4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

L'accès aux archives coloniales

De l’Académie des Sciences coloniales
à l’Académie des Sciences d’outre-mer,
par Alain Ruscio

L’Académie des sciences d’outre-mer, 15 rue La Pérouse à Paris (16e), est la continuatrice de l’Académie des Sciences coloniales, fondée en 1922, dont elle n’a jamais renié le passé. Mais elle a changé de dénomination en 1957 quand elle s’est identifiée au courant « réformiste colonial » représenté par Robert Delavignette qui s’est séparé des partisans de la guerre à outrance en Algérie. C’est le moment où cet ancien gouverneur colonial a démissionné de la « Commission de sauvegarde des droits et libertés individuelles » constituée par Guy Mollet pour couvrir les crimes de l’armée française dans la « bataille d’Alger » et a écrit un projet de préface pour L’Affaire Audin de Pierre-Vidal-Naquet. Sa bibliothèque contient une documentation utile à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’empire colonial français.

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L'accès aux archives coloniales

Accès aux achives, crise sanitaire :
l’Association Josette et Maurice Audin
interroge le rôle
du Secrétariat général de la défense
et de la sécurité nationale (SGDSN)

Dans sa déclaration lors de sa visite à Josette Audin, le 13 septembre 2018, le président de la République a dit qu’« il importe que cette histoire soit connue, qu’elle soit regardée avec courage et lucidité », et a annoncé « la libre consultation tous les fonds d’archives de l’Etat qui concernent ce sujet ». Or pour l’Association Josette et Maurice Audin, c’est tout le contraire qui a été mis en œuvre à l’initiative du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Dans le cadre de son engagement de longue date contre les décisions secrètes et la raison d’Etat, elle interroge aussi, au-delà de la question de l’accès aux archives, le rôle du SGDSN dans ses décisions concernant la crise sanitaire. Nous reproduisons également un article de Pierre Mansat, président de cette association, sur les objectifs qu’elle poursuit.

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Le rôle des historiens

Jacques Thobie, historien pionnier de l’histoire coloniale, par Catherine Coquery-Vidrovitch

Spécialiste de l’histoire coloniale de l’Afrique subsaharienne, Catherine Coquery-Vidrovitch a eu l’occasion de travailler avec l’historien Jacques Thobie, mort le 8 avril 2020. Tous deux étaient alors communistes et partageaient le même intérêt pour une histoire contemporaine qui ne se limite pas aux frontières de l’Europe. Elle évoque pour notre site leurs collaborations dans un moment où l’intérêt pour l’histoire coloniale a commencé à émerger dans l’université et la société françaises. Mais de manière provisoire, puisqu’il est rapidement retombé et qu’il faudra attendre, au XXIe siècle, une nouvelle génération de chercheurs pour que ce domaine commence à être reconnu. Tout en continuant à susciter de vives oppositions. Nous reprenons aussi l’évocation de ses travaux par Faruk Bilici.

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Le massacre de Thiaroye décembre 1944

Nouvelles recherches sur le massacre de Thiaroye commis par l’armée française au Sénégal en 1944

Le livre d’Armelle Mabon Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée (La Découverte, 2010) a été récemment réédité, augmenté d’un copieux chapitre, fruit de nouvelles recherches de l’historienne sur le massacre de Thiaroye perpétré par l’armée coloniale française au Sénégal en décembre 1944 contre des tirailleurs dont beaucoup avaient rejoint en France la Résistance et qui demandaient simplement les soldes qu’on leur avait promises. Il fait le point sur le procès scandaleux fait en 1945 à trente-quatre survivants du massacre. Nous en publions ici un extrait et présentons également le combat de Biram Senghor pour la réhabilitation de son père, M’Bap Senghor, qui n’a obtenu jusqu’ici qu’une surprenante modification par le Service historique de la Défense d’une archive publique.

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L'accès aux archives coloniales

Une rencontre aux Archives nationales
sur les disparus de la guerre d’Algérie
(reportée en raison du contexte sanitaire)

Lors de sa visite à Josette Audin en septembre 2018, le président Macron a non seulement reconnu que Maurice Audin a été tué en juin 1957 par l’armée française qui le détenait et que cela a été rendu possible par une pratique généralisée de tortures et disparitions forcées, il a aussi annoncé l’ouverture des archives sur tous les disparus de la guerre d’Algérie. La journée d’étude le 20 septembre 2019 à l’Assemblée nationale sur « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises : vérité et justice » a souligné l’urgence de cette mesure. Les Archives nationales ont annoncé pour le 27 mars 2020 une journée d’étude sur ce sujet (reportée en raison du contexte sanitaire) et la présentation d’un guide numérique pour les familles.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

De la pédophilie en terres coloniales
par Alain Ruscio

Le texte d’Alain Ruscio que nous reproduisons ici aborde la question largement taboue de la pédophilie au temps des empires coloniaux. Il est extrait par son auteur de l’ouvrage Sexe, race et colonies (La Découverte, 2018) qui a abordé ce thème important, jusque-là souvent occulté, tout en suscitant des polémiques à sa sortie. Nous le reprenons car il témoigne de l’opportunité du sujet abordé par cet ouvrage et de la qualité des articles de spécialistes de diverses disciplines qu’il a rassemblés. Mais nous l’accompagnons, pour faire écho aux débats suscités par ses choix éditoriaux — notamment quant à l’étendue et au commentaire de son iconographie —, d’une émission de France culture à son sujet et d’un article de Clarisse Juompan-Yakam publié dans Jeune Afrique.

