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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

Afrique subsaharienne et océan Indien

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Rwanda

Il y a 20 ans, débutait le génocide du Rwanda

Il y a 20 ans, le génocide de près d’un million de Tutsis et le massacre de Hutus modérés par le régime du président Habyarimana commençait dans les rues de Kigali avant de se généraliser dans tout le pays.

La LDH et la FIDH souhaitent en ce 20ème anniversaire du génocide, honorer la mémoire des victimes et des survivants de ce drame et appeler les autorités rwandaises et la communauté internationale à poursuivre la lutte contre l’impunité des responsables du génocide et œuvrer pour qu’une telle folie ne se reproduise plus, notamment par le soutien à la démocratie et au respect des droits de l’Homme.

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Pascal Simbikangwa condamné pour génocide et complicité de crimes contre l’humanité

Une grande victoire pour les victimes du génocide et pour la justice universelle
A l’issue de 6 semaines d’audience, la Cour d’assises de Paris vient de rendre un verdict historique en condamnant Pascal Simbikangwa à 25 ans de réclusion criminelle pour crime de génocide et complicité de crimes contre l’humanité commis entre avril et juillet 1994 dans le cadre du génocide au Rwanda.

«Après tant d’années de combat pour que ce procès puisse avoir lieu, ce verdict historique est une grande victoire pour les victimes rwandaises qui attendaient depuis si longtemps que la France respecte enfin son obligation de juger les suspects de génocide qui se trouvent sur son territoire » a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH.

Pour Michel Tubiana, avocat et président d’honneur de la LDH, « les débats qui se sont déroulés pendant 6 semaines, avec l’audition de près de 40 témoins et témoins experts, ont permis la tenue d’un procès équitable, dans lequel les droits de la défense ont été respectés. C’était notre souhait en tant que parties civiles et nous sommes aujourd’hui satisfaits ».

Nous reprenons ci-dessous deux articles où Colette Braeckman commente et montre l’importance du procès et de son verdict.
Voir également le dossier de la FIDH sur ce procès.

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Congo

Le rapport Brazza (1905-1907)

Pierre Savorgnan de Brazza fut explorateur en Afrique. Il a signé un traité avec Illoy 1er, qui est fondateur de la présence française dans la région. Il a donné son nom à Brazzaville. En 1885, il est commissaire général du Congo. En 1905, à la suite du scandale de l’affaire Toqué-Gaud, il est envoyé à nouveau au Congo pour inspecter les conditions de vie dans les colonies. Au retour de sa mission, atteint de fortes fièvres, il est contraint de débarquer à Dakar, et meurt le 14 septembre 1905. Les informations qu’il avait rassemblées au cours de cette dernière mission sont restées jusqu’à présent inédites car jugées explosives. Elles font l’objet d’une publication sous la direction de Catherine Coquery-Vidrovitch.

Catherine Coquery-Vidrovitch est professeure émérite de l’université Paris-Diderot, historienne de l’Afrique et de la colonisation. Elle a publié récemment Etre esclave aux éditions La Découverte.

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Rwanda

Rwanda, racisme et génocide, l’idéologie hamitique, par J.-P. Chrétien et M. Kabanda

Le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 est emblématique de la catastrophe qui a frappé toute l’Afrique des Grands Lacs depuis une vingtaine d’années. Il n’a été le fruit ni d’une fureur conjoncturelle, ni d’une fatalité ethnographique ou biologique, mais il est le produit très moderne d’une option extrémiste, jouant du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. En effet, cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l’inscription durable dans la culture de cette région d’Afrique d’une idéologie racialiste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, le «vrai peuple» rwandais majoritaire et une «race de féodaux ».

Ce livre décrypte la construction de cette idéologie, trop méconnue, qui oppose les «vrais Africains» à des «faux nègres », ceux qu’on a appelés les Hamites depuis les années 1860 dans la littérature africaniste. Cette maturation se situe à la fois en Europe, dans l’histoire de l’anthropologie, et en Afrique, dans la logique des politiques coloniales, et elle se joue sur deux siècles, donc bien en amont de la crise des années 1990, et jusqu’à aujourd’hui. Le schéma racial dit « hamitique » est né de la même matrice intellectuelle que celui opposant Aryens et Sémites, qui a embrasé l’Europe dans les années 1930-19401.

