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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

intégrer ces moments tragiques dans notre histoire, par Benjamin Stora

Une commission indépendante de recherche historique, créée par arrêté ministériel en 2014 et installée depuis janvier 2015, est chargée d’éclairer trois événements troubles de l’histoire contemporaine des Antilles et de la Guyane : les manifestations sanglantes de décembre 1959 en Martinique et de mai 1967 (« Mé 67 ») en Guadeloupe, ainsi que le supposé sabotage d’un avion dans lequel ont péri en juin 1962, en Guadeloupe, le député guyanais autonomiste Justin Catayée et le poète autonomiste guadeloupéen Paul Niger. 1

[Mis en ligne le 31 mai 2015, mis à jour le 4 juin]

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Albert Camus et l'Algérie

Camus et la trêve civile, par Charles Poncet

Le 22 janvier 1956, Albert Camus, qui vient d’entrer à la rédaction de l’Express, prononce à Alger, au Cercle du Progrès, un “Appel pour une Trêve civile” en Algérie qui restera lettre morte. L’Histoire n’a pas assez pris en compte cet épisode dans l’étude de la guerre d’Algérie et de Camus. Ce livre répare l’oubli, en livrant le témoignage inédit de Charles Poncet et en l’éclairant par un solide corpus de notes, de compléments et d’annexes.

L’historien Jean-Louis Marçot, né à Alger en 1950, auteur de Comment est née l’Algérie française, présente cet ouvrage important.

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Perpignan

la triade nostalgérique – stèle, mur, musée de Perpignan, de Roger Hillel.

Ce livre raconte comment Perpignan est devenue la capitale des nostalgiques de l’Algérie française (les « nostalgériques ») avec la création en 2003 d’une stèle OAS, d’un « mur des Français d’Algérie disparus » et d’un centre de documentation des Français d’Algérie en 2012.

Rien de cela n’aurait été possible sans le soutien partisan de la mairie de Perpignan au lobby pied-noir du Cercle algérianiste.

Roger Hillel s’est lui-même impliqué pendant dix ans dans un collectif qui s’est battu en vain contre cette triade incongrue et la falsification de l’histoire franco-algérienne.

Au-delà de la narration des péripéties de ce combat, l’auteur s’attarde sur une des plus stimulantes expériences de sa longue vie militante : la découverte de l’existence de pieds-noirs progressistes.

Ainsi, reconnaît-il que sans eux, il n’aurait jamais pris conscience du traumatisme subi par les pieds-noirs du fait de leur exode de 1962. Il montre aussi comment au cours de son long cheminement, il a acquis la certitude de l’inanité de « la guerre des mémoires » et que pour y échapper, le recours aux travaux des historiens qualifiés était un passage obligé.

Roger Hillel, ancien professeur d’université, est depuis plusieurs années journaliste au Travailleur Catalan. Il s’y est spécialisé dans le traitement des questions relevant du colonialisme passé et présent et de toutes les manifestations de racisme et de xénophobie. Depuis 2005, il est l’un des animateurs du collectif d’organisations d’abord dénommé “Non au musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation”, puis “Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée”.

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Bâtiments administratifs du camp de Saliers, 1942
Rejet des Roms et gens du voyage

la plaque pédagogique du camp de Saliers

Les « nomades », désignés de nos jours par l’expression « gens du voyage », ont longtemps été l’objet de discriminations administratives. En particulier, la loi du 16 juillet 1912 prescrivait l’obligation de détenir un carnet anthropométrique d’identité qu’ils devaient faire viser régulièrement par les autorités municipales ou policières – cette obligation n’a été levée qu’en 1969 ! 2

Le 6 avril 1940, un décret interdit la circulation des nomades sur l’ensemble du territoire : les nomades doivent se déclarer à la gendarmerie ou au commissariat et sont astreints à résidence dans des communes du département choisies par le préfet. La création en zone sud du camp d’internement de Saliers réservé aux nomades est décidée le 25 mars 1942, à l’occasion d’une réunion interministérielle.

