nouvel échec des négociations israélo-palestiniennes : à qui la faute ?
Pour le politologue Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), la responsabilité principale pèse sur les Israéliens.
Pour le politologue Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), la responsabilité principale pèse sur les Israéliens.
Une tribune, publiée dans Libération le 17 avril 2014, demande l’abrogation de la circulaire Alliot-Marie, au nom du respect de la liberté d’expression : les militants de la campagne BDS qui se mobilisent pacifiquement pour que le droit international soit appliqué en Palestine ne doivent pas être poursuivis.
Depuis juillet 2013, Israéliens et Palestiniens se retrouvent à la table des négociations à l’instigation du Secrétaire d’État américain, M. John Kerry. Le but est de parvenir d’ici au 29 avril prochain, à un “accord-cadre” qui tracerait les grandes lignes d’un règlement définitif sur les questions liées au “statut final” : les frontières, les colonies de peuplement, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.
Mais ces “négociations de paix” sont dans l’impasse. Lors d’une conférence de presse, donnée le 21 mars dernier, Richard Falk a porté de graves accusations contre la politique israélienne. À quelques semaines de la fin de son mandat, le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 a mis en cause “des caractéristiques inacceptables propres au colonialisme, à l’apartheid et à un nettoyage ethnique”.
Et pendant ce temps… Israël multiplie ses exigences, demandant à être reconnu comme “État-nation du peuple juif” – revendication à propos de laquelle Gideon Lévy évoque le “retour de l’étoile jaune”1.
Un groupe de 50 jeunes Israéliens a publié une lettre ouverte adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, expliquant qu’ils refusaient d’effectuer leur service militaire, obligatoire en Israël sous peine de prison ferme 2.
«Notre opposition à l’occupation des territoires palestiniens par l’armée israélienne constitue la principale raison de notre refus de servir», indique la lettre, publiée samedi 8 mars, sur la page Facebook de l’organisation pacifiste Yesh Gvul3.
Les signataires dénoncent «les violations des droits de l’Homme» en Cisjordanie, les «exécutions, la construction de colonies, les détentions administratives [de Palestiniens], la torture, les punitions collectives et une répartition injuste de l’eau et de l’électricité» et déclarent qu’«ils ne peuvent participer à un système qui commet de tels actes». Ils terminent en dénonçant l’influence croissante de l’armée sur la société civile israélienne.
Vous trouverez, en bas de cette page, la version originale en anglais de cette lettre, précédée d’une traduction française.
Dans une lettre ouverte adressée à l’Ambassadeur des Etats-Unis en France l’association Une autre voix juive condamne l’exigence israélienne de voir l’État d’Israël reconnu comme “Etat-Nation du Peuple Juif ”.
L’UAVJ rejoint ainsi la position exprimée par Uri Avnery, en considérant que cette définition d’Israël comme “État juif” donnerait une base légale aux discriminations envers les citoyen-ne-s de l’État d’Israël qui ne se reconnaissent pas comme juifs. L’association remarque d’autre part que cela poserait des problèmes aux citoyen-ne-s d’autres pays qui se reconnaissent comme juifs.
En février 2010, la ministre Michèle Alliot-??Marie, alors Garde des Sceaux, demandait par une lettre-circulaire aux parquets d’engager des poursuites contre les personnes appelant ou participant à des actions de boycott des produits déclarés israéliens. S’appuyant sur un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, elle
assimilait ces actions à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale.
Le collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) – dont la LDH fait partie – demande l’abrogation de cette circulaire qui attaque directement la liberté d’expression et vise, en tentant de les criminaliser, à museler des actions citoyennes et non violentes contre l’impunité d’un État, Israël, qui viole en permanence le droit, notamment par la colonisation. Pour s’associer à la demande du collectif, signer la pétition en ligne.
Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 6 mars 2014, Ivar Ekeland, Rony Brauman et Ghislain Poissonnier, déclarent : «Il faut abroger la circulaire Alliot-??Marie.»
Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou pose comme condition absolue à la paix la reconnaissance d’Israël comme État-nation du peuple juif.
Pour lui, l’obstacle principal à la paix au Proche-Orient, est «l’absence de volonté des Palestiniens d’accepter un État juif», et non la politique de colonisation israélienne dans les territoires occupés, critiquée par de nombreux responsables.
Dans un article écrit en hébreu et en anglais, publié sur le site de Gush Shalom le 8 février 2014?, Uri Avnery expose l’absurdité d’une telle exigence. Ci-dessous la traduction française de cet article4.

Le gouvernement israélien révèle son inquiétude grandissante devant la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – qu’il considère comme une menace stratégique. Lancée en 2005 par la société civile palestinienne, BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne de 1967 et à la pleine égalité dans la loi des citoyens palestiniens et des juifs, récusant ainsi la conception d’Israël comme un État essentiellement juif.

“Barrière de sécurité” selon l’État israélien censée protéger des attaques terroristes, “Mur de l’Apartheid” pour ceux qui le condamnent comme une stratégie d’annexion de terres palestiniennes, le Mur a un coût économique et humain élevé. Déclaré illégal par la Cour internationale de justice, il incarne la violence physique et psychologique de l’occupation.
Dominique Vidal fait le point dans un dossier publié dans La Chronique d’Amnesty International de Novembre 2013.

Ils sont venus de loin, guidés par une étoile. Les trois Rois Mages – Melchior, Balthazar et Gaspard – sont chargés de présents pour l’enfant Jésus né le 25 décembre
Ilan Pappé est un des “nouveaux historiens” israéliens qui ont contribué à remettre en cause les mythes de l’historiographie officielle de l’État d’Israël – en particulier concernant le déplacement de la population palestinienne en 1947-1948. Parmi ses ouvrages traduits en français : La Guerre de 1948 en Palestine. Aux origines du conflit israélo-arabe (La Fabrique, 2000), et Une terre pour deux peuples. Histoire de la Palestine moderne (Fayard, 2004).
Ci-dessous une traduction en français d’un entretien d’une heure avec Ilan Pappé, enregistré le 22 octobre 2013, publiée sur le site Le mur a des oreilles.
L’Union européenne a adopté, mardi 16 juillet 2013, un texte prévoyant d’exclure de sa coopération avec Israël les territoires occupés en 1967 – Cisjordanie, Jérusalem-Est, bande de Gaza et plateau du Golan. La directive, qui a été publiée le 19 juillet 2013 au journal officiel de l’Union5, dispose que, à partir de 2014, «tous les accords entre l’Etat d’Israël et l’UE doivent indiquer sans ambiguïté et explicitement qu’ils ne s’appliquent pas aux territoires occupés par Israël en 1967».
Cette décision a été rappelée par François Hollande le 17 décembre 2013 dans sa réponse6 à la lettre ouverte que la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme lui avaient adressée le 14 novembre 20137.
Nous reprenons ci-dessous la tribune de Daniel Blatman, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, qui qualifie de «parfaitement justifié[e] du point de vue politique autant que moral» toute «initiative de la communauté internationale visant à imposer un boycott des colonies dans les Territoires occupés.»