[Mis en ligne le 2 octobre 2013, mis à jour le 12 février 2014]

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Rwanda : premier procès en France d’un accusé de complicité de génocide

Le 4 février 2014 s’est ouvert devant la Cour d’assises de Paris le premier procès jamais organisé en France d’un ressortissant rwandais accusé de complicité de génocide. Mis en accusation devant la Cour d’assises pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité, Pascal Simbikangwa devra répondre de ses actes devant un jury populaire. 20 ans après le génocide, et alors que de nombreux ressortissants rwandais se sont installés en France, dont certains étaient mis en cause pour avoir participé au génocide, et que la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2004 pour la lenteur des procédures judiciaires à leur encontre, nos organisations qui sont parties civiles attendent de ce procès – le premier d’une longue série – que la justice soit enfin rendue en France.

Ci-dessous, le dossier mis en ligne le 29 janvier 2014 sur le site de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme 2.

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Cameroun : une guerre toujours niée

Lors d’une conférence de presse tenue le 21 mai 2009 à Yaoundé, François Fillon, alors premier ministre, avait qualifié de « pures inventions» l’évocation d’une guerre menée par la France au Cameroun de 1957 à 1963.

Le point de vue officiel sur cette guerre coloniale semble ne pas avoir changé depuis lors. En effet, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a répondu le 23 juillet 2013 à une question écrite portant sur ce sujet en invoquant «la responsabilité de la sécurité intérieure de ce territoire» que «les autorités françaises de l’époque ont eu à assumer» dans le cadre du mandat reçu de la Société des nations. Il s’est contenté d’ajouter que « la période évoquée appartient à l’Histoire et aux historiens à qui il appartient désormais d’exploiter les archives rendues disponibles pour apporter leur éclairage sur la période».

Ci-dessous la réaction de l’association Survie.

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Une victoire pour la liberté d’expression des chercheurs : confirmation de la relaxe de J.-P. Chrétien et J.-F. Dupaquier

Deux spécialistes reconnus de l’histoire rwandaise, l’historien Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier, journaliste et écrivain, témoins-experts auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2002, étaient poursuivis pour diffamation par un ancien ambassadeur du Rwanda en France de 1990 à 1994, qui leur reprochait d’avoir critiqué, dans un courrier privé, ses propos et écrits sur le génocide des Tutsi en 1994, en particulier sa thèse d’un « double génocide ». La Cour d’appel de Rouen a confirmé le 2 mai 2013 la relaxe prononcée en février 2012 par le tribunal correctionnel.

Plusieurs associations dont la Ligue des droits de l’Homme avaient dénoncé ce qu’elles considèrent comme une tentative d’intimidation et apporté leur soutien aux deux chercheurs. Cette victoire est celle de la vérité, de la justice et de la liberté.

Vous trouverez sur ce site :

[Première mise en ligne le 25 octobre 2011, mise à jour le 30 mai 2013]

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Un “kwassa kwassa”, embarcation d'immigrants illégaux, au large de Mayotte, en octobre 2009. (Photo AFP)
Comores

La LDH dénonce la “situation dégradante” à Mayotte

Le président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) interpelle les ministres de l’Intérieur et des Outre-mer sur la situation à Mayotte, département de l’océan indien marqué par des naufrages en série de bateaux transportant des clandestins.
Située à 70 km d’Anjouan, la plus proche des îles comoriennes, Mayotte a été en 2012 le théâtre d’au moins six naufrages de barques à moteur appelées «kwassa-kwassa», dans lesquels plus de 30 personnes sont mortes et plus de 60 portées disparues.

Déplorant une succession «d’informations funèbres», la LDH souligne l’intervention «sans précédent» du porte-parole du Haut Commissariat de Nations unies aux réfugiés (HCR), Adrian Edwards, le 9 octobre lors d’une conférence de presse, au lendemain d’un nouveau naufrage.

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Séances d’entraînement des élèves officiers de l’École militaire interarmes du Cameroun, dans la zone de Koutaba en 1960, sous la supervision d’instructeurs français. (Archives nationales de Yaoundé)
Cameroun

après le 17 octobre 1961, la France serait-elle prête à reconnaître la guerre du Cameroun ?

« Il ne viendrait à aucun responsable français l’idée de nier cette tragédie. » C’est ainsi que l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, commente le livre Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (La Découverte, 2011) dans le quotidien camerounais Le Jour de ce 18 octobre. On est loin de l’aveuglement total d’un François Fillon qui, en visite à Yaoundé le 22 mai 2009, avait osé affirmer que « tout cela c’est de la pure invention » 3.

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Après un naufrage (2009)
Comores

Immigration et naufrages à Mayotte

Nouveaux naufrages entre Mayotte et les Comores.

Après la Ligue des droits de l’Homme, une commission sénatoriale met en cause la politique mise en place pour «maîtriser l’immigration» dans ce cent-unième département français.

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