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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

le congrès de la Soummam 56 ans après, quelle histoire pour 50 ans d’indépendance ?

Après les colloques d’historiens organisés à Alger, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, par La Tribune et par El Watan, deux journées de rencontre-débats consacrées au Congrès de la Soummam se sont tenues les 12 et 13 juillet 2012 à Ifri-Ouzellaguen, lieu où s’est déroulé l’“acte fondateur” de l’État algérien en août 19561.

C’est une association de jeunes, l’AAJ Horizons d’Ouzellaguen, animés de la volonté de «libérer les activités culturelles de la commune» de la routine des «anniversaires de circonstances» et de «favoriser l’action durable et continue, où le citoyen sera constamment sollicité et sensibilisé», qui a organisé non sans mal ces deux journées et défini leur programme.

Des rencontres dont l’historien Daho Djerbal a souligné l’originalité, dans un entretien donné au quotidien L’Expression : «D’habitude, on se retrouve dans des colloques universitaires ou dans des cérémonies organisées par des partis, ou par d’autres institutions officielles de l’Etat. Donc, pas de dialogue. Mais à cette occasion, il y a eu un dialogue, “un débat entre histoire et mémoire”. Cela est le premier aspect qui est très important. Il y avait à la fois des gens âgés qui ont connu et vécu la période» et des jeunes, notamment «de l’association Horizons qui a pris l’initiative d’organiser cette rencontre.2»

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Sonia Combe : il faut réviser la loi sur les archives

La ministre de la culture aurait l’intention de réviser la loi sur les archives, et notamment de remettre en cause la catégorie d’archives dites « incommunicables ». Alors qu’un rapport d’expert vient de mettre en évidence un lien entre radiations et cancers, une telle décision rendrait accessibles des dossiers concernant des essais nucléaires français au Sahara ou en Polynésie, et permettrait l’indemnisation de personnes irradiées.

L’historienne Sonia Combe, auteur de Archives interdites. L’histoire confisquée (La Découverte, 3e édition, 2010), plaide pour la révision de cette loi des archives, dans une tribune publiée sur Le Monde.fr le 20 juillet 2012 et reprise ci-dessous.

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Essais nucléaires : un rapport fait le lien entre radiations et cancers

Un expert épidémiologiste vient de remettre à la justice un rapport établissant un « lien vraisemblable » entre les retombées radioactives des essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie et les cancers de personnes présentes sur place à l’époque. Ces nouvelles expertises devraient relancer les débats pour un élargissement des conditions d’indemnisation des victimes.

L’expert, Florent de Vathaire, conclut à un lien probable pour 6 personnes sur les 15 « expertisées », tant en Algérie qu’en Polynésie. « En rassemblant de nombreux éléments, j’ai pu construire un faisceau de présomptions qui permet de dire que le lien entre les retombées radioactives et les maladies est vraisemblable pour certains des cas expertisés », a-t-il déclaré au Parisien.

Ces résultats marquent une étape importante : jusqu’à présent, seuls quatre dossiers sur 720 portés par l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) ont été retenus par le comité compétent pour les indemnisations des victimes. Reste une difficulté : une partie des dossiers sont classés «secret-défense» ou même «incommunicables» ! D’où l’importance de l’intention prêtée à la ministre de la culture de réformer la loi sur les archives.

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Au Festival d’Avignon : “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby

La pièce “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby qui est donnée en 2012 au Festival d’Avignon (off) est une sorte de « Roméo et Juliette » dans l’Algérie de 1963. Ce spectacle, mis en scène par Geneviève Rozental, joué du 7 au 28 juillet 2012 à 11h, à l’Espace Roseau (8 rue Pétramale, Avignon), soutenu par la LDH, pose la question : l’Algérie d’après 1962 a-t-elle vraiment accepté les Européens qui ont voulu rester après l’indépendance ? Des débats sont organisés autour de cette pièce après certaines représentations.

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Les anciens départements d'Algérie (1848-1957) : Oran, Alger, Constantine.
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Gilles Manceron : la nécessaire reconnaissance du passé colonial

La loi de 2005 sur la «colonisation positive» et le thème du «refus de la repentance» développé par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2007 ont encouragé les nostalgiques de l’Algérie française et de l’époque coloniale en général, et contribué à légitimer les discours racistes.

Un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, sera-t-il enfin possible de poser un regard apaisé sur celle-ci et sur la colonisation qui l’a précédée ? Sans «repentance», mais également sans occultation et sans instrumentalisation officielle. Comme Gilles Manceron, co-responsable du groupe de travail «Mémoire, histoire, archives» de la LDH, l’expose ci-dessous, cette question concerne toute la société et pas seulement les historiens
3.

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Le 17 octobre 1961

 14 juillet 1953 : répression coloniale, place de la Nation

Les massacres d’Algériens, à Paris, en octobre 1961 font partie de la mémoire collective française – ils ont même été officiellement reconnus il y a quelques mois par le président de la République (note ajoutée le 15 juillet 2013). Il n’en est pas de même pour la violente répression qui a frappé des Algériens à Paris le 14 juillet 1953. Ce jour-là, un important cortège de travailleurs algériens s’était formé, encadré par le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) de Messali Hadj. Ils scandaient “Non au colonialisme !”, “Nous voulons l’indépendance !” … Place de la Nation, les forces de l’ordre ont chargé ; des policiers ont tiré – il y aura 7 morts, six jeunes ouvriers algériens et un métallurgiste français, syndicaliste CGT.

Pour rappeler cet événement quasiment oublié, nous reprenons ci-dessous des extraits du chapitre que l’historien Emmanuel Blanchard lui a consacré dans son livre La police parisienne et les Algériens 4.

