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Édition du 3 janvier au 15 janvier 2026

Entre « déchoukaj » et écriture césairienne : mémoire et action décoloniale en Martinique, par Elisabeth Landi 

Les statues de Victor Schœlcher situées à Schœlcher et à Fort-de-France détruites le 22 mai 2020, jour de la commémoration en Martinique de l’abolition de l’esclavage. ©Claude Gratien.

Par Elisabeth Landi, Fort-de-France, décembre 2025.

Article inédit pour histoirecoloniale.net

En Martinique post-esclavagiste, une « société encore structurée par les inégalités raciales (…) héritées de la colonisation et de l’esclavage[1] », le « déchoukaj » des statues coloniales de 2020 a fait débat. Ce geste, ancré dans la lutte contre le chlordécone et l’impunité coloniale, a été revendiqué comme « un acte de justice, de dignité et de réparation » face à la « banalisation … d’un crime contre l’humanité »[2].
En face, l’héritage césairien incarne une approche opposée, fondée sur la stratification et la réécriture patiente de la mémoire urbaine. Sous l’impulsion d’Aimé Césaire maire de Fort-de-France (1945-2001), la ville fut « un laboratoire de la mémoire »[3]. Cette confrontation traduit les enjeux mémoriels et politiques du débat antillais : d’un côté, des acteurs (dont l’artiste Mawongany) réclament le déboulonnage immédiat des vestiges coloniaux pour affirmer la réparation et la dignité des Martiniquais; de l’autre, s’appuyant sur la « grammaire décoloniale » césairienne, une mémoire multi strates, exigeant patience et cohérence dans la réécriture historique, se présente comme une alternative.

Introduction

En mai et juillet 2020, à l’aube d’un mouvement mondial de remise en cause des symboles coloniaux, plusieurs monuments martiniquais furent renversés (les statues de Victor Schoelcher, Joséphine de Beauharnais, Pierre Belain d’Esnambuc) dans un acte dit de « déchoukaj », un terme emprunté à Haïti signifiant « arrachage » d’un monument colonial[4]. Onze personnes furent mises en examen et jugées fin 2025 à Fort-de-France, dont l’artiste et activiste Mawongany. Dans un entretien accordé à AOC (28 novembre 2025), Mawongany défend l’idée que « tout art a un impact politique et encore plus quand il intervient dans un espace colonial »[5], articulant ce geste symbolique au projet plus large de « purification » de l’espace public martiniquais. Face à cette logique de rupture immédiate, nous opposerons ici la « grammaire décoloniale » d’Aimé Césaire, son œuvre politique, sa vision urbaine et mémorielle, qui privilégie au contraire une réécriture patiente et stratifiée de l’histoire. L’objectif de cet article est d’éclairer, de façon non polémique, les effets politiques et mémoriels contrastés de ces deux façons d’agir en contexte post-esclavagiste. Pour cela nous confronterons des propos de Mawongany tirés de l’entretien de la revue AOC avec les actions et propos d’Aimé Césaire ainsi qu’avec l’analyse contemporaine de la «grammaire césairienne».[6]

La logique de la rupture symbolique : le déchoukaj antillais

Le « déchoukaj » désigne le « dessouchage » des symboles coloniaux, dans la veine des soulèvements haïtiens contre la dictature Duvalier[7]. En Martinique, il a pris la forme du déboulonnage des statues de figures coloniales, acte spectaculaire visant à retirer « jusqu’à leur fondation » des éléments de mémoire considérés comme oppressifs[8]. Le 22 mai 2020, en pleine commémoration de l’abolition de l’esclavage, deux statues de Victor Schoelcher tombent ; en juillet, celles de Joséphine de Beauharnais et du colonisateur d’Esnambuc sont renversées. Ces actions ont provoqué une vive réaction politique et médiatique : certains commentateurs ont qualifié ces gestes d’« attentat » ou de « vandalisme », « crime de lèse-majesté » pour la télévision publique Guyane la 1ère [9], tandis que d’autres y ont vu un acte de justice symbolique réclamé par la société martiniquaise. Le journaliste Jean-Marc Party évoque ainsi « l’excès, l’ignorance » dénoncés par une partie de l’opinion, mais pose aussitôt la question décisive : « qui peut prétendre que nous sommes, chacun de nous, au clair sur les grandes figures de notre passé ? » [10], soulignant l’ignorance généralisée de l’histoire coloniale. Cette controverse révèle que le geste de rupture cristallise les tensions entre devoir de mémoire et besoin de justice historique : pour les partisans du déchoukaj, il s’agit de « libérer » l’espace public d’une « chape de plomb » mémorielle; pour ses opposants, on brise la continuité historique.

