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Édition du 15 février au 1er mars 2026

Bonnes feuilles : Bugeaud et la violence de la conquête de l’Algérie, par Colette Zytnicki

Extraits du livre "Le cas Bugeaud" que Colette Zytnicki a consacré au féroce conquérant puis gouverneur de l'Algérie.

Portrait du Maréchal Bugeaud par Charles-Philippe Larivière (1845)

Colette Zytnicki est historienne, spécialiste notamment de l’histoire coloniale de l’Algérie sur laquelle elle a déjà publié Un village à l’heure coloniale. Draria, 1830-1962 (2019) et La Conquête. Comment les Français ont pris possession de l’Algérie, 1830-1848 (2022). Nous publions ici deux extraits du livre qu’elle vient de consacrer à l’officier Thomas Bugeaud (1874 – 1849) et à son rôle durant la conquête coloniale de l’Algérie, sous le titre Le cas Bugeaud. Les violences de la conquête coloniale en Algérie (Taillandier, 2026).


Introduction

Lorsque l’on me demande sur quoi porte le livre que j’écris et que je réponds : sur Bugeaud, je suscite trois types de réactions. Soit mes interlocuteurs fredonnent la chanson « La casquette du père Bugeaud », soit ils me demandent qui il est, soit encore ils évoquent les enfumades et les exactions commises lors de la conquête de l’Algérie. Trois réactions qui renvoient, schématiquement, à trois étapes de la mémoire du passé colonial français.

La première, provenant le plus souvent des personnes les plus âgées, fait écho au moment où s’enseignaient l’Empire et ses gloires dans les écoles de la IIIe République. La deuxième, portée par les plus jeunes, témoigne de l’effacement de cette histoire. Enfin, la troisième nuance cette disparition et manifeste à sa façon la résurgence d’une mémoire critique du passé colonial. Ce livre s’inscrit dans ce dernier mouvement : un retour sur ces temps qui ne s’effacent pas, un retour qui a saisi l’historiographie, mais aussi la société française. Ainsi, après avoir édifié des statues au duc d’Isly – le titre qui fut attribué à Bugeaud en 1844 – et donné son nom à des rues, on en est arrivé à vouloir les déboulonner et les débaptiser. Cependant, peut-­on aujourd’hui non pas le rejeter dans les oubliettes de l’histoire, mais l’exhumer au contraire pour comprendre ce qu’il fit en Algérie et ce qu’il fit à l’Algérie ?

Parce que nous sommes à cette époque où s’enchevêtrent ces différentes strates mémorielles s’impose la tâche d’ex­plorer à nouveau la figure de Bugeaud. Soldat de l’Empire dans sa jeunesse, propriétaire terrien innovant dans sa maturité, il reprend l’épée à plus de 50 ans en tant que gouverneur général en Algérie (de 1841 à 1847), après y avoir rempli des missions bien spécifiques, de plus courte durée, en 1836 et 1837. C’est à ces quelques années qui vont de 1836 à 1847, à ce long séjour que fit Bugeaud outre­ Méditerranée, qu’est consacré ce livre. On a dans le passé étudié, avec détail, les opérations militaires qu’il y a menées, faisant ressortir l’originalité de la méthode Bugeaud. On a aussi consacré d’autres ouvrages à sa conception de la colonisation, entendue ici comme la mise en valeur des terres confisquées selon diverses modalités aux Algériens, une colonisation confiée à des colons mili­taires. On peut aujourd’hui, au prisme des travaux récents menés sur l’Algérie, étendre le questionnement à d’autres domaines : la question de la violence de la conquête, celle de l’appropriation du foncier par les conquérants ou les formes de domination des populations algériennes.

Pour cela, il a fallu s’immerger dans une masse d’ar­chives impressionnantes. Car Bugeaud a beaucoup écrit et a suscité de multiples réactions. Il y a tout d’abord sa très imposante correspondance officielle, celle qu’il a entretenue en tant qu’officier puis gouverneur général avec son ministre de tutelle, le ministre de la Guerre, le maréchal Soult et le chef réel du gouvernement, François Guizot : lettres, rapports, etc. À cela s’ajoutent sa correspondance privée, les brochures qu’il a rédigées, les articles qu’il a publiés dans la presse et ses tonitruants discours à la Chambre des députés. Personnage controversé, il a suscité de très nombreux articles dans la presse de son temps, qu’elle soit de la droite légitimiste, de la gauche libérale ou républicaine. Et enfin, il importait de lire dans les Mémoires ou ouvrages la trace qu’il avait laissée parmi ses contemporains.