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l’appel “France – Algérie : dépasser le contentieux historique”

Cet appel a été lancé le 30 novembre 2007, mais il n’a rien perdu de son actualité. Rédigé à l’initiative d’historiens français et algériens, ce texte s’adresse « aux plus hautes autorités de la République française » pour « faire advenir une ère d’échanges et d’amitié entre les deux pays, et au-delà, entre la France et les pays indépendants issus de son ancien empire colonial ». Une version en arabe est également téléchargeable.

La pétition pouvait être signée en ligne, et il en existe une version imprimable, à l’intention de ceux qui ne disposent pas de connection internet. Lancée avec 167 premiers signataires dont vous trouverez la liste ci-dessous, elle devait recevoir 1483 signatures supplémentaires à partir de sa mise en ligne le 30 novembre 2007. Au total 1 650 signatures provenant des deux rives de la Méditerranée.

[La pétition a été mise en ligne le 30 novembre 2007.

Cette page a été mise à jour le 14 juillet 2012, puis le 23 mars 2015]
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comme les Blancs et les Noirs d’Afrique du Sud, comme la France et l’Allemagne, l’Algérie et la France doivent sortir des conflits du passé

Il y a cinq ans, des historiens des deux rives de la Méditerranée avaient lancé un appel à dépasser le contentieux historique franco-algérien. Les signataires, récusant le terme de «repentance» pour sa connotation religieuse, appelaient les plus hautes autorités de la République française à «reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie».

Aujourd’hui, on ne peut malheureusement que constater l’absence de progrès dans cette direction. C’est sans doute la raison pour laquelle, après avoir rappelé le lourd passé de la France en Algérie, le politologue Mustapha Benchenane (Université Paris-Descartes) conclut une tribune publiée dans le Quotidien d’Oran le 5 juillet 2012, en écrivant : «Ce que les Français et les Allemands ont réussi, ce que les noirs et les blancs sont parvenus à surmonter en Afrique du Sud, devrait aussi être à la portée des Algériens et des Français..» Dans le même registre, l’universitaire Brahim Senouci plaide, également dans le Quotidien d’Oran, le 12 juillet 2012, pour que la France suive l’exemple de l’Allemagne en reconnaissant et en assumant son passé.

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les disparus d’Algérie, par Raphaëlle Branche

Le 5 juillet, l’Algérie a fêté le cinquantième anniversaire de son indépendance. La dure lutte qu’il a fallu mener pour arracher cette liberté à la puissance coloniale française, présente pendant plus de cent trente ans sur le sol algérien, a été commémorée dans toutes les communes d’Algérie, devant les monuments aux martyrs.

Dans cette tribune publiée dans Le Monde daté du 8 juillet 2012, l’historienne Raphaëlle Branche, spécialiste de la guerre d’Algérie et des questions de violence en situation coloniale, lance un appel pour qu’un hommage soit rendu à tous les anonymes qui y ont perdu la vie d’un côté ou de l’autre5.

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colloque d’El Watan : après l’histoire, le présent

Comme Omar Belhouchet, directeur d’El Watan, l’a déclaré le premier jour, l’un des deux axes du colloque organisé par El Watan était le bilan des cinquante années d’indépendance : « Ce 50e anniversaire de l’indépendance nous incite à la réflexion critique».
«Qu’a-t-on fait de l’indépendance ? Qu’est-ce qui a été fait depuis 1962 ? Et pourquoi en sommes-nous là ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? En quoi avons-nous failli ?» La troisième journée du colloque organisé par ce quotidien, intitulé « Cinquante ans après l’indépendance : quel destin pour quelle Algérie ? », a dressé un bilan sévère, que résume le titre de Une son édition du 5 juillet : « 1962-2012 : Un passé glorieux, une liberté confisquée ».

Nous reprenons les comptes-rendus par Mustapha Benfodil, parus dans El Watan du 8 juillet 2012, des interventions :

  • du juriste Madjid Benchikh, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger, qui analyse l’évolution des droits de l’Homme en Algérie
  • du politologue Mohammed Hachemaoui, enseignant-chercheur, Université Paris 8/IREMAM (CNRS), qui passe au crible les effets dévastateurs de « la corruption politique, dernière ligne de défense du régime autoritaire ».

[Ajouté le 23 août 2012] – A la suite, vous trouverez des enregistrements vidéo de ces deux interventions.

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Malika Rahal
1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloque d´El Watan à Alger : nouveaux regards sur l’histoire

Le colloque organisé du 5 au 7 juillet 2012 par le quotidien algérien El Watan, salle Cosmos de Riadh El Feth à Alger, a permis lors des deux premières journées à des historiens d’ouvrir de nouveaux horizons. Parmi les nombreux chercheurs venus d’Algérie, de France et des Etats-Unis dont ce journal a résumé les interventions, retenons notamment les interventions de :

Nous reprenons ci-dessous le compte-rendu publié le 7 juillet dans El Watan de la communication de Malika Rahal, chercheuse à l’Institut d’histoire du temps présent, (IHTP), sur « Le militantisme nationaliste : une expérience politique pour l’indépendance ? », consacrée à un courant politique resté trop méconnu, celui de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA). Et celui de l’intervention de Gilles Manceron qui a traité de la gêne éprouvée par la société française pour reconnaître ce que fut la colonisation et la guerre d’Algérie et dénoncé le fait que ce sont les lobbies nostalgiques de « l’Algérie française » qui dictent leur loi aux politiques, comme ils l’ont longtemps fait au temps des colonies. Pour terminer, nous reproduisons l’entretien avec Gilles Manceron sur la question des harkis que ce quotidien a publié dans son édition du 5 juillet.

[Ajouté le 23 août 2012] – A la suite de ces deux articles, vous pourrez voir les enregistrements vidéos de ces deux interventions.

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