La statue de Joséphine Tascher de la Pagerie, Impératrice des Français, déplacée par Aimé Césaire en 1974, décapitée en 1991 et « déboulonnée » en 2020, Place de la Savane, Fort-de-France, ©René-Charles Benny Suvélor

… et ce qu’il en reste aujourd’hui ©René-Charles Benny Suvélor.

Dans l’entretien publié par AOC, Mawongany revendique ouvertement cette démarche fondée sur la rupture. Il explique que l’art, quand il « intervient dans un espace colonial », possède un pouvoir politique immédiat[11]. Par ces paroles (« Tout art a un impact politique et encore plus quand il intervient dans un espace colonial »), il associe clairement la déconstruction des monuments à son projet artistique et militant. On retient néanmoins que Mawongany situe l’acte de déboulonnage dans un engagement plus vaste : redonner aux Martiniquais le contrôle de leur récit historique et libérer l’imaginaire collectif des récits coloniaux officiels. Dans cette perspective, les statues de Schœlcher ou de Joséphine représentent non pas de simples objets d’art, mais des « éléments de mémoire » à éradiquer par la violence symbolique, afin de rendre visible une histoire martiniquaise longtemps niée. On peut noter par ailleurs que le procès intenté aux déboulonneurs s’est achevé fin 2025 sur la relaxe de neuf des onze prévenus (les deux autres ayant été dispensés de peine)[12] signalant peut-être une forme de reconnaissance sociale de la légitimité (relative) de leur geste.


1. La statue de Victor Schœlcher, inaugurée par les Républicains en 1904 et située sur la place Légitime-Défense, face au Palais de justice, Fort-de-France, ©René-Charles Benny Suvélor. 2. Les statues de Victor Schœlcher situées à Schœlcher et à Fort-de-France détruites le 22 mai 2020, jour de la commémoration en Martinique de l’abolition de l’esclavage. ©Claude Gratien, https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/destruction-statues-victor-schoelcher-est-justifiee-militants-condamnee-certaines-figures-martiniquaises-835524.html

Sur le plan mémoriel, cette logique de rupture produit des effets contradictoires. D’un côté, elle crée une mise en scène forte : en agissant de façon impromptue « au vu et au su de tous », les activistes ont projeté sur les monuments une nouvelle lecture politique de l’histoire locale. Par ce geste spectaculaire, ils ont visibilisé le rejet d’un passé de domination («Joséphine, fille de colon esclavagiste et épouse de celui qui a rétabli l’esclavage en 1802», « Schœlcher, représentant de la vision paternaliste et eurocentrée de l’abolition », abolitionniste et colonialiste ) et suscité un débat public sur les acteurs effacés de l’abolition (esclaves insurgés, marrons) [13]. Comme l’écrit l’historienne Myriam Cottias, ces événements obligent à confronter « une multitude de révoltes d’esclaves » et à replacer Schœlcher dans une histoire complexe [14]. Le déchoukaj peut ainsi fonctionner comme un contre-spectacle, remettant en cause le récit officiel.


Ce qu’il reste de la statue de V. Schœlcher après le déboulonnage du 22 mai 2020, ©René-Charles Benny Suvélor.

Mais ce même geste peut aussi « manquer sa cible » mémorielle. En figeant la statue comme insupportable, on risque de gommer les strates d’histoire que cette statue incarnait, positives ou négatives. La démolition devient alors à son tour un symbole absolu, susceptible de provoquer des incompréhensions. Pour le jeune Fanon, encore enfant, la statue de Schœlcher fut, au contraire, un « monument dressé » sous lequel les jeunes Martiniquais sont passés des décennies durant[15]. Fanon se souvient qu’à dix ans il s’était interrogé devant le monument alors qu’on lui enseignait que Schœlcher « avait libéré les esclaves de leurs chaînes », mais que personne ne parlait des « hommes et des femmes mis en esclavage » auparavant[16]. Cette révélation brutale a construit, « sur un déni », la conscience du jeune Fanon, comme il le raconta plus tard[17]. Le déchoukaj, en abattant les représentations matérielles, transpose alors le doute individuel de l’enfant Fanon en geste politique collectif. Mais à l’opposé, des esprits plus conservateurs considèrent ces actions comme une forme de « purification » qui efface toute trace, ne laissant subsister qu’une page blanche. Le débat public révèle ainsi l’ambiguïté du geste : entre réappropriation et épuration, il invite à questionner ce que l’on choisit de retenir ou d’éliminer dans l’espace mémoriel[18].

