Pour certains « nostalgériques », les déclarations d’Emmanuel Macron à Alger le 15 février dernier, ne passent pas. Environ 150 d’entre eux — parmi lesquels on reconnaissait de nombreux membres du Front national — l’ont crié, à Toulon le 18 février après-midi, en tentant de perturber la réunion électorale d’En marche !. D’autre part, le Cercle algérianiste, qui se targue de représenter tous les Pieds-noirs, a fait connaître sa décision de poursuivre le candidat qui avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité». L’association estime que les propos sur la colonisation qu’il a tenus à Alger portent «atteinte à la mémoire et à l’honneur des Français d’Algérie».
En déclarant, le 15 février, que la colonisation était un « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a eu le mérite d’introduire ce sujet au sein de la campagne présidentielle. Voyez la tribune de François Gèze et Gilles Manceron intitulée « Regardons en face le passé colonial de la France », publiée dans Le Monde du 18 février 2017.
Mais, lors de son meeting à Toulon le 18 février, Emmanuel Macron n’a pas repris les mêmes termes, dans une région pourtant où l’extrême droite est forte et où le combat pour la vérité doit être mené sans concession. Il a semblé battre en retraite, louant le « travail formidable » fait à l’époque de l’Algérie française par des gens « formidables », les Pieds-noirs nostalgiques qu’il avait « blessés » et à qui il demandait « pardon ». Il a paru renouer avec ses propos, plus qu’ambigus, de novembre 2016, selon lesquels, dans l’Algérie coloniale, « il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie ». Va-t-il reprendre la théorie des « aspects positifs de la colonisation » qui avait suscité un tollé parmi les historiens, les enseignants et de nombreuses associations quand une loi, du 23 février 2005, avait demandé aux professeurs de les inculquer ?
François Nadiras