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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« La vérité est en marche,
rien ne l’arrêtera »
par Charles Silvestre,
Gilles Manceron, Pierre Audin

Ce livre retrace le combat mené par ce qui a été baptisé « l’appel des douze », lancé le 31 octobre 2000 par L’Humanité, dans la continuité de la lutte du Comité Maurice Audin, fondé en 1957 à l’initiative de l’historien Pierre Vidal-Naquet et du mathématicien Laurent Schwartz. Le 13 septembre 2018, le président Emmanuel Macron a remis « au nom de la République » à Josette Audin, à laquelle il a demandé « pardon » pour l’assassinat de son mari par des militaires français, une déclaration encourageant les recherches sur les disparus de la guerre d’Algérie et a demandé ensuite à Benjamin Stora un rapport sur le passé franco-algérien. A l’occasion de la sortie de cet ouvrage, les Amis de l’Humanité organisent le 12 mars 2022 une rencontre avec Charles Silvestre, Gilles Manceron et Pierre Audin, qui y ont contribué, et la participation exceptionnelle de Florence Beaugé et de Benjamin Stora.

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Commémorations

Charonne
8 février 1962 – 8 février 2022
retour sur une commémoration

Premier président de la République à s’être exprimé sur le massacre de Charonne, Emmanuel Macron a rendu public le 8 février 2022 un bref communiqué. Ci-dessous le commentaire de l’Humanité et le film que ce journal a réalisé de la commémoration organisée au métro Charonne, ainsi que les mots prononcés par Delphine Renard, qui a perdu la vue à la suite de l’attentat perpétré le 7 février 1962 au domicile d’André Malraux alors qu’elle avait 4 ans. Au même moment, lors d’une rencontre organisée à l’Institut Tribune socialiste (ITS), il a été rappelé l’engagement du PSU à l’époque et aussi que, lors des obsèques des victimes entièrement organisées par le PCF le 13 février, seuls les représentants de la CFTC et de l’UNEF ont mentionné le massacre du 17 octobre 1961 qui avait tué ou blessé des centaines de travailleurs algériens.

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Charonne 8 février 1962

Il y a soixante ans
la répression meurtrière
d’une manifestation pacifique
au métro Charonne

Vers la fin de la guerre d’Algérie, le 8 février 1962, alors que les négociations d’Evian étaient bien avancées et qu’on se dirigeait vers l’indépendance prochaine de ce pays, une manifestation parisienne soutenant cette issue et protestant aussi contre les attentats criminels commis par l’organisation terroriste de l’OAS a été attaquée violemment par des brigades spéciales aux ordres du préfet de police Maurice Papon. Neuf personnes sont mortes du fait d’actes de violence destinés à tuer. Les responsabilités particulières du ministre de l’intérieur, Roger Frey, et du premier ministre, Michel Debré, hostile à l’issue de la guerre voulue par le général de Gaulle, doivent être établies. Et la lumière doit être faite sur le silence de l’Etat depuis. Diverses commémorations sont organisées le 8 février 2022 pour demander la reconnaissance de ce crime d’Etat par les plus hautes autorités du pays.

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La reconnaissance du passé colonial

Faire connaître le combat
patriotique et humaniste
de l’émir Abdelkader

Le 5 février, suivant l’une des préconisations du rapport Stora, une stèle à l’émir Abdelkader (1808-1883) a été inaugurée à Amboise (Indre-et-Loire) où il a été détenu de 1848 à 1852 avec plusieurs membres de sa famille. L’inauguration a eu lieu en présence de l’ambassadeur d’Algérie en France. Avant son inauguration, des journalistes ont constaté que la sculpture avait été vandalisée : l’œuvre qui représente sa silhouette découpée dans une feuille d’acier a été abimée intentionnellement dans la partie basse de la structure. L’émir a été d’abord détenu à Toulon. Vaincu, à la merci de la France qui a trahi sa parole, il est sorti grandi de sa quarantaine à l’hôpital maritime du Lazaret, puis et de sa détention au Fort Lamalgue, ces quatre mois à Toulon ont joué un rôle important dans son évolution intellectuelle. C’est ce que restitue une exposition créée par la LDH Toulon, diffusée par l’Association Ancrages et soutenue par histoirecoloniale.net

