
Présentation
Décembre 2024, archipel des Comores.
Le cyclone Chido dévaste Mayotte, balayant en quelques heures les habitations précaires où vivent 100 000 personnes. Si la crise climatique a dopé la puissance du cyclone, elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur des ravages.
1975, la France arrache Mayotte au reste des Comores, un long processus de dépossession coloniale transforme l’île en département-colonie marqué par la grande pauvreté, les inégalités et la répression d’État.
A partir d’un point de vue forgé par une expérience de militantes et travailleuses du droit à Mayotte, le documentaire part à la rencontre des habitants et habitantes de l’île pour recueillir leur parole, leur colère, leur résignation et leurs résistances quotidiennes.
Loin des récits dominants.
Les réalisatrices ont travaillé au centre de rétention administrative de Pamandzi et en milieu associatif, au plus près du régime dérogatoire appliqué à Mayotte. Leur trajectoire les a placées au cœur de la machine à expulser, témoins directes du fonctionnement d’un système où les lois d’exception structurent la domination française sur l’île.
Le documentaire montre comment, un an après le passage du cyclone Chido, l’État a instrumentalisé la catastrophe pour accélérer son agenda sécuritaire et militariste, dans la continuité des opérations Wuambushu et Place Nette. L’adoption d’un régime juridique d’exception sur le droit du sol en mai 2025 et la loi de refondation adoptée en juillet 2025 parachève un processus de dérogations juridiques qui font de Mayotte un véritable laboratoire du pire.
Le film replace la situation actuelle dans un long processus colonial : l’arrachement de Mayotte au reste des Comores en 1975, la violation du droit international lors du référendum de 1974, la dislocation de l’archipel et le maintien des Comores dans un sous-développement perpétuel.
Les témoignages recueillis rendent perceptible l’état d’esprit des habitantes et habitants et montrent comment les problématiques de l’île sont vécues et analysées depuis leur position de travailleurs, étudiants et enfants qui subissent au quotidien les effets de la gestion impérialiste de l’île.
Le documentaire sera diffusé prochainement dans plusieurs villes : Paris, Saint-Denis, Bordeaux, Toulouse, Marseille…
Pour projeter le documentaire chez vous :
Bande-annonce