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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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1945-1962

Hadjira, par Claire Mauss-Copeaux

Il a fallu du temps,

il a fallu longtemps pour que Hadjira se souvienne de ses vingt ans…

Jeune militante engagée pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie, elle a été arrêtée par les forces coloniales, détenue et torturée à la sinistre ferme Ameziane à Constantine.

Dans le récit qu’elle nous offre en partage, il n’y a ni haine, ni volonté de vengeance. Simplement le souci de témoigner au plus près de la vérité et de résister.

Malgré Ameziane et bien au-delà d’Ameziane.

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Les crânes de la colonisation

La Namibie – un pays du Sud-Ouest de l’Afrique, grand comme une fois et demie la France, mais très peu peuplé (de deux à trois millions d’habitants) – a été colonisée par l’Allemagne d’une façon particulièrement brutale à partir de la fin du xix-e siècle. En 1904 certaines de ses populations autochtones se révoltèrent contre l’occupant allemand.
La répression sous le commandement du général Lothar von Trotha fut effroyable – massacres génocidaires, travail forcé, création de camps de regroupement, à l’instar de ceux installés par les Britanniques en Afrique du Sud pour écraser la révolte des Boers … Au cours de cette période, la population herero est passée de 80 000 à 15 000 personnes. Les Herero et les Nama venaient d’être victimes du premier génocide du xx-e siècle.

D’autres pays africains eurent à souffrir de la colonisation allemande, notamment le Rwanda et la Tanzanie que le traité de Berlin avait attribués à l’Allemagne en 1885, mais qui furent placés sous tutelle de la SDN (Société des nations) lors du démantèlement de l’empire colonial allemand qui suivit en 1920 la fin de la première guerre mondiale. La lecture de la presse allemande de novembre 2016 nous apprend qu’un millier de crânes et d’ossements d’Africains, amenés en Allemagne pour la « recherche scientifique raciale » pendant l’ère coloniale, sont toujours stockés à Berlin par une institution publique 1.

Rappelons que 37 crânes d’anciens résistants algériens à la colonisation française de leur pays sont toujours en attente de leur retour dans leur pays d’origine (voyez ce dossier).

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le Maroc est-il un État de droit ?

On peut se poser la question, à la lecture de l’article suivant qui vient de paraître sur le site bien connu www.yabiladi.com

Depuis deux semaines, Ifrouzit, dans la région d’Azrou, est le théâtre d’un nouveau cas de spoliation immobilière. Le différend, qui a éclaté entre les héritiers de quatre familles et un individu, s’est muée en une vaste affaire qui les oppose désormais à une entreprise émiratie, épaulée par les autorités. Rappel des faits.

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 17 octobre 1961 – 17 octobre 2016 : 55e anniversaire

A l’occasion du 55e anniversaire des événements tragiques d’octobre 1961, le collectif Vérité et justice demande que des mesures significatives soient prises afin de faire « disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.»

[mise en ligne le 10 octobre 2016, mise à jour le 19]

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la France reconnaît la responsabilité de ses gouvernements dans l’abandon des harkis

François Hollande a reconnu, dimanche 25 septembre, « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France ». Le chef de l’Etat prononçait une allocution dans la cour de l’Hôtel national des Invalides, dans le cadre de la journée nationale d’hommage aux harkis.

Evoquant une « vérité implacable » et « cruelle », M. Hollande a parlé
des « combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d’Algérie et dont l’abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République. » 2

[Mis en ligne le 25 septembre 2016, mis à jour le 9 octobre 2016]

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le point sur l’affaire des crânes au musée

La chaîne France24 a diffusé le 28 septembre 2016 une émission consacrée à un chapitre relativement peu connu de la conquête coloniale de l’Algérie : l’histoire de combattants algériens fusillés, puis décapités au milieu du XIXème siècle pour avoir combattu la colonisation française.

Plus de 150 ans après leur mort, les crânes de ces résistants font partie des collections anthropologiques du Musée de l’Homme à Paris. Comment sont-ils arrivés là ? Seront-ils un jour rapatriés en Algérie, comme le demande une pétition qui a reçu près de 30 000 signatures venant des deux rives de la Méditerranée ? Gilles Manceron, historien de la colonisation, donne son point de vue.

