Une trentaine de maires de France réclament « la reconnaissance pleine et entière du massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d’État, au regard de la responsabilité des autorités publiques dans l’organisation et la conduite de cette répression », peut-on lire dans un texte signé par ces édiles et diffusé le 15 octobre par France info. Par ailleurs, plus de soixante associations, syndicats et partis politiques ont signé l’Appel du Collectif national 17 octobre 1961, vérité et justice, qui donne trois rendez-vous pour se rassembler le samedi 17 octobre 2026, et que nous publions ci-dessous. Ainsi que le plan d’accès à la division 97 du cimetière parisien de Thiais où des associations demandent l’érection d’un monuments commémorant la fosse commune où des dizaines de corps d’Algériennes et d’Algériens ont été entassés à la suite de ce massacre.
L’appel des maires
Il y a 65 ans, dans la nuit du 17 octobre 1961, des milliers d’Algériennes et d’Algériens « manifestaient pacifiquement à Paris et en région parisienne contre le couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé ». Ils furent victimes d’une « répression d’une violence extrême menée par la police française » sous l’autorité du préfet de police, Maurice Papon, explique le communiqué. Selon les estimations des historiens tel que Jean-Luc Einaudi, « près de 300 Algériens furent tués. Nombreux furent jetés dans la Seine », expliquent les maires signataires.
Ils demandent par ailleurs « l’inscription du 17 octobre au calendrier officiel des journées nationales et cérémonies officielles, afin que la République rende chaque année hommage aux victimes de cette répression ». Ils veulent également « la poursuite de l’ouverture et de l’accès aux archives relatives au 17 octobre 1961 et, plus largement, à la guerre d’Algérie, afin que les chercheurs, les familles et les citoyens puissent continuer à établir et transmettre les faits ».
« C’est regarder notre histoire en face »
Les maires signataires demandent aussi « la création et le soutien de lieux de mémoire et d’actions de transmission, notamment auprès des jeunes générations, pour que l’histoire du 17 octobre 1961 soit pleinement enseignée et connue ». Ils sont favorables à « la reconnaissance et l’accompagnement des victimes, des survivants et de leurs familles, dont la parole et la mémoire ont trop longtemps été ignorées », selon eux.
Reconnaître le 17 octobre 1961, « ce n’est pas raviver les blessures du passé. C’est regarder notre histoire en face. C’est rendre justice à celles et ceux qui ont été victimes de cette répression », indique ce communiqué.
En 2012, le président de la République, François Hollande, a reconnu la réalité « de la répression sanglante du 17 octobre 1961 ». En 2021, à l’occasion du 60e anniversaire, Emmanuel Macron reconnaissait à son tour les faits et déclarait que les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon étaient « inexcusables pour la République ». Ces reconnaissances ont constitué « des étapes importantes mais insuffisantes », selon les maires signataires de cet appel. Elles ne peuvent « être le point final […] nous, maires de communes de France, appelons solennellement l’Etat à aller jusqu’au bout du chemin engagé ».


Les maires signataires :
Emmanuel Grégoire, maire de Paris (PS)
Luc Carvounas, maire d’Alfortville (Val-de-Marne, PS)
Gilles Leproust, maire d’Allonnes (Sarthe, PCF)
Sofienne Karroumi, maire d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis, divers gauche )
Edouard Denouel, maire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis, EELV)
Abdel Sadi, maire de Bobigny (Seine-Saint-Denis, PCF)
Abdellah Benouaret, maire de Bonneuil-en-France (Val-d’Oise)
Denis Öztorun, maire de Bonneuil-sur-Marne ((Val-de-Marne) (PCF)
Aly Diouara, maire de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) (LFI)
Hervé Chevreau, maire d’Epinay-sur-seine (Seine-Saint-Denis) (DVD)
Jean-Philippe Gautrais, maire de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) (DVG)
Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) (PCF)
Fatah Aggoune, maire de Gentilly (Val-de-Marne, divers droite)
Philippe Rio, maire de Grigny (Essonne, PCF)
Mohamed Gnabaly, maire de l’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis, Les Ecologistes)
Djamel Nedjar, maire de Limay (Yvelines, divers gauche)
Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory (Seine-et-Marne, PCF)
Jean-Pierre Bosino, maire de Montataire (Oise, PCF)
Belkacem Chikh, maire de Montmagny (Val-d’Oise, DVG)
Patrice Bessac, maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis, PCF)
Olivier Sarrabeyrouse, maire de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis, PCF)
Laurent Baron, maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis, PS)
François Dechy, maire de Romainville (Seine-Saint-Denis, DVG)
Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) (LFI)
Bassi Konaté, maire de Sarcelles (Val-d’Oise, DVG)
Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) (PS)
Stéphane Blanchet, maire de Sevran (Seine-Saint-Denis, DVG)
Azzédine Taïbi, maire de Stains (Seine-Saint-Denis, DVG)
Ali Rabeh, maire de Trappes (Yvelines, DVG)
Virginie De Carvalho, maire de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis, DVG)
Mélissa Youssouf, maire de Villepinte (Seine-Saint-Denis, Les Ecologistes)
Dieunor Excellent, maire de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis, DVG)
Hamdi Toudma, maire de Longlaville (Meurthe-et-Moselle, SE)
Pierre Bell-lloch, maire de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne, PCF)
L’Appel du Collectif national « 17 octobre 1961, vérité et justice »

La liste de ses signataires complétée sur le site de la Ligue des droits de l’Homme
Le plan d’accès à la division 97 du cimetière parisien de Thiais


Projection dans l’auditorium de l’Hôtel-de-ville de Paris


La conférence de presse donnée à Stains le 15 octobre par les élus qui ont lancé l’appel ci-dessus
Le lien pour suivre l’enregistrement :
https://www.facebook.com/share/p/1dP9pUcwoo/