
| (Re)voir René Vautier pour lutter contre l’extrême droite par Les Mutins de Pangée Le 2 octobre, une centaine de cinémas en France ont rebaptisé leur établissement pour quelques heures du nom du célèbre réalisateur décolonial René Vautier (1928-2015). Cette mobilisation, un peu partout dans le pays, fait suite à la décision de Steve Fortel, maire d’extrême droite élu en mars à Elne, dans les Pyrénées-Orientales (un nostalgique de Pétain, selon un article de Blast), d’effacer le nom du réalisateur du cinéma de la ville – et de le rebaptiser « La Bobine illibérienne ». René Vautier est consacré en 1972, à Cannes, pour son film Avoir 20 ans dans les Aurès, qui narre la défaite d’un commando français dans le massif des Aurès en Algérie, en pleine guerre de décolonisation.Décoré de la croix de guerre pour ses actes de résistance en Bretagne durant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il n’avait que 16 ans, le réalisateur était devenu un farouche anticolonialiste après une expérience en Côte d’Ivoire à la fin des années 1940. À cette époque, la Ligue française de l’enseignement lui propose d’aller filmer la mission éducatrice de la France… Mais ce qu’il voit sur place le révolte. Il décide alors de dénoncer les crimes coloniaux de la France dans le pamphlet Afrique 50. Ce film sera interdit jusqu’en 1990.« Les réalisateurs français ont tourné entre 1900 et 1980 un grand nombre de films sur la vocation colonisatrice de la France, sur la pseudo mission civilisatrice des français », rappelait-il à la télévision algérienne (les images sont disponibles notamment dans un article de Ciné mutins sur Afrique 50. René Vautier avait également réalisé un film sur la révolution burkinabè (l’œuvre n’a pas été retrouvée à ce jour). Il avait rencontré à cette occasion Thomas Sankara, en juillet 1984, à la veille du premier anniversaire de la révolution. Quelques jours plus tard, le leader burkinabè rebaptisera la Haute-Volta « Burkina Faso ». Cet entretien, tombé dans les oubliettes pendant quatre décennies, avait été retrouvé par sa fille Moïra, et diffusé pour la première fois par Afrique XXI, en deux épisodes : « Nos femmes ont peur de leur liberté, et nous aussi » et « Nous ne pouvons pas empêcher qu’un homme ait peur de son ombre ». Afin de continuer à protester contre la décision du maire d’Elne, de nombreux cinémas, un peu partout en France, diffusent les films de René Vautier. L’agenda est à retrouver sur le site de Ciné mutin. Une pétition a également été lancée en ligne contre la débaptisation du cinéma d’Elne, « Non à la débaptisation du Cinéma Vautier à Elne »]. |

Le cinéma Le Castillet dans le centre de Perpignan va proposer entre le 12 et le 18 novembre 2026 un festival de films de René Vautier avec des débats sur la question de la liberté d’expression et la libre diffusion du cinéma.
En collaboration avec l’association le Maghreb des films et la Ligue des droits de l’Homme des Pyrénées-Orientales. Avec le soutien de nombreuses autres associations.
Programme à venir.