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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

le 17 octobre 1961, par Sorj Chalandon

Le quotidien Libération daté des 12 et 13 octobre 1991 a consacré un dossier de 8 pages à la publication de La bataille de Paris, 17 octobre 1961 de Jean-Luc Einaudi 1. Dans un long et terrible article s’appuyant sur le livre d’Einaudi, Sorj Chalandon y racontait le 17 octobre 1961 à la façon d’un reportage. Ce texte de 1991 est reproduit ici, avec l’accord de son auteur.

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hommage à Jean-Luc Einaudi, par Patrick Karl

Aujoiurd’hui, 8 octobre 2015, paraît en librairie un ouvrage de Fabrice Riceputi consacré à La bataille d’Einaudi. Pour accompagner l’événement, nous reprenons ci-dessous le texte que Patrick Karl a lu le mardi 6 octobre 2015 à la Librairie Folies d’encre à Saint-Denis, lors de la soirée d’hommage à Jean-Luc Einaudi.

Patrick Karl, comédien et metteur pour le théâtre depuis 1980, a cheminé à la rencontre du Théâtre d’Art. Création et décentralisation ont influencé son parcours nomade auprès des auteurs et poètes essentiels : W. Shakespeare, C. Goldoni, A. Tchékhov, J. Genet, S.Beckett, R. Char, B. M. Koltès.

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Associations d’anciens combattants et militants anticolonialistes sont venus en soutien à Henri Pouillot dans ce procès qui a trait à un mensonge d’État vieux de 57 ans. (c) Copyright Journal La Marseillaise
L'affaire Audin

Marseille : l’affaire Audin au tribunal

Devant le TGI de Marseille, mardi 22 septembre 2015, le général Maurice Schmitt a poursuivi en diffamation Henri Pouillot, ancien combattant en Algérie devenu militant anticolonialiste, pour diffamation à propos de « l’affaire Maurice Audin ». Celui-ci avait remis le 5 septembre 2014 une lettre au général Pierre De Villiers, chef d’état-major des armées, lettre dans laquelle était dit :

« Le Général Maurice Schmitt (qui occupa les mêmes fonctions que vous actuellement, il y a quelques années) était capitaine à l’époque des faits, dans les fonctions d’officier de renseignements. Il rencontrait donc quotidiennement au QG de l’Etat Major d’Alger tous les autres officiers de renseignements du secteur ? Ils se retrouvaient pour faire le point sur leurs « résultats ». Le cas de Maurice Audin (comme celui de Henri Alleg) a donc été obligatoirement commenté très largement étant donné l’importance de tels « détenus ». »

Cette démarche faisait suite à la lettre du 18 juin 2014 du Président de la République à Josette Audin déclarant :

« Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. »

L’ANPNPA –Association des pieds noirs progressistes et leur amis — avait appelé à un rassemblement devant le tribunal : l’audience était l’occasion de demander enfin la vérité sur cet assassinat, sur ce qu’est devenu son corps, pour permettre à sa femme Josette et ses enfants Pierre et Michèle de faire enfin leur deuil. Le délibéré est prévu le 3 novembre.

Ci-dessous les liens vers des articles de ce site évoquant le rôle du général Schmitt et le recours à la torture pendant la guerre d’Algérie (cliquer sur les liens), ainsi que deux articles sur cette audience et le résumé d’un témoignage d’historien entendu par le tribunal.

[La première version de cet article, datée du 18 septembre, reprenait l’appel de l’ANPNPA, cité ci-dessus ]

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Le rôle de Jean-Luc Einaudi

“la bataille d’Einaudi” par Fabrice Riceputi

Octobre 1997. Maurice Papon est enfin jugé pour son rôle actif, entre 1942 et 1944, dans la déportation de 1690 juifs de la Gironde vers Drancy, dernière étape avant Auschwitz. Lors de l’interrgatoire de l’accusé, Jean-Luc Einaudi est appelé à témoigner. A la barre, il affirme qu’il y avait eu, à Paris en octobre 1961, un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon alors préfet de police. L’écho médiatique et politique de cette déposition est considérable. On a « découvert » d’autres cadavres dans les placards de Papon. Des cadavres qui ne sont pas ceux de Vichy, mais de la République.

Fabrice Riceputi, né en 1958, enseigne l’histoire-géographie dans un quartier populaire de Besançon. Il anime le blog campvolant.com consacré à l’actualité des questions coloniales et postcoloniales. Il a mené un important travail de recherche pour écrire ce livre, dont les sources comprennent, notamment, des archives privées et des entretiens avec certains des protagonistes de « la bataille d’Einaudi ».

