4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 mars 2026

Histoire et mémoire des anticolonialismes

Histoire et mémoire des anticolonialismes

« Revenir à Montluc »,
un film qui révèle la difficulté à intégrer
l’histoire coloniale française
projeté à Saint Etienne et à Lyon

Le Fort de Montluc, à Lyon, fut, de 1940 à 1944, une prison du régime de Vichy puis de l’occupant nazi. Il fut aussi durant la guerre d’indépendance algérienne un lieu de détention d’Algériens et de leurs soutiens français, ainsi que, de 1959 à 1961, celui de onze exécutions capitales de militants du MNA et du FLN. Dans Revenir à Montluc, un film de Béatrice Dubell, Claudie Duhamel, française engagée dans le soutien au FLN, revient sur sa détention dans ce lieu où elle fut notamment témoin de la dernière exécution capitale, celle de Salah Dehil en janvier 1961. Mais la réalisatrice Béatrice Dubell n’a pu filmer l’intérieur de Montluc, en raison d’une opposition à voir intégrer ce « passé algérien » à l’histoire de la prison, comme le rappellent ci-dessous la présentation du film et un article du Monde. Ce film sera projeté à Saint Etienne et à Lyon respectivement le 25 avril et le 3 mai 2023.

Lire la suite »
Histoire et mémoire des anticolonialismes

Hélène Cuénat,
l’une de ces Françaises et Français
qui ont agi pour l’indépendance de l’Algérie

La colonisation était un système contradictoire avec toutes les valeurs des droits de l’Homme. Du temps de l’empire et des guerres coloniales, un certain nombre de Françaises et de Français l’ont compris et ont eu le courage de le combattre et d’aider notamment la lutte des Algériens pour leur indépendance. Ci-dessous le parcours d’Hélène Cuénat rapporté pour le site Orient XXI par Sylvie Braibant, historienne, journaliste et ex-rédactrice en chef de TV5 Monde. Notre site continuera à restituer les engagements de Françaises et de Français qui ont saisi que la République se perdait dans sa politique coloniale et qui ont partagé ces combats.

Lire la suite »
Histoire et mémoire des anticolonialismes

Un livre restitue le rôle du PSU,
le seul parti qui a organisé
une manifestation après le 17 octobre 1961

La désinformation et l’oubli du 17 octobre 1961 a abouti à ce que les quelques rassemblements de protestation qui ont été organisés peu après dans les rues de Paris ont été chassés de la mémoire collective. Les organisateurs d’un colloque pour le 40ème anniversaire, en 2001, ont même affirmé qu’il n’y en avait eu aucune. Ce qui avait provoqué les protestations du président de la Ligue des droits de l’homme à l’époque, Henri Leclerc, qui, en 1961, avait participé à la principale d’entre elles, la manifestation organisée par le PSU dont il était membre. A l’initiative de l’Institut Tribune socialiste, un ouvrage est paru en 2021 pour tenter de réparer cet oubli tenace.

Lire la suite »
Histoire et mémoire des anticolonialismes

L’hommage d’Alain Ruscio
à la mémoire de Jacques Jurquet (1922-2020)

Jacques Jurquet est décédé à Marseille le 22 novembre 2020 à l’âge de 98 ans au terme d’une longue vie militante. Issu d’une famille socialiste et engagé très jeune lors du Front populaire, il s’est impliqué à 19 ans dans la Résistance pendant laquelle il devint membre du Parti communiste clandestin. Ses responsabilités fédérales au sein de ce parti s’achevèrent en 1959, pendant la guerre d’Algérie, en raison de son désaccord avec le vote des « pouvoirs spéciaux » par le groupe parlementaire communiste qui ont plongé les deux pays dans la guerre. De même que sa compagne, Baya Allaouchiche-Bouhoune, qui militait au sein de la Fédération de France du FLN algérien clandestin, il a pris fait et cause pour la guerre d’indépendance algérienne. C’est au sein du groupe maoïste, Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF), dont il fut le premier secrétaire général, qu’il a rencontré Jean-Luc Einaudi, qui a publié une biographie de Baya et a nourri ses propres recherches sur la guerre d’Algérie des travaux de Jurquet sur « la Révolution nationale algérienne et le PCF ».

Lire la suite »
Histoire et mémoire des anticolonialismes

Gisèle Halimi, symbole de l’engagement anticolonialiste et de la défense
des droits des femmes

Née le 27 juillet 1927 à la Goulette, près de Tunis, Zeiza Gisèle Elise Taïeb,زيزا جيزيل إليز الطيب, qui se fera connaitre sous le nom de Gisèle Halimi, est une figure marquante de l’engagement anticolonialiste, aux côtés des militant(e)s indépendantistes du Maghreb, contre la guerre américaine au Vietnam et pour les droits des Palestiniens. D’une famille juive tunisienne modeste, elle s’est vite rebellée pour échapper à la condition subordonnée qui était celle des filles par rapport aux garçons, allant jusqu’à faire, à l’âge de 10 ans, une grève de la faim pour imposer son droit à la lecture et aux études et refusant, avant d’aller en classe, d’embrasser la mézouza, le rouleau de textes religieux accroché à la porte de la maison. Engagée pour l’indépendance de la Tunisie, elle a défendu ensuite au péril de sa vie des combattantes et combattants du FLN algérien, dont Djamila Boupacha, qui, aujourd’hui âgée de 82 ans et touchée par la Covid 19, a tenu à rendre à sa « sœur Gisèle » un vibrant hommage que nous reproduisons.