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Commémorations

« Oppositions intellectuelles
à la guerre d’Algérie »,
un colloque
qui fait suite au rapport Stora

Sur les « oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie », un colloque s’est tenu les 20, 21 et 22 janvier 2022, correspondant à l’une des préconisations du rapport remis au président de la République par Benjamin Stora. Organisé par l’historien Tramor Quemeneur et l’anthropologue Tassadit Yacine, il a été l’occasion d’interventions passionnantes et de riches débats. Ci-dessous la présentation du film qui l’a ouvert, Le soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul, le programme et les films des débats ainsi que les textes provisoires des interventions de Christian Phéline et Gilles Manceron. Nous y ajoutons la lettre d’Aïssa Kadri, publiée par le quotidien El Watan, qui explique les raisons pour lesquelles il a finalement choisi de ne pas y participer. Nous accueillerons volontiers la réponse des organisateurs, qui ont annoncé la publication prochaine d’un ouvrage reprenant l’ensemble de ses travaux.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Un débat entre Benjamin Stora
et l’historien algérien Amar Mohand-Amer
Quelle commémoration
de l’indépendance algérienne ?

A l’Hôtel-de-ville de Paris, à l’occasion de son assemblée générale, l’Association Josette et Maurice Audin organise un débat sur le thème de la commémoration des soixante ans de l’indépendance de l’Algérie, avec Benjamin Stora et l’historien algérien Amar Mohand-Amer. Ci-dessous les liens pour le suivre sur internet car les conditions sanitaires font que la jauge de la salle est strictement limitée. L’Association Josette et Maurice Audin tiendra ensuite son assemblée interne réservée à ses seuls adhérents (possibilité d’adhésions en ligne), mais que ceux-ci pourront suivre aussi à distance. Nous présentons également ci-dessous la BD sur Maurice Audin qui vient de paraître en Algérie.

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L'accès aux archives coloniales

Archives de la guerre d’Algérie :
il faudra surveiller de près l’ouverture partielle
annoncée par un arrêté du gouvernement

Le Premier ministre, les ministres de la Culture, des Affaires étrangères, des Armées, de l’Intérieur et de la Justice ont signé le 22 décembre un arrêté qui réduit de quinze ans le délai de consultation des archives judiciaires de la guerre d’Algérie. Si on ne peut que se féliciter d’une telle mesure, qui tranche avec les choix gouvernementaux d’empêcher de 2019 à 2021 l’accès à des archives consultables « de plein droit », puis d’adopter à la hâte au nom de la lutte contre le terrorisme une loi, du 30 juillet 2021, restreignant l’accès à certains documents, on peut s’interroger sur l’application effective de cet arrêté. D’autant que le Dépôt central des archives de la justice militaire situé sur la commune du Blanc, dans l’Indre, est fermé depuis deux ans. Sur ce sujet, la construction est nécessaire d’une institution qui veille au respect du droit démocratique d’accès des citoyens aux archives.

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Réconciliation et réparations

Quelle justice
pour les descendants de victimes
des crimes coloniaux ?

Quelle justice et quelles réparations pour les descendants de victimes des crimes coloniaux ? C’est l’importante question abordée ici par les documentaristes Rob Lemkin et Femi Nylander. Auteurs du film African Apocalypse (BBC, 2020), ils y ont mis en lumière l’héritage de la violence coloniale et ses conséquences pour les descendants des victimes des effroyables massacres perpétrés en 1899 par la mission militaire française « Afrique Centrale-Tchad », dite Voulet-Chanoine, au Mali et au Niger. Ils s’appuient sur un récent rapport de l’ONU, passé largement inaperçu en France, prônant la mise en place d’une justice transitionnelle et de mécanismes de réparation. Ci-dessous leur article dans la revue Afrique XXI, ainsi que des liens relatifs à l’histoire de la « colonne infernale » Voulet- Chanoine et de la conquête du Sahel.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Une plaque très discrète
commémore à Paris l’assassinat
par les services spéciaux français
de l’avocat Amokrane Ould Aoudia
sur l’ordre du premier ministre Michel Debré

