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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

Il y a 56 ans, les premiers essais nucléaires français dans le Sud algérien

Le 13 février 1960 la France procédait à son premier essai nucléaire à Reggane, dans le Sud algérien. “Gerboise bleue” était le premier d’une série de 4 essais atmosphériques. Elle fut suivie de 13 essais souterrains à In Ekker, dont quatre n’ont pas été totalement confinés, laissant le site pollué pour plusieurs dizaines de milliers d’années. Aujourd’hui les habitants de la région présentent des taux de cancer plus élevés que la normale et ils demandent que les lieux soient décontaminés. 2

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Le rôle de Jean-Luc Einaudi

Jean-Luc Einaudi, citoyen chercheur, par Fabrice Riceputi

Avant d’être un événement bien connu des historiens, le 17 octobre 1961 a fait l’objet d’une amnésie complète. C’est elle que Jean-Luc Einaudi a dû vaincre dans un long combat de trois décennies, dont Fabrice Riceputi, dans son livre La bataille d’Einaudi, vient aujourd’hui restituer les grandes étapes : un travail d’enquête solitaire, la publication de La bataille de Paris en 1991, un témoignage sept ans plus tard lors du procès de Maurice Papon, puis le procès pour diffamation intenté à l’historien par Papon…

Le livre de Fabrice Riceputi nous raconte également la résistance acharnée de l’appareil d’État lui-même à livrer ses secrets contenus dans ses archives, et la lente et difficile apparition du 17 octobre 1961 dans les manuels scolaires.

Il nous convie enfin à une réflexion profonde sur l’incapacité de notre société à regarder en face son passé colonial, dont les effets pèsent encore lourdement dans les rapports sociaux contemporains. De cet utile travail d’anamnèse, portant lui-même sur un autre travail d’anamnèse, nous en publions ici quelques pages 3, avec l’amicale autorisation de l’auteur et des éditeurs.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Benjamin Stora et Alexis Jenni : « Comment sortir du choc des mémoires ? »

La société française semble encore en difficulté pour transmettre et enseigner son histoire coloniale. Cela conduit à une forme de cloisonnement des mémoires qui se traduit par la communautarisation du souvenir. Le romancier Alexis Jenni, auteur de L’Art français de la guerre (Gallimard, prix Goncourt 2011), et l’historien Benjamin Stora, spécialiste du Maghreb contemporain, en débattent le 3 février 2016, Musée national de l’histoire de l’immigration, à l’occasion de la publication de leur livre commun, Les mémoires dangereuses (Éditions Albin Michel).

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Benjamin Stora et Alexis Jenni : « la décolonisation des imaginaires n’est pas achevée »

Dans les Mémoires dangereuses. De l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui (Albin Michel), l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie, a lancé, avec Alexis Jenni, auteur de L’Art français de la guerre (Gallimard, prix Goncourt 2011), un plaidoyer en faveur d’une bataille culturelle contre la radicalisation et l’obscurantisme par la réappropriation commune d’une histoire coloniale refoulée. 
Il a été l’hôte en janvier 2016 des Agoras de l’Humanité accueillies au Musée de l’histoire de l’immigration à Paris. Un entretien en a rendu compte dans l’Humanité.

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Thiaroye, un mensonge d’État

La Cour de cassation a rejeté lundi 14 décembre 2015 la demande de révision du fils d’un tirailleur sénégalais, condamné pour sa participation à une rébellion réprimée dans le sang le 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye (Sénégal).

Le fils d’Antoine X. avait saisi la plus haute juridiction française dans l’espoir de rouvrir le dossier de son père décédé. Ce dernier, caporal, a été condamné le 6 mars 1945 par le tribunal militaire permanent de Dakar à dix ans de détention et à la dégradation militaire pour « désobéissance, outrage à supérieur et participation à une rébellion commise par des militaires armés ». Je suis chez moi, je n’ai pas d’ordre à recevoir » aurait-il lancé à un aspirant. Les officiers supérieurs du camp avaient ensuite assuré qu’il était l’un des « véritables chefs » de la « rébellion ».

Antoine X. avait lors de ses interrogatoires « nié avec constance » toutes les accusations. La Cour de cassation, estimant qu’ « aucune des pièces produites à l’appui de la demande (n’était) de nature à remettre en cause les témoignages ou le contenu des rapports figurant au dossier », a jugé que la demande en révision du fils d’Antoine X. était irrecevable. 4

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aurait-on retrouvé la dépouille mortelle de Maurice Audin ?

Le corps du militant anticolonialiste Maurice Audin, assassiné en juin 1957 par les parachutistes français, se trouve-t-il au cimetière de Ben Salah, près d’Oued Alleug ? Un an après un témoignage publié en août 2014 par le Quotidien d’Oran, la famille du mathématicien assassiné souhaite que les autorités algériennes donnent suite à ce témoignage et procèdent à des fouilles et à des tests ADN pour s’en assurer.

En août 2014, dans les colonnes du Quotidien d’Oran, Abraz Mustapha, dit Moh Djebbour, alerté par les aveux tardifs d’Aussaresses sur l’assassinat de Maurice Audin et le lieu possible de son enterrement, a fait un rapprochement avec un évènement qu’il avait vécu à l’âge de 12 ans : un enterrement effectué à la sauvette en 1957 par des parachutistes au cimetière de Ben Salah, près de Oued Alleug.

Ci-dessous : l’article publié en août 2014 dans le Qotidien d’Oran, suivi d’un article récent d’El Watan.

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le 17 octobre 1961, par Sorj Chalandon

Le quotidien Libération daté des 12 et 13 octobre 1991 a consacré un dossier de 8 pages à la publication de La bataille de Paris, 17 octobre 1961 de Jean-Luc Einaudi 6. Dans un long et terrible article s’appuyant sur le livre d’Einaudi, Sorj Chalandon y racontait le 17 octobre 1961 à la façon d’un reportage. Ce texte de 1991 est reproduit ici, avec l’accord de son auteur.

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