4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

Afrique subsaharienne et océan Indien

Rwanda : premier procès en France d’un accusé de complicité de génocide

Le 4 février 2014 s’est ouvert devant la Cour d’assises de Paris le premier procès jamais organisé en France d’un ressortissant rwandais accusé de complicité de génocide. Mis en accusation devant la Cour d’assises pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité, Pascal Simbikangwa devra répondre de ses actes devant un jury populaire. 20 ans après le génocide, et alors que de nombreux ressortissants rwandais se sont installés en France, dont certains étaient mis en cause pour avoir participé au génocide, et que la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2004 pour la lenteur des procédures judiciaires à leur encontre, nos organisations qui sont parties civiles attendent de ce procès – le premier d’une longue série – que la justice soit enfin rendue en France.

Ci-dessous, le dossier mis en ligne le 29 janvier 2014 sur le site de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme 1.

Lire la suite »

Cameroun : une guerre toujours niée

Lors d’une conférence de presse tenue le 21 mai 2009 à Yaoundé, François Fillon, alors premier ministre, avait qualifié de « pures inventions» l’évocation d’une guerre menée par la France au Cameroun de 1957 à 1963.

Le point de vue officiel sur cette guerre coloniale semble ne pas avoir changé depuis lors. En effet, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a répondu le 23 juillet 2013 à une question écrite portant sur ce sujet en invoquant «la responsabilité de la sécurité intérieure de ce territoire» que «les autorités françaises de l’époque ont eu à assumer» dans le cadre du mandat reçu de la Société des nations. Il s’est contenté d’ajouter que « la période évoquée appartient à l’Histoire et aux historiens à qui il appartient désormais d’exploiter les archives rendues disponibles pour apporter leur éclairage sur la période».

Ci-dessous la réaction de l’association Survie.

Lire la suite »

Une victoire pour la liberté d’expression des chercheurs : confirmation de la relaxe de J.-P. Chrétien et J.-F. Dupaquier

Deux spécialistes reconnus de l’histoire rwandaise, l’historien Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier, journaliste et écrivain, témoins-experts auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2002, étaient poursuivis pour diffamation par un ancien ambassadeur du Rwanda en France de 1990 à 1994, qui leur reprochait d’avoir critiqué, dans un courrier privé, ses propos et écrits sur le génocide des Tutsi en 1994, en particulier sa thèse d’un « double génocide ». La Cour d’appel de Rouen a confirmé le 2 mai 2013 la relaxe prononcée en février 2012 par le tribunal correctionnel.

Plusieurs associations dont la Ligue des droits de l’Homme avaient dénoncé ce qu’elles considèrent comme une tentative d’intimidation et apporté leur soutien aux deux chercheurs. Cette victoire est celle de la vérité, de la justice et de la liberté.

Vous trouverez sur ce site :

[Première mise en ligne le 25 octobre 2011, mise à jour le 30 mai 2013]

Lire la suite »
Un “kwassa kwassa”, embarcation d'immigrants illégaux, au large de Mayotte, en octobre 2009. (Photo AFP)
Comores

La LDH dénonce la “situation dégradante” à Mayotte

Le président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) interpelle les ministres de l’Intérieur et des Outre-mer sur la situation à Mayotte, département de l’océan indien marqué par des naufrages en série de bateaux transportant des clandestins.
Située à 70 km d’Anjouan, la plus proche des îles comoriennes, Mayotte a été en 2012 le théâtre d’au moins six naufrages de barques à moteur appelées «kwassa-kwassa», dans lesquels plus de 30 personnes sont mortes et plus de 60 portées disparues.

Déplorant une succession «d’informations funèbres», la LDH souligne l’intervention «sans précédent» du porte-parole du Haut Commissariat de Nations unies aux réfugiés (HCR), Adrian Edwards, le 9 octobre lors d’une conférence de presse, au lendemain d’un nouveau naufrage.

Lire la suite »
Séances d’entraînement des élèves officiers de l’École militaire interarmes du Cameroun, dans la zone de Koutaba en 1960, sous la supervision d’instructeurs français. (Archives nationales de Yaoundé)
Cameroun

après le 17 octobre 1961, la France serait-elle prête à reconnaître la guerre du Cameroun ?

