4 000 articles et documents

Édition du 15 octobre au 1er novembre 2026

Le PSU, un « parti jeune » contre la guerre d’Algérie, par Théo Roumier

Syndicaliste et historien, Théo Roumier rappelle que le PSU fut la première organisation d’envergure à gauche à prendre clairement position pour l’indépendance de l'Algérie.

Ce dimanche 3 avril 1960, un mathématicien réputé, Laurent Schwartz, monte à la tribune de la salle des fêtes d’Issy-les-Moulineaux et ouvre les travaux du congrès de fondation du Parti socialiste unifié, le PSU. Le choix n’a rien d’anodin. Ce qui l’a entraîné n’est pas tant son statut d’intellectuel reconnu – l’homme enseigne à Polytechnique. Non, pour les 1200 délégué·es présent·es, portant les mandats de 17 000 adhérent·es, il est d’abord le président du Comité Audin [1] – du nom de Maurice Audin, assistant de mathématiques à la faculté des sciences d’Alger, membre du Parti communiste algérien, arrêté, séquestré, torturé et assassiné par l’Armée française en juin 1957. Le refus radical de la Guerre d’Algérie, de son cortège de tortures, de crimes et de massacres coloniaux, sera le premier ciment du jeune parti.

Les formations qui ont précédé le PSU et ont décidé de fusionner pour le former avaient déjà largement entamé ce combat. Les deux principales sont le Parti socialiste autonome (PSA) et l’Union de la gauche socialiste (UGS). S’y joint un petit courant d’ex-membres du PCF qui édite la revue Tribune du communisme. Puis les amis de Pierre Mendès-France, non sans crispations.

De février 1956 à juin 1957, le gouvernement formé par Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO, s’est compromis dans la guerre coloniale. Pour beaucoup, la « vieille maison » de Jaurès et Blum n’est plus habitable. Des milliers de militant·es quittent le parti et fondent le PSA à l’automne 1958. La création de l’UGS l’a précédé, fin 1957. cette dernière organisation résulte de l’alliance de chrétiens et chrétiennes de gauche du Mouvement de Libération du Peuple (MLP), ancré·es dans les classes populaires, et d’intellectuels de la « nouvelle gauche » (au passé trotskyste pour certains). L’UGS c’est à la fois une base populaire pour le PSU et c’est Jérôme Lindon des éditions de Minuit qui publie La Question d’Henri Alleg en 1958. C’est l’historien Pierre Vidal-Naquet [2] – qui publiera L’Affaire Audin la même année, toujours chez Minuit. C’est Claude Bourdet, ancien directeur de Combat après Camus et fondateur de l’hebdomadaire France-Observateur où il a fait paraître en janvier 1955 un article cinglant : « Votre Gestapo d’Algérie ».

Précisons d’emblée que le refus de la guerre d’Algérie n’est pas qu’une affaire d’opinion pour ces hommes et ces femmes. Il se traduit dans l’action et c’est bien l’un des aspects qui permet d’engager la fusion. Responsable du service d’ordre du parti, Jean Arthuys (issu de l’UGS), le dira sans détour : ce qui l’a convaincu « c’est le parfait engagement des ex-SFIO [PSA] dans la lutte contre [la] guerre [d’Algérie], et le courage que cela pouvait parfois représenter pour des personnes établies. Leur contribution physique à la lutte manifestait leur authenticité. » [3]

Meetings anticolonialistes, manifestations, affrontements même, vont donc rythmer les débuts du PSU. Toute une génération militante s’y forge. Son hebdomadaire, Tribune socialiste, titre sur l’Algérie dès sa troisième livraison et le jeune parti est sans doute la première organisation d’envergure à gauche à prendre clairement position pour l’indépendance – qu’il me soit toutefois permis ici de mentionner et saluer l’engagement immédiat de minorités d’extrême gauche, trotskystes du PCI et communistes libertaires de la FCL, en faveur de l’Algérie indépendante [4].

