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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Histoire de l’Algérie à la période coloniale, 1830-1962 », une histoire sans tabous

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les éditions La Découverte à Paris et Barzakh à Alger ont réalisé un ouvrage collectif sur l’Algérie à la période coloniale (1830-1962), nourri des nombreux travaux historiques produits ces dernières années. Ecrit par des auteurs algériens, français ou anglo-saxons, il replace la guerre d’indépendance dans le temps long de la période coloniale. Il propose une histoire sans tabous, indispensable à l’heure où la permanence des mémoires blessées et des récits biaisés continue à entretenir, de part et d’autre de la Méditerranée, des tensions qui doivent enfin pouvoir être dépassées. En voici l’introduction suivie de la liste des auteur(e)s.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Un dictionnaire des mots français d’origine arabe, par Salah Guemriche

Salah Guemriche attire notre attention dans ce livre sur les mots français — comme bougie ou mazagran — “empruntés” par le français à l’Algérie. Son Dictionnaire des mots français d’origine arabe (et, pour un certain nombre, turque et persane), retrace l’histoire de près de 400 mots — arobase, zéro, douane, houle, récif, abricot, zéro, algèbre, alcool, café, chimie, calibre, échecs, hasard, jupe, lilas, magasin, masser, matelas, nénuphar, pyjama, raquette, risque, sirop, tarif, truchement, zénith… —, leur étymologie, leur évolution orthographique, leurs usages anciens et modernes, le tout agrémenté d’une anthologie de textes allant de Rabelais à Houellebecq. Ci-dessous, une présentation de cet ouvrage qu’Assia Djebar a jugé « d’une valeur éducative exceptionnelle », et qui apporte de quoi méditer la question de l’« intégration » sous un jour nouveau.

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La restitution des objets et restes mortuaires coloniaux

Alger veut récupérer “Baba Merzoug”

L’Algérie aurait demandé1 à la France de lui restituer le célèbre canon Baba Merzoug, pris comme trophée de guerre le 5 juillet 1830, au lendemain de la chute d’Alger et exposé depuis dans le port militaire de Brest sous le nom de La Consulaire … La France acceptera-t-elle de remettre à l’Algérie ce symbole de sa puissance impériale passée ?

La fondation algérienne “Casbah” réclame également les crânes de célèbres résistants algériens à la conquête coloniale au cours du 19e siècle – notamment Boubaghla, Bouziane et Derkaoui – qui sont actuellement conservés au Museum national d’histoire naturelle de Paris.

On ne peut manquer de rapprocher ces demandes algériennes de deux événements récents : la restitution à la Corée du Sud de plusieurs centaines de manuscrits royaux, et la remise à la Nouvelle-Zélande des têtes maories qui se trouvaient dans des musées français.

[Mis en ligne le 5 août 2012, mis à jour le 7]

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

le congrès de la Soummam 56 ans après, quelle histoire pour 50 ans d’indépendance ?

Après les colloques d’historiens organisés à Alger, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, par La Tribune et par El Watan, deux journées de rencontre-débats consacrées au Congrès de la Soummam se sont tenues les 12 et 13 juillet 2012 à Ifri-Ouzellaguen, lieu où s’est déroulé l’“acte fondateur” de l’État algérien en août 19562.

C’est une association de jeunes, l’AAJ Horizons d’Ouzellaguen, animés de la volonté de «libérer les activités culturelles de la commune» de la routine des «anniversaires de circonstances» et de «favoriser l’action durable et continue, où le citoyen sera constamment sollicité et sensibilisé», qui a organisé non sans mal ces deux journées et défini leur programme.

Des rencontres dont l’historien Daho Djerbal a souligné l’originalité, dans un entretien donné au quotidien L’Expression : «D’habitude, on se retrouve dans des colloques universitaires ou dans des cérémonies organisées par des partis, ou par d’autres institutions officielles de l’Etat. Donc, pas de dialogue. Mais à cette occasion, il y a eu un dialogue, “un débat entre histoire et mémoire”. Cela est le premier aspect qui est très important. Il y avait à la fois des gens âgés qui ont connu et vécu la période» et des jeunes, notamment «de l’association Horizons qui a pris l’initiative d’organiser cette rencontre.3»

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Sonia Combe : il faut réviser la loi sur les archives

La ministre de la culture aurait l’intention de réviser la loi sur les archives, et notamment de remettre en cause la catégorie d’archives dites « incommunicables ». Alors qu’un rapport d’expert vient de mettre en évidence un lien entre radiations et cancers, une telle décision rendrait accessibles des dossiers concernant des essais nucléaires français au Sahara ou en Polynésie, et permettrait l’indemnisation de personnes irradiées.

L’historienne Sonia Combe, auteur de Archives interdites. L’histoire confisquée (La Découverte, 3e édition, 2010), plaide pour la révision de cette loi des archives, dans une tribune publiée sur Le Monde.fr le 20 juillet 2012 et reprise ci-dessous.

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Essais nucléaires : un rapport fait le lien entre radiations et cancers

Un expert épidémiologiste vient de remettre à la justice un rapport établissant un « lien vraisemblable » entre les retombées radioactives des essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie et les cancers de personnes présentes sur place à l’époque. Ces nouvelles expertises devraient relancer les débats pour un élargissement des conditions d’indemnisation des victimes.