Aujourd’hui, il ne reste rien de ce qui a été le seul camp d’internement réservé aux nomades créé par le gouvernement de Vichy. Et il a fallu attendre 2001 pour que l’on découvre, à travers la remarquable exposition des archives départementales des Bouches-du-Rhône, que des milliers de Tsiganes avaient été enfermés de 1942 à 1944 dans ce camp, à quelques kilomètres d’Arles.

Il faut saluer la volonté d’installer en ce lieu une présentation pédagogique du passé de Saliers. 3

[Mis en ligne le 20 mai 2015, mis à jour le 24]

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Un carnet de circulation à Chaumont, le 23 août 2010 (ZEPPELIN/SIPA).
A-gens du voyage en France

vers la fin du livret de circulation ?

La proposition de loi déposée par des députés PS en décembre 2013 “relative au statut, à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage” pourrait enfin abolir la plupart des discriminations administratives qui pèsent sur les Gens du voyage. En effet la proposition de loi, inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale à la date du 9 juin 2015,
abroge complètement la loi du 3 janvier 1969 sur le statut administratif des gens du voyage, qui les obligeait jusqu’à présent à posséder un livret de circulation – cette loi avait déjà été partiellement abrogée par le Conseil constitutionnel en octobre 2012.

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La nouvelle stèle à Fréjus
Toulon

un discours nauséabond

Le 16 mai dernier, le sénateur-maire de Fréjus, David Rachline, a inauguré une nouvelle stèle “en hommage à tous ceux qui sont tombés pour que vive la France en Algérie”, réalisation d’un projet du RNFAA (Rassemblement national des Français d’Algérie et leurs amis).

Cette manifestation a été l’occasion pour le maire de Fréjus de prononcer un discours d’“anthologie” nostalgérique, accessible [sur son blog->http://www.davidrachline.fr/560/discours-dinauguration-de-la-stele-de-frejus-
en-hommage-a-tous-ceux-tombes-pour-que-vive-la-france-en-algerie/], devant une assistance constituée pour partie d’élus du Front national et d’anciens activistes de l’OAS.

Ci-dessous, quelques articles de diverses origines qui évoquent un événement dont on a quelque peine à mesurer qu’il s’est déroulé en 2015.

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Mort de Zyed et Bouna : relaxe définitive des deux policiers

A la suite de la relaxe des deux fonctionnaires de police poursuivis pour non-assistance à personne en danger après la mort des deux adolescents, en 2005 à Clichy-sous-Bois, l’avocat des familles de Zyed et Bouna, Jean-Pierre Mignard, a déploré, mardi 19 mai sur France Inter, que « la parole de deux policiers blancs l’emporte sur toute autre considération ». « Dans ce pays, il y a des fractures raciales. Dans ce jugement, je vois de la distance. […] A un moment, ce pays aura besoin de se réveiller, de se choquer », a ajouté M. Mignard.

Zyed et Bouna étaient morts le 27 octobre 2005 par électrocution, alors qu’ils s’étaient réfugiés sur un site d’EDF pour fuir un contrôle de police. Les policiers qui participaient à leur poursuite, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Rennes lundi 18 mai.

La Ligue des droits de l’Homme déclare sa tristesse et son inquiétude pour l’avenir

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La question algérienne dans l’inconscient collectif français, par Alain Ruscio

Pour Alain Ruscio, historien spécialiste de l’histoire coloniale, l’hostilité vis-à-vis des musulmans est profonde et très largement antérieure à la colonisation. Mais, dans Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS 4, il analyse l’impact que la guerre d’Algérie a encore dans l’inconscient collectif. La faute en revient à « une seule famille politique française, écrit Alain Ruscio, celle des anciens de l’Organisation armée secrète et de leurs héritiers, [qui] l’a malhonnêtement et durablement instrumentalisée », explique-t-il dans un entretien publié dans l’Humanité le 15 mai 2015.

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La stèle toulonnaise des «Martyrs de l'Algérie française», le 25 mars 2006 (© JSR ).
Les nostalgiques de la colonisation

Colloque à Paris : résurgence de l’Algérie française

Ce 16 mai 2015, le quotidien algérien El Watan a proposé à ses lecteurs un compte-rendu du colloque organisé mardi 12 mai à l’Hôtel de Ville de Paris sur le thème de la « nostalgie de l’Algérie française et de l’OAS ». Une évolution dénoncée par les associations anticolonialistes et les familles des victimes de l’OAS.