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L'accès aux archives coloniales

De nouveaux appels pour l’ouverture des archives des guerres coloniales

A la suite des restrictions récentes imposées aux archivistes et aux historiens pour accéder à certaines archives de la guerre d’Algérie et des autres guerres coloniales, de nouvelles protestations se sont exprimées pour soutenir la pétition lancée par différents historiens de France et d’autres pays. Elles émanent en particulier de la Ligue des droits de l’Homme et du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). Nous les reproduisons ci-dessous, ainsi que le texte « Des archives citoyennes pour répondre aux archives militaires interdites » publié par Nils Andersson le 7 mars 2020 dans Mediapart, qui témoigne que les forces politiques au sein de l’Etat qui impulsaient alors la censure s’opposent soixante ans après à la liberté d’accès aux archives.

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L'accès aux archives coloniales

Une promotion « Brigitte Lainé » d’élèves conservateurs du patrimoine

En 1999, avec son collègue aux Archives de Paris Philipe Grand, Brigitte Lainé témoigna en faveur de Jean-Luc Einaudi au procès en diffamation que lui intentait Maurice Papon. Ils dirent que les archives judiciaires dont l’accès était refusé à Einaudi confirmaient « un massacre » d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Ce témoignage, décisif dans la reconnaissance de cet évènement, leur coûta des années de quasi interdiction professionnelle et de mise au ban de la profession, sans que l’injustice de ces sanctions ne soit jamais officiellement reconnue. Vingt et un ans plus tard, les élèves conservateurs du patrimoine baptisent leur promotion « Brigitte Lainé » et expliquent leur choix. Cet hommage à une archiviste qui préféra la vérité à un rôle de gardien de la raison d’Etat intervient alors qu’au nom du « secret d’Etat » l’accès des citoyens aux archives « sensibles » est menacé. Il reste à l’institution des Archives de France et au ministère de la Culture à réhabiliter clairement Brigitte Lainé et Philippe Grand.

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L'accès aux archives coloniales

La mémoire historique classée secret-défense ?
Des articles dans l’Humanité, El Watan… et des réactions d’archivistes

Depuis la publication le 13 février dans Le Monde et dans Mediapart d’articles alertant sur la fermeture récente de la consultation d’archives, concernant en particulier les guerres coloniales, d’autres voix se sont exprimées sur ce sujet. Nous reproduisons l’article de Frédérick Genevée, président du Musée de l’histoire vivante, publié dans l’Humanité du 18 février, le texte d’Anaïs Kien sur le site de France culture accompagnant son Journal de l’histoire du 17 février, ainsi que le témoignage d’un archiviste directement concerné, publié par lui sur facebook. Et aussi l’article du 18 février du quotidien algérien El Watan, celui du Canard enchaîné et la tribune de l’Association des archivistes français (AAF) parus le 19. La pétition lancée le 14 février a réuni plus de 2 000 signatures en quatre jours.

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L'accès aux archives coloniales

Des historiens protestent contre la fermeture de l’accès aux archives coloniales
Signez la pétition

Les chercheurs usagers des archives publiques françaises, en particulier du Service historique de la Défense, sont depuis peu dans l’impossibilité de consulter des documents postérieurs à 1940 qui devraient être accessibles selon la loi, au prétexte qu’ils ont été tamponnés « secret » lors de leur production, durant les répressions coloniales à Madagascar, en Indochine ou en Algérie. Nous reproduisons les protestations venant d’historiens français et étrangers publiées par le quotidien Le Monde daté du 14 février 2020, ainsi que l’article signé de Gilles Manceron et Fabrice Riceputi paru en même temps dans Mediapart. Une pétition est lancée.

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La reconnaissance du passé colonial

Publication des Actes de la journée d’étude sur les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises. Un vif débat a lieu sur l’accès aux archives de l’armée française

Ouverte par Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, et Pierre Audin, le 20 septembre 2019, dans la salle Victor Hugo de l’Assemblée nationale, la journée d’étude « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises : vérité et justice ? » a rassemblé un public nombreux. Les vidéos résumant ses travaux ont été publiées par Mediapart et par ce site. Les textes complétés des interventions sont sur le site du CREDOF. Plusieurs évoquent le blocage de l’accès aux archives constitué par un texte non législatif de 2011, l’« IGI 1300 », qui contredit la loi. Sa mise en application avec zèle, en janvier 2020, au Service historique de la Défense, soulève un vif débat parmi les historiens et les archivistes.

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Réconciliation et réparations

Pourquoi a-t-on si peur en France des études postcoloniales ?

Après la publication par l’Express le 24 décembre 2019 d’un article intitulé « Les obsédés de la race noyautent le CNRS », suivi sur son site d’un texte collectif à l’initiative de Laurent Bouvet et Pierre-André Taguieff, « Les bonimenteurs du postcolonial business en quête de respectabilité académique », les deux intellectuels qui enseignent aux Etats-Unis, Alain Mabanckou et Dominic Thomas, réagissent dans un texte que le site de l’Express a publié le 16 janvier 2020 et que nous reproduisons. Nous donnons en même temps le lien vers un article d’Achille Mbembe, ainsi que vers l’article qui a répondu à celui de l’Express sur le blog Pascal Blanchard-Achac de Mediapart, et signalons l’ouvrage Sexualités, identités & corps colonisés publié par CNRS Éditions en 2019 ainsi que le dernier livre de l’Achac.

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