contrôles au faciès : le DDD s’énerve
Ci-dessous l’édito du numéro 104, mars 2015, de Plein droit, revue du Gisti, intitulé
« Aux frontières de l’Europe, les jungles ».
Ci-dessous l’édito du numéro 104, mars 2015, de Plein droit, revue du Gisti, intitulé
« Aux frontières de l’Europe, les jungles ».

Il faut saluer la réédition, revue et corrigée, de ce que Pierre Vidal-Naquet qualifiait de «grand livre d’histoire». Un livre de Gilbert Meynier dont André Nouschi célèbre le mérite d’avoir, «dans une grande et incontournable
analyse, démêlé les racines d’une histoire multiple dans laquelle les Algériens jouent un rôle éminent ; ils deviennent les acteurs de leur destin 1»
Après avoir enseigné l’histoire en lycée puis en université, en France et en Algérie, Gilbert Meynier est, depuis 2002, professeur émérite de l’université de Nancy II. Il continue de travailler sur l’histoire de l’Algérie contemporaine : il collabore à différentes revues, donne des conférences, participe à des colloques 2. Il nous offre aujourd’hui une réédition revue et corrigée d’un ouvrage qu’il avait publié en 1981 à partir de sa thèse.

De Jaurès, on a tendance à ne retenir que sa tentative d’empêcher jusqu’au bout le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Sa pensée sur la question coloniale est mal connue, parfois réduite à une conférence prononcée à l’âge de 25 ans, où il ne fait que répéter la doctrine colonialiste de Jules Ferry, en vogue chez les républicains au gouvernement. Or, ce qui fait son originalité parmi les socialistes français de son temps, c’est qu’il n’a cessé d’évoluer vers des positions de plus en plus critiques envers les politiques coloniales. Ainsi soutient-il au Parlement, dès 1898, qu’il faut, en Algérie, accorder les droits politiques aux Arabes, comme on l’avait fait pour les Juifs.
Constitué et présenté par Gilles Manceron, historien spécialiste du colonialisme français, un recueil de discours et d’articles de Jean Jaurès, datés de 1884 à 1914, témoigne de ce parcours moral et politique. Un parcours qui, pas à pas, conduira le fondateur de L’Humanité vers un anticolonialisme de principe et l’adhésion à une conception réellement universaliste du monde 3.
Une proposition de loi, adoptée par le Sénat en juillet 2012, «visant à étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité», va être examinée par l’Assemblée nationale au cours des prochains jours 4.
Mise à jour (13 mars 2015) – Trop sensible à dix jours des départementales, la discussion sur la loi pour interdire le voile dans les crèches a été reportée 5.
Mise à jour (23 mars 2015) – La Commission nationale consultative des droits de l’homme exprime ses vives préoccupations au sujet de cette proposition de loi.
Elle en recommande le retrait pur et simple : l’avis de la CNCDH.

Le rédacteur en chef de la revue Politique, Henri Goldman, fait le point sur les négociations entre Israéliens et Palestiniens, après la victoire électorale de Benyamin Netanyahou. Persuadé que «la partie israélienne ne reculera que si le coût de la poursuite de l’occupation et de la colonisation lui devient insupportable», il préconise des campagnes du type BDS pour faire prévaloir le droit en Palestine.
En Israël, la “Liste arabe unie” formée à partir de l’union des partis arabes, plus communément désignée “Joint list”, rassemble des arabes et des juifs. A l’issue des élections du 17 mars 2015, elle obtiendrait 14 sièges sur 120 dans la nouvelle Knesset, ce qui la met à la troisième place derrière le Likoud (29 élus) et l’Union sioniste (24).
Ayda Touma Souleman, cinquième sur la Joint list, avait accordé l’entretien que nous reprenons ci-dessous, quelques jours avant les élections. Peut être un espoir dans un horizon bien sombre.