Lire la suite »
Histoire et mémoire des anticolonialismes

La station de métro Gallieni, à Bagnolet,
rebaptisée « Josette et Maurice Audin »

Le 17 juin, à la station de métro Gallieni, à Bagnolet, le terminus de la ligne 3 du métro parisien, une opération symbolique a été organisée pour l’appeler « Josette et Maurice Audin », conjointement à une demande officielle à la RATP pour qu’elle soit ainsi rebaptisée. Ci-dessous l’article de Rosa Moussaoui que le quotidien l’Humanité a publié le 19 juin 2020, et les échos de ce rassemblement sur LCI et la radio France bleu, Paris. Nous reprenons également le dossier réalisé par les Archives nationales sur la carrière militaire et coloniale du général Joseph Gallieni et son gouvernorat sanglant de Madagascar (de 1896 à 1905).

Lire la suite »
Histoire et mémoire des anticolonialismes

« Décolonisations » sur Arte propose à chacun de s’approprier cette histoire

Arte diffuse le 7 janvier 2020 le documentaire Décolonisations. Le bouleversement mondial, réalisé par Karim Miské et Marc Ball, accompagnés dans l’écriture par l’historien Pierre Singaravélou. Il comprend trois volets : 1. L’apprentissage ; 2. La Libération ; 3. Le monde est à nous ; qui sont visibles en avant-première sur le site d’Arte et y resteront jusqu’au 5 mai 2020. Miské, Ball et Singaravélou ont expliqué au Point Afrique que leur film inverse le regard en choisissant de raconter, du point de vue des colonisés et à contre-courant de l’histoire officielle des colonisateurs, cent cinquante ans de combats contre la domination coloniale. Leurs propos ont été recueillis par Hassina Mechaï.

Lire la suite »
Les communistes et la question coloniale

La mémoire d’Alfred Locussol,
par Alain Ruscio

Alfred Locussol, militant, en 1955, du parti communiste algérien, arrêté pour avoir participé à l’impression de son journal clandestin, Liberté, avait été condamné à un an de prison avec sursis, puis muté d’office en 1956 à Alençon. Le 3 janvier 1962, il y a été assassiné par l’OAS. En 2012, une plaque commémorative a été apposée sur le lieu du crime. Elle a été dégradée depuis à six reprises. Le 6 octobre 2019, une nouvelle plaque sera installée. Ci-dessous, un texte d’Alain Ruscio qui nomme ses assassins et un article publié en juillet 2019 par le quotidien Ouest France au sujet de ce crime.

Lire la suite »
Histoire et mémoire des anticolonialismes

Une belle exposition
sur Adolfo Kaminsky
…et quelques compléments sur son engagement anticolonialiste

Au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, une exposition sur Adolfo Kaminsky a lieu jusqu’au 8 décembre 2019. Bel hommage à cette personnalité engagée dans la résistance au nazisme dans la France occupée, le soutien au FLN algérien au sein du réseau Jeanson de 1957 à 1962, puis l’aide aux mouvements anticolonialistes organisée par Henri Curiel jusqu’en 1971. Son œuvre de photographe y est reconnue, pas seulement son art à fabriquer de faux papiers pour les causes qu’il estimait justes. Mais son anticolonialisme et son lien fort, de 1953 à 1983, avec l’indépendance algérienne méritent quelques compléments.

Lire la suite »
Les communistes et la question coloniale

Alain Ruscio a produit
sur les communistes et l’Algérie
(1920-1962)
un livre nuancé et documenté

Dans un entretien donné à « l’Humanité », Alain Ruscio explique qu’il a voulu, dans son livre « Les Communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance (1920-1962) », analyser, en évitant les polémiques, le rôle que jouèrent les communistes, en France et en Algérie, dans les luttes anticoloniales. Selon lui, ce qu’il appelle la « force communiste » — expression dans laquelle il englobe dirigeants, membres du parti et des syndicats et organisations de masse qui lui étaient liées — a été au cœur de la protestation anticolonialiste en France. Et, en dépit des hésitations, des détours et des erreurs du PCF, il y eut bien une « résistance communiste » à la guerre d’Algérie.

Lire la suite »
Les communistes et la question coloniale

1955-1957 :

la participation
du parti communiste algérien
à la lutte armée d’indépendance
et le rôle de Maurice Audin,

par Sadek Hadjerès

Sadek Hadjerès, né en 1928 en Kabylie, a milité au PPA/MTLD de 1944 à 1949, puis adhéré au PCA en 1951. Entré à son bureau politique en 1955, après avoir achevé ses études de médecine, il est devenu, au moment où a été déclenchée la guerre d’indépendance algérienne, un dirigeant de ce parti, dont Maurice et Josette Audin étaient des militants actifs. Lors de l’entretien qu’il nous a accordé, le 16 décembre 2018, il a témoigné de ce que tous deux partageaient l’orientation du PCA, comportant, à partir de 1955, une participation à la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie.

Lire la suite »
Les communistes et la question coloniale

Les communistes et l’Algérie,
par Alain Ruscio

Dans « Les communistes et l’Algérie. Des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962 », Alain Ruscio offre un ouvrage soigneusement documenté sur une page d’histoire souvent objet de polémiques. Il a travaillé sur des fonds d’archives récemment ouverts, comme dans celles du PCF aux Archives départementales de Seine-Saint-Denis, et y révèle des documents nouveaux. Nous publions les articles que lui ont consacré Claude Mazauric dans « l’Humanité », la Rubrique culture du quotidien « Le Soir d’Algérie » et Jean-Pierre Sereni sur le site « Orient XXI », et signalons deux débats organisés autour de ce livre.

Lire la suite »