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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Un film hors du commun,
« Octobre à Paris » de Jacques Panijel

Octobre à Paris est un film à part. Dans les mois qui ont suivi les massacres à Paris d’octobre 1961, Jacques Panijel, biologiste, membre du Comité Audin, a mis en scène une reconstitution du quotidien des Algériens dans les bidonvilles de Nanterre et de Gennevilliers et de la préparation et du départ de la manifestation du 17 octobre, qui ont été suivis de la répression, des manifestants battus et jetés à la Seine. Les copies sont saisies, les projections interdites. En 1973, il obtient un visa de censure, après une grève de la faim du cinéaste René Vautier, sans pour autant être distribué. Ce n’est qu’en 2011, cinquante ans après l’événement, qu’il est sorti en salles, précédé d’une préface filmée de Mehdi Lallaoui. Ci-dessous l’annonce de sa projection à Paris le 25 octobre 2020, dans des conditions, elles aussi, exceptionnelles, et un interview publié en 2000 par la revue Vacarme où Jacques Panijel retrace l’histoire mouvementée de ce film.

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Commémorations

Nombreuses commémorations
en banlieue parisienne et en régions
du massacre du 17 octobre 1961

Le massacre des manifestants algériens désarmés du 17 octobre 1961, longtemps dissimulé par les autorités françaises et dont la connaissance n’a commencé à émerger que dans les années 1980, est commémoré en 2020, cinquante-neuf ans après, par un nombre croissant de rassemblements et d’initiatives diverses. Cette multiplication des commémorations de cet épisode tragique qui remonte à la fin de la guerre d’Algérie doit être probablement mis en rapport avec l’indignation que suscite la persistance aujourd’hui au sein d’une partie des forces de l’ordre de comportements manifestement hérités du racisme colonial. Ci-dessous, à Paris, en banlieue parisienne, à Lille, Rennes, Lyon, Marseille et ailleurs, les annonces de quelques unes de ces multiples initiatives, y compris en ligne sur l’internet.

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La restitution des objets et restes mortuaires coloniaux

Un projet de loi permettant la restitution d’œuvres pillées pendant la colonisation
ne clôt pas le débat

Un rapport a été remis en 2018 par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution des œuvres du patrimoine culturel africain entrées de force dans les musées français. Le 6 octobre 2020, un projet de loi instaurant une dérogation exceptionnelle à l’inaliénabilité des collections a été adopté par l’Assemblée nationale, par 49 voix pour et aucune contre, permettant la restitution de quelques unes au Sénégal et au Bénin. Il doit être examiné au Sénat. Ci-dessous l’interview par France culture de Mame-Fatou Niang, maîtresse de conférence en littérature française à l’Université Carnegie-Mellon (Pittsburgh, USA), qui a assisté au débat, et la tribune publiée dans Libération par Louis-Georges Tin, Lova Rinel et Laurent Tonegnikes pour lesquels il s’agit d’« une restitution en trompe-l’œil ». En Belgique, le musée d’Anvers, qui détient 5 000 objets et œuvres d’origine congolaise, a organisé une exposition d’une centaine d’entre elles. Si le livret qui l’accompagne ne va pas jusqu’à proposer leur restitution, il indique que le musée est ouvert à cette question.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

De nouveaux échos du livre essentiel
de Raphaëlle Branche,
Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?

Articles, interviews et réactions se succèdent depuis la parution, début septembre 2020, du livre essentiel de Raphaëlle Branche, Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?. Jacques Inrep, l’un des appelés qui avait aidé Pierre Vidal-Naquet à documenter ses livres sur la torture pratiquée par l’armée française en Algérie et qui, devenu psychanalyste et membre de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG), a renseigné l’historienne au fil de sa longue enquête, nous a envoyé son point de vue sur un livre dont il conseille vivement la lecture. Nous publions également l’entretien que Raphaëlle Branche a donné à Hassina Mechaï et que Le Point Afrique a publié le 28 septembre 2020. Et aussi le lien vers l’entretien filmé que l’autrice de ce livre a accordé à Rachida El Azzouzi et Fabien Escalona, publié le 2 octobre par Mediapart.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Deux soirées sur France 2 et sur Arte qui renvoient à l’histoire de la colonisation