Une de Tribune du Peuple, journal de l’UGS du 22 février 1958 (CJS-ITS)

Mais si le droit à l’auto-détermination – et donc l’indépendance – doit être garantie, il faut pour le PSU bâtir un large mouvement, une « campagne de propagande » appuyée par des « journées nationales d’action ». L’objectif est d’abord d’aboutir à « une structuration permanente, par exemple un comité national d’action ». Premier problème, le plus connu des membres du PSU d’alors, Pierre Mendès-France (qui est aussi le moins assidu de ses instances démocratiques et le plus contesté par sa base populaire) parle quant-à lui, et dans les colonnes de L’Express, d’un simple cessez-le-feu. « Toute discussion a long-terme doit être ajournée » ajoute-t-il, allant jusqu’à juger que « la présence de l’armée française garantira la vie quotidienne des Européens ». Une présence qui « devra se prolonger aussi longtemps qu’elle apparaîtra nécessaire » [5]. Bien des militant·es s’étranglent et certaines sections du PSU n’hésitent pas à qualifier de tels propos de « néo-colonialistes ».

Second problème, même si le mot d’ordre de Paix est – à juste titre – immédiatement abordable dans l’hexagone, qu’il permet certainement d’engager l’action de masse, il invite aussi à la prudence.  Prenons le tract édité par le PSU le 20 juin 1960. Édité au lendemain de la première prise de contact officielle entre la France et le GPRA, il est titré « Pour la paix, par le succès de la négociation ». Au recto, une photographie de manifestants à vélo est reproduite, portant deux pancartes : « Assez de guerre », « Paix en Algérie ». Au verso deux phrases sont mises en gras et en avant : « L’espérance des peuples injustement jetés l’un contre l’autre et qui veulent vivre frères est une force immense » ; « La négociation engagée doit aller jusqu’à une paix solidement assise sur la libre détermination du peuple algérien ». Et en conclusion : « Pour l’intérêt du peuple français ! Pour l’amitié entre les peuples de France et d’Algérie ! Pour le retour rapide du contingent ! Que cessent les combats ! Que triomphent le bon sens et la justice ! Vive la paix avec l’Algérie » [6].

Recto du tract d’appel aux soldats, PSU, novembre 1960 (CJS-ITS)

Verso du tract d’appel aux soldats, PSU, novembre 1960 (CJS-ITS)

Un tel positionnement, qui vise à s’adresser à la fois aux cœurs mais aussi aux intérêts concrets et « bien compris » de la population « métropolitaine », va mettre en difficulté le PSU sur le rapport à entretenir aux réseaux d’aide au FLN. Plus franche, et plus directe, leur action est perçue comme aventuriste pour certains cadres, notamment les anciens PSA. Le parti se divise. D’autant que certain·es de ses membres ou symptahisant·es sont partie prenante des réseaux ! Jean-Jacques Porchez, étudiant en optique et militant PSU, est arrêté début juin dans un coup de filet. Jacques Charby, comédien et ancien de l’UGS, arrêté en février 1960, jugé au procès Jeanson, réussit à s’évader avant d’être condamné par contumace à dix ans de prison. Citons encore Henri Benoîts, ouvrier trotskyste, secrétaire de la section d’entreprise PSU de Renault-Billancourt [7] ou Cécile Decugis, monteuse du film de Godard, À bout de souffle, condamnée en 1960 à cinq ans de prison [8].

