4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Devant l'école de Prunelli-di-Fiumorbo ( Photo Stéphane Gamant / Corse-Matin)
Racisme de couleur et islamophobie

Deux institutrices menacées pour avoir voulu faire chanter en arabe

La justice enquête sur des menaces envers les institutrices qui voulaient faire chanter leurs élèves en arabe. Dans la petite ville de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse), les enfants devaient chanter en cinq langues – français, corse, anglais, espagnol et arabe – Imagine de John Lennon, un hymne à la paix dans le monde, le 26 juin prochain, à l’occasion de leur kermesse de fin d’année. Mais, refusant que leurs enfants chantent en arabe, certains parents avaient menacé de perturber le déroulement de la fête. La direction de l’école a préféré annuler la festivité.

Mercredi 17 juin, le procureur de la République à Bastia a annoncé l’ouverture d’une première information judiciaire « pour vérifier s’il y a des faits d’injures et d’incitation à la haine raciale ». La justice va aussi enquêter sur les « pressions exercées sur les enseignantes » à l’origine du projet. Plusieurs graffitis « Arabi fora » (« les Arabes, dehors ») et « Lingua corsa » (« langue corse ») ont été tracés à la peinture dans la nuit de mardi à mercredi devant et aux abords de l’école.

Le rectorat et la mairie ont porté plainte. La ministre de l’Éducation nationale a apporté son soutien aux institutrices.

[Mis en ligne le 20 juin 2015, mis à jour le 22]

Lire la suite »

Uri Avnery : “la vraie Naqba”

«Selon la version arabe, les Juifs sont venus de nulle part, ont attaqué un peuple pacifique et l’ont chassé de leur pays.

Selon la version sioniste, les Juifs ont accepté le plan de compromis des Nations unies, mais les Arabes l’ont rejeté et ont commencé une guerre sanglante, au cours de laquelle ils furent convaincus par les États arabes de quitter leurs maisons afin d’y retourner avec les armées arabes victorieuses.» 1

Pour Uri Avnery, «ces deux versions sont totalement absurdes, un mélange de propagande, de légende et de sentiments de culpabilité cachés.» 2

Lire la suite »

Une mère voilée peut participer à une sortie scolaire

Saisi par l’intéressée, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision par laquelle la mère d’un élève, qui souhaitait conserver à cette occasion le voile qu’elle porte habituellement, n’a pas été autorisée à accompagner une sortie scolaire organisée par l’école élémentaire Jules Ferry de Nice.

Le tribunal administratif a estimé que les parents d’élèves autorisés à accompagner une sortie scolaire à laquelle participe leur enfant doivent être regardés, comme les élèves eux-mêmes, comme des usagers du service public de l’éducation, de sorte que les restrictions à la liberté de manifester leurs opinions religieuses ne peuvent résulter que de textes particuliers ou de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service. Il a constaté que, dans le cas particulier de cette affaire, l’administration avait refusé de donner suite à la proposition de l’intéressée d’accompagner la sortie scolaire en ne se prévalant ni d’une disposition légale ou règlementaire précise, ni de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service. Il en a déduit que la décision attaquée était entachée d’une erreur de droit qui la rend illégale. 3

Lire la suite »

L’Assemblée nationale supprime le livret de circulation

L’Assemblée nationale a voté dans la nuit du 9 au 10 juin 2015 la suppression de ce livret ainsi que le renforcement des pouvoirs des préfets pour la construction d’aires d’accueil, un point vivement contesté par l’opposition.

Les députés ont adopté une proposition de loi socialiste sur «le statut, l’accueil et l’habitat» des quelque 350 000 à 400 000 gens du voyage, dont 100 000 voyagent toute l’année. Tous les groupes de gauche l’ont soutenue tandis que le groupe LR et l’UDI se sont prononcés contre.
Le texte, présenté par le député PS Dominique Raimbourg, abroge la loi de 1969 qui faisait obligation aux gens du voyage de détenir un livret de circulation, sous peine d’amende, et qui n’avait été que partiellement abrogée en 2012. En novembre dernier, le Conseil d’État avait donné deux mois au gouvernement pour abroger les deux articles prévoyant encore cette obligation. Autre disposition de la loi de 1969 supprimée par la proposition de loi qui doit maintenant être débattue au Sénat : l’obligation d’être inscrit dans une commune de rattachement pour pouvoir voter, et le seuil de 3% de la population au-delà duquel le maire peut refuser leur inscription.