Le livre est en librairie à partir du 8 octobre 2015.

[Mis en ligne le 19 septembre 2015]

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Brigitte Lainé (photo Yann Mambert)
Papon et les deux archivistes

2015 : l’honneur retrouvé de Brigitte et de Philippe

Brigitte Lainé vient d’être promue chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur 2. Nous sommes nombreux à nous en réjouir, et à lui associer son collègue Philippe Grand. Ces deux archivistes ont été “placardisés” pendant plusieurs années pour avoir témoigné au procès que Maurice Papon avait intenté à Jean-Luc Einaudi.

Leurs témoignages en février 1999 avaient été déterminants pour la condamnation de l’ancien préfet de police pour son implication dans les massacres des Algériens à Paris, en octobre 1961. Ils ont tous deux contribué à la mise en en évidence de la réalité et de l’ampleur de ces massacres. La promotion de Brigitte Lainé en constitue une reconnaissance.

[Mis en ligne le 19 juillet 2015, mis à jour le 1er septembre 2015]

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 8 mai 1945 : le devoir d’histoire

Des historiens français ont participé du 6 au 10 mai 2015 aux universités de Constantine, Guelma, Setif et Béjaïa à un colloque international sur les massacres coloniaux à l’occasion du 70e anniversaire des massacres de mai 1945 dans le nord-Constantinois.

Parmi eux, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée, et Gilles Manceron, auteur notamment avec l’historien algérien Hassan Remaoun du livre D’une rive à l’autre, la guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire (Syros, 1993).

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Sétif, Guelma … assumer notre passé

Il y a 70 ans, la France fêtait sa libération et la défaite du nazisme. Simultanément des événements tragiques se déroulaient à Sétif, Guelma, Kherrata … la répression fut terrible. Mehdi Lallaoui en a sauvegardé quelques traces.

Ces crimes font l’objet d’une nouvelle demande de reconnaissance adressée aux plus hautes autorités de l’État. Pour Nils Andersson, il faut mettre fin au déni de ces “événements”.

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Stèle en mémoire du premier martyr des événements du 8 Mai 1945 à Sétif, Saâl Bouzid (El Watan)
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

l’autre 8 mai 1945 (mai 2015)

Comme chaque année, les Français associeront la commémoration de deux événements qui se sont déroulés le 8 mai 1945 : la victoire des Alliés sur le fascisme d’une part, les massacres du Nord-Constantinois de l’autre.

Nous reprenons le communiqué du Collectif unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie. Suit un article du quotidien El Watan qui exprime l’impatience algérienne devant la lenteur avec laquelle la France reconnaît son passé colonial en Algérie.

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le 8 mai, ne pas oublier Sétif

Un officiel français s’est rendu en Algérie pour commémorer le 8 mai 1945. Le secrétaire d’Etat français chargé des anciens combattants et de la mémoire, Jean-Marc Todeschini, effectue une visite en Algérie les dimanche 19 et lundi 20 avril. A cette occasion, il effectuera à Sétif «le premier geste mémoriel» d’un membre du gouvernement français, annonce un communiqué de l’ambassade de France à Alger. Ce déplacement se déroule quelques jours après l’adoption à l’unanimité par le Conseil de Paris d’un vœu demandant que l’Etat reconnaisse les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata.

Un tel geste couronnerait une succession de déclarations de reconnaissance :
27 février 2005 : l’ambassadeur Hubert Colin de Verdière qualifie la répression des manifestations du 8 mai 1945 de « tragédie inexcusable ».
27 avril 2008 : l’ambassadeur Bernard Bajolet reconnaît, dans un discours prononcé à Sétif, la « très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque » dans les massacres du 8 mai 1945.
5 décembre 2007 : le président de la République, Nicolas Sarkozy déclare, dans un discours prononcé à l’université de Constantine, que « les fautes et les crimes du passé » colonial français en Algérie sont «impardonnables».

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le massacre de Thiaroye, une synthèse par Armelle Mabon

Le massacre de Thiaroye s’est déroulé à Dakar en décembre 1944. Un mouvement de protestation de “tirailleurs sénégalais” fut brutalement réprimé par l’armée française, faisant plusieurs dizaines de victimes. Grâce aux recherches approfondies de l’historienne Armelle Mabon, l’événement est maintenant bien connu, et on comprend mal la lettre ouverte adressée au président de la République par Julien Fargettas qui qualifie ce travail de partialité 3. Le site internet du CVUH — Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire — a publié une réponse de l’historienne à cette lettre ouverte.

[Mis en ligne le 1er décembre 2014 ; mis à jour le 13 avril 20154]

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