La grammaire césairienne : une mémoire stratifiée et réécrite

Si Mawongany incarne l’élan de rupture, Aimé Césaire (1913-2008) représente au contraire l’approche par strates et réécriture. Poète de la négritude et maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, Césaire a forgé ce que nous appelons une « grammaire décoloniale » de la ville[19]. Plutôt que d’arracher impulsivement le passé, il a conçu Fort-de-France comme un « texte spatial » à relire et à réécrire[20]. Sous le béton des avenues coloniales, Césaire percevait « les strates d’une mémoire disputée [21]» qu’il s’est efforcé de remodeler patiemment.

La première règle de cette grammaire urbaine césairienne a été la nomination : Césaire a rebaptisé des lieux, débaptisé des rues et des quartiers, pour y inscrire d’autres héros et récits. Par exemple, la « Place Fénelon » est renommée la « Place Paulette Nardal », la « rue Villaret-Joyeuse » devient « rue Matouba » (du nom du quartier à Basse-Terre (Guadeloupe) où l’officier républicain Delgrès et ses compagnons ont préféré la mort en 1802, plutôt que le retour à l’esclavage, en en se faisant sauter), etc. Par ces choix toponymiques, il introduit dans l’espace public des noms d’ancêtres d’esclaves, de révoltés ou de politiques anticoloniaux, sans pour autant supprimer l’héritage précédent. Césaire ne procède pas à « retracer l’histoire complète » par une annulation pure et simple, mais plutôt à « faire d’une ville coloniale un espace d’émancipation [22]». Autrement dit, il ne gomme pas la mémoire coloniale ; il la surimpose de nouvelles mémoires. Sous sa plume politique, Fort-de-France devient une « archive vivante », dont le parcours urbain se lit comme un « discours spatial [23]».

Cette approche césairienne repose sur la conviction qu’on « apprend à voir autrement » en traitant la ville comme un texte à la fois poétique et politique[24]. Le « geste césairien » est paradoxalement « discret » et « ambitieux[25] » : une œuvre de long terme où, chaque fois qu’un monument colonial était considéré, Césaire cherchait à lui faire écho ou à le contextualiser plutôt qu’à le détruire. Par exemple, face au récit paternaliste induit par la statue de Victor Schœlcher, il propose un contre-discours, celle de la liberté conquise par les esclaves eux-mêmes et notamment par les femmes. L’œuvre commandée à Khokho René-Corail est à ce titre emblématique en ce sens qu’elle prend le contrepied de la statue du centre-ville. Installée en 1971, dans un quartier populaire, elle symbolise l’agentivité des esclavisés. Ainsi, il s’inscrit dans une réécriture stratégique de la « grammaire » spatiale, enracinée dans la dignité martiniquaise retrouvée[26]. Fort-de-France fut ainsi pour Césaire un « laboratoire de la mémoire » où la pensée décoloniale se concrétise dans les noms, les formes et les usages[27]. À ce titre, la transformation de la ville est un outil de transmission pour les jeunes générations, « un manuel d’arpentage du présent à partir des combats du passé [28]».


Monument en hommage à la conquête de la liberté par les esclaves, intitulée « Martiniquais, souviens-toi », réalisée par l’artiste Khokho René-Corail et inaugurée par Aimé Césaire le 22 Mai 1971, Trénelle, Fort-de-France, ©René-Charles Benny Suvélor

Dans la pratique politique de Césaire, maire, député et écrivain, on trouve plusieurs exemples de cette logique de stratification. Plutôt que de déboulonner, Césaire a privilégié des commissions officielles chargées de la dénomination des rues, places, etc, des conférences, des discours et la promotion culturelle (festivals, commémoration) pour valoriser les mémoires anticoloniales. Il a aussi pris des positions parfois paradoxales : par exemple, il affirmait qu’il fallait étudier la résistance des esclaves et la part des Noirs dans l’abolition tout en conservant les plaques signalétiques (il ne fit jamais enlever la statue de Schœlcher qu’il qualifiait lui-même de « grande figure » aux côtés du courage des esclaves[29]). Ainsi, il reconnaît la « clairvoyance de Schœlcher », sans oublier que « l’impétuosité nègre fit le reste [30]». Cette formule de Césaire, citée dans ses discours, illustre parfaitement sa logique : la statue de Schœlcher doit rester, mais notre histoire doit également parler de l’héroïsme des esclaves. Rien ne s’efface, mais tout se voit à travers un nouveau prisme.