Par ailleurs, la proposition de loi renforce les pouvoirs du préfet en matière de construction d’aires d’accueil. Actuellement, 65% des 41 500 aires d’accueil prévues depuis la loi Besson de 2 000 dans les communes de plus de 5 000 communes ont été installées. Après une mise en demeure aux communes et intercommunalités défaillantes, le préfet pourra consigner, dans les budgets locaux, les sommes nécessaires, puis se substituer à elles, avec ces fonds.

Lire la suite »
Les opposants aux hommages à l'OAS (Perpignan le 7 juin 2015)
Perpignan

Perpignan 2015 : échec de l’hommage à l’OAS

Afin de préserver la tranquillité et la sécurité publiques qui s’imposent aux abords d’un cimetière, le préfet des Pyrénées-Orientales avait décidé d’interdire «toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut Vernet pour la journée du 7 juin 2015». Cette mesure avait été prise dans l’éventualité de l’organisation d’un hommage à l’OAS devant la stèle dédiée «Aux fusillés et combattants tombés pour que vive l’Algérie française». En effet, des associations et organisations syndicales hostiles à ce rassemblement avaient appelé à manifester contre une telle cérémonie.

Quelques “nostalgériques” venus avec une gerbe n’ont pu la déposer devant la stèle aux martyrs de l’Algérie française.

Lire la suite »

Israël 2015 : Trop, c’est trop !

« Trop, c’est trop! » est un collectif d’individus constitué à la fin de l’année 2001 à l’initiative de Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet pour protester contre l’enfermement de Yasser Arafat à Ramallah et les coups portés par l’armée israélienne à l’Autorité palestinienne. Il s’est exprimé de nouveau quand de nouvelles menaces ont compromis encore davantage la paix dans la région qui passe par l’existence d’un Etat palestinien.

Le texte ci-dessous « Combattre l’antisémitisme et sanctionner la politique israélienne » a recueilli plus de 600 signatures en deux semaines. Nos efforts sont importants car, comme l’a fait remarquer l’éditorial du Monde du 16 mai 2015 : « Longtemps, l’idée de pressions ouvertes, voire de sanctions contre Israël, était taboue en Occident. Seule démocratie au Moyen-Orient, terre refuge des juifs européens après l’Holocauste, l’Etat hébreu, protégé par le parapluie américain, n’a jamais eu à répondre de ses violations répétées de la loi internationale et des résolutions de l’ONU. Mais, aujourd’hui, un vent inédit souffle contre Israël, illustré par la multiplication des reconnaissances de la Palestine, dont la dernière vient du Vatican. Les Etats-Unis, concentrés sur la conclusion des négociations avec l’Iran d’ici au 30 juin, réservent leur stratégie. Mais le débat est lancé en Europe et la question des sanctions est sur la table. » 4

[Mise en ligne le 12 mai 2015, mis à jour le 6 juin]

Lire la suite »

Orange prêt à rompre son contrat avec Partner

Les propos de Stéphane Richard, PDG d’Orange, ont suscité une polémique ; il a en effet déclaré mercredi en Egypte que l’opérateur de télécommunication, dont l’Etat français détient 25 % du capital, serait prêt à mettre un terme à un accord de licence de marque avec l’opérateur israélien Partner Communications dès « demain » s’il le pouvait, mais que cette décision présenterait un « énorme risque financier ».

Les déclarations précédentes ont été interprétées dans le contexte de pressions pour un boycott d’Israël en raison de son occupation des territoires palestiniens ; le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a demandé jeudi à Paris de « désavouer publiquement » Orange. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a rappelé vendredi 5 juin que la France était fermement opposée au boycott d’Israël.

Les organisations signataires du rapport « Les liaisons dangereuses d’Orange dans le Territoire palestinien occupé », adressent une pétition au chef de l’État français, lui rappelant que :
« L’État français détient 25% d’Orange… Nous, citoyens de cet État, exigeons que vous approuviez la décision du PDG d’Orange de rompre son partenariat avec l’opérateur israélien Partner. »
Pour signer la pétition : cliquer.

Lire la suite »

intégrer ces moments tragiques dans notre histoire, par Benjamin Stora

Une commission indépendante de recherche historique, créée par arrêté ministériel en 2014 et installée depuis janvier 2015, est chargée d’éclairer trois événements troubles de l’histoire contemporaine des Antilles et de la Guyane : les manifestations sanglantes de décembre 1959 en Martinique et de mai 1967 (« Mé 67 ») en Guadeloupe, ainsi que le supposé sabotage d’un avion dans lequel ont péri en juin 1962, en Guadeloupe, le député guyanais autonomiste Justin Catayée et le poète autonomiste guadeloupéen Paul Niger. 5

[Mis en ligne le 31 mai 2015, mis à jour le 4 juin]

Lire la suite »
poncet.gif
Albert Camus et l'Algérie

Camus et la trêve civile, par Charles Poncet

Le 22 janvier 1956, Albert Camus, qui vient d’entrer à la rédaction de l’Express, prononce à Alger, au Cercle du Progrès, un “Appel pour une Trêve civile” en Algérie qui restera lettre morte. L’Histoire n’a pas assez pris en compte cet épisode dans l’étude de la guerre d’Algérie et de Camus. Ce livre répare l’oubli, en livrant le témoignage inédit de Charles Poncet et en l’éclairant par un solide corpus de notes, de compléments et d’annexes.

