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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

après les déclarations à Toulon d’Emmanuel Macron

Pour certains « nostalgériques », les déclarations d’Emmanuel Macron à Alger le 15 février dernier, ne passent pas. Environ 150 d’entre eux — parmi lesquels on reconnaissait de nombreux membres du Front national — l’ont crié, à Toulon le 18 février après-midi, en tentant de perturber la réunion électorale d’En marche !. D’autre part, le Cercle algérianiste, qui se targue de représenter tous les Pieds-noirs, a fait connaître sa décision de poursuivre le candidat qui avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité». L’association estime que les propos sur la colonisation qu’il a tenus à Alger portent «atteinte à la mémoire et à l’honneur des Français d’Algérie».

En déclarant, le 15 février, que la colonisation était un « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a eu le mérite d’introduire ce sujet au sein de la campagne présidentielle. Voyez la tribune de François Gèze et Gilles Manceron intitulée « Regardons en face le passé colonial de la France », publiée dans Le Monde du 18 février 2017.

Mais, lors de son meeting à Toulon le 18 février, Emmanuel Macron n’a pas repris les mêmes termes, dans une région pourtant où l’extrême droite est forte et où le combat pour la vérité doit être mené sans concession. Il a semblé battre en retraite, louant le « travail formidable » fait à l’époque de l’Algérie française par des gens « formidables », les Pieds-noirs nostalgiques qu’il avait « blessés » et à qui il demandait « pardon ». Il a paru renouer avec ses propos, plus qu’ambigus, de novembre 2016, selon lesquels, dans l’Algérie coloniale, « il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie ». Va-t-il reprendre la théorie des « aspects positifs de la colonisation » qui avait suscité un tollé parmi les historiens, les enseignants et de nombreuses associations quand une loi, du 23 février 2005, avait demandé aux professeurs de les inculquer ?

François Nadiras

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Stade de Philippeville (Skikda) - août 1955
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

le juge peut-il écrire l’Histoire ?

Réagissant à l’entretien de Bernard Mathieu « Le politique ne doit se substituer ni à l’historien ni au juge » (Le Monde des 19 et 20 février 2017), reproduit dans l’article «Macron a-t-il eu raison de lancer le débat sur la colonisation ? » de ce site, Jean-Philippe Ould Aoudia entend montrer que le juge participe activement à l’écriture de l’Histoire, ce dont il conteste la légitimité.

Cette tribune a été reprise dans le quotidien algérien El Watan du 21 février 2017, et dans L’Humanité du 22 février.

[Première mise en ligne le 20 février 2017 ; mise à jour le 22 février]

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Macron a-t-il eu raison de lancer le débat sur la colonisation ?

Dans une tribune publiée dans Le Monde datée du 19 février 2017, François Gèze, ancien directeur des éditions La Découverte, et l’historien Gilles Manceron, expriment leur approbation que notre passé colonial soit « revisité ».

En revanche, dans un entretien que Le Monde publie simultanément, le professeur de droit Bertrand Mathieu, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature et vice-président de l’Association internationale de droit constitutionnel, déclare qu’Emmanuel Macron a eu tort de qualifier la colonisation de «  crime contre l’humanité » , «le politique ne [devant] se substituer ni à l’historien ni au juge ».

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Macron : la colonisation est un crime contre l’humanité …

Les propos d’Emmanuel Macron dans un entretien qu’il a accordé à la chaîne privée algérienne Echourouk ont soulevé l’indignation de plusieurs responsables politiques à droite et au sein du Front national. Le candidat centriste à l’élection présidentielle a notamment déclaré :

« La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes ».

Dans un entretien donné au journal Le Monde, l’historienne Sylvie Thénault 1, spécialiste de la guerre d’Algérie, répond de façon nuancée à la question de savoir si la colonisation est un « crime contre l’humanité». Distinguant le point de vue juridique et le point de vue moral, elle déclare que « la définition juridique du crime contre l’humanité ne peut s’appliquer à la colonisation ».

