Plantations, ports, chemins de fer : une grande partie de la fortune de Vincent Bolloré provient de ses activités africaines. S’il s’est en partie retiré du continent, le milliardaire sera jugé en France pour corruption au Togo. Notre émission avec Martine Orange, Jean-Jacques Lumumba et Marie-Yemta Moussanang.
De Vincent Bolloré, le milliardaire patron de Canal+ et de CNews, des boutiques Relay dans les gares et d’un empire de l’édition, on sait qu’il est en croisade idéologique pour l’extrême droite. La façon dont il a fait prospérer sa fortune est moins connue.
Celui qui aujourd’hui s’emploie à nous inonder – et à nous abrutir – de livres, de magazines et d’émissions réactionnaires et racistes a en effet constitué une grande partie de sa fortune sur le continent africain avec les ports, les transports et des plantations, dans la plus grande tradition néocoloniale.
Paradoxe ? Pas tant que cela. Vincent Bolloré, c’est d’abord l’histoire d’un mercenaire du capitalisme. Ses affaires africaines, où se mêlent gros sous, ingérence politique, captation de rentes, accaparement des terres et conditions de travail honteuses disent quelque chose de notre pays, de ses élites, et de son rapport au colonialisme.
Ces affaires-là, Bolloré s’en est en partie retiré il y a quatre ans. Mais la justice française et des organisations de défense des droits humains lui demandent aujourd’hui des comptes…
Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix.
Nos invité·es :
- Jean-Jacques Lumumba, lanceur d’alerte congolais, cofondateur du Réseau panafricain de lutte contre la corruption (UNIS), qui a déposé une plainte pour recel et blanchiment contre Vincent et Cyrille Bolloré ;
- Martine Orange, journaliste économique à Mediapart, autrice de plusieurs enquêtes sur Bolloré en Afrique ;
- Marie-Yemta Moussanang, animatrice du podcast « Afrotopiques », chercheuse indépendante, enseignante à Sciences Po.