Cette refonte graduelle du patrimoine urbain s’analyse comme l’instauration d’une grammaire patrimoniale décoloniale. Et toute grammaire patrimoniale « révèle des choix culturels et politiques » : elle décide ce qu’on valorise ou oublie dans la cité[31]. Pour Césaire, inscrire dans l’espace public des toponymes et monuments anticolonialistes (pour garder les traces de l’esclavage) relevait moins d’une épuration que d’un enrichissement du récit urbain. L’histoire coloniale est ainsi « travaillée, déplacée, resignifiée [32]» plutôt que gommée : on y insère de la poésie, de la contestation, du souvenir vivant. En ce sens, Césaire anticipait de nombreuses questions contemporaines sur « la décolonisation des espaces publics » et la fabrique de l’identité urbaine[33].

Confrontation des effets : mémoire et culture politique

La dialectique « rupture vs stratification » se joue sur les registres politique et mémoriel. D’un point de vue politique, l’action de déchoukaj constitue un acte militant direct : elle interrompt la quotidienneté, clame l’urgence de la justice historique, et déplace le débat sur la scène internationale. C’est un signal fort envoyé aux institutions : elles qui, jusqu’alors, avaient plutôt accompagné la « patrimonialisation » de l’esclavage (musées, cérémonies officielles, noms de rues) sont sommées de céder la parole aux nouveaux acteurs. En cela, les activistes incarnent une culture politique décoloniale de rupture, inscrite dans la postcolonie antillaise, qui veut que l’émancipation puisse nécessiter de « casser » les vieilles formes.

En revanche, la démarche césairienne a des effets politiques d’un autre ordre. Elle diffuse progressivement de nouvelles normes culturelles : en valorisant la mémoire des résistances (gravures, défilés, instituts culturels, enseignement) et en faisant coexister monuments coloniaux et décoloniaux, elle modifie les perceptions sans provoquer de choc immédiat. L’« émancipation » qu’elle vise est celle des consciences dans la durée. Césaire a voulu faire de Fort-de-France un lieu où la mémoire n’est pas figée dans un récit officialisé, mais où elle circule et se légitime dans l’espace (urbain[34]).

D’un point de vue mémoriel, on constate des effets contrastés. Le déchoukaj met en lumière l’exigence d’une mémoire plus juste : par l’absence même des statues, il renvoie à la question de ce qu’on a choisi de célébrer. Mais il peut aussi générer un « devoir de silence » : après l’acte, que fait-on ? Qui raconte la suite ? Sans travail critique, la case vide peut devenir aussi muette que l’ancienne statue. À l’inverse, la grammaire césairienne construit un « espace de mémoire active [35]» où l’histoire coloniale reste visible mais transformée. Elle permet de « rendre visible le peuple noir » au cœur des monuments, comme en témoigne le plan d’ensemble de Fort-de-France dont Césaire disait qu’elle parle « toutes les langues de l’humanité » (celle des esclaves, des poètes, des anonymes[36]).

Ces deux approches ne s’excluent pas mutuellement ; elles sont en tension constructive. Le déchoukaj a peut-être le mérite d’engager le « réveil du politique » et la remise en question des récits apprivoisés. La démarche césairienne, de son côté, rappelle que la mémoire se nourrit aussi de la complexité et de la stratification des récits. Comme le soulignent les historiens contemporains, il faut dépasser les interprétations simplistes (ex. « Schœlcher est un tyran » ou « il n’a rien fait, seule la révolte des esclaves importe ») par une analyse nuancée des processus historiques[37]. Une « connaissance de l’histoire dans ses complexités », comme l’appelle Myriam Cottias, est nécessaire pour ne pas basculer dans un renversement purement binaire des valeurs[38].

On peut dire enfin que la culture politique décoloniale martiniquaise naissante cherche à conjuguer transmission et praxis. Mawongany lui-même, dans l’entretien, lie son geste symbolique aux racines culturelles antillaises (« culture du Bèlè », « Lasotè », écologie, etc.) qui nourrissent la vision d’un monde postcolonial. De l’autre côté, les perspectives de Césaire invitent à intégrer ces gestes de révolte dans un récit plus vaste, un récit où l’on apprend, par l’école ou l’espace public, que la décolonisation ne se fait pas seulement par la destruction mais aussi par le dialogue.