Il n’y a plus de Rue du 19 mars 1962 à Béziers : celle qui portait ce nom a été rebaptisée Rue Cdt Denoix de Saint Marc par Robert Ménard le 14 mars 2015, au cours d’une cérémonie officielle.

Selon la police, entre 1 200 et 1 400 personnes étaient venues dire “merci” au maire de Béziers, qui a profité de l’occasion pour développer ses thèmes favoris au fil d’un très long discours politique 6, achevant son allocution sous les acclamations de ses partisans qui hésitaient à scander maladroitement “Algérie française” (ti ti ti ta ta), comme Ménard les y incitait.
Cette initiative du maire de Béziers a été condamnée par beaucoup – une pétition en ligne a recueilli plus de 3600 signatures d’opposants. Près de 600 personnes étaient venues manifester leur condamnation d’une décision de Robert Ménard, qu’ils ont hué aux cris de «Ménard facho, Ménard assassin ». Elles répondaient aux appels lancés par un grand nombre d’organisations, dont des associations d’anciens combattants. L’important service d’ordre est parvenu à tenir le groupe des opposants à distance des participants à la cérémonie officielle ; les slogans des opposants étaient presque couverts par le moyen d’une puissante sono qui relayait à l’extérieur de la cérémonie la performance musicale d’une fanfare …
Les opposants avaient pu trouver quelque encouragement dans le communiqué officiel du Parti socialiste diffusé dans la matinée.
« Notre solidarité avec les victimes des attentats » de janvier 2015 à Paris « doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires », réaffirment les signataires de ce manifeste hébergé par la Ligue des droits de l’Homme, qui condamnent « résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus ».

La décision de Robert Ménard de renommer Rue du commandant Denoix de Saint-Marc la rue dont le nom évoquait la date du cessez-le-feu en Algérie continue à être contestée. Quatre associations concernées par la guerre d’Algérie ont rédigé un appel à se réunir pacifiquement dans cette rue de Béziers, le 14 mars 2015 à 14 heures, pour manifester leur hostilité à ce projet de Robert Ménard.
Ci-dessous :
Nouveau : Hélie Denoix de SM est-il bien un héros ?
Rendez-vous le 14 mars à 14 h au début de la rue du 19 mars 1962, côté bd Jules Cadenat.
Le geste provocateur de Robert Ménard – remplacer l’évocation du cessez-le-feu en Algérie par le nom d’un officier au parcours contestable – soulève une émotion compréhensible, non seulement à Béziers, mais également à Narbonne, Perpignan … Le journal algérien d’expression française El Watan s’en fait l’écho dans un article que nous reprenons.
Dans un communiqué publié le 5 mars 2015, la FNACA, association spécifique de tous ceux qui ont participé entre 1952 et 1962 à la guerre d’Algérie ou aux combats du Maroc ou de la Tunisie, «dénonce avec la plus grande vigueur, l’attitude du nouveau maire de Béziers, qui vient de décider de débaptiser la rue qui portait depuis 35 ans la date du 19 Mars 1962, pour lui donner le nom d’un ancien officier putschiste de la guerre d’Algérie». Elle appelle «les anciens combattants et la population à participer nombreux aux cérémonies du Souvenir du Jeudi 19 mars 2015 partout en France.»
L’ARAC – Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre – estimant véritablement inadmissible la décision du maire de Béziers demande au préfet de l’Hérault d’annuler purement et simplement la délibération du Conseil municipal de Béziers.

Le maire de Béziers, Robert Ménard, a décidé de renommer la Rue du 19 mars 1962 du nom d’un militaire contesté, Hélie Denoix de Saint-Marc. L’inauguration officielle
prévue le 14 mars prochain va se dérouler dans un climat tendu, le maire ayant fait le rappel de tous ceux susceptibles de le soutenir face à des opposants déterminés venus protester contre cette provocation de Robert Ménard.
Ci-dessous, deux reportages du début de la semaine à Béziers.