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« Partez d’ici, sales nègres ! »
Mes fils sont métis, je suis en colère, obstinément

Katell Pouliquen est rédactrice en chef du magazine Elle. Mère de deux fils métis, elle est aussi Bretonne et amoureuse d’une France multiculturelle. Pourtant, le 10 février dernier, elle reçoit cet uppercut : « Partez d’ici, sales nègres », leur lance un inconnu. A 70 jours de l’élection présidentielle, elle a crié sa colère et son incompréhension sur les réseaux sociaux. 2

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1945-1962

L’enseignement primaire en Algérie coloniale

Le développement insuffisant de la scolarisation en Algérie à la veille de son indépendance reste un sujet de polémique. D’après les chiffres officiels, en 1961, le taux de scolarisation des enfants algériens musulmans d’âge scolaire était de 31 % : 735 000 enfants scolarisés pour un total de 2,4 millions d’enfants âgés de 6 à 14 ans 3. L’évolution des effectifs des enfants en âge d’être scolarisés est plus significative ; c’est l’objectif de la brève synthèse ci-dessous. Une réflexion qui met en évidence le caractère profondément inégalitaire de l’Algérie coloniale.

Après ces mises au point statistiques, vous trouverez un texte écrit par deux historiens, un Algérien, Hassan Remaoun, et un Français, Gilles Manceron, qui donnent leur point de vue sur l’état de l’enseignement en Algérie à la veille de son indépendance.

François Nadiras

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1945-1962

Hadjira, par Claire Mauss-Copeaux

Il a fallu du temps,

il a fallu longtemps pour que Hadjira se souvienne de ses vingt ans…

Jeune militante engagée pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie, elle a été arrêtée par les forces coloniales, détenue et torturée à la sinistre ferme Ameziane à Constantine.

Dans le récit qu’elle nous offre en partage, il n’y a ni haine, ni volonté de vengeance. Simplement le souci de témoigner au plus près de la vérité et de résister.

Malgré Ameziane et bien au-delà d’Ameziane.

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Les crânes de la colonisation

La Namibie – un pays du Sud-Ouest de l’Afrique, grand comme une fois et demie la France, mais très peu peuplé (de deux à trois millions d’habitants) – a été colonisée par l’Allemagne d’une façon particulièrement brutale à partir de la fin du xix-e siècle. En 1904 certaines de ses populations autochtones se révoltèrent contre l’occupant allemand.
La répression sous le commandement du général Lothar von Trotha fut effroyable – massacres génocidaires, travail forcé, création de camps de regroupement, à l’instar de ceux installés par les Britanniques en Afrique du Sud pour écraser la révolte des Boers … Au cours de cette période, la population herero est passée de 80 000 à 15 000 personnes. Les Herero et les Nama venaient d’être victimes du premier génocide du xx-e siècle.

D’autres pays africains eurent à souffrir de la colonisation allemande, notamment le Rwanda et la Tanzanie que le traité de Berlin avait attribués à l’Allemagne en 1885, mais qui furent placés sous tutelle de la SDN (Société des nations) lors du démantèlement de l’empire colonial allemand qui suivit en 1920 la fin de la première guerre mondiale. La lecture de la presse allemande de novembre 2016 nous apprend qu’un millier de crânes et d’ossements d’Africains, amenés en Allemagne pour la « recherche scientifique raciale » pendant l’ère coloniale, sont toujours stockés à Berlin par une institution publique 4.

Rappelons que 37 crânes d’anciens résistants algériens à la colonisation française de leur pays sont toujours en attente de leur retour dans leur pays d’origine (voyez ce dossier).

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le Maroc est-il un État de droit ?

On peut se poser la question, à la lecture de l’article suivant qui vient de paraître sur le site bien connu www.yabiladi.com

Depuis deux semaines, Ifrouzit, dans la région d’Azrou, est le théâtre d’un nouveau cas de spoliation immobilière. Le différend, qui a éclaté entre les héritiers de quatre familles et un individu, s’est muée en une vaste affaire qui les oppose désormais à une entreprise émiratie, épaulée par les autorités. Rappel des faits.

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 17 octobre 1961 – 17 octobre 2016 : 55e anniversaire

A l’occasion du 55e anniversaire des événements tragiques d’octobre 1961, le collectif Vérité et justice demande que des mesures significatives soient prises afin de faire « disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.»

[mise en ligne le 10 octobre 2016, mise à jour le 19]

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la France reconnaît la responsabilité de ses gouvernements dans l’abandon des harkis

François Hollande a reconnu, dimanche 25 septembre, « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France ». Le chef de l’Etat prononçait une allocution dans la cour de l’Hôtel national des Invalides, dans le cadre de la journée nationale d’hommage aux harkis.

Evoquant une « vérité implacable » et « cruelle », M. Hollande a parlé
des « combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d’Algérie et dont l’abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République. » 5

[Mis en ligne le 25 septembre 2016, mis à jour le 9 octobre 2016]

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