De tout cela émergent deux questions. La première porte sur l’action même de Bugeaud en Algérie. Sa mission prin­cipale était de faire la guerre, la seconde, de coloniser. On peut alors porter l’interrogation non seulement sur la manière dont ces deux objectifs ont été remplis, mais surtout sur les conséquences qu’ils ont engendrées, principalement sur les populations algériennes qui en ont subi les dramatiques effets. La guerre bouleverse le pays et ses habitants, avec son cortège de violences, mais aussi de déra­cinements, d’exodes qui s’ancrent dans les mémoires. La colonisation, un vaste mouvement d’appropriation foncière qui se met en route durant ces années cruciales, s’y adjoint. Bugeaud imprime sa marque à la fois sur la manière de mener la guerre et de coloniser.

La seconde question tient aux rapports entre Bugeaud et le gouvernement de Louis-­Philippe. En se plongeant dans sa correspondance, où l’on suit quasiment au jour le jour les nombreux conflits qui ont pu l’opposer au ministre de la Guerre, voire à Guizot, à certains de ses officiers, aux grands colons présents en Algérie, on se demande comment il a pu rester si longtemps en Algérie, là où les autres gouverneurs généraux, ses prédécesseurs, n’y sont demeurés qu’une année au plus. Comment Bugeaud, qui était en son temps si impopulaire dans la presse, s’est-il maintenu dans sa fonction durant six années ? Car, avec la relative liberté dont bénéficient alors les journaux, son action et celle de ses officiers outre­ Méditerranée sont scrutées et discutées. Elles suscitent un vaste débat, que ce soit sur la violence des armes, la manière d’administrer l’Algérie ou de la coloniser. Faut-il trouver la réponse à notre interrogation dans la manière dont Bugeaud a mené la guerre, brutale mais, vue du côté français, couronnée de succès puisque juste après son départ, son principal adversaire, Abd el­ Kader, rend les armes ? Ou faut-il aussi tenir compte du poids politique qu’il a su se tailler avant 1836, celui d’un indéfectible soutien du trône depuis 1830, d’un homme enfin qui a su donner au gouvernement d’importantes et constantes marques de fidélité ?

Se pencher sur Bugeaud et sur l’Algérie, c’est saisir in vivo le quotidien de la conquête, de ses répercussions, aussi bien dans le pays lui-même, sur les populations soumises à une guerre totale, terrible, que dans la métropole où la question de la guerre, de l’administration du pays et du sort des Algériens s’impose, parfois de manière brûlante, dans le débat public.


Extrait du chapitre III

Que connaissent les Français et Bugeaud de l’Algérie en 1841 ?

Si Bugeaud connaît la région d’Oran et celle qui entoure Alger, il ne sait rien, comme beaucoup de ses contemporains européens, de l’épaisseur du pays, vaste et combien divers, entre vallées et montagnes du Tell au Nord, hauts plateaux steppiques plus au sud et désert encore plus loin. Mais que voit-il de ce pays dont le nord et surtout le nord-ouest sont bouleversés par la guerre 1? Là, vivait avant 1830 une population de multiples origines : Arabes, Turcs, Kouloughlis, Berbères et Juifs. Depuis la conquête, les Turcs en ont été chassés, une partie des notables d’Alger a fui, les Français s’y installent peu à peu, et la ville commence à se transformer en adoptant les codes urbanistiques venus de métropole, tout comme à Oran, dévasté par la guerre. Ils ont pris pied à Constantine, Bône ou Blida, mais hors des quelques villes qu’ils ont investies, ils s’aventurent peu dans les campagnes. Autour d’Alger s’implantent des propriétaires désireux de se tailler de vastes domaines, tels le baron de Vialar ou Max de Tonnac, tous deux légitimistes, opposants au régime de Louis-­Philippe. Ils représentent ces colons qui, quelques années plus tard, vont mener le combat contre le régime militaire défendu par Bugeaud.