« Il ne viendrait à aucun responsable français l’idée de nier cette tragédie. » C’est ainsi que l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, commente le livre Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (La Découverte, 2011) dans le quotidien camerounais Le Jour de ce 18 octobre. On est loin de l’aveuglement total d’un François Fillon qui, en visite à Yaoundé le 22 mai 2009, avait osé affirmer que « tout cela c’est de la pure invention » 2.

Lire la suite »
Après un naufrage (2009)
Comores

Immigration et naufrages à Mayotte

Nouveaux naufrages entre Mayotte et les Comores.

Après la Ligue des droits de l’Homme, une commission sénatoriale met en cause la politique mise en place pour «maîtriser l’immigration» dans ce cent-unième département français.

Lire la suite »

Rwanda: de nouveaux résultats dans une enquête judiciaire enfin sans entrave

Après dix-sept années d’une enquête conçue pour justifier des conclusions définies a priori, le rapport d’expertise balistique demandé par les juges Poux et Trevidic confirme que l’enquête menée de Paris par le juge Bruguière n’était destinée qu’à justifier la politique de la France dans ce pays…

Ci-dessous, un communiqué LDH/FIDH, suivi d’un coup de gueule d’Albert Herszkowicz : Enfin la vérité éclate !

Lire la suite »

La guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu

Sans surprise, Paul Biya, 78 ans, a été « réélu » le 9 octobre dernier pour un sixième mandat avec près de 78% des voix… Le conseil électoral (Elecam) a annoncé un taux d’abstention de 34%, alors que Transparency International l’a évalué à 70%3, mais, selon Alain Juppé, l’élection s’est déroulée « dans des conditions acceptables4».

Cette déclaration illustre la persistance de «relations spéciales» entre la France et son ancienne colonie d’Afrique centrale. D’ailleurs, interrogé en 2009 à Yaoundé au sujet de la participation des forces françaises à la répression contre les indépendantistes au cours des années 50 et 60, le premier ministre François Fillon avait évoqué à ce propos de « pures inventions».

Dans une question écrite posée le 12 juillet 2011, un député a demandé au ministre des Affaires étrangères «s’il confirme que la France a bien mené une guerre au Cameroun entre 1957 et 1963, comme l’écrivent les responsables militaires français de l’époque eux-mêmes».
Dans l’attente d’une réponse du ministre, vous pourrez prendre connaissance d’une réaction à cette interrogation.

Lire la suite »

“La guerre civile au Rwanda : enjeux politiques et imaginaires ethniques”, par Jean-Pierre Chrétien

L’historien Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier, journaliste et écrivain, auteurs de Rwanda. Les médias du génocide et témoins-experts auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2002, sont l’objet de poursuite pour diffamation de la part d’un ancien ambassadeur du Rwanda en France.
La lecture du texte de la conférence donnée par Jean-Pierre Chrétien le 10 janvier 2006 à la Bibliothèque nationale de France, dans un cycle consacré aux « Guerres civiles », permettra de mesurer la distance qui sépare le travail des historiens des calculs politiciens et d’apprécier à sa juste valeur cette “tentative d’intimidation”.

Lire la suite »

France-Rwanda : justice et respect des droits de l’homme

A l’occasion de la visite en France de Paul Kagamé, président de la République du Rwanda, la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (Fidh) et la Ligue des droits de l’Homme (Ldh) expriment certaines de leurs préoccupations communes.

Elles commencent en évoquant l’état des poursuites engagées en France contre des présumés génocidaires5.

Les deux organisations dénoncent également l’autoritarisme du régime rwandais et les violations des droits de l’Homme dont il se rend coupable. Les violations ont culminé lors de la dernière campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2010, avec notamment la fermeture de certains journaux d’opposition et de radios, et les arrestations et mises en résidence surveillée d’opposants. Parmi ces derniers, Victoire Ingabiré est jugée en ce moment pour complicité de terrorisme et atteinte à la sûreté de l’Etat ; sans prendre parti ici sur le contenu de ses positions politiques, celle-ci a droit à une justice équitable.

Les succès économiques et sociaux du Rwanda sont indéniables – Jean-François Dupaquier les met en évidence dans une série d’articles6 – mais ils ne sauraient faire oublier les aspects policiers et autoritaires du régime, son dirigisme culturel, ni le harcèlement et la répression dont les défenseurs des droits de l’Homme sont l’objet.

Lire la suite »