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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Avis de la CNCDH sur la place des peuples autochtones dans les outre-mer

Au lendemain de l’adoption de la loi pour l’égalité réelle des outre-mer que la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) salue, la CNCDH souhaite apporter un éclairage sur la situation spécifique des peuples autochtones en outre-mer et appelle l’Etat français à clarifier sa position en faveur de la reconnaissance de ces peuples en tant que tels.
Dans un avis très étayé sur la place des deux peuples autochtones français, la CNCDH recommande notamment à l’Etat de reconnaître les Kanak de Nouvelle-Calédonie et les Amérindiens de Guyane comme des peuples autochtones à part entière. Cette reconnaissance est une condition essentielle pour que les membres de ces peuples puissent pleinement jouir de leurs droits et que les politiques des pouvoirs publics en leur faveur soient plus efficaces et acceptées.

L’avis de la CNCDH est téléchargeable (1 085 Ko). Sa publication a été accompagnée du communiqué de presse repris ci-dessous.

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comment la France verrouille son passé colonial

La polémique en France sur la notion de crime contre l’humanité du temps de la colonisation rappelle les vifs débats causés dans ce même pays il y a plus de dix ans par l’adoption de la loi du 23 février 2005 qui ne retenait que le «rôle positif de la présence française outre-mer». L’«affaire Macron» met en exergue le profond malaise lié au passé colonial de la France, souligne la professeure de droit Sévane Garibian.

Un article de Sévane Garibian, professeure de droit, Universités de Genève et de Neuchâtel, publié le lundi 6 mars 2017 dans le quotidien suisse Le Temps.

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Négociations entre l’Allemagne et la Namibie

Deux associations représentant respectivement des Herero et des Nama namibiens ont déposé le 5 janvier 2017 un recours collectif devant la justice américaine, pour obtenir une réparation financière de l’Etat allemand. Une plainte qui vise à obtenir réparations du génocide perpétré par les Allemands durant la période coloniale : la répression des soulèvements populaires par les Allemands entre 1904 et 1905 aurait causé la mort de près de 100.000 membres des peuples herero et nama.

L’Allemagne et la Namibie sont en négociation pour élaborer une déclaration commune où Berlin compte s’excuser pour les massacres commis lors de la période coloniale, estimant avoir compensé cette page noire de son histoire coloniale par des aides au développement du pays.

En plus de compensations financières, les plaignants militent pour une reconnaissance officielle de leurs droits et l’assurance qu’aucun accord entre les deux pays ne sera conclu sans qu’ils aient été consultés.

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Guillaume Duval : l’aventure coloniale, une honte pour le pays, un handicap pour son économie

La constitution du second empire colonial français au XIXe siècle avait pu donner l’illusion que la France avait acquis un rayonnement mondial. Il n’en est rien, et les Français ont aujourd’hui le sentiment d’un déclin ininterrompu de leur pays, par rapport à un « âge d’or » fantasmé. Dans un livre intitulé La France ne sera plus jamais une grande puissance ? Tant mieux !, publié aux éditions La Découverte, Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques, montre que ce déclin incontestable n’a pourtant rien de catastrophique : on peut vivre — et bien vivre — sans avoir besoin de s’imposer au reste du monde.

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les Africains et la colonisation

Vue d’Afrique, par des peuples qui en furent les victimes et qui en conservent la mémoire vive, la polémique sur la colonisation relancée à Alger par Emmanuel Macron le 15 février avec des mots inédits en France a quelque chose de surréaliste et de dérisoire.

Surréaliste parce que, pour les Africains, la colonisation n’a jamais été autre chose qu’un « crime contre l’humanité », à l’instar de l’esclavage, de la traite ou de l’apartheid. Comment qualifier autrement cette œuvre de subjugation, d’asservissement et d’appropriation, avec son lot de crimes de guerre, de violences et de souffrances, avec son appareil de justification idéologique, religieux parfois, « civilisationnel » toujours ?

Si la colonisation a construit, pour ses propres besoins, des routes, des ponts et des chemins de fer – à quel prix humain, le plus souvent ! – et si les colons ne furent pas tous complices de crimes comme les Allemands ne furent pas tous nazis, la colonisation forme un tout inséparable, et cet ensemble est constitutif d’un crime contre l’humanité, au sens où l’entendent à la fois les statuts du Tribunal de Nuremberg et ceux du traité de Rome fondant la Cour pénale internationale.

François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique1

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après les déclarations à Toulon d’Emmanuel Macron

Pour certains « nostalgériques », les déclarations d’Emmanuel Macron à Alger le 15 février dernier, ne passent pas. Environ 150 d’entre eux — parmi lesquels on reconnaissait de nombreux membres du Front national — l’ont crié, à Toulon le 18 février après-midi, en tentant de perturber la réunion électorale d’En marche !. D’autre part, le Cercle algérianiste, qui se targue de représenter tous les Pieds-noirs, a fait connaître sa décision de poursuivre le candidat qui avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité». L’association estime que les propos sur la colonisation qu’il a tenus à Alger portent «atteinte à la mémoire et à l’honneur des Français d’Algérie».

