4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

Une plaque en l’honneur d’un avocat assassiné ?

Pendant la guerre d’Algérie, au début de la Ve République, en plein Paris, le 23 mai 1959, avec l’aval du Premier ministre, Michel Debré, a été ordonné l’assassinat d’un avocat inscrit au Barreau de Paris, Me Amokrane Ould Aoudia qui défendait les indépendantistes algériens. Un voeu relatif à l’apposition d’une plaque commémorative au 10, rue Saint-Marc a été adopté le 14 septembre 2017 par le Conseil du 2e arrondissement de Paris.

Lire la suite »

Monuments et passé colonial : détruire, déplacer ou ajouter ?

A la suite des polémiques aux Etats-Unis sur les statues de défenseurs de l’esclavage, des voix se sont exprimées en France pour mettre en cause la présence dans l’espace public, par exemple, des statues de Colbert, l’initiateur du Code noir, ou du général Bugeaud. Faut-il les abattre de la même façon ? ou bien les retirer pour les mettre dans des musées ? Faut-il surtout installer de nouvelles statues pour rendre hommage à des personnalités qui se sont opposées à l’esclavage et à la colonisation ? C’est un débat auquel, du fait de cette page de son histoire, la France ne peut échapper.

Lire la suite »

La France rapatrie la dépouille d’un soldat mort à Oran en 1956

La dépouille d’un soldat français mort et enterré en Algérie en 1956 a été rapatriée en France. Mais la restitution par la France des crânes des résistants algériens tués dans les combats du XIXe siècle contre la colonisation française ne semble pas à l’ordre du jour. Pourtant, nombreux sont ceux qui, d’une rive ou de l’autre de la Méditerranée, et parfois depuis des années, demandent le retour en Algérie des restes mortuaires des résistants algériens qui se trouvent toujours en France. Aucune réponse n’a été donnée à ce jour à la trentaine de milliers de signataires de la pétition lancée par Brahim Senouci, demandant la “Restitution des têtes des résistants algériens, détenues par le Musée de l’Homme.” Nous reprenons ci-dessous deux articles parus le 7 août dernier, dans le quotidien algérien El Watan, qui font le point sur différents aspects du problème.

Lire la suite »

Pierre Serna : « L’esclavage était bien un crime contre l’humanité»

L’historien Pierre Serna, professeur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut d’histoire de la Révolution française, souligne que les députés de la Convention avaient, dès 1794, qualifié la pratique de l’esclavage de « crime de lèse-humanité ». La loi Taubira de 2001 n’a donc fait aucun anachronisme en renouant avec cette qualification, contrairement à ce qu’affirment certains historiens.

Lire la suite »

Première reconnaissance officielle du massacre d’Algériens à Paris, le 14 juillet 1953

En 1953, pour célébrer la fête nationale, le PCF, la CGT et les organisations proches, ont organisé un défilé populaire. Comme d’habitude, les Algériens forment un cortège autonome, encadré par le MTLD, derrière un immense portrait de leur leader, Messali Hadj, alors en résidence surveillée. Les mots d’ordre sont clairs : « À bas le colonialisme », « Nous voulons l’indépendance ». Le drame se déroule à la fin de la manifestation, place de la Nation. La police exige le retrait du portrait de Messali. Devant le refus des Algériens, une charge violente. Un cri : « Ils ont tiré à balles réelles ! » Le bilan est lourd pour les manifestants : 7 morts, 6 Algériens et un Français, 48 autres manifestants blessés par balles.

Lire la suite »

Brahim Senouci rappelle le massacre de Zaatcha en 1849

L’universitaire Brahim Senouci rappelle quelques épisodes particulièrement odieux commis en Algérie lors de la conquête. Notamment l’oasis de Zaatcha qui fut en 1849 le lieu d’un massacre « historique ».

Il vient de rendre publiques les lettres ouvertes qu’il adresse à chacun des deux présidents, Abdelaziz Bouteflika et Emmanuel Macron. Brahim Senouci demande au président français de permettre le retour en Algérie des restes des résistants algériens à la colonisation qui se trouvent actuellement encore dans des musées. Cela marquerait symboliquement la fin du primat de la mythologie coloniale. 2

Lire la suite »

la LDH demande la vérité sur l’affaire Audin

Il y aura bientôt soixante ans, dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes, avant de disparaître à jamais. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent au nouveau Président de la République de se saisir de ce triste anniversaire pour illustrer son engagement à « prendre des actes forts sur cette période de notre histoire », en faisant en sorte que la vérité historique sur cet assassinat soit enfin connue.


Communiqué LDH – La LDH demande la vérité sur l’affaire Audin

Le 6 juin 2017

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien engagé pour l’indépendance de l’Algérie, a été arrêté par les parachutistes chargés du maintien de l’ordre à Alger et n’est jamais réapparu.

Les autorités françaises de la IVe République avaient confié, le 7 janvier, à la 10e division parachutiste commandée par le général Massu, les pouvoirs de police dans la ville. C’était la « Bataille d’Alger », où quelque trois mille Algériens arrêtés ont disparu. Le secrétaire général de la police d’Alger, Paul Teitgen, ancien résistant et déporté, qui refusait l’usage de la torture, a écrit le 29 mars dans sa lettre de démission : « Depuis trois mois nous sommes engagés […] dans l’anonymat et l’irresponsabilité qui ne peuvent conduire qu’aux crimes de guerre ».

Les autorités françaises ont affirmé que Maurice Audin s’est évadé. Cette version a été répétée jusqu’à un communiqué publié, le 18 juin 2014, par le président François Hollande, disant : « Les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Mais cette reconnaissance n’a pas fait place à l’aveu sur les causes de sa mort.

Dans un livre paru peu avant rapportant ses confidences tardives, le général Aussaresses affirme qu’un ordre de l’assassiner a été donné par le général Massu. Comment Maurice Audin est-il mort ? Si un ordre de le tuer a été donné, qui l’a émis ou partagé ? dans quel but ? Soixante ans après les faits, il est temps que la France, dont les pouvoirs politiques successifs ont menti à sa veuve, Josette Audin, et entravé le travail de la justice, connaisse enfin la vérité.

La Ligue des droits de l’Homme s’associera, le samedi 10 juin, à 11h, à un dépôt de gerbes place Maurice-Audin, dans le 5e arrondissement de Paris.

[Mis en ligne le 26 mai 2017, mis à jour le 10 juin]

Lire la suite »
ruscio_ab.jpg
Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Une nouvelle « Encyclopédie de la colonisation française »

Conçue par Alain Ruscio et réalisée sous sa direction, l’Encyclopédie de la colonisation française est prévue en plusieurs volumes. Elle couvre dans le temps une large période allant des Croisades à la décolonisation de la deuxième moitié du XXe siècle. Pays et régions, institutions, explorations, esclavage, post-colonialisme, religions, etc. sont traités dans des notices allant de 2 à 10 pages. Le premier volume publié par l’éditeur Les Indes Savantes, le 21 février 2017, comprend plus de 600 notices, rédigées par une soixantaine d’auteurs, tous spécialistes reconnus dans leur domaine.

Lire la suite »