PARIS, 22 juin 2005 (AFP) – Le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera « déplore » et « condamne », mercredi le projet d’inauguration le 6 juillet d’une stèle à la mémoire de l’OAS dans le cimetière de Marignane (Bouches-du-Rhône).
« Ce projet choque légitimement tous ceux qui sont attachés à l’oeuvre historique du général de Gaulle et au respect des institutions de la République, contre lesquelles les membres de l’OAS ont recouru aux moyens les plus violents et les plus condamnables », ajoute le ministre.
« La volonté du gouvernement », poursuit-il « est que toutes les victimes de la guerre d’Algérie puissent trouver la sérénité plus de quarante ans après la fin de ce conflit ».
M. Mekachera estime enfin que « cette initiative crée un risque important pour la cohésion nationale ».
Une stèle à la mémoire d’anciens membres de l’OAS (Organisation Armée Secrète, hostile à l’indépendance de l’Algérie) doit être dévoilée le 6 juillet sur une parcelle du nouveau cimetière de Marignane attribuée par le maire Daniel Simonpieri (DVD, ex-MNR) à l’association ADIMAD (Association de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française).
Stèle à la gloire de l’OAS :
le préfet « prêt à l’interdire »1
Christian Frémont, préfet des Bouches-du-Rhône, a fait savoir mardi soir qu’il était prêt à interdire l’inauguration le 6 juillet d’une stèle à la gloire d’anciens membres de l’OAS dans le cimetière de Marignane, soutenue par le maire ex-MNR de la ville, Daniel Simonpieri.
Le préfet des Bouches-du-Rhône, Christian Frémont, s’est dit prêt mardi 21 juin à « interdire » l’inauguration le 6 juillet d’une stèle à la gloire d’anciens membres de l’OAS dans le cimetière de Marignane, soutenue par le maire de la ville Daniel Simonpieri (DVD, ex-MNR), en raison des « réactions d’indignation ».
« L’annonce récente d’une cérémonie d’inauguration solennelle de cette stèle, avec des discours, suscite des réactions d’indignation aussi bien de la part des victimes de l’OAS et de leurs descendants que des défenseurs de la mémoire du général de Gaulle », a déclaré Christian Frémont dans un communiqué.
« J’ai fait savoir au maire de Marignane, début juin, que cette manifestation me paraissait inopportune. Je lui ai redit aujourd’hui en lui demandant d’y renoncer », a ajouté le préfet, se disant prêt à « interdire la manifestation, dans la mesure où elle serait susceptible d’entraîner des troubles à l’ordre public ».
Le chargé de communication de la mairie de Marignane, Jean-Pierre Cohen, a répondu: « nous ne faisons aucun commentaire à ce sujet ».
Meurtrier d’un policier
Cette stèle à la gloire des « fusillés et combattants morts pour que vive l’Algérie française » doit être érigée par l’ADIMAD (Association pour la Défense des Intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie Française), à laquelle Daniel Simonpieri a attribué en novembre dernier une parcelle de terrain dans le nouveau cimetière de sa ville.
Selon le site internet de l’ADIMAD, outre les noms d’une centaine de « combattants », la stèle portera sur une plaque de bronze les noms des « quatre fusillés » de l’Algérie française: Jean-Marie Bastien-Thiry, auteur de l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle, le lieutenant Roger Degueldre, chef des commandos Delta de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS), ainsi qu’Albert Dovecar et Claude Piegts, auteurs du meurtre d’un policier sous les ordres de Degueldre. Tous quatre furent condamnés à mort par la cour militaire de justice et exécutés au Fort d’Ivry en 1962 et 1963.
La Ligue des droits de l’Homme et le président de la région PACA Michel Vauzelle (PS) ont récemment demandé l’interdiction de cette stèle.