Conclusion

En Martinique post-esclavagiste, le débat sur les statues incarne l’antagonisme entre deux « grammaires » de l’action décoloniale. D’un côté, la grammaire de la rupture cherche à frapper le grand coup : sortir du cadre officiel, purifier l’espace immédiatement. De l’autre, la grammaire césairienne préconise une transformation continue, par réécritures, nominations et discours, qui ravive les mémoires en profondeur. Ces deux démarches produisent des effets politiques distincts, choc instantané versus ancrage progressif, et des effets mémoriels également contrastés, effacement (ou effraction) versus accumulation critique. En confrontant ces visions, on découvre que si elles veulent répondre à un même souci d’émancipation et sortir des « schémas simplistes » (Césaire) pour construire une citoyenneté postcoloniale éclairée[39], la grammaire césairienne propose une action critique et pédagogique plus respectueuse des régimes d’historicité des sociétés antillaises.

Plutôt qu’une alternative exclusive, il faut sans doute envisager une articulation dynamique. Les statues déboulonnées ont fait resurgir la question du patrimoine, mais rien n’interdit de les remplacer demain par un autre discours, que ce soit une exposition, un mémorial ou un nouveau monument, qui incarne la stratification voulue par Césaire. Et la ville continuera d’être « lue » comme un texte vivant, à travers la lentille décoloniale que Césaire a tracée, mais aussi parfois bousculée par les nouvelles performances politiques. Dans tous les cas, la « grammaire patrimoniale » d’une société « n’est jamais neutre [40]» : chaque plaque arrachée ou statue renversée en dit long sur les choix de mémoire et sur les identités que la ville veut transmettre. L’enjeu est d’apprendre collectivement à les comprendre et à les redéfinir, pour que mémoire et espace public contribuent à bâtir ensemble une culture politique critique et véritablement décoloniale à l’instar du jeune Fanon.

Sources
aoc.media : Entretien de Mawongany à AOC (28 novembre 2025)
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme (1950) et autres textes politiques (discours parlementaires (années 1940-50).
Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, 1939.
diacritik.com : Christiane Chaulet-Achour, « Ces statues qui font l’actu : Victor Schœlcher en Martinique »Diacritik, 10 Juin 2020.
Elisabeth Landi, An ti ponmpom à Foyal : la grammaire décoloniale d’Aimé Césaire, Paris, Ed. Jets d’Encre, 2025.
Articles et analyses contemporaines (Diacritik, France Info, etc.)


[1] https://dechoukaj.com/2025-proc%C3%A8s-d%C3%A9choukaj-martinique#:~:text=Les%205%2C%206%20et%207,contre%20l%E2%80%99humanit%C3%A9%20dans%20l%E2%80%99espace%20public

[2] Idem

[3] LANDI Elisabeth, « An ti ponmponm à Foyal. La grammaire décoloniale d’Aimé Césaire », Editions Jets d’Encre, Paris, 2025[

4] Mawongany : « Tout art a un impact politique et encore plus quand il intervient dans un espace colonial », Entretien réalisé par Anne Bessette, Anne Lafont et Anaïs Roesch, aoc.media, samedi 29 novembre 2025.

[5]  aoc.media

[6] LANDI op. cit.

[7] aoc.media

[8] aoc.media

[9] diacritik.com, Christiane Chaulet-Achour, « Ces statues qui font l’actu : Victor Schœlcher en Martinique », Diacritik, 10 Juin 2020.

[10] diacritik.com

[11] aoc.media.

[12] aoc.media

[13] diacritik.com et diacritik.com

[14] diacritik.com.

[15] diacritik.com et diacritik.com

[16] diacritik.com.

[17] diacritik.com.

[18] diacritik.com
et LANDI op. cit.

[19] LANDI op. cit

[20] LANDI op. cit.

[21] LANDI op. cit..

[22] LANDI op. cit.

[23] LANDI op. cit.

[24] LANDI op. cit.

[25] LANDI op. cit.

[26] LANDI op. cit.

[27] LANDI op. cit.

[28] LANDI op. cit.

[29] diacritik.com

[30] diacritik.com

[31] LANDI op. Cit.

[32] LANDI op. cit.

[33] LANDI op. cit.

[34] LANDI op. cit.

[35] LANDI op. cit.

[36] LANDI op. cit.

[37] diacritik.com et  LANDI op. cit.

[38] diacritik.com.

[39] diacritik.com et LANDI op. cit.

[40] LANDI op. cit.

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