Nicolas Sarkozy aux Harkis : “maintenant, pardonnez !”
Lors de sa campagne électorale de 2007, M. Sarkozy avait promis, s’il était élu, de reconnaître «officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis» – un engagement que leurs associations lui reprochent de ne pas avoir encore tenu. Depuis plusieurs années, la Ligue des droits de l’Homme appuie cette revendication, et demande également que notre pays reconnaisse qu’il a mené une «politique discriminatoire vis-à-vis de ceux qui ont pu néanmoins gagner la France avec leur famille et qui ont été parqués dans des camps dans des conditions indignes.»
Nicolas Sarkozy a consacré une partie de la journée de vendredi 9 mars aux électeurs pied-noirs ou harkis dont il a rencontré à Nice un panel de représentants soigneusement sélectionnés. «Les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l’endroit de ceux qu’elles auraient dû protéger», a-t-il déclaré à l’intention des Harkis, sans préciser s’il s’exprimait en tant que candidat ou comme président. Il a poursuivi : « la République doit reconnaître qu’il y a eu une forme d’injustice, d’abandon ; c’est fait… », avant de leur intimer : «maintenant, pardonnez, parce que la République a besoin de vous».
De telles déclarations ne répondent pas à l’attente de l’association Harkis et droits de l’Homme, et on peut douter qu’elles permettent de tourner la “page noire” évoquée par Tzvetan Todorov.