Les colons ne sont qu’une infime minorité dans la masse de la population autochtone, arabe ou berbère, peut-être 3 millions de personnes2. La société algérienne, alors encore peu transformée par la conquête, est fort diversifiée par le mode de vie, le type d’agriculture ou la langue, arabe ou kabyle. Coexistent des sociétés urbaines raffinées, des mondes ruraux profondément composites entre les tribus nomades du sud du pays et les grands propriétaires résidant dans le Fahs (l’arrière-pays) d’Alger, en passant par la multitude de khammès (métayers) des plaines et des agriculteurs kabyles regroupés dans leurs villages montagnards. Les Français ont bien du mal à comprendre les régimes de propriété qui s’opposent, pour certains, au droit romain qui leur est familier. La chose est d’importance car les années 1840 marquent un vaste mouvement de dépossession des Algériens3. On distingue trois modes de propriété. Le premier concerne les terres personnelles des beys et deys et celle du beylik (de l’État), les unes et les autres cultivées par des paysans assujettis à des corvées, par des khammès ou des fermiers. Ces propriétés ont été en partie séquestrées par les Français et rattachées au domaine de l’État français qui ne cesse de s’élargir. Le deuxième, bled el’arch, désigne le territoire d’une tribu dont les membres s’associent « pour l’exploitation d’une terre à laquelle chacun participe par son travail ; mais si l’exploitation est de type communautaire, le partage des fruits de la terre et des propriétés ne l’est pas ». La parcelle est inaliénable, liant les membres du groupe4. Ce mode d’exploitation collective est pratiqué par les tribus d’éleveurs ou parmi les céréaliculteurs des plaines. Le troisième type de propriété, les terres melk, plu­ tôt montagnardes mais pas uniquement, est fondé sur la propriété familiale incontestée, garantie par un document ou par la notoriété, délimitée par des murets ou des haies, difficilement cessible tant les intérêts de la communauté doivent être respectés. À ces types de propriétés s’ajoutent les biens habou qui, donnés à des fondations religieuses, sont inaliénables et permettent d’assurer le fonctionnement des œuvres charitables ou des écoles5.

Enfin, les Français commencent à comprendre la tribu, cette réalité sociale qui leur était si étrangère, que l’on peut définir comme une collectivité sociale, se revendiquant d’un même ancêtre et d’une histoire commune. Unie par le nom, elle s’étend sur un territoire donné, organisée par des droits et intérêts communs6. Elle rassemble des individus se récla­mant d’un ancêtre commun et elle est dirigée par un chef militaire ou religieux. Chaque famille appartient à une ferka ou fraction, rassemblée dans un village, elle-même intégrée dans la tribu. Celle-ci peut appartenir à une confédération comme celle des Ouled Naïls dans le Sud7.

L’Algérie et ses habitants restent encore mal connus des conquérants mais les choses sont en train de changer. En 1837, le ministre de la Guerre, le général Bernard, décide de la création de la Commission d’exploration scientifique d’Algérie chargée des recherches scientifiques en Afrique. Volonté de domination et vraie curiosité, volonté de savoir, même, s’y mêlent intimement8. Elle est dirigée par Bory de Saint­Vincent qui a présidé la commission d’exploration de Morée. L’institution est divisée en plusieurs sections : sciences physiques, histoire et arts graphiques. La faune, la flore, l’histoire, les arts, les populations et leurs mœurs sont l’objet d’enquêtes diverses publiées par la suite. Dès 1847, un premier inventaire des tribus est livré, un outil précieux pour la domination et le contrôle des Algériens9. Bugeaud, quant à lui, découvre le pays au fur et à mesure des opérations qu’il conduit, dans la province d’Oran, dans celle d’Alger essentiellement et plus tard en Kabylie. Une Algérie perçue à la hauteur et à la vitesse d’un cheval, une population soit dominée dans les villes, soit combattante, « soumise », parfois razziée et terrorisée dans les campagnes. Le portrait qu’il trace des habitants est celui d’un peuple (ou de peuples) guerrier – « Les Arabes sont fiers et belli­queux ; la guerre de tribu à tribu est leur état normal ; dès leur enfance, tous les hommes sans exception s’exercent au maniement des armes et des chevaux10 » – et d’un pays archaïque – « La terre y était féconde, mais mal cultivée ; le sol nu, difficile, accidenté et presque sans villes ; l’industrie y était inconnue, la population pauvre, guerrière, ignorante et dans cet état de civilisation qui, laissant à l’homme toute sa sauvage indépendance, le rend plus insaisissable11. » Il éprouve une certaine fascination pour les grands chefs qu’il assimile à une aristocratie. Mais on ne trouve nulle part un véritable intérêt pour le monde algérien et ses habitants.

