4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Stèle en mémoire du premier martyr des événements du 8 Mai 1945 à Sétif, Saâl Bouzid (El Watan)
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

l’autre 8 mai 1945 (mai 2015)

Comme chaque année, les Français associeront la commémoration de deux événements qui se sont déroulés le 8 mai 1945 : la victoire des Alliés sur le fascisme d’une part, les massacres du Nord-Constantinois de l’autre.

Nous reprenons le communiqué du Collectif unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie. Suit un article du quotidien El Watan qui exprime l’impatience algérienne devant la lenteur avec laquelle la France reconnaît son passé colonial en Algérie.

Lire la suite »
Miliciens armés dans les rues de Guelma, 1945. D.R.
Les massacres du Nord-Constantinois en 1945

Les massacres du Nord-Constantinois en 1945, par Jean-Pierre Peyroulou

Le 20 décembre 2012, le Président de la République, François Hollande, avait déclaré devant le Parlement algérien : « les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata demeurent ancrés dans la conscience des Algériens, mais aussi des Français.» Mais il a fallu attendre 70 ans, pour qu’à l’occasion d’un déplacement à Sétif le 19 avril 2015, un membre du gouvernement français reconnaisse enfin l’un des pires “crimes coloniaux” perpétrés par la France en Algérie. Le lendemain, dans une allocution prononcée dans la résidence de l’ambassadeur de France à Alger, M. Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, déclarait : « Ces pages noires» font « partie de notre histoire » 1.

L’historien Jean-Pierre Peyroulou fait une synthèse des massacres de mai-juin 1945 dans le Nord-Constantinois, et notamment autour de Guelma et de Sétif.

Lire la suite »

Le rapport Tubert sur les événements de mai 1945 dans le Constantinois

En mai 1945, après l’intervention armée de la police contre un cortège de manifestants algériens à Sétif le 8 mai, le Constantinois fut le lieu d’une insurrection nationaliste brutalement réprimée par les autorités françaises. Une Commission d’enquête officielle fut nommée le 18 mai 1945, sous la présidence du général de gendarmerie Paul Tubert. Mais, très rapidement, la Commission dut interrompre son travail sur ordre du gouvernement du général de Gaulle.

Le général Tubert a laissé un rapport que la Ligue des droits de l’Homme a rendu public en avril 2005 2.

Vous trouverez ci-dessous une présentation des événements et du contexte de cette mission par Jean-Pierre Peyroulou3, suivie des extraits du rapport Tubert qui nous ont paru les plus significatifs.

[Mise en ligne le 20 avril 2005 – mise à jour des liens le 19 avril 2015]

Lire la suite »

le 8 mai, ne pas oublier Sétif

Un officiel français s’est rendu en Algérie pour commémorer le 8 mai 1945. Le secrétaire d’Etat français chargé des anciens combattants et de la mémoire, Jean-Marc Todeschini, effectue une visite en Algérie les dimanche 19 et lundi 20 avril. A cette occasion, il effectuera à Sétif «le premier geste mémoriel» d’un membre du gouvernement français, annonce un communiqué de l’ambassade de France à Alger. Ce déplacement se déroule quelques jours après l’adoption à l’unanimité par le Conseil de Paris d’un vœu demandant que l’Etat reconnaisse les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata.

Un tel geste couronnerait une succession de déclarations de reconnaissance :
27 février 2005 : l’ambassadeur Hubert Colin de Verdière qualifie la répression des manifestations du 8 mai 1945 de « tragédie inexcusable ».
27 avril 2008 : l’ambassadeur Bernard Bajolet reconnaît, dans un discours prononcé à Sétif, la « très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque » dans les massacres du 8 mai 1945.
5 décembre 2007 : le président de la République, Nicolas Sarkozy déclare, dans un discours prononcé à l’université de Constantine, que « les fautes et les crimes du passé » colonial français en Algérie sont «impardonnables».

Lire la suite »

le parlement européen reconnaît le génocide des Roms

Les eurodéputés ont adopté à une écrasante majorité une résolution exprimant une « profonde préoccupation face à la montée de l’antitsiganisme, qui se manifeste entre autres par des discours hostiles aux Roms et des agressions violentes commises en Europe ».
L’antitsiganisme est « incompatible avec les normes et les valeurs de l’Union européenne » rappellent-ils et il « constitue un obstacle majeur à l’intégration sociale réussie des Roms ».

