces débats ne doivent pas se régler dans des prétoires. »

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Paul Teitgen par Marie Bellando-Mitjans
La grande répression d'Alger 1957

Alexis Jenni : “Paul Teitgen dans l’ombre comptait les morts”

En exergue de son livre L’art français de la guerre, Alexis Jenni cite Pascal Quignard : « Qu’est-ce qu’un héros ? Ni un vivant ni un mort, un […] qui pénètre dans l’autre monde et qui en revient ».

Alexis Jenni pensait-il alors à Paul Teitgen ? C’est tout à fait vraisemblable, car un peu plus loin dans son livre on peut lire cet extrait qu’il nous a aimablement autorisé à reprendre.7

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Affiche reprenant un dessin original de l'artiste Ernest Pignon-Ernest.
1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloque Nice 10-11 février 2012 : 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie

La section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme organise à Nice un colloque pour le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Les manifestations se dérouleront sur deux jours :

  • vendredi 10 février à 18h30 : représentation de Le contraire de l’amour, d’après le Journal (1955-1962) de Mouloud Feraoun
  • samedi 11 février de 9h à 17h30, le colloque proprement dit.

Ces différents événements se tiendront tous au CLAJ de Cimiez, 26 avenue Scuderi à Nice.

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Lois mémorielles et clientélisme électoral, par Esther Benbassa

Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études (Sorbonne) et sénatrice Europe Ecologie – les Verts du Val-de-Marne, a publié une tribune dans Libération le 17 janvier 2012 que nous reproduisons ici. Elle explique pourquoi elle votera contre la proposition de loi « visant à réprimer la contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi » qui sera discutée au Sénat le 23 janvier prochain8. Ses derniers ouvrages parus : La Souffrance comme identité (Pluriel, 2010), et De l’impossibilité de devenir français, publié le 18 janvier 2012.

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Charonne 8 février 1962

Charonne ou l’oubli impossible

Le 8 février 1962, au moment de la dispersion d’une manifestation contre les attentas de l’OAS, la police charge violemment les manifestants devant le métro Charonne. Il y aura 9 morts. Aujourd’hui, 50 ans après, comme pour la répression de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961, la vérité sur ce massacre n’a toujours pas été reconnue…

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Les sections Paris 10-11 et Paris 20 de la LDH organisent, lundi 6 février, dans la grande salle de l’AGECA9, une projection-débat :
– 20h : projection du film de Daniel Kupferstein Mourir à Charonne, pourquoi ?
– 21h, débat avec Gilles Manceron, historien, responsable du groupe de travail de la LDH “Histoire, mémoires et archives”, Daniel Kupferstein, réalisateur et Jean-Luc Einaudi, auteur du livre Octobre 61, un massacre à Paris.

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Aujourd’hui paraît Dans l’ombre de Charonne, récit graphique bouleversant de ces évènements tragiques. Désirée (texte) et Alain Frappier (dessin) ont nourri leur ouvrage du témoignage d’une rescapée du drame, Maryse Douek, jeune fille originaire d’Egypte, alors âgée de 17 ans et devenue depuis sociologue. Nous reprenons la préface que Benjamin Stora a écrite pour ce témoignage dramatique.

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Jean-François Bayart et la proposition de loi pénalisant la négation des “génocides reconnus”

La sympathie que l’on éprouve pour la cause de la reconnaissance du génocide arménien ne saurait conduire à approuver la proposition de loi votée par l’Assemblée nationale le 22 décembre 2011 et qui sera discutée au Sénat en séance publique le 23 janvier 2012. Elle punirait d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui « contestent ou minimisent de façon outrancière un génocide reconnu comme tel par la loi française »10. C’est le point de vue que Jean-François Bayart développe dans cet article publié originellement par Mediapart, en rappelant les dangers d’une histoire d’État.

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Bigeard aux Invalides ?

Bigeard et la bataille d’Alger

La scène inaugurale du film La Bataille d’Alger, de Gillo Pontecorvo, représente un pauvre bougre, totalement détruit, hagard, marqué sur son corps. On comprend très vite qu’il vient d’être torturé, puis qu’il a parlé, sous l’effet de la douleur. Apparaît alors celui qui a ordonné cet acte de barbarie.
On apprend qu’il s’appelle le colonel Mathieu. Celui-ci devient ensuite le personnage central de ce film.
Mathieu qui défile, fier, à la tête de ses paras, dans les rues d’Alger… Mathieu qui ferraille verbalement, à distance, avec Jean-Paul Sartre… Mathieu qui justifie, aux yeux du monde entier, lors d’une conférence de presse, l’usage de la torture…
Mathieu qui exhibe Larbi Ben M’Hidi comme une prise de guerre… En 1966, les spectateurs ne s’y sont pas trompés : Mathieu, c’était Bigeard, bel et bien l’homme de cette Bataille, plus que ses supérieurs, les généraux Massu et Salan.

C’est la raison pour laquelle le Collectif Non à Bigeard aux Invalides avait pris l’initiative de programmer ce film, mercredi 11 janvier 2012 à 20h, au cinéma La Clef (Paris 5e).

Après une courte introduction de Rosa Moussaoui, puis quelques mots de Catherine Coquery Vidrovitch, l’historien Alain Ruscio introduisait le film devant une salle comble. Voici sa présentation.

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