Comme un symptôme du retour dans l’espace public en ce XXIème siècle de la mémoire de la colonisation, plusieurs films qui y renvoient sont diffusés à la télévision en ce mois d’octobre 2020. Sur France 2, le mardi 6 octobre, les deux films de David Korn-Brzoza et Pascal Blanchard, « Décolonisations : du sang et des larmes », et sur Arte le 7 octobre le film de Nathalie Masduraud et Valérie Urrea, « Pornotropic – Marguerite Duras et l’illusion coloniale ». Notre site reproduit ci-dessous leur présentation par les chaînes qui les diffusent. Comme il a présenté en janvier 2020, lors de sa diffusion par Arte, le documentaire « Décolonisations. Le bouleversement mondial », réalisé par Karim Miské et Marc Ball, accompagnés dans l’écriture par l’historien Pierre Singaravélou. Autant de documentaires qui donnent à réfléchir sur cette page de notre histoire.

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L'accès aux archives coloniales

La presse fait écho au recours déposé devant le Conseil d’Etat sur
les archives classées « secret-défense »

Une conférence de presse, annoncée par notre site, a eu lieu le 1er octobre 2020 après le dépôt d’un recours au Conseil d’Etat contre les dispositions administratives qui entravent l’accès au archives. Elle a suscité une dépêche de l’AFP et plusieurs échos dans la presse. Ci-dessous l’article d’Yves Bordenave dans Le Monde du 1er octobre, la tribune des présidents des trois associations requérantes — Céline Guyon, présidente de l’Association des archivistes français, Clément Thibaud, président de l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche, et Pierre Mansat, président de l’Association Josette et Maurice Audin —, parue dans ce quotidien le 2 octobre — et l’interview de ce dernier à RFI. Ainsi que les articles de Jérôme Skalski, « Un recours contre le “confinement” des archives nationales », publié dans l’Humanité le 2 octobre et de Chloé Leprince intitulé « L’ombre du général Massu menace-t-elle toujours ceux qui travaillent sur la guerre d’Algérie ? », paru le 1er octobre sur le site de France culture.

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L'accès aux archives coloniales

Un recours a été déposé au Conseil d’Etat
pour demander l’ouverture des archives

Depuis de longs mois, des archivistes, des juristes, des historiennes et des historiens, relayés par une pétition signée par plus de 15 000 personnes, dénoncent une restriction inadmissible dans l’accès aux archives contemporaines de la Nation. Le 23 septembre 2020, l’Association des archivistes français, l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’Association Josette et Maurice Audin, ainsi qu’un collectif d’historiennes et historiens, d’archivistes et de juristes, ont saisi le Conseil d’État pour obtenir l’abrogation de l’article 63 de l’Instruction générale interministérielle n° 1300, une mesure réglementaire qui entrave l’accès aux archives contemporaines de la Nation. Une visio-conférence de presse a lieu le 1er octobre comme indiqué ci-dessous.

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La reconnaissance du passé colonial

Benjamin Stora s’explique sur le rapport
qu’il doit remettre au président de la République

Emmanuel Macron a demandé fin juillet à Benjamin Stora un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie dans les deux pays. Une mission vivement contestée par l’extrême droite et la droite française et au sujet de laquelle la gauche est restée silencieuse. L’historien s’en est expliqué dans l’entretien pour Mediapart avec Rachida El Azzouzi dont nous donnons le lien. Il y répète qu’il ne travaillera ni avec la personnalité désignée par le président Tebboune, ni dans le cadre d’une commission mixte binationale. Dans son article ci-dessous, la journaliste résume ses propos et évoque les débats que cette mission a suscités. La remise du rapport est prochaine. Les conclusions qu’en tirera Emmanuel Macron montreront s’il est véritablement décidé à entreprendre un travail de vérité historique sur ces sujets ou si ses déclarations antérieures seront sans lendemain.

