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Édition du 1er au 15 février 2026

La loi du 23 février 2005

La proposition de loi du PS en vue de l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005

Alors que les élus socialistes en charge de ces questions ont laissé se dérouler entre 2003 et 2005 le processus de préparation de la loi du 23 février 2005 sur la reconnaissance « du rôle positif de la présence française en outre-mer, notamment en Afrique du Nord » 1, une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale par le parti socialiste en vue de l’abolition de l’article 4 de cette loi. Son examen est prévu à l’Assemblée nationale le 29 novembre 2005.

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La loi du 23 février 2005 témoigne d’une volonté de nuire au rapprochement franco-algérien

Dans un entretien avec Nadjia Bouzeghrane publié dans El Watan le 31 octobre 2005, les deux professeurs émérites d’histoire, Claude Liauzu2 et Gilbert Meynier3, estiment que la loi du 23 février 2005 résulte d’une volonté de nuire au rapprochement franco-algérien. Selon eux, il ne fallait pas être grand clerc pour imaginer qu’un tel article de loi provoquerait non seulement la réaction de tous les historiens, chercheurs et enseignants attachés à l’autonomie de leur discipline, mais aussi des difficultés dans les relations entre la France et l’Algérie.

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“Paris/Tokyo : la mémoire coloniale qui bloque”, par Pascal Blanchard

Pascal Blanchard est historien, chercheur associé au CNRS (Marseille) et coauteur de 4. Il a écrit le 1er juin 2005, sur www.africultures.com, que le Japon et la France ont un problème avec la « mémoire coloniale ». Dans les deux pays, cette histoire est un enjeu politique ; il y a un discours officiel très « diplomatique » pour l’étranger qui contraste avec celui destiné aux « nationaux » ; la mémoire est manipulée par l’État sous la pression de groupes d’influence importants ; les hommes politiques 5 restent sourds aux opinions.

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La loi du 23 février 2005

Alain Finkielkraut : « une loi stupide, mais… »

Tout en déplorant le politiquement correct, Alain Finkielkraut a, à plusieurs occasions, contesté la loi du 23 février 2005 et demandé la suppression de son article 4. Nous reproduisons son échange avec Sandrine Lemaire, professeur d’histoire et co-auteur de « la Fracture coloniale », au cours du « Face à face » du Journal télévisé de 13h sur France 2, le 26 octobre 2005, sur le thème « Colonisation : question tabou ou débat nécessaire ? ». Il élargit le champ de sa réflexion dans une chronique dans le numéro de septembre 2005 de la revue L’Arche qui reprend l’essentiel de son émission « Qui vive » sur RCJ.

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Henri Alleg : “la loi du 23 février est odieuse

Henri Alleg a déclaré en marge d’un colloque sur Albert Camus, ses propos ayant été publiés par « Liberté-Algérie » le 31 octobre 2005, que « la loi du 23 février est odieuse ». Rappelant l’adoption, en février dernier, par l’Assemblée nationale française, de cette loi glorifiant le colonialisme français, il a estimé qu’elle montre que des gens veulent continuer à cultiver ce mythe de l’aspect bénéfique de la colonisation. Selon lui, c’est essayer de cacher les crimes commis et en même temps enterrer toute discussion sur ce qu’a été vraiment le colonialisme.

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Dans « El Watan » du 31 octobre 2005 : « un article de loi décrié et controversé »

Alors que les critiques à la loi du 23 février 2005 ont commencé à être exprimées en France quelques semaines après le vote de cette loi, la presse algérienne a attendu plusieurs mois pour en parler. Nous publions ci-dessous l’article de Nadjia Bouzeghrane paru le 31 octobre 2005 dans le quotidien algérien « El Watan ». Elle signale qu’une pétition intitulée « Colonisation : non à l’enseignement d’une histoire officielle », signée par plusieurs centaines d’historiens et d’enseignants demande à ce que cette loi soit abrogée « parce qu’ elle impose une histoire officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au cœur de la laïcité ».

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La loi du 23 février 2005

Un article du « Canard enchaîné » du 26 octobre 2005 étrille les contradictions des ministres sur la « colonisation positive »

La loi du 23 février 2005 sur l’enseignement de l’histoire coloniale n’énerve pas que les profs, les ministres aussi. Le « Canard enchaîné » du 26 octobre 2005 publie un article qui brocarde les dissonances au sein du gouvernement autour de cette loi qui prescrit d’enseigner les « aspects positifs » de la colonisation. Alors que Jacques Chirac a qualifié cette loi de « grosse connerie » devant sa conseillère Blandine Kriegel 6… mais sans demander son abrogation pour autant, les ministres de l’Education nationale, des Anciens combattants et des Affaires étrangères ont chacun leur avis. Faut-il ouvrir entre eux des pourparlers de paix ?

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Un article de « Libération » qualifie la loi du 23 février 2005 de « loi imbécile »

A partir de la rentrée scolaire de septembre 2005, les critiques sont de plus en plus vives contre l’alinéa controversé de la loi du 23 février 2005 qui enjoint les enseignants à enseigner les « aspects positifs de la colonisation ». Le 22 octobre, un article d’Hervé Nathan dans « Libération » s’en prend au vote par la droite d’une loi imbécile sur l’enseignement de l’histoire des colonies. Il affirme que la mémoire coloniale, c’est comme le refoulé ; chassez-le, il revient au galop ; et qu’on assiste avec cette loi au resurgissement des fractures politiques anciennes, à droite comme à gauche.

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La loi du 23 février 2005

Le président Chirac aurait qualifié de « grosse connerie » la loi du 23 février 2005…

Alors que tout indique que la président de la République, Jacques Chirac, avait discrètement suscité la loi du 23 février 2005 enjoignant aux enseignants de montrer le « rôle positif » de la colonisation, il aurait, face au tollé qu’elle a suscité, qualifié cette loi de « grosse connerie »… C’est ce qu’écrit dans « Le Monde » du 18 octobre 2005 un article de Laetitia Van Eeckhout. Si une « grosse connerie » a été commise, elle a été pleinement assumée par le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, et, au delà, par le président de la République qui en avait fait la promesse aux nostalgiques de l’Algérie française pour les dissuader, en avril 2002, de voter pour Jean-Marie Le Pen.

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Selon le ministre de l’Education nationale, la loi sur le «rôle positif» de la colonisation française «n’implique aucune modification des programmes» !…

La loi sur le «rôle positif» de la colonisation française «n’impliquerait aucune modification des programmes» !… Tel est l’avis du ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, dans un entretien publié par le Journal du Dimanche, le 16 octobre 2005. Déclaration absurde et mensongère pour tenter de sauver un article de loi de plus en plus contesté au parlement, dans le pays, notamment dans les départements d’outre-mer, et à l’étranger. Nombreux sont ceux qui demandent l’abrogation de cet article 4. Pour la LDH, il faut faire avec cette loi comme avec toutes les lois scélérates : la supprimer, purement et simplement.

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Pierre Vidal-Naquet (Sipa)
La loi du 23 février 2005

L’accusation des « professeurs de trahison », le retour ?

Après avoir été mis en cause par le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, parce qu’ils avaient critiqué la loi du 23 février 2005 sur le « rôle positif de la présence française outre-mer », des historiens, dont Claude Liauzu, Jean Baubérot ou encore Pierre Vidal-Naquet, ont décidé de répondre. Ils montrent que l’accusation d’être des « professeurs de trahison » émane du « Manifeste des intellectuels français » qui, en octobre 1960, a dénoncé le « Manifeste des 121 », accusation qui a été reprise par d’autres articles et publications colonialistes de l’époque.

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