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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

Commémorations

Les paroles et les images de la cérémonie d’hommage à Josette et Maurice Audin au cimetière du Père Lachaise

Pour le 63ème anniversaire de l’enlèvement à Alger, le 11 juin 1957, de Maurice Audin par des parachutistes français qui l’ont assassiné quelques jours plus tard, un rassemblement d’hommage à Josette et Maurice Audin a eu lieu au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, devant le cénotaphe à Mautice Audin inauguré en 2019. Nous en publions les images ainsi que les interventions, dont celle de Pierre Mansat, président de l’Association Josette et Maurice Audin. Etaient présents notamment Cédric Villani, Pierre Laurent, Bertrand Delanoë — qui, comme maire de Paris, avait pris la décision de nommer une place Maurice Audin dans la capitale —, et Marie-Christine Lemardeley, adjointe à la maire de Paris, qui représentait Anne Hidalgo.

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Commémorations

Le jeudi 11 juin 2020, au cimetière du Père Lachaise à Paris, hommage à Josette et Maurice Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin a été enlevé à son domicile d’Alger par des policiers et des militaires français, et, une dizaine de jours plus tard, été assassiné par les parachutistes qui le détenaient. Le 11 juin 2019, un cénotaphe, monument funéraire qui ne contient aucun corps, a été inauguré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, non loin du Mur des Fédérés où ont péri les derniers Communards et des monuments aux victimes des camps nazis. En 2020, l’Association Josette et Maurice Audin honore la mémoire de Josette Audin, qui a partagé tous les engagements de Maurice, et celle du militant de l’indépendance algérienne, Maurice Audin, dont on ignore encore les circonstances exactes du décès. Elle affirmera la permanence de son action pour la vérité, la justice sur cet assassinat et sa solidarité avec le combat du peuple algérien.

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La reconnaissance de l'esclavage

Pourquoi s’en prendre
aux statues de Victor Schoelcher ?

Le vendredi 22 mai, des militant(e)s ont détruit deux statues de Victor Schoelcher en Martinique, à Fort-de-France et à Schoelcher. Ce jour-là, l’île commémorait l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage, par un décret de la Deuxième République du 27 avril 1848 pour lequel Victor Schoelcher avait longtemps combattu. Nous publions la réaction de l’historien Marcel Dorigny, ainsi que celles de trois universitaires antillais, Myriam Cottias, Louis-George Tin et Dominique Taffin, recueillies par le quotidien 20 Minutes. Ils s’interrogent sur le bien fondé de cet acte, mais aussi sur ses raisons, dans le contexte actuel de lutte contre le racisme et d’inégalités persistantes dans la société des Antilles. Nous reproduisons aussi les liens vers une vidéo qui justifie ces destructions et vers le communiqué publié à ce sujet par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

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La reconnaissance du passé colonial

Recherches entravées… il est urgent de lever les obstacles à la consultation des archives

Paradoxalement, après la déclaration importante du président de la République du 13 septembre 2018 concernant la vérité sur l’affaire Audin et les tortures pratiquées par l’armée française en Algérie, des mesures ont été prises concernant les archives qui empêchent le processus qu’il a jugé nécessaire et entravent les recherches sur notre histoire contemporaine. Via l’organisme opaque qu’est le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), a été mis en place, en effet, en 2019 et jusqu’à aujourd’hui, un mécanisme long et complexe de « déclassification » qui empêche l’accès aux archives tel que prévu par la loi. Par des questions orales ou écrites, plusieurs parlementaires s’en sont inquiétés. Il est urgent de lever ces obstacles dressés en France contre la liberté de la recherche historique et le droit des citoyens à l’information.

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La reconnaissance du passé colonial

Albert Memmi, écrivain et penseur de la société coloniale et du racisme

Albert Memmi est mort le 22 mai 2020 dans sa centième année. Né à Tunis le 15 décembre 1920 dans une famille juive arabophone, formé d’abord à l’école rabbinique puis à l’école de l’Alliance israélite universelle, il a poursuivi sa scolarité, grâce à une bourse, au lycée Carnot de Tunis, puis à l’université d’Alger, où il mena des études de philosophie qu’il poursuivra à la Sorbonne. Installé en France en 1956, il a conduit une carrière universitaire à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) puis à Nanterre. Ses œuvres de fiction comme ses essais sociologiques portent en particulier sur les rapports de domination, sur les conséquences complexes de la société coloniale et sur les différentes formes de racisme. L’universitaire Hervé Sanson, qui a publié avec lui Penser à vif. De la colonisation à la laïcité, l’évoque pour notre site.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Les travaux de Linda Amiri,
fille d’un ouvrier algérien devenue universitaire
et chercheuse en Guyane

Linda Amiri, fille d’un travailleur algérien venu en France en 1956, n’avait, jusqu’au procès intenté en 1998 par Maurice Papon contre Jean-Luc Einaudi qui a donné raison à ce dernier, jamais entendu parler du 17 octobre 1961 dans sa famille, bien que son père y ait participé. Etudiante en histoire, elle a travaillé sur cet événement puis a soutenu une thèse sur la Fédération de France du FLN de ses origines à l’indépendance de l’Algérie. Elle a aussi été, avec Benjamin Stora, commissaire de l’exposition « Vies d’exil – 1954-1962. Des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie », à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, en 2012-2013. Elle est actuellement maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Guyane. Ci-dessous l’entretien qu’elle a accordé à la revue Criminocorpus où elle explique notamment ses recherches actuelles sur ce qu’elle appelle la « période algérienne » des bagnes de Guyane, de 1867 à 1887.