Dans cette même résolution, le Parlement européen déclare reconnaître le fait historique que constitue le génocide des Roms durant la Seconde Guerre mondiale et demande aux États membres de faire de même. Selon les estimations, plus de 500 000 Roms ont été exterminés par les nazis et leurs alliés au cours de cette guerre – dans certains pays, plus de 80% de la population rom a été exterminée.

Reste à préciser le sens des mots : à partir de quels critères des massacres peuvent-ils être qualifiés de génocide ? Voir le Manuel de droit des conflits armés.

Lire la suite »
la_joie_de_lire.jpg
Les résistances à la guerre d'Algérie

François Maspero, anticolonialiste humaniste

François Maspero est mort le 11 avril 2015 à l’âge de 83 ans. Il fut libraire, journaliste, traducteur, éditeur … Son nom est indissociablement lié à la librairie qu’il a ouverte en 1957, “La Joie de lire” (rue Saint-Séverin, au Quartier latin), et à la maison d’édition qu’il a fondée en 1959.

Il publia l’impubliable pour l’ordre gaulliste : des livres critiques sur la guerre d’Algérie, où il dénonçait les violences de la décolonisation, la torture, les ratonnades, l’enlèvement de Ben Barka, l’assassinat de Lumumba … Il a été poursuivi en justice, condamné dix-sept fois … En 1982, il quitte l’édition, cédant ses parts pour 1 franc symbolique à François Gèze ; celui-ci prend la direction de la maison, qui s’appelle désormais La Découverte.

Lire la suite »

Le centenaire du génocide des Arméniens

Il y a un siècle, le 24 avril 2015, débutait — après de premiers massacres de masse en 1895 et 1908 — l’un des premiers génocides du xxe siècle 4 : celui des Arméniens de l’empire ottoman. En un an, il y eut près d’un million et demi de victimes, la presque totalité de la communauté. De nombreux États ont reconnu cette réalité — la France l’a fait en 2001. La Turquie n’a pas reconnu ce génocide et elle a réagi aux pressions en ce sens, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qui a conseillé à la France en octobre 2011 d’« affronter son passé colonial avant de donner des leçons aux autres pays ». La section de la LDH de Toulon se joint aux manifestations mémorielles organisées par Operanenir, Abriss Club et par le Théâtre occitan.

Lire la suite »

le massacre de Thiaroye, une synthèse par Armelle Mabon

Le massacre de Thiaroye s’est déroulé à Dakar en décembre 1944. Un mouvement de protestation de “tirailleurs sénégalais” fut brutalement réprimé par l’armée française, faisant plusieurs dizaines de victimes. Grâce aux recherches approfondies de l’historienne Armelle Mabon, l’événement est maintenant bien connu, et on comprend mal la lettre ouverte adressée au président de la République par Julien Fargettas qui qualifie ce travail de partialité 5. Le site internet du CVUH — Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire — a publié une réponse de l’historienne à cette lettre ouverte.

[Mis en ligne le 1er décembre 2014 ; mis à jour le 13 avril 20156]

Lire la suite »

les voyageurs français, des citoyens de seconde zone ?

A la faveur d’un important colloque organisé à Nantes le 15 mars dernier, la « mémoire tsigane » a rassemblé autour de voyageurs, de conférenciers et d’artistes, près de 300 personnes qui ont participé au projet de constitution d’une stèle sur le site de la Forge, camp d’internement situé à Moisdon-la-Rivière. Pour continuer de se souvenir et, surtout, d’agir 7.

Par ailleurs, les récentes élections départementales ont parfois donné lieu à des propos, tracts ou déclarations de candidats hostiles à la présence de Voyageurs dans leur canton. Ainsi, à Clermont-Ferrand, la LDH a-t-elle porté plainte auprès du procureur de la République, suite à la révélation par sa section locale, saisie par plusieurs associations de Voyageurs ou d’amis de Voyageurs, d’une profession de foi rappelant les heures les plus noires de l’histoire de France. Il paraît donc important de refaire un point sur l’état des droits des « Gens du Voyage » et de poursuivre la réflexion que Maurice Daubannay amorce ci-dessous.