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La reconnaissance du passé colonial

Étienne Achille et Lydie Moudileno :
« Pour une décolonisation du quotidien »

Écrire des « mythologies » et des « lieux de mémoire » postcoloniaux. C’est à ce projet ambitieux que se sont attelés Étienne Achille et Lydie Moudileno, avec une volonté politique et historique qui résonne avec les mobilisations antiracistes contemporaines. Ci-dessous l’entretien qu’ils ont accordé à Joseph Confavreux pour Mediapart. Tous deux travaillent aux États-Unis, en Pennsylvanie et en Californie du Sud, et c’est en s’inspirant du meilleur des postcolonial studies qui se développent dans les universités nord-américaines qu’ils se sont lancés dans une tentative audacieuse de réécriture dans une perspective post-coloniale des deux grands livres que sont les Mythologies de Roland Barthes et les Lieux de mémoire, dirigé par Pierre Nora.

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Le 17 octobre 1961

Le photographe George Azenstarck,
témoin majeur du 17 octobre 1961

Georges Azenstarck (1934-2020) vient de mourir. Photo-reporter engagé, il avait documenté la vie des pauvres et des ouvriers, mais aussi la nuit du 17 octobre 1961, quand, sous les ordres de Maurice Papon, la police parisienne a tué des dizaines d’Algériens, dont beaucoup furent jetés à la Seine. En 1999, il fut aussi l’un des témoins entendus lors du procès en diffamation qu’intenta Maurice Papon à Jean-Luc Einaudi et grâce auxquels ce dernier fut relaxé. Ci-dessous l’article de Chloé Leprince publié sur le site de France culture avec une séquence d’un film où il témoigne. Nous y avons ajouté le film de 2011 où, lors du rassemblement du cinquantenaire du 17 octobre 1961, Georges Azenstarck montre l’une de ses photos du massacre et parle de leur disparition mystérieuse du siège de l’Humanité.

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La reconnaissance du passé colonial

Raphaëlle Branche analyse la place de la guerre d’Algérie dans la société française

Dans l’entretien qu’elle a donné au quotidien algérien Liberté, l’historienne Raphaëlle Branche parle de son enquête sur les anciens appelés de l’armée française qui a donné lieu à son livre, Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? Enquête sur un silence familial. Fondé sur une vaste collecte de témoignages et des sources inédites, ce livre analyse les silences de ces hommes dont les causes sont familiales, sociales et liées aux contexte historique des dernières décennies. Avec le renouvellement des générations, la place de la guerre d’Algérie dans la société française se trouve modifiée et de nouveaux récits sont possibles. Elle commente aussi dans cet interview le contentieux mémoriel entre l’Algérie et la France et souligne l’importance de la bataille menée pour l’ouverture des archives.

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Le rôle des historiens

Le rapport demandé à Benjamin Stora
sur le passé franco-algérien :
les faits… et les « fake news »

Benjamin Stora a reçu le 24 juillet 2020 d’Emmanuel Macron la commande d’un rapport sur « ce qui a d’ores et déjà été accompli dans notre pays sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ainsi que la perception qui en est retenue de part et d’autre des deux rives de la Méditerranée ». Ci-dessous sa lettre de mission et les interviews qu’il a donnés au Soir d’Algérie et à France culture. De son côté, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a parlé d’« aller de l’avant avec son homologue français sur les questions mémorielles » et désigné l’un de ses conseillers, un haut fonctionnaire, non historien, pour conduire un travail « directement sous sa tutelle », Abdelmadjid Chikhi, qui est connu en Algérie pour vouloir régenter les travaux des historiens et limiter leur accès aux archives nationales dont il a la charge. Ci-dessous, le point de vue, recueilli par Le Monde, de l’historien et archiviste algérien Fouad Soufi et la lettre que l’Association Josette et Maurice Audin a adressée le 26 juillet à Benjamin Stora.

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