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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

le massacre de Thiaroye, une synthèse par Armelle Mabon

Le massacre de Thiaroye s’est déroulé à Dakar en décembre 1944. Un mouvement de protestation de “tirailleurs sénégalais” fut brutalement réprimé par l’armée française, faisant plusieurs dizaines de victimes. Grâce aux recherches approfondies de l’historienne Armelle Mabon, l’événement est maintenant bien connu, et on comprend mal la lettre ouverte adressée au président de la République par Julien Fargettas qui qualifie ce travail de partialité 1. Le site internet du CVUH — Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire — a publié une réponse de l’historienne à cette lettre ouverte.

[Mis en ligne le 1er décembre 2014 ; mis à jour le 13 avril 20152]

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les voyageurs français, des citoyens de seconde zone ?

A la faveur d’un important colloque organisé à Nantes le 15 mars dernier, la « mémoire tsigane » a rassemblé autour de voyageurs, de conférenciers et d’artistes, près de 300 personnes qui ont participé au projet de constitution d’une stèle sur le site de la Forge, camp d’internement situé à Moisdon-la-Rivière. Pour continuer de se souvenir et, surtout, d’agir 3.

Par ailleurs, les récentes élections départementales ont parfois donné lieu à des propos, tracts ou déclarations de candidats hostiles à la présence de Voyageurs dans leur canton. Ainsi, à Clermont-Ferrand, la LDH a-t-elle porté plainte auprès du procureur de la République, suite à la révélation par sa section locale, saisie par plusieurs associations de Voyageurs ou d’amis de Voyageurs, d’une profession de foi rappelant les heures les plus noires de l’histoire de France. Il paraît donc important de refaire un point sur l’état des droits des « Gens du Voyage » et de poursuivre la réflexion que Maurice Daubannay amorce ci-dessous.

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1987-2015. Le « point de détail » de Jean-Marie Le Pen

Le 13 septembre 1987, le président du FN, Jean-Marie Le Pen, a déclaré sans barguigner que les chambres à gaz constituent un «point de détail» de l’histoire de la Seconde guerre mondiale. Déclarations qui lui ont valu de nombreuses condamnations.

Près de 30 ans plus tard, le 2 avril 2015, interrogé sur BFMTV-RMC par Jean-Jacques Bourdin, Jean-Marie Le Pen, maintenant président d’honneur du FN, a déclaré maintenir ses propos.
Il a précisé qu’il ne les avait regrettés « à aucun moment ». « Ce que j’ai dit […], a-t-il déclaré , je [le] maintiens, parce que je crois que c’est la vérité et que ça ne devrait choquer personne.»

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Béziers

Les Bitterois paieront la communication de Ménard

Robert Ménard avait promis de baisser le train de vie de l’hôtel de ville, il l’a fait. Le budget 2015, présenté vendredi 27 mars 2015 en conseil municipal, l’atteste : 1,5 M€ d’économisé sur les charges à caractère général, soit près de 7 %, l’effort est remarquable.

Mais l’évolution des budgets varie suivant le secteur concerné : celui de la communication voit l’ensemble des crédits qui lui sont alloués augmenter de façon considérable. La ligne budgétaire dévolue à “publicité, publications, relations publiques” augmente de 167 %, passant de 193 900 € à 518 400 € ; un nouveau chapitre dénommé “publication” est créé et il bénéficie de 49 800 € ; les “catalogues et imprimés” s’élèvent à 56 740 euros et le bulletin municipal se voit octroyer 162 000 € dans un budget annexe.

Au total : 786 940 €.

Voila donc un domaine richement doté qui pourra contribuer à la promotion des idées du maire – le numéro d’avril du Journal de Béziers propose un mots croisés spécial Algérie française – dans la ligne de la cérémonie du 14 mars dernier.

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Harkis

Pierre Daum : “la majorité des harkis n’a pas quitté l’Algérie”

Il était jusqu’à présent généralement admis qu’en 1962, les harkis, ces Algériens intégrés à l’armée française pendant la guerre d’indépendance, avaient ou bien réussi à s’enfuir en France ou bien été “massacrés”. La réalité est très différente : la plupart d’entre eux n’ont pas été tués et vivent en Algérie depuis un demi-siècle. C’est ce qu’affirme Pierre Daum dans sa nouvelle enquête, qui paraît chez Actes Sud le 2 avril prochain.

Voici un livre qui bouscule nombre d’idées reçues, sur chacune des deux rives de la Méditerranée. Pendant deux ans et demi, Pierre Daum a sillonné l’Algérie afin de retrouver des témoins qui acceptent de parler de cette histoire occultée. La soixantaine de témoignages que l’auteur a recueillis – auprès d’anciens supplétifs, mais aussi d’anciens soldats de l’armée régulière, et d’anciens civils “pro-français” – infirme plusieurs idées reçues en Algérie comme en France au sujet de ces hommes qui se trouvaient du côté français pendant la guerre d »indépendance ; que ce soit leur nombre (qu’il évalue aux environs de 450 000), les motivations de leur engagement ou leur sort au moment de l’indépendance.

Précédés d’une longue introduction historique, ces récits de vie permettent de comprendre que l’histoire des “harkis” (supplétifs et autres) s’inscrit au cœur d’un système colonial qui opprima le peuple algérien pendant cent-trente-deux années. Aujourd’hui, un demi-siècle après la fin de l’occupation française de l’Algérie, ces hommes et leurs familles apparaissent comme les ultimes victimes d’un passé colonial dont les plaies ne sont toujours pas cicatrisées, ni en France, ni en Algérie.