Lire la suite »

1987-2015. Le « point de détail » de Jean-Marie Le Pen

Le 13 septembre 1987, le président du FN, Jean-Marie Le Pen, a déclaré sans barguigner que les chambres à gaz constituent un «point de détail» de l’histoire de la Seconde guerre mondiale. Déclarations qui lui ont valu de nombreuses condamnations.

Près de 30 ans plus tard, le 2 avril 2015, interrogé sur BFMTV-RMC par Jean-Jacques Bourdin, Jean-Marie Le Pen, maintenant président d’honneur du FN, a déclaré maintenir ses propos.
Il a précisé qu’il ne les avait regrettés « à aucun moment ». « Ce que j’ai dit […], a-t-il déclaré , je [le] maintiens, parce que je crois que c’est la vérité et que ça ne devrait choquer personne.»

Lire la suite »
mots_croises_beziers.gif
Béziers

Les Bitterois paieront la communication de Ménard

Robert Ménard avait promis de baisser le train de vie de l’hôtel de ville, il l’a fait. Le budget 2015, présenté vendredi 27 mars 2015 en conseil municipal, l’atteste : 1,5 M€ d’économisé sur les charges à caractère général, soit près de 7 %, l’effort est remarquable.

Mais l’évolution des budgets varie suivant le secteur concerné : celui de la communication voit l’ensemble des crédits qui lui sont alloués augmenter de façon considérable. La ligne budgétaire dévolue à “publicité, publications, relations publiques” augmente de 167 %, passant de 193 900 € à 518 400 € ; un nouveau chapitre dénommé “publication” est créé et il bénéficie de 49 800 € ; les “catalogues et imprimés” s’élèvent à 56 740 euros et le bulletin municipal se voit octroyer 162 000 € dans un budget annexe.

Au total : 786 940 €.

Voila donc un domaine richement doté qui pourra contribuer à la promotion des idées du maire – le numéro d’avril du Journal de Béziers propose un mots croisés spécial Algérie française – dans la ligne de la cérémonie du 14 mars dernier.

Lire la suite »
dernier_tabou.jpg
Harkis

Pierre Daum : “la majorité des harkis n’a pas quitté l’Algérie”

Il était jusqu’à présent généralement admis qu’en 1962, les harkis, ces Algériens intégrés à l’armée française pendant la guerre d’indépendance, avaient ou bien réussi à s’enfuir en France ou bien été “massacrés”. La réalité est très différente : la plupart d’entre eux n’ont pas été tués et vivent en Algérie depuis un demi-siècle. C’est ce qu’affirme Pierre Daum dans sa nouvelle enquête, qui paraît chez Actes Sud le 2 avril prochain.

Voici un livre qui bouscule nombre d’idées reçues, sur chacune des deux rives de la Méditerranée. Pendant deux ans et demi, Pierre Daum a sillonné l’Algérie afin de retrouver des témoins qui acceptent de parler de cette histoire occultée. La soixantaine de témoignages que l’auteur a recueillis – auprès d’anciens supplétifs, mais aussi d’anciens soldats de l’armée régulière, et d’anciens civils “pro-français” – infirme plusieurs idées reçues en Algérie comme en France au sujet de ces hommes qui se trouvaient du côté français pendant la guerre d »indépendance ; que ce soit leur nombre (qu’il évalue aux environs de 450 000), les motivations de leur engagement ou leur sort au moment de l’indépendance.

Précédés d’une longue introduction historique, ces récits de vie permettent de comprendre que l’histoire des “harkis” (supplétifs et autres) s’inscrit au cœur d’un système colonial qui opprima le peuple algérien pendant cent-trente-deux années. Aujourd’hui, un demi-siècle après la fin de l’occupation française de l’Algérie, ces hommes et leurs familles apparaissent comme les ultimes victimes d’un passé colonial dont les plaies ne sont toujours pas cicatrisées, ni en France, ni en Algérie.

Journaliste ancien correspondant de Libération en Autriche puis en Languedoc-Roussillon, Pierre Daum a publié aux éditions Actes Sud Immigrés de force (2009) sur les travailleurs indochinois en France pendant la seconde mondiale, et Ni valise ni cercueil. Les Pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance (2012).
Parallèlement à ses travaux de recherches sur le passé colonial de la France, il effectue régulièrement des grands reportages pour Le Monde diplomatique.

Lire la suite »