L’historien Jean-Louis Marçot, né à Alger en 1950, auteur de Comment est née l’Algérie française, présente cet ouvrage important.

Lire la suite »
triade_nostalgerique.gif
Perpignan

la triade nostalgérique – stèle, mur, musée de Perpignan, de Roger Hillel.

Ce livre raconte comment Perpignan est devenue la capitale des nostalgiques de l’Algérie française (les « nostalgériques ») avec la création en 2003 d’une stèle OAS, d’un « mur des Français d’Algérie disparus » et d’un centre de documentation des Français d’Algérie en 2012.

Rien de cela n’aurait été possible sans le soutien partisan de la mairie de Perpignan au lobby pied-noir du Cercle algérianiste.

Roger Hillel s’est lui-même impliqué pendant dix ans dans un collectif qui s’est battu en vain contre cette triade incongrue et la falsification de l’histoire franco-algérienne.

Au-delà de la narration des péripéties de ce combat, l’auteur s’attarde sur une des plus stimulantes expériences de sa longue vie militante : la découverte de l’existence de pieds-noirs progressistes.

Ainsi, reconnaît-il que sans eux, il n’aurait jamais pris conscience du traumatisme subi par les pieds-noirs du fait de leur exode de 1962. Il montre aussi comment au cours de son long cheminement, il a acquis la certitude de l’inanité de « la guerre des mémoires » et que pour y échapper, le recours aux travaux des historiens qualifiés était un passage obligé.

Roger Hillel, ancien professeur d’université, est depuis plusieurs années journaliste au Travailleur Catalan. Il s’y est spécialisé dans le traitement des questions relevant du colonialisme passé et présent et de toutes les manifestations de racisme et de xénophobie. Depuis 2005, il est l’un des animateurs du collectif d’organisations d’abord dénommé “Non au musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation”, puis “Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée”.

Lire la suite »
Bâtiments administratifs du camp de Saliers, 1942
Rejet des Roms et gens du voyage

la plaque pédagogique du camp de Saliers

Les « nomades », désignés de nos jours par l’expression « gens du voyage », ont longtemps été l’objet de discriminations administratives. En particulier, la loi du 16 juillet 1912 prescrivait l’obligation de détenir un carnet anthropométrique d’identité qu’ils devaient faire viser régulièrement par les autorités municipales ou policières – cette obligation n’a été levée qu’en 1969 ! 6

Le 6 avril 1940, un décret interdit la circulation des nomades sur l’ensemble du territoire : les nomades doivent se déclarer à la gendarmerie ou au commissariat et sont astreints à résidence dans des communes du département choisies par le préfet. La création en zone sud du camp d’internement de Saliers réservé aux nomades est décidée le 25 mars 1942, à l’occasion d’une réunion interministérielle.

Aujourd’hui, il ne reste rien de ce qui a été le seul camp d’internement réservé aux nomades créé par le gouvernement de Vichy. Et il a fallu attendre 2001 pour que l’on découvre, à travers la remarquable exposition des archives départementales des Bouches-du-Rhône, que des milliers de Tsiganes avaient été enfermés de 1942 à 1944 dans ce camp, à quelques kilomètres d’Arles.

Il faut saluer la volonté d’installer en ce lieu une présentation pédagogique du passé de Saliers. 7

[Mis en ligne le 20 mai 2015, mis à jour le 24]

Lire la suite »
Un carnet de circulation à Chaumont, le 23 août 2010 (ZEPPELIN/SIPA).
A-gens du voyage en France

vers la fin du livret de circulation ?

La proposition de loi déposée par des députés PS en décembre 2013 “relative au statut, à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage” pourrait enfin abolir la plupart des discriminations administratives qui pèsent sur les Gens du voyage. En effet la proposition de loi, inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale à la date du 9 juin 2015,
abroge complètement la loi du 3 janvier 1969 sur le statut administratif des gens du voyage, qui les obligeait jusqu’à présent à posséder un livret de circulation – cette loi avait déjà été partiellement abrogée par le Conseil constitutionnel en octobre 2012.

Lire la suite »