Le 23 mai 1959, l’avocat parisien Amokrane Ould Aoudia était assassiné en plein Paris par les services spéciaux français pour l’empêcher de défendre des militants du FLN algérien et de dénoncer la torture dont ils avaient été victimes. L’ordre de le tuer dépendait du Premier ministre Michel Debré sous l’autorité duquel se trouvait le Service Action du SDECE qui a organisé cet assassinat. Les choses ont été racontées par Raymond Muelle, l’officier commandant ce service, au journaliste Jean Guisnel dont nous reproduisons ci-dessous l’article paru dans Le Point le 25 novembre 2021. Suivi de l’intervention de Gilles Manceron sur ce sujet au colloque « À quand la vérité sur les crimes coloniaux, 60 ans après l’assassinat de Ferhat Hached » qui a eu lieu le 12 janvier 2013 dans une salle de l’Assemblée nationale. Selon lui, un tel assassinat décidé par un Premier ministre d’un avocat parisien pour l’empêcher de plaider est unique dans l’histoire de la France.

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Le 17 octobre 1961

17 octobre 1961 :
un crime d’Etat toujours inavouable,
par Fabrice Riceputi

Le 16 octobre 2021, le président Emmanuel Macron s’est rendu au Pont de Bezons, en banlieue parisienne, pour s’y livrer à une cérémonie commémorative. Celle-ci fut suivie de la publication par l’Élysée d’un communiqué de presse exposant brièvement ses motifs. Après le très bref communiqué de François Hollande en 2012, c’est la deuxième initiative présidentielle sur ce sujet en 60 ans. Mais le compte n’y est toujours pas. Dans une tribune publiée sur le site LundiMatin, l’historien Fabrice Riceputi indique qu’en raison de blocages politiques, la reconnaissance pleine et entière d’un crime d’Etat établi par l’historiographie, revendiquée dans la société française depuis les années 1990, particulièrement celle de la responsabilité du gouvernement Debré et de l’institution policière dans cette meurtrière répression, n’est toujours pas formulée.

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L'accès aux archives coloniales

L’accès aux archives
continue à être entravé.
Les images de la rencontre
« L’accès aux archives publiques,
un enjeu citoyen » du 13 septembre 2021

Comme l’a expliqué la revue L’Histoire dans un entretien avec le juriste Noé Wagener : après la décision du Conseil d’Etat du 2 juillet 2021 qui a donné raison au Collectif Accès aux archives publiques en annulant l’instruction gouvernementale qui contredisait la loi en inventant une procédure illégale de « déclassification », les forces qui cherchent à entraver l’accès des citoyens aux archives publiques ont immédiatement réagi. Elles ont introduit à la hâte des dispositions problématiques dans la loi du 30 juillet concernant le terrorisme et le renseignement. Ci-dessous un article de Sylvie Braibant pointant le rôle des milieux qui continuent de dresser des entraves à l’exercice d’un droit constitutionnel. Et les images d’une rencontre qui témoigne de la mobilisation scientifique et citoyenne en cours, bien décidée à déjouer leurs subterfuges.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Du pillage culturel colonial
aux difficiles restitutions postcoloniales

Le 10 novembre 2021, 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey, pillées par les troupes coloniales françaises au XIXe siècle ont été restituées au Bénin et accueillies par des scènes de liesse à Cotonou. Un important film documentaire, Restituer ?, réalisé par Nora Philippe et diffusé sur Arte, fait l’histoire du pillage des biens culturels comme partie intégrante du projet colonial et celle de la longue lutte qui se poursuit pour la restitution de ces biens aux peuples jadis colonisés. Le 15 décembre prochain, en France, sera débattue au Sénat une proposition de loi « relative à la circulation et au retour des biens culturels appartenant aux collections publiques ». Elle concernera aussi « les restes humains » rapportés par les conquérants coloniaux français et encore conservés en très grand nombre dans les caves de nos musées.

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