4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

La reconnaissance de l'esclavage

Jean-Marc Ayrault :
La mémoire de l’esclavage et de la colonisation :
une nécessité

Alors qu’une offensive très organisée et bien relayée par certains médias se déploie en prenant pour cible une supposée hydre décoloniale qui menacerait la démocratie et gangrènerait l’université, cette tribune de Jean-Marc Ayrault est bienvenue. Publiée dans Le Monde du 16 mars 2021, ce texte du président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) explique avec force que construire et diffuser une mémoire documentée de l’esclavage et de la colonisation n’est pas un danger pour la République mais est pour elle une nécessité. Alors qu’un panégyrique de Napoléon envahit les couverture des magazines à l’approche du bicentenaire de sa mort, la FME a publié une mise au point opportune sur son rôle dans le rétablissement de l’esclavage aboli sous la Révolution française. Ci-dessous la présentation de cette Fondation et de ses ressources abondantes ainsi que son film manifeste.

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L'accès aux archives coloniales

De nombreuses demandes
en faveur du respect strict de la loi
donnant accès aux archives de la guerre d’Algérie

Le communiqué présidentiel du 9 mars annonçant l’ouverture des archives françaises de la guerre d’Algérie n’a pas satisfait les trois associations qui ont fait appel au Conseil d’Etat pour qu’il assure un accès effectif à ces archives conformément à la loi. Comme Pierre Audin sur Franceinfo, elles ont estimé que le communiqué présidentiel du 9 mars ne réalisait pas l’ouverture réelle de ces archives. Depuis, les réactions dans le même sens se sont multipliées dans les médias français et algériens. Ci-dessous les points de vue de Thomas Vaisset et Malika Rahal recueillis par Mediapart et AJ+, de Patrick Cohen et Anaïs Kien sur France 5 et France culture, ainsi que des articles des quotidiens algériens El Watan et L’Expression. Tous attirent l’attention sur le fait que ce communiqué présidentiel ne règle rien, et que sa mention d’un travail législatif avant l’été 2021 laisse craindre une fermeture accrue par rapport aux dispositions de la loi en vigueur.

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L'accès aux archives coloniales

Accès aux archives de la guerre d’Algérie,
un communiqué de l’Elysée
ne donne pas satisfaction aux demandes
d’un respect pur et simple de la loi

Un communiqué que nous reproduisons ci-dessous a été publié le 9 mars 2021 sur le site de l’Elysée disant que « le président a entendu les demandes de la communauté universitaire pour que soit facilité l’accès aux archives classifiées de plus de cinquante-ans ». Mais les trois associations qui ont introduit deux recours devant le Conseil d’Etat pour l’annulation des instructions interministérielles qui entravent cet accès estiment que ce n’est pas une prise en compte réelle de leur demande. En effet, la « déclassification au carton » que mentionne ce communiqué présidentiel maintient un processus de déclassification obligatoire dont elles demandent l’annulation. Ci-dessous leur communiqué, ainsi que la lettre à la ministre des Armées, qui va dans le même sens, de l’historien Robert Frank (Université Paris I) au nom du Conseil scientifique de la recherche historique de la défense, et quelques unes des nombreuses publications depuis : dans l’Humanité, Le Monde, Franceinfo, le New York Times et Ouest France.

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Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

La France reconnait l’assassinat en 1957
de Me Ali Boumendjel
Une parole de vérité nécessaire mais bien tardive

L’avocat Ali Boumendjel, juriste et élève du professeur de droit et grand résistant René Capitant, connu en Algérie pour être proche de Ferhat Abbas au sein de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA), est l’un des milliers d’Algériens qui ont été enlevés puis assassinés par l’armée française pendant le grande répression d’Alger en 1957. Sa veuve, Malika, qui n’a cessé de demander aux autorités françaises la vérité sur la mort de son mari, est morte en août 2020 à l’âge de 101 ans, sans avoir reçu une parole de vérité de leur part. Le 2 mars 2021, elle aurait eu 102 ans. Emmanuel Macron a reçu au Palais de l’Elysée quatre de ses petits-enfants pour leur dire au nom de la France ce qu’elle aurait voulu entendre : Ali Boumendjel ne s’est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné.