En déclarant, le 15 février, que la colonisation était un « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a eu le mérite d’introduire ce sujet au sein de la campagne présidentielle. Voyez la tribune de François Gèze et Gilles Manceron intitulée « Regardons en face le passé colonial de la France », publiée dans Le Monde du 18 février 2017.

Mais, lors de son meeting à Toulon le 18 février, Emmanuel Macron n’a pas repris les mêmes termes, dans une région pourtant où l’extrême droite est forte et où le combat pour la vérité doit être mené sans concession. Il a semblé battre en retraite, louant le « travail formidable » fait à l’époque de l’Algérie française par des gens « formidables », les Pieds-noirs nostalgiques qu’il avait « blessés » et à qui il demandait « pardon ». Il a paru renouer avec ses propos, plus qu’ambigus, de novembre 2016, selon lesquels, dans l’Algérie coloniale, « il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie ». Va-t-il reprendre la théorie des « aspects positifs de la colonisation » qui avait suscité un tollé parmi les historiens, les enseignants et de nombreuses associations quand une loi, du 23 février 2005, avait demandé aux professeurs de les inculquer ?

François Nadiras

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Stade de Philippeville (Skikda) - août 1955
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

le juge peut-il écrire l’Histoire ?

Réagissant à l’entretien de Bernard Mathieu « Le politique ne doit se substituer ni à l’historien ni au juge » (Le Monde des 19 et 20 février 2017), reproduit dans l’article «Macron a-t-il eu raison de lancer le débat sur la colonisation ? » de ce site, Jean-Philippe Ould Aoudia entend montrer que le juge participe activement à l’écriture de l’Histoire, ce dont il conteste la légitimité.

Cette tribune a été reprise dans le quotidien algérien El Watan du 21 février 2017, et dans L’Humanité du 22 février.

[Première mise en ligne le 20 février 2017 ; mise à jour le 22 février]

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Macron a-t-il eu raison de lancer le débat sur la colonisation ?

Dans une tribune publiée dans Le Monde datée du 19 février 2017, François Gèze, ancien directeur des éditions La Découverte, et l’historien Gilles Manceron, expriment leur approbation que notre passé colonial soit « revisité ».

En revanche, dans un entretien que Le Monde publie simultanément, le professeur de droit Bertrand Mathieu, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature et vice-président de l’Association internationale de droit constitutionnel, déclare qu’Emmanuel Macron a eu tort de qualifier la colonisation de «  crime contre l’humanité » , «le politique ne [devant] se substituer ni à l’historien ni au juge ».

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Macron : la colonisation est un crime contre l’humanité …

Les propos d’Emmanuel Macron dans un entretien qu’il a accordé à la chaîne privée algérienne Echourouk ont soulevé l’indignation de plusieurs responsables politiques à droite et au sein du Front national. Le candidat centriste à l’élection présidentielle a notamment déclaré :

« La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes ».

Dans un entretien donné au journal Le Monde, l’historienne Sylvie Thénault 2, spécialiste de la guerre d’Algérie, répond de façon nuancée à la question de savoir si la colonisation est un « crime contre l’humanité». Distinguant le point de vue juridique et le point de vue moral, elle déclare que « la définition juridique du crime contre l’humanité ne peut s’appliquer à la colonisation ».

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« Partez d’ici, sales nègres ! »
Mes fils sont métis, je suis en colère, obstinément

Katell Pouliquen est rédactrice en chef du magazine Elle. Mère de deux fils métis, elle est aussi Bretonne et amoureuse d’une France multiculturelle. Pourtant, le 10 février dernier, elle reçoit cet uppercut : « Partez d’ici, sales nègres », leur lance un inconnu. A 70 jours de l’élection présidentielle, elle a crié sa colère et son incompréhension sur les réseaux sociaux. 3

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1945-1962

L’enseignement primaire en Algérie coloniale

Le développement insuffisant de la scolarisation en Algérie à la veille de son indépendance reste un sujet de polémique. D’après les chiffres officiels, en 1961, le taux de scolarisation des enfants algériens musulmans d’âge scolaire était de 31 % : 735 000 enfants scolarisés pour un total de 2,4 millions d’enfants âgés de 6 à 14 ans 4. L’évolution des effectifs des enfants en âge d’être scolarisés est plus significative ; c’est l’objectif de la brève synthèse ci-dessous. Une réflexion qui met en évidence le caractère profondément inégalitaire de l’Algérie coloniale.

Après ces mises au point statistiques, vous trouverez un texte écrit par deux historiens, un Algérien, Hassan Remaoun, et un Français, Gilles Manceron, qui donnent leur point de vue sur l’état de l’enseignement en Algérie à la veille de son indépendance.

François Nadiras

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