[Mis en ligne le 30 septembre 2016, mis à jour le 1er octobre]

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nos ancêtres les Gaulois, selon Nicolas Sarkozy

« Nos ancêtres étaient les Gaulois », mais aussi « les tirailleurs musulmans morts à Monte Cassino », a dit Nicolas Sarkozy, samedi 24 septembre, lors d’un meeting à Perpignan, où il a rendu hommage aux harkis, des « Français musulmans morts pour notre drapeau ».

Il tentait ainsi de rattraper la déclaration qu’il avait faite quelques jours auparavant à Franconville : « Nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigerons l’assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois. »

Bernard Girard montre ci-dessous que Nicolas Sarkozy n’est pas le seul.
Lecture complémentaire conseillée : nos ancêtres les Gaulois, par Suzanne Citron.

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à Oran, Fernand Iveton retrouve sa rue

Fernand Iveton avait 30 ans lorsqu’il a été condamné à mort pour avoir posé une bombe dans son usine à Alger, en 1956, deux ans après le début de la guerre de libération. Français d’Algérie anticolonialiste, délégué CGT, membre du Parti communiste algérien rallié au FLN, il voulait alerter l’opinion sans intention de tuer. L’explosif a été désamorcé, ne faisant ni dégât ni victime. Fernand Iveton a été guillotiné le matin du 11 février 1957, avec deux de ses camarades algériens, après une journée de procès sommaire et une demande de grâce rejetée par le président René Coty et François Mitterrand, alors garde des Sceaux.

On ignore les raisons qui ont incité les autorités municipales d’Oran à débaptiser la rue portant son nom en la renommant “rue du Chahid Bouachir Bouamer”, mais la réaction de protestation de la population a été vive. Finalement, sous la pression de jeunes citoyens, les autorités municipales d’Oran ont remis à sa place la plaque portant le nom de celui qui déclarait : «?Je ne suis pas musulman […] mais je suis algérien d’origine européenne?».

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Le Congrès de la Soummam s'est tenu ici, le 20 août 1956
Les mouvements nationalistes

2016, le colloque d’Akfadou sur le congrès de la Soummam

Il y a 60 ans, s’est tenu dans les montagnes de Kabylie le congrès de la Soummam, réunissant les principaux responsables de la guerre d’indépendance algérienne de l’intérieur du pays (la délégation du FLN au Caire n’étant pas venue). Ce fut un moment unique de réflexion sur la nation algérienne et la participation de ses différentes composantes à la lutte pour l’indépendance. Sur les modalités de cette lutte, il a affirmé en particulier la primauté du politique sur le militaire.

Les 25 et 26 août 2016, sur les lieux où s’est tenu ce congrès, un public nombreux et attentif a pris part à des échanges sereins mais passionnés sur une réunion importante dont les travaux ont eu tendance à être oubliés ensuite 3.
De nombreux médias algériens ont rendu compte du colloque 4.
Nous reproduisons ci-dessous l’article que lui a consacré le quotidien Liberté. 5

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Burkinis : le mauvais feuilleton de l’été va-t-il enfin s’arrêter ?

Le tribunal administratif de Toulon a suspendu le 29 août 2016, l’arrêté pris par le maire de la commune de Fréjus interdisant l’accès aux plages publiques et à la baignade à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité.

Ci-dessous, un compte-rendu de cette audience, suivi de déclarations de Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH.

[Mis en ligne le 1er septembre 2016, mis à jour le 4]

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Il y a 60 ans, le congrès de la Soummam

Les 25 et 26 août prochains : un colloque international consacré au Congrès de la Soummam est organisé par la commune d’Akfadou, sur le lieu où le congrès s’était tenu en 1956.

Ci-dessous, à la suite d’un article du Matin d’Algérie, présentant ce colloque, les résumés de leurs interventions que deux des historiens intervenants, Dalila Aït-El-Djoudi et Gilles Manceron, nous ont permis de reprendre.

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