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L'accès aux archives coloniales

De nombreux articles dans la presse
sur les entraves à l’accès aux archives

Notre site s’est impliqué dans l’organisation, le 20 septembre 2019, d’une journée d’étude à l’Assemblée nationale d’où a émergé la nécessité de s’opposer aux entraves à l’accès aux archives de la guerre d’Algérie, et de demander l’application de la promesse faite un an plus tôt par le président de la République d’en permettre la libre consultation. Les début de l’année 2020 ayant été marqués par une fermeture accrue, un recours a été déposé par des historiens, des archivistes et l’Association Josette et Maurice Audin auprès du Conseil d’Etat pour qu’il impose la levée de ces entraves. Ci-dessous le lien vers la pétition qui l’accompagne et qui va approcher 20 000 signataires. De nombreux journaux évoquent cette mobilisation, comme en témoignent les articles parus dans Le Monde, L’Humanité, La Croix, Libération et la revue L’Histoire.

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La reconnaissance du passé colonial

Marseille, le nom des rues en débat :
quelle place accorder dans l’espace public
au passé colonial et à ses suites ?

Les personnages honorés dans l’espace public sont des repères pour les citoyens. A Marseille, des rues et des écoles portent les noms des colonisateurs Bugeaud ou Cavaignac. L’association Ancrages, qui travaille sur l’histoire de la ville et sa diversité, a élaboré une liste de 315 noms dont les parcours pourraient être rappelés dans l’espace public. L’écrivain Claude Mckay, originaire de la Jamaïque, et la militante de l’indépendance algérienne puis de l’antiracisme à Marseille, Baya Jurquet-Bouhoune, en font partie. Cette association a fait des proposition de cartels pour accompagner les statues à la gloire de la colonisation qui se trouvent à la Gare Saint-Charles. Le Collectif pour une mémoire apaisée appelle à débaptiser les lieux portant les noms de Bugeaud et de Cavaignac pour leur donner les noms de Gisèle Halimi et de Maurice Audin. Par ailleurs, après un quart de siècle de refus de l’ancienne municipalité, une avenue au nom d’Ibrahim Ali, tué en 1995, à 17 ans, par des colleurs d’affiches du FN, a été enfin officiellement inaugurée.

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La reconnaissance du passé colonial

« Repentance » : l’histoire d’un mot écran

Il n’y aura « ni repentance, ni excuses » : telle fut, dans la bouche de Bruno Roger-Petit, l’actuel conseiller mémoire du président Macron, la première réaction de l’Elysée au rapport de l’historien Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie, avant même sa remise officielle, le 20 janvier 2021. « Repentance » : l’usage officiel de ce mot est lourd de signification et ne peut qu’inquiéter ceux qui militent pour la reconnaissance de ce que fut le colonialisme. Rappelons que cette notion aujourd’hui banalisée dans le débat public français a une histoire : empruntée au vocabulaire religieux, elle fut introduite dans les années 2000 comme repoussoir par des courants politiques nationalistes amateurs de roman national, désireux de réhabiliter la colonisation et de disqualifier toute histoire critique de cette dernière, avant d’être consacrée sous Nicolas Sarkozy. Nous publions ici deux textes, l’un de Fabrice Riceputi, l’autre de Sébastien Jahan et Alain Ruscio, qui expliquent l’émergence de ce thème, ainsi qu’un article de Gilles Manceron paru le 17 février 2021 dans l’Humanité.

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La reconnaissance du passé colonial

L’étrange positionnement
de Gérard Noiriel et Stéphane Beaud

Le livre de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d’une catégorie, et l’extrait de son introduction et de sa conclusion publié par Le Monde diplomatique, ne manquent pas de surprendre au regard de la valeur des travaux antérieurs de ces auteurs. Les recherches en sciences sociales sur la question des inégalités et des ségrégations ethno-raciales ne sont pratiquement pas discutées et sont assimilées au discours de petits groupes politiques qui, depuis une quinzaine d’années, sont pris comme « chiffons rouges » de la part de médias comme Marianne ou Le Point, d’idéologues comme Laurent Bouvet et de mouvements comme le Printemps républicain, pour disqualifier les mouvements antiracistes au nom de « la sauvegarde de la République ». L’histoire des luttes de l’immigration et de ces mouvements montre que les choses sont beaucoup plus complexes. Ci-dessous la réaction de notre site, l’article publié par Contretemps et les liens vers d’autres commentaires critiques.