Bugeaud n’apprend pas l’arabe. Il n’est pas curieux de l’histoire du pays. Tout comme il a traversé l’Europe et guerroyé en Espagne sous l’Empire sans s’y intéresser, il parcourt l’Algérie sans la voir vraiment. Il est un conquérant chargé, comme il le répète, d’apporter la civilisation au fil de l’épée. Ses opinions sont celles de sa caste, à Paris ou en Algérie. Pas de tous. De jeunes officiers comme Marey­ Monge, Lamoricière, Pellissier de Reynaud, Eugène Daumas ou Neveu12 ont appris l’arabe. Certains militaires peuvent parler la langue avec aisance, mais peu d’entre eux savent l’écrire, sauf Pellissier, qui a traduit, avec l’aide d’un inter­prète, l’Histoirede l’Afrique de Moh’ammed-ben-Abi-el-Raïni- el-K’aïrouâni13. Pétris pour certains de saint­ simonisme ou de fouriérisme14, voire simplement d’orientalisme à la mode romantique, ils ont une vraie une curiosité pour le monde algérien. Marey ­Monge, Lamoricière et Neveu sont saint­ simoniens15. Le saint ­simonisme nourrit alors l’utopie de faire de l’Algérie une colonie où les peuples, dans un futur plus ou moins lointain, fusionneront. Mais ce goût pour l’arabe s’ancre aussi dans le souci, militaire celui-là, de bien connaître le monde dans lequel ils sont appelés à évoluer et à commander.

Il est une population particulièrement méprisée par les officiers, Bugeaud compris, ce sont les Juifs d’Afrique du Nord. C’est une spécificité de la conquête en Algérie que leur découverte par les soldats de l’armée française. Ils s’étonnent de les trouver si nombreux en certaines villes, de leurs mœurs et de leur culture. Pour autant, ils font appel à eux en tant qu’interprètes ou fournisseurs, profitant de leurs compétences linguistiques ou commerciales16. Dès 1837, Bugeaud recommande de les expulser. Il y revient à plusieurs reprises comme en 1843. Je sais qu’on me dira : quoi, vous voulez être plus cruel envers les juifs que ne l’ont été les Turcs et les Arabes eux­ mêmes ! Je réponds que notre position est bien différente de celle de ces peuples ; les juifs n’étaient vis-à-vis d’eux en fait de force, qu’un atome, tandis que dans nos villes de la côte ils sont presque aussi nombreux que les Européens. Les musulmans occupaient tout le pays et avaient les moyens de guerre ; le juif était désarmé et habitait seulement les villes dans l’état de sujétion le plus complet. Les musulmans, très peu commerçants, avaient besoin des juifs pour le commerce. Aujourd’hui les juifs absorbent la meilleure part d’un com­merce que feraient fort bien nos nationaux. En permettant aux juifs de l’Algérie de s’établir en France, vous opéreriez bien plutôt leur transformation morale que par les mesures que vous m’annoncez, lesquelles ne pourront atteindre leur but en Algérie que très lentement17.

Lorsqu’en 1843, un projet d’ordonnance tendant à éman­ciper les Juifs d’Algérie est soumis à Bugeaud, il s’y oppose. L’ordonnance finalement adoptée le 9 novembre 1845 renonce à l’idée d’émancipation, se contentant de déve­lopper le système consistorial mis en place par Napoléon en France18. Créé pour administrer le culte israélite dans les trois provinces algériennes, il avait aussi pour mission de « régénérer », selon l’expression alors employée pour la population juive.

Quant aux petits colons, Bugeaud multiplie à leur égard des déclarations méprisantes, on le verra. Il y voit des gens de peu, la lie de la population européenne. Il se heurte également très vite aux grands colons, désireux à la fois d’ouvrir l’Algérie à la colonisation et de ne pas plus subir un régime civil dominé par l’autoritarisme d’un gouverneur tout­puissant.

C’est dans ce pays encore inconnu, face à des populations hostiles et à des colons encore bien peu nombreux, que Bugeaud est nommé gouverneur général, une nomination qu’il attendait depuis des mois.