3. Extrait d’un dépliant national du PSU, début 1961 (CJS-ITS)

Dans un éditorial de France-Observateur début mars 1960, Claude Bourdet, alors membre de l’UGS, a déjà écrit que ce combat « n’est pas le nôtre ». Ajoutant toutefois : « Mais nous savons aussi qu’il s’agit de gens courageux, totalement désintéressés, dévoués et donc respectables ». Il recevra une réponse de Jeanson : « Notre combat, s’il n’est pas le vôtre, est, au même titre que le vôtre, un combat politique. » Mais en juin 1960, ce sont cette fois des dirigeants du PSU de premier plan qui condamnent « certains types d’action qui […] permettent toutes les provocations policières » (Gilles Martinet au Congrès pour la Paix en Algérie). Et son secrétaire national, Edouard Depreux qui affirme en meeting à la Mutualité qu’être membre d’un réseau de soutien au FLN et au PSU est incompatible [9]. Quelques mois plus tard, le débat sur la légalité de l’action militante – car c’est de ça dont il s’agit – va rebondir, avec une conclusion différente.

Le mardi 6 septembre 1960, le magazine Vérité-Liberté publie une « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », plus connue sous le nom de Manifeste des 121 [10]. Plus d’une vingtaine de signataires sont membres du PSU. Et ce malgré une direction du parti frileuse sur l’insoumission individuelle au nom de la priorité – on l’a vu – donnée à l’action de masse et collective. Le débat est mené en interne, vivement mais démocratiquement. La position bouge. Signe de radicalisation, le Conseil national du pari qui s’ouvre le 11 septembre tient à rendre hommage aux membres du réseau Jeanson. Deux mois plus tard la même instance du PSU lance un « Appel aux soldats » diffusé aux abords des casernes et dans le contingent. Le texte, clairvoyant, invite à « refuser d’obéir » en cas de coup d’État militaire : le 21 avril 1961, il faut faire face au « Putsch des généraux » à Alger. À Paris comme ailleurs, le PSU réagit sans tiédeur. À Besançon par exemple, un syndicaliste CFTC trentenaire et militant PSU, Charles Piaget, se rend avec ses camarades à la Préfecture pour réclamer des armes, sans succès. Une planche à clou en mains, il sera de l’équipée qui rejoint l’aérodrome le plus proche pour empêcher l’éventuelle arrivée de putschistes par les airs [11].

Mais le rapport au FLN reste « compliqué ». Yvan Craipeau, vétéran du trotskysme et responsable « en principe » des relations internationales du PSU se rend début septembre 1961 à la conférence des non-alignés de Belgrade, en Yougoslavie : « avec Jean-Marie Vincent et [Marc] Heurgon. Nous y eûmes un entretien officiel avec la direction du FLN. Ce fût un beau tollé à notre retour. » [12]

Dans l’éco-système du PSU, il faut encore mentionner l’Unef. Refondée, devenue un véritable syndicat étudiant, mobilisant la jeunesse contre la guerre, le parti y est implanté via ses Étudiants socialistes unifiés (ESU). Et en matière d’action de rue, on l’a brièvement mentionné plus haut, le PSU a acquis une expertise certaine. Il sait sécuriser et monter des initiatives courageuses qui défient la répression.


Photographie d’Elie Kagan, Manifestation du PSU du 1er novembre 1961, cortège boulevard de Clichy (La Contemporaine)

Le 17 octobre 61, la police parisienne, sous les ordres du Préfet Papon, réprime dans le sang la manifestation des Algériens appelée par la Fédération de France du FLN pour protester contre le couvre-feu qui leur est imposé. Le massacre fait plus de 200 morts. Élu PSU au Conseil municipal de Paris, Claude Bourdet met publiquement en accusation Maurice Papon dans les jours qui suivent. Surtout, le PSU propose publiquement d’organiser une manifestation et en fixe la date le 1er novembre 1961, jour anniversaire de l’insurrection algérienne [13]. Faute de ralliement, il l’assumera seul. Convergents de rendez-vous secondaires, 1500 manifestant·es vont s’élancer de Place Clichy pour se disperser Place Blanche.