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La reconnaissance du passé colonial

Des réactions
de la part d’historiens en France
au rapport de Benjamin Stora

Remis le 20 janvier 2021 au président de la République, le rapport de Benjamin Stora sur les questions mémorielles concernant la colonisation et la guerre d’Algérie a suscité de nombreuses réactions, en France comme en Algérie. Ci-dessous, dans l’ordre chronologique de leur publication, les réactions des historiens en France Gilles Manceron, Malika Rahal, Fabrice Riceputi et Alain Ruscio, qui font partie de la rédaction des sites histoirecoloniale.net et 1000autres.org. Nous indiquons également les liens vers les points de vue publiés par Pascal Blanchard, Olivier Le Cour Grandmaison, Sylvie Thénault, Tramor Quemeneur et Saïd Bouamama. Et nous ajoutons celui vers la contribution de l’Association Josette et Maurice Audin ainsi que les articles d’El Watan et du Quotidien d’Oran qui en rendent compte.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Il y a vingt ans, la redécouverte
par la société française
de la torture dans la guerre d’Algérie

Au lendemain de la remise du rapport de Benjamin Stora, la journaliste Florence Beaugé raconte dans un article du 26 janvier 2021 dans Le Monde son enquête sur la torture par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Nous le reproduisons ci-dessous, ainsi que l’Appel des douze publié le 31 octobre 2000 par l’Humanité qui demandait la reconnaissance officielle de « ce mal absolu » qu’est la torture. Comme en témoigne un article de Libération, la presse française rendit aussi largement compte de la soutenance de thèse de l’historienne Raphaëlle Branche, suivie de l’édition d’un livre chez Gallimard. C’est en réaction à ce retour mémoriel, qui suivait celui opéré peu avant sur le massacre du 17 octobre 1961, que commença à être formulée la notion de « repentance » pour disqualifier toute vision critique de la colonisation, notion très présente aujourd’hui dans le débat public.

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L'accès aux archives coloniales

Réactions algériennes au rapport Stora et à la question de la libre consultation des archives

Après la remise le 20 janvier 2021 au président de la République du rapport de Benjamin Stora sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, plusieurs réactions sont intervenues en Algérie. Ci-dessous, l’interview de Benjamin Stora par Nadjia Bouzeghrane paru dans le quotidien El Watan le 23 janvier, les réactions des universitaires algériens, Fouad Soufi, Amar Mohand-Amer, Mohamed El Korso et Hassan Remaoun, ainsi que celle de Fadhila Chitour-Boumendjel, nièce de l’avocat Ali Boumendjel assassiné en 1957 à Alger par les militaires français qui le détenaient. Sa tante, Malika Boumendjel, n’a cessé de demander aux autorités françaises la vérité sur la mort de son mari. Elle est morte le 11 août 2020 à l’âge de 101 ans sans jamais avoir reçu de réponse ni une parole de réconfort de leur part.

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L'accès aux archives coloniales

Le rapport de Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie et la question de l’accès aux archives

Benjamin Stora a remis le 20 janvier au président de la République le rapport que celui-ci lui avait demandé « sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ». Il propose que la France fasse en faveur de la réconciliation des « gestes » dont nous reprenons la liste ci-dessous, d’après un article du Huffingtonpost. Nous publions aussi le lien pour lire le rapport. Celui-ci aborde aussi les questions liées à l’accès aux archives. Nous reproduisons à ce sujet les articles parus dans Le Monde et l’Humanité, ainsi que la chronique de Jean Lebrun sur France inter. Tous relèvent que les promesses faites par Emmanuel Macron en septembre 2018 sur l’ouverture des archives ont été contredites dans les faits. Et que le recours déposé au Conseil d’Etat lui demande de rétablir leur accès de plein droit conformément à la loi.

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