être solidaire de Gaza, mais sans céder au réflexe tribal
Deux textes parus au cours de l’été 2014, de Kamel Daoud et de Mohamed Kacimi, ont suscité des polémiques ; nous les reprenons ci-dessous 1.
Deux textes parus au cours de l’été 2014, de Kamel Daoud et de Mohamed Kacimi, ont suscité des polémiques ; nous les reprenons ci-dessous 1.
Délaissés par la République, les soldats coloniaux de 14-18 ont été les grands absents des monuments aux morts qui ont couvert le territoire français. Eternels oubliés, ils l’étaient encore des commémorations du Centenaire jusqu’à l’ajout tardif de l’opération « Frères d’armes », bienvenue, mais qui aborde partiellement leur histoire. C’est dire l’intérêt du film Les poilus d’ailleurs de Mehdi Lallaoui, et du débat qui a suivi la projection ce lundi 10 novembre, avec Mediapart.
Gilles Manceron nous propose ci-dessous une réflexion sur l’oubli dont les
soldats coloniaux de 14-18 sont aujourd’hui victimes.

Le massacre de Thiaroye est un événement dramatique qui s’est déroulé près de Dakar en décembre 1944, au cours duquel plusieurs dizaines de “tirailleurs sénégalais” ont trouvé la mort. En France, cet épisode tragique du passé colonial a quasiment disparu de la mémoire collective. Une pétition est proposée sur le site du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l’Histoire) demandant que cesse le silence sur cet épisode, ainsi que la réhabilitation des victimes.
De son côté, l’Université de Bretagne Sud à Lorient organise, du 27 au 29 novembre 2014, un colloque consacré aux massacres coloniaux. Vous en trouverez le programme ci-dessous.
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L’Histoire, n’est pas seulement la remémoration du passé, mais une tentative de le connaître pour nous connaître aujourd’hui.
Ce texte de l’historienne Claire Mauss-Copeaux a été présenté le 3 novembre 2014, au 19e Salon International du Livre d’Alger (SILA 2014).

Lorsque l’on évoque la « Grande guerre » on rappelle souvent les boucheries de la guerre des tranchées ou l’infamie des fusillés pour l’exemple. Avec le film Les poilus d’ailleurs et le livre du même nom 3, Mehdi Lallaoui revient, en cette année du centenaire de la première guerre mondiale, sur ces centaines de milliers de « tirailleurs sénégalais » issus en réalité de plus de cinquante ethnies et arrivés de tout l’empire colonial français.
Car près de 700.000 colonisés sont venus combattre auprès de 4.700.000 soldats métropolitains.
Mehdi Lallaoui présente son travail ci-dessous.

Jean-Marie Le Pen a toujours nié avoir commis des actes de torture pendant la période de janvier à mars 1957 où il était en Algérie, engagé volontaire dans le 1er Régiment étranger parachutiste. Et pourtant, il a bien déclaré au quotidien Combat, le 9 novembre 1962 : « Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. 4»
S’estimant diffamé par des déclarations affirmant qu’il avait participé à la torture pendant la guerre d’Algérie, il a perdu en justice : dans une décision confirmée en appel le 6 octobre 2004 5, la justice a débouté Le Pen de toutes ses plaintes et a reconnu la «crédibilité certaine» des témoignages recueillis sur sa participation à la torture pendant la guerre d’Algérie.
Un élément matériel peut aujourd’hui être invoqué : le poignard qu’il avait égaré dans la nuit du 2 au 3 mars 1957, lors d’une de ses «virées» dans la casbah d’Alger.
Au cours de sa participation aux cérémonies commémorant le massacre de Kafr Qassem, le président israélien Reuven Rivlin a reconnu les discriminations que subissent les Arabes israéliens.
Quelques jours auparavant, il avait déclaré devant l’Académie israélienne des sciences humaines, lors d’une conférence intitulée « De la xénophobie à l’acceptation de l’autre » : “il est temps d’admettre honnêtement que la société israélienne est malade – et il est de notre devoir de traiter cette maladie” 6.
Mais le président israélien a-t-il conscience que “les Arabes israéliens attendent l’égalité, et non des excuses” ?

« Le message principal du Front national, c’est le repli sur soi alors que l’avenir du monde est dans le “tous ensemble”. Mais le pire, pour moi, réside dans l’outrage que les gens de Béziers infligent à leur propre histoire. Plus de mille à applaudir Ménard et Zemmour pour qui Vichy a sauvé les juifs de France. Et personne pour faire résonner les noms de Maurice Grundmann, arrêté en 1943 au Café du Commerce à Béziers. Ceux d’Élie Robert Béhar, de Bruno Molinari, de Marius Abbal, victimes des nazis et de leurs complices locaux. Des dizaines d’autres encore, absents des mémoires. On a laissé ici, dans la ville natale de Jean Moulin, cracher sur la tombe des martyrs.»
Une recension de faits, petits ou grands, dans l’ordre chronologique inverse… (à suivre)

L’histoire des Européens d’Algérie — les Pieds-Noirs — est encore l’objet de tabous ; la question des résistances pieds-noires à l’OAS en est un. S’appuyant sur des travaux dispersés de diverses disciplines et des témoignages de Pieds-Noirs, Bernard Zimmermann fait le constat des résistances pieds-noires à l’OAS, qui se sont manifestées dans tous les milieux de la société européenne de la colonie. Un constat qui va à l’encontre des idées reçues ayant cours encore dans la société française qui, trop souvent, ne fait pas le partage entre Pieds-Noirs et OAS et abandonne le terrain aux ultras de l’Algérie française. Il donne surtout la parole à ceux qui sont restés des invisibles de l’histoire jusqu’à nos jours.
Bernard Zimmermann est né à Oran dans une famille installée en Algérie depuis quatre générations. Il y a été instituteur dans un village jusqu’en 1966. En France, après des études de géographie, il a enseigné avant d’animer une association interculturelle en banlieue parisienne.
Mise à jour (le 27 octobre 2014)
Le 12 novembre 2014, à 19 h, rencontre-débat avec Bernard Zimmermann autour de son ouvrage Les résistances pieds-noires à l’OAS :
au 11ème Art, 9 rue Camille Desmoulins, Paris, 75011. Métro Voltaire à 2 minutes. Consommation obligatoire. Possibilité de dîner sur place avec formule spéciale pour les participants.
S’inscrire à cet événement : http://forumfrancealgerie.org/index.php?option=com_content&view=article&id=74&Itemid=232&acm=4266_248.

Les autorités françaises n’ont pas changé de politique par rapport aux Roms : les évacuations restent le principal outil pour régler leur situation.
Patrick Weil, historien et politologue, est directeur de recherche au CNRS et au centre d’histoire sociale du XX e siècle à Paris I. Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes des questions de laïcité et d’immigration en France, il a participé aux travaux de la commission Stasi qui rendit en 2003 un rapport sur l’application du principe de laïcité. Il est notamment l’auteur de Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Gallimard.

La section de Marseille-centre de la Ligue des droits de l’Homme 7, organise le prochain « Jeudi des Droits de l’Homme », jeudi 6 novembre 2014 à partir de 18 h, à la Maison de la Région (61 La Canebière), sur le thème :
Mardi 11 novembre à 14h30 : rendez-vous devant le monument aux morts pacifiste de Mazaugues (Var).