4 000 articles et documents

Édition du 15 janvier au 1er février 2026

La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Siné 1960
L'affaire Audin

«… au couteau pour faire croire que c’était les Arabes …»

Les dernières déclarations du général Aussaresses rapportées dans un livre récent n’ont pas manqué de soulever une forte émotion de l’autre côté de la Méditerranée. Son affirmation sur l’usage du couteau pour assassiner Maurice Audin a particulièrement frappé les esprits, comme l’expose un historien algérien dans le billet qu’il nous a adressé et que nous reprenons ci-dessous.

Lire la suite »

Maurice Audin à l’Assemblée nationale

La disparition de Maurice Audin entre les mains de l’armée française à Alger en juin 1957 a été évoquée à l’Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement du 14 janvier 2014. Répondant au député François Asensi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a renouvelé l’engagement du président de la République : « le Gouvernement fait et fera tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à l’établissement de la vérité.»


Ci-dessous :

  • une vidéo de la question de François Asensi et de la réponse du ministre
  • la transcription de cet échange
  • un article paru dans le quotidien algérien El Moudjahid, le 13 janvier 2014 : «Nouvelles révélations sur l’assassinat de Maurice Audin : La vérité toujours occultée»,
  • un lien vers une vidéo sur l’affaire Audin (extrait du JT 20h, France 2)
Lire la suite »
Laurent Schwartz, L'Express 16 janvier 1958.
L'affaire Audin

«Maurice Audin est-il là ?»

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, assistant de mathématiques à l’université d’Alger, était arrêté par les parachutistes du 1er RCP. Depuis, nul ne l’a revu vivant. Dans un témoignage posthume, le général Aussaresses aurait reconnu avoir reçu du général Massu, officiellement chargé du maintien de l’ordre à Alger en juin 1957, l’ordre de le tuer.

Le 2 décembre 1957, le mathématicien Laurent Schwartz organisait la soutenance de thèse de Maurice Audin, en l’absence de son auteur. L’historien Michel Winock a assisté à cette soutenance qu’il évoque dans La République se meurt. A la suite de son témoignage, nous reprenons la préface de L’Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet, constituée pour l’essentiel
d’un article de Laurent Schwartz publié dans l’Express du 16 janvier 1958.

Lire la suite »

reconnaître notre passé colonial en Algérie

Coïncidence ? … le jour où paraît un livre qui apporte quelques éclaircissements sur la disparition de Maurice Audin en 1957 entre les mains de l’armée française, on apprend qu’un ancien militaire allemand, âgé de 19 ans à l’époque des faits, va être jugé, en Allemagne, pour sa participation au massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944.

Par contre, les généraux français qui ont conduit la guerre d’Algérie, avec les méthodes dont on découvre chaque jour un peu plus la brutalité, ont poursuivi leurs carrières sans être véritablement inquiétés. Ainsi que le demande Josette Audin, il serait temps que notre pays reconnaisse « ce qui s’est passé en Algérie, […] comme le président de la République Jacques Chirac l’avait fait pour la rafle du Vél’d’Hiv.» Il ne s’agit pas de responsabilité individuelle, mais il faut que la politique conduite par les gouvernements de l’époque soit clairement condamnée.

L’enjeu est majeur. Les historiens poursuivent leur travaux de recherche et d’analyse des archives. Mais il est maintenant de la responsabilité des politiques de reconnaître solennellement les faits.

Lire la suite »
Josette Audin (Copyright © France 24)
L'affaire Audin

la mort de Maurice Audin : un crime d’État …

Dans un livre paru le 9 janvier 2014 aux éditions des Équateurs, La vérité sur la mort de Maurice Audin, le journaliste Jean-Charles Deniau apporte des précisions sur la fin du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, disparu à Alger après avoir été arrêté et torturé par l’armée française, le 11 juin 1957.

Alors que sa famille tente depuis d’obtenir la vérité et que l’armée française campe depuis 50 ans sur sa version officielle – Maurice Audin se serait évadé de prison –, ce nouvel ouvrage s’appuie sur le témoignage du général Aussaresses. Ce dernier aurait reconnu peu avant sa mort que c’est bien lui qui, sur ordre du général Massu et avec l’assentiment du pouvoir politique, a fait liquider Maurice Audin en 1957.

Josette Audin, veuve de Maurice Audin, a émis des doutes sur les déclarations du général Aussaresses : «C’est bien que le général ait dit sa vérité mais c’est seulement SA vérité. Ce n’est pas forcément LA vérité.» Au-delà du cas de son mari, Josette Audin a par ailleurs appelé le président de la République à condamner officiellement les tortures organisées par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

[Mis en ligne le 9 janvier 2014, mis à jour le 10]

Lire la suite »

Claire Mauss-Copeaux : face au massacre d’Oudjehane

Dans une analyse à la fois sensible et pénétrante, l’historienne Raphaëlle Branche présente le dernier livre de Claire Mauss-Copeaux, La Source. Mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956. Un ouvrage où l’auteure, avec des témoins algériens et français, construit un pont entre le passé et le présent 1.

Lire la suite »

le 17 octobre 2013

Dans un entretien à l’APS repris ci-dessous, l’historien Gilles Manceron, spécialiste du colonialisme français, revient, sur les massacres de centaines d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Même s’il concède que le communiqué du président français, François Hollande, reconnaissant avec lucidité ces faits est un acte important, il affirme la nécessité de poursuivre le travail politique et historique pour que la France tourne enfin la page coloniale de son histoire.