Publié treize ans plus tard, lisons le récit enlevé qu’en fait Edouard Depreux dans ses mémoires qui mérite ici d’être cité largement [14] :

« Une riposte s’imposait. Très sagement la fédération de France du FLN a déconseillé aux Algériens de l’organiser : elle aurait donner l’occasion de nouveaux massacres. Des crimes ayant été commis par des Français, c’est à des Français qu’il appartenait de faire entendre dans la rue leur protestation indignée. Trop prudente à nos yeux, la gauche traditionnelle ne s’y est pas résolue aussi rapidement que nous l’aurions souhaité. Ce n’est certes pas pour satisfaire je ne sais quel désir d’isolement que nous avons, presque seuls, assumé des risques. Le matin, nous avons appuyé la très sympathique démarche accomplie au quartier latin par des intellectuels groupés autour de Jean-Paul Sartre et de notre camarade Laurent Schwartz, qui purent prononcer quelques mots devant le micro.

Notre manifestation prévue pour l’après-midi a été interdite. On nous l’a fait savoir en bonne et due forme, avec menaces de poursuites contre les organisateurs. Nous avons jugé qu’en une telle circonstance, il ne pouvait pas être question de nous incliner et que tous les dirigeants du parti se devaient de donner l’exemple, en figurant au premier rang. À la violence policière, nous avons opposé la ruse. Le bureau national a chargé Jean Arthuys de mettre au point la riposte qui s’imposait.

Nous avons donné l’impression de préparer une mobilisation dans la clandestinité, en lançant avec le maximun de discrétion, des convocations devant le cinéma Rex, boulevard Poissonnière, sur le lieu même où deux musulmans [15] avaient été abattus. (…) Tout le quartier avait été envahi par des cars de police, quelques heures avant l’heure fixée pour le rendez-vous. Un dispositif de repli sur des positions connues d’un tout petit nombre de responsables avait été prévu. Les membres du service d’ordre l’ont appliqué avec habileté. Ils ont invité par des consignes diffusées de bouche à oreille nos camarades et nos sympathisants à se transporter par petits groupes place de Clichy, où ils ont pris place dans une queue de cinéma, sans qu’aucun des fins limiers de Papon fut alerté. Quelques cris opportunément poussés ont amené environ 2000 personnes à se réunir autour de la statue de Moncey [située au centre de la place], qu’avec l’aide de quelques mains juvéniles et vigoureuses, j’ai escaladé pour haranguer la foule. Tandis que j’affirmai le droit à l’indépendance du peuple algérien et que je dénonçais avec vigueur les “paponnades”, j’ai aperçu l’hélicoptère de la préfecture de police, visiblement intéressé par notre comportement. Après un rapide calcul (…) du temps que mettraient les policiers pour effectuer le trajet du Rex à la Place de Clichy, et de la distance que nous pourrions parcourir pendant le même délai, j’ai conclu : “Nous allons maintenant nous rendre tous ensemble jusqu’à la place Blanche, où nous nous disperserons.” (…) Le premier car est arrivé au moment précis où la queue de notre cortège venait d’atteindre la place. [Avec l’aide du service d’ordre, Depreux est exfiltré en voiture par Michel Rocard.] Nous avons alors rejoint… le cinéma Rex. Grâce à ce chassé-croisé, j’ai pu déposer une gerbe en hommage aux musulmans assassinés. »

Photographie d’Elie Kagan, Manifestation du PSU du 1er novembre 1961, gerbe de fleurs déposée devant le cinéma Rex (La Contemporaine)

La manifestation est saisie par l’objectif du grand photographe Elie Kagan. Une série de 24 clichés est conservée dans les fonds de La Contemporaine à Nanterre [16]. Des papillons ont visiblement été lancés par les manifestant·es, jonchant le parcours. Deux banderoles apparaissent sur les images : « PSU : Halte au racisme » et « PSU : Négociez ». Sous l’une d’entre elles on distingue le jeune Alain Geismar, alors membre du parti [17]. Kagan suit visiblement Depreux de près puisqu’on trouve  dans cette série une photographie de la gerbe de fleurs déposée devant le Rex. On peut y lire ceci : « Le PSU, à ceux qui sont morts pour leur liberté ».