Journaliste ancien correspondant de Libération en Autriche puis en Languedoc-Roussillon, Pierre Daum a publié aux éditions Actes Sud Immigrés de force (2009) sur les travailleurs indochinois en France pendant la seconde mondiale, et Ni valise ni cercueil. Les Pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance (2012).
Parallèlement à ses travaux de recherches sur le passé colonial de la France, il effectue régulièrement des grands reportages pour Le Monde diplomatique.

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1881-1944

L’Algérie révélée, par Gilbert Meynier

Il faut saluer la réédition, revue et corrigée, de ce que Pierre Vidal-Naquet qualifiait de «grand livre d’histoire». Un livre de Gilbert Meynier dont André Nouschi célèbre le mérite d’avoir, «dans une grande et incontournable
analyse, démêlé les racines d’une histoire multiple dans laquelle les Algériens jouent un rôle éminent ; ils deviennent les acteurs de leur destin 4»

Après avoir enseigné l’histoire en lycée puis en université, en France et en Algérie, Gilbert Meynier est, depuis 2002, professeur émérite de l’université de Nancy II. Il continue de travailler sur l’histoire de l’Algérie contemporaine : il collabore à différentes revues, donne des conférences, participe à des colloques 5. Il nous offre aujourd’hui une réédition revue et corrigée d’un ouvrage qu’il avait publié en 1981 à partir de sa thèse.

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Histoire et mémoire des anticolonialismes

“Jean Jaurès, vers l’anti-colonialisme” par Gilles Manceron

De Jaurès, on a tendance à ne retenir que sa tentative d’empêcher jusqu’au bout le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Sa pensée sur la question coloniale est mal connue, parfois réduite à une conférence prononcée à l’âge de 25 ans, où il ne fait que répéter la doctrine colonialiste de Jules Ferry, en vogue chez les républicains au gouvernement. Or, ce qui fait son originalité parmi les socialistes français de son temps, c’est qu’il n’a cessé d’évoluer vers des positions de plus en plus critiques envers les politiques coloniales. Ainsi soutient-il au Parlement, dès 1898, qu’il faut, en Algérie, accorder les droits politiques aux Arabes, comme on l’avait fait pour les Juifs.

Constitué et présenté par Gilles Manceron, historien spécialiste du colonialisme français, un recueil de discours et d’articles de Jean Jaurès, datés de 1884 à 1914, témoigne de ce parcours moral et politique. Un parcours qui, pas à pas, conduira le fondateur de L’Humanité vers un anticolonialisme de principe et l’adhésion à une conception réellement universaliste du monde 6.

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Quand les parlementaires se transforment en pyromanes

Une proposition de loi, adoptée par le Sénat en juillet 2012, «visant à étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité», va être examinée par l’Assemblée nationale au cours des prochains jours 7.

Mise à jour (13 mars 2015) – Trop sensible à dix jours des départementales, la discussion sur la loi pour interdire le voile dans les crèches a été reportée 8.

Mise à jour (23 mars 2015) – La Commission nationale consultative des droits de l’homme exprime ses vives préoccupations au sujet de cette proposition de loi.
Elle en recommande le retrait pur et simple : l’avis de la CNCDH.

[Mis en ligne le 7 mars 2015, mis à jour le 23]

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A-Israël

face à Netanyahou

Le rédacteur en chef de la revue Politique, Henri Goldman, fait le point sur les négociations entre Israéliens et Palestiniens, après la victoire électorale de Benyamin Netanyahou. Persuadé que «la partie israélienne ne reculera que si le coût de la poursuite de l’occupation et de la colonisation lui devient insupportable», il préconise des campagnes du type BDS pour faire prévaloir le droit en Palestine.

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Israël : succès d’une liste rassemblant des arabes et des juifs

En Israël, la “Liste arabe unie” formée à partir de l’union des partis arabes, plus communément désignée “Joint list”, rassemble des arabes et des juifs. A l’issue des élections du 17 mars 2015, elle obtiendrait 14 sièges sur 120 dans la nouvelle Knesset, ce qui la met à la troisième place derrière le Likoud (29 élus) et l’Union sioniste (24).

Ayda Touma Souleman, cinquième sur la Joint list, avait accordé l’entretien que nous reprenons ci-dessous, quelques jours avant les élections. Peut être un espoir dans un horizon bien sombre.

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Béziers

Il n’y a plus de “rue du 19 mars 1962” à Béziers

Il n’y a plus de Rue du 19 mars 1962 à Béziers : celle qui portait ce nom a été rebaptisée Rue Cdt Denoix de Saint Marc par Robert Ménard le 14 mars 2015, au cours d’une cérémonie officielle.

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Selon la police, entre 1 200 et 1 400 personnes étaient venues dire “merci” au maire de Béziers, qui a profité de l’occasion pour développer ses thèmes favoris au fil d’un très long discours politique 9, achevant son allocution sous les acclamations de ses partisans qui hésitaient à scander maladroitement “Algérie française” (ti ti ti ta ta), comme Ménard les y incitait.

Cette initiative du maire de Béziers a été condamnée par beaucoup – une pétition en ligne a recueilli plus de 3600 signatures d’opposants. Près de 600 personnes étaient venues manifester leur condamnation d’une décision de Robert Ménard, qu’ils ont hué aux cris de «Ménard facho, Ménard assassin ». Elles répondaient aux appels lancés par un grand nombre d’organisations, dont des associations d’anciens combattants. L’important service d’ordre est parvenu à tenir le groupe des opposants à distance des participants à la cérémonie officielle ; les slogans des opposants étaient presque couverts par le moyen d’une puissante sono qui relayait à l’extérieur de la cérémonie la performance musicale d’une fanfare …

Les opposants avaient pu trouver quelque encouragement dans le communiqué officiel du Parti socialiste diffusé dans la matinée.

[Mis en ligne le 14 mars 2015, mis à jour le 15]

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