Une initiative analogue est organisée, jeudi 21 mai, à Béziers, autour de la parution des livres d’Alain Ruscio, Nostalgérie, et Pierre Daum, Le dernier tabou. Les harkis restés en l’Algérie après l’indépendance.

Attention : cette soirée se déroulera finalement, non au théâtre Le Minotaure, mais dans les locaux de la Cimade 14 rue de La Rotonde où le rendez-vous reste fixé à 19 h 00.

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La nouvelle stèle à Fréjus
Perpignan

Perpignan : en finir avec la stèle OAS

Toujours plus … les nostalgériques continuent à multiplier les monuments glorifiant la colonisation française de l’Algérie. Hier, samedi 16 mai 2015 à 11 heures, une nouvelle stèle a été inaugurée à Fréjus, au rond-point de la Frégate, par le sénateur-maire Front national de la cité. David Rachline devait déclarer sur Twitter : «J’étais fier d’inaugurer ce matin cette stèle en hommage à tous ceux tombés pour que vive la France en Algérie !»

La nouvelle stèle à    Fréjus
La nouvelle stèle à Fréjus

A Perpignan, le collectif Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée redoute une nouvelle tentative d’«anciens activistes de l’OAS» de pénétrer dans le cimetière du Haut-Vernet pour y «faire l’apologie de l’organisation factieuse.»
Pour s’opposer à une telle manifestation, le collectif lance l’appel ci-dessous à rassemblement dimanche 7 juin prochain.

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Mai 2015 : l’Algérie interpelée sur les droits de l’Homme

Le Parlement européen a adopté récemment une résolution sur le respect des libertés en Algérie. Ce texte appelle notamment les autorités algériennes à « révoquer le décret du 18 juin 2001 interdisant les manifestations pacifiques et toute forme de manifestation publique à Alger» et de le remplacer par «un simple système de notification en lieu et place d’une autorisation préalable pour les manifestations publiques ». Il demande également l’abrogation de « la loi 12-06 sur les associations» ; il faut «engager un véritable dialogue avec les organisations de la société civile afin de définir une nouvelle loi conforme aux normes internationales relatives aux droits de l’Homme et à la constitution algérienne ».

A quelques jours de la prochaine session du Conseil d’association UE-Algérie, les ONG de défense des droits de l’Homme font pression sur le gouvernement algérien.

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La loi Taubira de 2001 sur l'esclavage

appel à un débat sur les réparations liées à l’esclavage

Diverses personnalités et organisations ont apporté leur soutien à l’appel du Conseil Représentatif des Associations Noires (le CRAN) en faveur d’un débat sur les réparations – financières, morales, culturelles ou symboliques – liées à l’esclavage. Matignon s’est engagé à organiser prochainement sur le sujet une réunion interministérielle.

On peut rappeler que par le passé, lors de l’abolition de l’esclavage, la France a payé des réparations aux propriétaires d’esclaves, et que les descendants de ceux-ci continuent à jouir des bénéfices d’un crime contre l’humanité, par définition imprescriptible, tandis que les descendants d’esclaves continuent à subir les conséquences de ce passé : racisme, discriminations dans l’accès à l’emploi, au logement, à la propriété, etc. Rappelons également que, en 1825, invoquant le « préjudice » que lui causait l’abolition de l’esclavage, la France a imposé à Haïti un tribut équivalent à 21 milliards de dollars d’aujourd’hui.

[Ajouté le 11 mai 2015 : Lors de la commémoration de la journée de la traite des noirs et de l’esclavage, et à l’inauguration du Mémorial Acte, à Pointe à Pitre, en Guadeloupe dimanche 10 mai 2015, le Président François Hollande a promis d’aborder le sujet de « la dette morale de la France eu égard à l’esclavage pendant sa visite demain en Haïti ».

Le président français a annoncé également, qu’il s’acquitterait de la dette que la France a envers son ancienne colonie. Mais le président français ne s’engage qu’à un acquittement moral de la dette et non financier.]

[mise en ligne initiale le 22 octobre 2012, complétée le 11 mai 2015]

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