Notes

  1. Marc Côte, L’Algérie ou l’Espace retourné, Paris, Flammarion, 1988.
  2. Guy Brunet et Kateb Kamel, L’Algérie des Européens au XIXe siècle. Naissance d’une population et transformation d’une société, Berne, Peter Lang, 2018.
  3. Didier Guignard, « Les inventeurs de la tradition “melk” et “arch” en Algérie », dans Vanessa Guéno, Les Acteurs des transformations fon- cières autour de la Méditerranée au XIXe siècle, Paris, Karthala/MMSH/ Iremam, 2013, p. 49­93.
  4. André Nouschi, Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises. De la conquête jusqu’en 1919, Saint­Denis, Éditions Bouchène, 2013, p. 119.
  5. Coline Sauzion et Omar Bessaoud, « La question foncière en Algérie. Entretien avec Omar Bessaoud », Nogent­sur­Marne, Association pour contribuer à l’amélioration de la gouvernance de la Terre, de l’eau et des ressources naturelles (Agter), 2017, www.agter.org/bdf/fr/corpus_che­ min/fiche­chemin­690.html.
  6. Marc Côte, L’Algérie ou l’Espace…, op. cit., p. 72.
  7. Voir Yazid ben Hounet, « De quelques approches des rapports tri­ bus / pouvoirs politiques au Maghreb », Insaniyat, 29­40, 2008, p. 91­104.
  8. Hélène Blais « Les enquêtes des cartographes en Algérie, ou les ambiguïtés de l’usage des savoirs vernaculaires en situation coloniale », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 4/54, 2007, p. 70­85 ; Numa.
  9. Broc, « Les grandes missions scientifiques françaises au XIXe siècle (Morée, Algérie, Mexique) et leurs travaux géographiques », Revue d’histoire des sciences, 34/ 3­4, 1981, p. 319­358 ; Monique Dondin­ Payre, La Commission d’exploration scientifique d’Algérie. Une héritière méconnue de la Commission d’Égypte, Abbeville, Impr. F. Paillart, 1994 ; Nabila Oulebsir, Les Usages du patrimoine. Monuments, musées et politique coloniale en Algérie (1830-1930), Paris, Maison des sciences de l’homme, 2004.
  10. Ernest Carette et Auguste Warnier, Carte de l’Algérie divisée par tribus, Paris, Lemercier lith., 1846.
  11. Thomas Bugeaud, L’Algérie. Des moyens de conserver et d’utiliser cette conquête, Paris/Marseille, Dentu/Barlatier/Demonchy, 1842, p. 9.
  12. Ibid., p. 61.
  13. Stanislas Marey­ Monge (1796­1863) est polytechnicien. Il par­ticipe à l’expédition d’Alger, il est chargé de l’organisation des spahis en 1834 ; Pellissier de Reynaud (1798­1858), saint­ cyrien, participe à l’expédition de 1830 comme officier d’état ­major, chef du bureau arabe quelques mois en 1834-1835 puis en 1837­-1839. Il démissionne et devient membre de la commission pour l’exploration scientifique de l’Algérie ; Eugène Daumas (1803­1871), nommé en Algérie en 1835, est affecté 1837 à 1839 comme consul à Mascara, auprès de l’émir Abd El­Kader, puis à la direction des Affaires arabes dans la province d’Oran ; Édouard de Neveu (1809­1871), capitaine d’état­ major, est membre de la commis­sion scientifique.
  14. Ibn Dīnār, Muḥammad ibn Abī al­Qāsim, Histoire de l’Afrique de Moh’ammed-ben-Abi-el-Raïni-el-K’aïrouâni, Sciences historiques et géographiques, t. 7, Paris, Imprimerie royale, 1845, p. XVI.
  15. Saint­ simonisme et fouriérisme sont des mouvements réformateurs nés au début du XIXe siècle proposant une réorganisation de la société sur des bases égalitaires. Le premier se réclame des œuvres du Claude­Henri de Rouvroy, comte de Saint­ Simon (1760­1825) ; le second, de Charles Fourier (1772­1837). Voir Nathalie Brémand, Les Socialismes et l’Enfance. Expérimentation et utopie (1830-1870), Rennes, PUR, 2008.
  16. Jean-­Louis Marçot, Comment est née l’Algérie française (1830- 1850). La belle utopie, Paris, La Différence, 2012.
  17. Joshua Schreier, « L’élite commerçante juive et les débuts de la conquête française en Algérie : l’exemple de Jacob Lasry », Archives juives, 2, 2012, p. 32­46 ; Joshua Schreier, The Merchants of Oran: A Jewish Port at the Dawn of Empire, Stanford, Stanford University Press, 2017.
  18. ANOM GGA 1E 157, lettre de Bugeaud au ministre de la Guerre, 19 novembre 1843.

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