Affiche du PSU de 1962 (CJS-ITS)

La fin de la guerre est marquée par les attentats de l’OAS. Gilles Martinet, dirigeant du PSU et journaliste, est visé. Le PSU participe bien sûr à la manifestation du 8 février 1962, marquée par les crimes commis par la police au métro Charonne. Le parti met également sur pieds, fin février, des Groupes d’action et de résistance, les GAR, essentiellement à Paris. Les GAR se spécialisent dans l’affichage public des noms et visages des terroristes de l’OAS, mènent une « guerre des murs » remplaçant les inscriptions fascistes et racistes par les leurs.

L’indépendance arrive enfin et des militant·es du PSU n’hésitent pas à traverser la Méditerranée pour s’établir « pieds rouges ». N’accepter l’oppression nulle part, vouloir l’égalité partout : sur le front anticolonial, le PSU n’aura en définitive rien fait d’autre ces années-là qu’être authentiquement socialiste.


Sur l’histoire globale du PSU, on lira la série publiée à l’été 2026 par Théo Roumier dans Mediapart, Le PSU, l’autre parti du socialisme.


[1]. Antoine Perraud, « Retour sur le Comité Audin, ZAD de la mémoire », entretien vidéo avec Marianne Debouzy, Mediapart, 20 septembre 2018.

[2]. Philippe Mangeot, Isabelle Saint-Saëns, « La vérité de l’indicatif », entretien avec Pierre Vidal-Naquet, Vacarme n°17, automne 2001.

[3]. Entretien donné à Critique socialiste – revue du PSU – n°38-39, janvier 1981.

[4]. Sylvain Pattieu, Les camarades des frères, Syllepse, 2002.

[5]. L’Express des 28 avril et 30 juin 1960, cité dans Marc Heurgon, Histoire du PSU – 1. La fondation et la Guerre d’Algérie (1958-1962), La Découverte, 1994.

[6]. Centre Jacques Sauvageot – Institut Tribune Socialiste, collection de tracts du PSU.

[7]. Clara et Henri Benoits, L’Algérie au cœur. Révolutionnaires et internationalistes à Renault-Billancourt, Syllepse, 2014.

[8]. Exemples mentionnés dans Marc Heurgon, Histoire du PSU, op.cit.

[9]. Ibid.

[10]. Le texte du Manifeste des 121 est reproduit ici, ainsi que la liste de ses premiers signataires.

[11]. L’anecdote est recueillie de Pierre Lantz (responsable du PSU de Besançon à l’époque) par Gérard Magnin (qui fut lui-même militant PSU) avant de me la confier en janvier 2014.

[12]. Entretien donné à Critique socialiste – revue du PSU – n°38-39, janvier 1981.

[13]. Sur ce sujet, l’Institut Tribune Socialiste a publié un petit ouvrage indispensable : Riposter à un crime d’État. Le rôle méconnu du PSU dans la mobilisation contre la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, éditions du Croquant, 2021.

[14]. Edouard Depreux, Servitude et grandeur du PSU, Syros, 1974, pages 30 à 32.

[15]. Depreux utilise malheureusement ici un terme renvoyant à la catégorisation coloniale de « Français musulman d’Algérie ».

[16]. Fonds Elie Kagan, KAG/00046/N/A01 à A12 et KAG/00046/N/B01 à B12. On peut les consulter en ligne via le portail L’Argonnaute de La Contemporaine ici et là.

[17]. Il sera l’un des acteurs majeurs de Mai 68 et fondera quelques années plus tard la Gauche prolétarienne.

Facebook
Email

Pour continuer,
Histoire coloniale et postcoloniale
a besoin de votre soutien

Encore quelques uns pour atteindre l'Objectif de 250 abonnés avant l'été

97%

Abonnez-vous et participez aux rencontres, accédez à des articles de l’encyclopédie, à des ressources de formations et dialoguez avec la rédaction.