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Commémorations

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage
organise le 10 mai 2020
une commémoration numérique de son abolition

Depuis 2006, la « journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition » est marquée le 10 mai par une cérémonie à Paris dans les jardins du Luxembourg, en présence du président de la République. C’est l’occasion de commémorer cette page sombre de l’histoire française, la lutte des esclaves qui a conduit à son abolition, et de réfléchir à la manière dont les sociétés de l’Hexagone et d’Outre-mer peuvent éliminer ses séquelles. Le 20 avril 2020, le président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, Jean-Marc Ayrault, a écrit à Emmanuel Macron pour lui demander, malgré la crise sanitaire du coronavirus, de maintenir cette cérémonie. Elle aura lieu au jardin du Luxembourg, dans les conditions du confinement, sous l’égide du Premier ministre. La Fondation organisera sur les réseaux sociaux une commémoration digitale et son site officiel sera mis en ligne le 8 mai.

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L'accès aux archives coloniales

De l’Académie des Sciences coloniales
à l’Académie des Sciences d’outre-mer,
par Alain Ruscio

L’Académie des sciences d’outre-mer, 15 rue La Pérouse à Paris (16e), est la continuatrice de l’Académie des Sciences coloniales, fondée en 1922, dont elle n’a jamais renié le passé. Mais elle a changé de dénomination en 1957 quand elle s’est identifiée au courant « réformiste colonial » représenté par Robert Delavignette qui s’est séparé des partisans de la guerre à outrance en Algérie. C’est le moment où cet ancien gouverneur colonial a démissionné de la « Commission de sauvegarde des droits et libertés individuelles » constituée par Guy Mollet pour couvrir les crimes de l’armée française dans la « bataille d’Alger » et a écrit un projet de préface pour L’Affaire Audin de Pierre-Vidal-Naquet. Sa bibliothèque contient une documentation utile à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’empire colonial français.

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L'accès aux archives coloniales

Accès aux achives, crise sanitaire :
l’Association Josette et Maurice Audin
interroge le rôle
du Secrétariat général de la défense
et de la sécurité nationale (SGDSN)

Dans sa déclaration lors de sa visite à Josette Audin, le 13 septembre 2018, le président de la République a dit qu’« il importe que cette histoire soit connue, qu’elle soit regardée avec courage et lucidité », et a annoncé « la libre consultation tous les fonds d’archives de l’Etat qui concernent ce sujet ». Or pour l’Association Josette et Maurice Audin, c’est tout le contraire qui a été mis en œuvre à l’initiative du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Dans le cadre de son engagement de longue date contre les décisions secrètes et la raison d’Etat, elle interroge aussi, au-delà de la question de l’accès aux archives, le rôle du SGDSN dans ses décisions concernant la crise sanitaire. Nous reproduisons également un article de Pierre Mansat, président de cette association, sur les objectifs qu’elle poursuit.

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Le rôle des historiens

Jacques Thobie, historien pionnier de l’histoire coloniale, par Catherine Coquery-Vidrovitch

Spécialiste de l’histoire coloniale de l’Afrique subsaharienne, Catherine Coquery-Vidrovitch a eu l’occasion de travailler avec l’historien Jacques Thobie, mort le 8 avril 2020. Tous deux étaient alors communistes et partageaient le même intérêt pour une histoire contemporaine qui ne se limite pas aux frontières de l’Europe. Elle évoque pour notre site leurs collaborations dans un moment où l’intérêt pour l’histoire coloniale a commencé à émerger dans l’université et la société françaises. Mais de manière provisoire, puisqu’il est rapidement retombé et qu’il faudra attendre, au XXIe siècle, une nouvelle génération de chercheurs pour que ce domaine commence à être reconnu. Tout en continuant à susciter de vives oppositions. Nous reprenons aussi l’évocation de ses travaux par Faruk Bilici.

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Le massacre de Thiaroye décembre 1944

Nouvelles recherches sur le massacre de Thiaroye commis par l’armée française au Sénégal en 1944

Le livre d’Armelle Mabon Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée (La Découverte, 2010) a été récemment réédité, augmenté d’un copieux chapitre, fruit de nouvelles recherches de l’historienne sur le massacre de Thiaroye perpétré par l’armée coloniale française au Sénégal en décembre 1944 contre des tirailleurs dont beaucoup avaient rejoint en France la Résistance et qui demandaient simplement les soldes qu’on leur avait promises. Il fait le point sur le procès scandaleux fait en 1945 à trente-quatre survivants du massacre. Nous en publions ici un extrait et présentons également le combat de Biram Senghor pour la réhabilitation de son père, M’Bap Senghor, qui n’a obtenu jusqu’ici qu’une surprenante modification par le Service historique de la Défense d’une archive publique.

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L'accès aux archives coloniales

Une rencontre aux Archives nationales
sur les disparus de la guerre d’Algérie
(reportée en raison du contexte sanitaire)

Lors de sa visite à Josette Audin en septembre 2018, le président Macron a non seulement reconnu que Maurice Audin a été tué en juin 1957 par l’armée française qui le détenait et que cela a été rendu possible par une pratique généralisée de tortures et disparitions forcées, il a aussi annoncé l’ouverture des archives sur tous les disparus de la guerre d’Algérie. La journée d’étude le 20 septembre 2019 à l’Assemblée nationale sur « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises : vérité et justice » a souligné l’urgence de cette mesure. Les Archives nationales ont annoncé pour le 27 mars 2020 une journée d’étude sur ce sujet (reportée en raison du contexte sanitaire) et la présentation d’un guide numérique pour les familles.

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