A l’occasion du 52e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961, le Collectif 17 octobre continue à exiger Vérité et Justice, et appelle à un Rassemblement le 17 Octobre 2013 à 18h, au Pont Saint Michel à Paris.

[Mis en ligne le 14 octobre 2013, mis à jour le 17]

Lire la suite »
Tirailleur sénégalais. Photo : SGA/DMPA (Source)
Le massacre de Thiaroye décembre 1944

retour à Thiaroye

L’ouvrage collectif Nouvelle histoire des colonisations européennes XIXe-XXe siècles publié aux PUF sous la direction de Christelle Taraud et Amaury Lorin comporte un chapitre consacré au «Massacre des ex-prisonniers de guerre coloniaux le 1er décembre 1944 à Thiaroye (Sénégal)».

Au terme d’une enquête de longue haleine, son auteure, Armelle Mabon, propose une relecture de la “mutinerie” de Thiaroye (Sénégal) le 1er décembre 1944. Après avoir rappelé que les soldats “indigènes” avaient d’abord combattu pour la France des débuts de la guerre à la défaite de juin 1940, avant d’être faits prisonniers par les Allemands et détenus pendant quatre ans (1940-1944) dans des Frontstalags sur le sol français, elle souligne que c’est bien la question des soldes impayées qui se trouve au cœur de la révolte. Armelle Mabon a accepté de répondre aux questions de LDH Toulon, et notamment sur les raisons qui l’ont amenée à modifier son point de vue sur cet épisode tragique du passé colonial français2.

Lire la suite »

Gilles Manceron : dire l’histoire

Le 8 mai 1945, les milliers d’Algériens qui manifestèrent pacifiquement leur volonté d’indépendance subirent, à Sétif, Guelma et Kherrata, une répression aveugle et massive conduite par l’armée française soutenue par des milices européennes armées.

L’historien Gilles Manceron, revient, dans cet entretien accordé à l’APS, sur cette page tragique qui a marqué un tournant dans l’histoire de la lutte nationaliste, ainsi que sur le déni par la France de ses crimes coloniaux3.

Pour Gilles Manceron, «le besoin de justice est intact et de plus en plus pressant, mais, […] aujourd’hui, il incombe aux hommes politiques et aux historiens, et non pas à des juges, de le satisfaire». «C’est aux autorités politiques françaises de s’exprimer très clairement sur ce[s] sujet[s]». C’est aux historiens qu’il revient d’«établir les faits», et, pour cela, il faut «permettre l’accès aux archives».

La demande d’un réel accès aux archives est exprimée également par l’historien algérien Daho Djerbal dont le quotidien algérien Liberté rapporte les propos dans un article publié le même jour. Après avoir évoqué les difficultés auxquelles se heurtent en Algérie pour accéder aux archives les chercheurs qui travaillent sur l’histoire du mouvement national, il proclame que “l’accès aux archives doit être libre”.

Lire la suite »
Antoine Abibou en 1938. Prisonnier de guerre en Bretagne, il a été condamné à dix ans de détention le 5 mars 1945, suite à la rébellion du camp de Thiaroye. (Archive famille Abibou)
Le massacre de Thiaroye décembre 1944

Thiaroye (Sénégal) : morts par la France

Pour Armelle Mabon, maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud, auteure de Prisonniers de guerre « indigènes » Visages oubliés de la France occupée (La Découverte, 2010), la réhabilitation des victimes de ce massacre colonial est indispensable.

De nombreux points doivent encore être élucidés, mais, pour l’historienne, il s’agit d’un crime que l’armée française a couvert par une succession de mensonges et que l’État a entériné.

Lire la suite »
michele_audin.jpg
L'affaire Audin

Maurice Audin : une vie brève

Le dossier du ministère de la Défense sur la disparition de Maurice Audin, disparu, à Alger le 11 juin 1957, après avoir été arrêté par des militaires français, est désormais consultable, selon un arrêté paru au Journal officiel du 23 février 20134.

Cet arrêté du 1er février, signé du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est daté du jour où Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, a reçu une copie de ce dossier des mains du ministre, conformément à l’engagement de François Hollande.

Peu de temps auparavant, Michèle Audin publiait Une vie brève, récit pudique consacré à son père.

Lire la suite »
L'Humanité du 28 février1962. A droite, Delphine Renard défigurée.
Charonne 8 février 1962

Delphine Renard demande une reconnaissance officielle de la répression de Charonne

Elle avait quatre ans lorsqu’elle fut grièvement blessée dans un attentat de l’OAS visant André Malraux. Le sort de l’enfant mutilée, aveuglée, souleva alors une grande émotion. Après cet attentat, une manifestation organisée le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’organisation terroriste fut violemment réprimée par la police sous les ordres du préfet de police Maurice Papon : 9 manifestants trouvèrent la mort dans la bouche du métro Charonne.

Un rassemblement a eu lieu le 8 février 2013, à Paris, au métro Charonne, en mémoire des victimes de la répression du 8 février 1962.

Ci-dessous un entretien avec Delphine Renard, réalisé par Rosa Moussaoui, et publié sur L’Humanité.fr le 8 février 2013.

Lire la suite »