L’expert, Florent de Vathaire, conclut à un lien probable pour 6 personnes sur les 15 « expertisées », tant en Algérie qu’en Polynésie. « En rassemblant de nombreux éléments, j’ai pu construire un faisceau de présomptions qui permet de dire que le lien entre les retombées radioactives et les maladies est vraisemblable pour certains des cas expertisés », a-t-il déclaré au Parisien.

Ces résultats marquent une étape importante : jusqu’à présent, seuls quatre dossiers sur 720 portés par l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) ont été retenus par le comité compétent pour les indemnisations des victimes. Reste une difficulté : une partie des dossiers sont classés «secret-défense» ou même «incommunicables» ! D’où l’importance de l’intention prêtée à la ministre de la culture de réformer la loi sur les archives.

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Au Festival d’Avignon : “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby

La pièce “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby qui est donnée en 2012 au Festival d’Avignon (off) est une sorte de « Roméo et Juliette » dans l’Algérie de 1963. Ce spectacle, mis en scène par Geneviève Rozental, joué du 7 au 28 juillet 2012 à 11h, à l’Espace Roseau (8 rue Pétramale, Avignon), soutenu par la LDH, pose la question : l’Algérie d’après 1962 a-t-elle vraiment accepté les Européens qui ont voulu rester après l’indépendance ? Des débats sont organisés autour de cette pièce après certaines représentations.

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Les anciens départements d'Algérie (1848-1957) : Oran, Alger, Constantine.
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Gilles Manceron : la nécessaire reconnaissance du passé colonial

La loi de 2005 sur la «colonisation positive» et le thème du «refus de la repentance» développé par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2007 ont encouragé les nostalgiques de l’Algérie française et de l’époque coloniale en général, et contribué à légitimer les discours racistes.

Un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, sera-t-il enfin possible de poser un regard apaisé sur celle-ci et sur la colonisation qui l’a précédée ? Sans «repentance», mais également sans occultation et sans instrumentalisation officielle. Comme Gilles Manceron, co-responsable du groupe de travail «Mémoire, histoire, archives» de la LDH, l’expose ci-dessous, cette question concerne toute la société et pas seulement les historiens
4.

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Le 17 octobre 1961

 14 juillet 1953 : répression coloniale, place de la Nation

Les massacres d’Algériens, à Paris, en octobre 1961 font partie de la mémoire collective française – ils ont même été officiellement reconnus il y a quelques mois par le président de la République (note ajoutée le 15 juillet 2013). Il n’en est pas de même pour la violente répression qui a frappé des Algériens à Paris le 14 juillet 1953. Ce jour-là, un important cortège de travailleurs algériens s’était formé, encadré par le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) de Messali Hadj. Ils scandaient “Non au colonialisme !”, “Nous voulons l’indépendance !” … Place de la Nation, les forces de l’ordre ont chargé ; des policiers ont tiré – il y aura 7 morts, six jeunes ouvriers algériens et un métallurgiste français, syndicaliste CGT.

Pour rappeler cet événement quasiment oublié, nous reprenons ci-dessous des extraits du chapitre que l’historien Emmanuel Blanchard lui a consacré dans son livre La police parisienne et les Algériens 5.

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l’appel “France – Algérie : dépasser le contentieux historique”

Cet appel a été lancé le 30 novembre 2007, mais il n’a rien perdu de son actualité. Rédigé à l’initiative d’historiens français et algériens, ce texte s’adresse « aux plus hautes autorités de la République française » pour « faire advenir une ère d’échanges et d’amitié entre les deux pays, et au-delà, entre la France et les pays indépendants issus de son ancien empire colonial ». Une version en arabe est également téléchargeable.

La pétition pouvait être signée en ligne, et il en existe une version imprimable, à l’intention de ceux qui ne disposent pas de connection internet. Lancée avec 167 premiers signataires dont vous trouverez la liste ci-dessous, elle devait recevoir 1483 signatures supplémentaires à partir de sa mise en ligne le 30 novembre 2007. Au total 1 650 signatures provenant des deux rives de la Méditerranée.

[La pétition a été mise en ligne le 30 novembre 2007.

Cette page a été mise à jour le 14 juillet 2012, puis le 23 mars 2015]
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comme les Blancs et les Noirs d’Afrique du Sud, comme la France et l’Allemagne, l’Algérie et la France doivent sortir des conflits du passé

Il y a cinq ans, des historiens des deux rives de la Méditerranée avaient lancé un appel à dépasser le contentieux historique franco-algérien. Les signataires, récusant le terme de «repentance» pour sa connotation religieuse, appelaient les plus hautes autorités de la République française à «reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie».

Aujourd’hui, on ne peut malheureusement que constater l’absence de progrès dans cette direction. C’est sans doute la raison pour laquelle, après avoir rappelé le lourd passé de la France en Algérie, le politologue Mustapha Benchenane (Université Paris-Descartes) conclut une tribune publiée dans le Quotidien d’Oran le 5 juillet 2012, en écrivant : «Ce que les Français et les Allemands ont réussi, ce que les noirs et les blancs sont parvenus à surmonter en Afrique du Sud, devrait aussi être à la portée des Algériens et des Français..» Dans le même registre, l’universitaire Brahim Senouci plaide, également dans le Quotidien d’Oran, le 12 juillet 2012, pour que la France suive l’exemple de l’Allemagne en reconnaissant et en assumant son passé.

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