4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Les nostalgiques de la colonisation

Francis Arzalier : le négationnisme colonial, de l’université à la littérature de gare

La réhabilitation de l’action de la France outre-mer s’expose ouvertement dans des publications à prétention « historique » qui présentent massacres et répressions comme de simples accidents de la colonisation. Encore plus sournoisement, une littérature grand public — romans d’espionnage, fictions historiques — diffuse une vulgate idéalisée de l’époque coloniale, imprégnée d’une bonne conscience mêlée de racisme. [Article publié en 2006 dans les « Cahiers d’Histoire, revue d’histoire critique », reproduit avec l’aimable autorisation de son auteur]

Lire la suite »

Pourquoi tant d’obstacles à la justice dans l’affaire Ben Barka ?

Depuis plus d’un demi-siècle, en France comme au Maroc, la « raison d’Etat » empêche que la vérité soit dite sur l’enlèvement par des policiers français en plein Paris, puis l’assassinat, de Mehdi Ben Barka. Depuis 1965, dix juges d’instruction se sont heurtés au refus des deux Etats de les laisser procéder aux auditions et accéder aux documents. En France, le « secret Défense » n’est pas levé sur les pièces essentielles. Serait-ce parce que ceux qui ont permis cet enlèvement et cet assassinat n’étaient pas « subalternes » ? Seule une interpellation forte des deux côtés de la Méditerranée peut permettre de connaître enfin la vérité.

Lire la suite »
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

L’influence méconnue de Jean Lartéguy sous la dictature en Argentine

La « doctrine de la guerre révolutionnaire » mise en œuvre par des officiers français pendant la « bataille d’Alger » a été largement exportée par la suite dans les dictatures militaires d’Amérique latine des années 1960 et 1970. Tout particulièrement auprès de la dictature argentine pour la guerre qu’elle a menée de 1976 à 1983 contre les groupes révolutionnaires et toute la population. Cet article relate le rôle méconnu joué par les romans du journaliste et ancien militaire Jean Lartéguy dans le « succès » de cette doctrine chez les militaires argentins.

Lire la suite »
pj1-9.jpg
Le 17 octobre 1961

Du nouveau sur le 17 octobre 1961

La répression des Algériens désarmés désobéissant au couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé est maintenant connue. On sait que le chiffre officiel de trois morts était mensonger et qu’elle a fait plus de 150 morts. Mais l’explication de l’événement progresse grâce aux notes laissées par le porte-parole du général de Gaulle, Louis Terrenoire, témoignage de première main qui montre l’hostilité du premier ministre, Michel Debré, à la paix avec le FLN et son rôle déclencheur dans ce drame.

Lire la suite »
Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

La Bataille d’Einaudi doit continuer, par Fabrice Riceputi

A l’heure du 56e anniversaire du massacre du 17 octobre 1961, vingt ans après la retentissante déposition de Jean-Luc Einaudi au procès de Maurice Papon à Bordeaux, où en sommes-nous de la reconnaissance politique qu’on est en droit d’attendre d’un crime d’Etat très longtemps nié et occulté ?

Lire la suite »
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Faut-il débaptiser les lieux publics Colbert ?

A l’initiative de Louis-Georges Tin, président du CRAN, plusieurs personnalités ont signé une tribune, publiée dans « Le Monde », afin que le nom de Colbert, ministre de Louis XIV et acteur de la légalisation de l’esclavage, soit retiré de l’espace public. Parmi les nombreuses réactions suscitées par cet appel, nous publions avec cette tribune les quatre points de vue réunis sur la question par « L’Humanité » du 3 octobre 2017.

Lire la suite »
pj1-5.jpg
Le 17 octobre 1961

Reconnaissance du crime d’Etat : lettre ouverte au président de la République

A la veille du 56e anniversaire du massacre de manifestants algériens à Paris par la police française, le Collectif 17 octobre 1961 – Vérité et justice demande à être reçu par le président de la République, Emmanuel Macron, et lui demande de « concrétiser ses engagements ». Cette lettre est suivie de l’appel à rassemblement le 17 octobre prochain à Paris, à 18 heures, à Paris, sur le Pont Saint-Michel. Une nouvelle plaque commémorative sera symboliquement apposée.

Lire la suite »
Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

« Mémoire éclatée. De la décolonisation au déclin de l’Occident », de Nils Andersson

À travers une somme monumentale (de 544 pages), Nils Andersson livre au lecteur l’expérience d’une vie consacrée au combat politique et à son moyen privilégié, l’édition. C’est l’occasion de dresser une fresque de l’histoire des relations intra-européennes, Est-Ouest (dans le cadre de la guerre froide) et Nord-Sud (à la lumière des luttes décolonisatrices). D’origine suédoise et résident en Suisse, à Lausanne, jusqu’à son expulsion par les autorités helvétiques pour activités « subversives », Nils Andersson est un citoyen du monde, attentif aux flux et reflux des luttes des peuples pour leur émancipation.

Lire la suite »
pj2-4.jpg
Le 17 octobre 1961

Une Nuit Blanche pour commémorer le massacre

Deux artistes, Jeanne Gillard et Nicolas Rivet, s’emparent de l’évènement parisien « Nuit Blanche », dont le thème est cette année « faire œuvre commune », et proposent un événement participatif afin de ne pas oublier la répression sanglante de la manifestation pacifique des immigrés algériens, le 17 octobre 1961. « Des personnes, militant depuis plus de quarante ans pour la reconnaissance du 17 octobre 61, nous disaient qu’il manquait un maillon, dans la chaîne, pour la transmission. C’est une génération plutôt vieillissante et la jeune génération s’occupe très peu de ces choses-là » explique Jeanne Gillard au « Courrier de l’Atlas ». On lira ci-dessous leur appel à participation.

Lire la suite »

L’historien Alain Ruscio lance un débat : une statue de l’émir Abdelkader à Paris

La statue du général sudiste Robert Lee défenseur de l’esclavage a été déboulonnée à Charlottesville (États-Unis), ce qui a provoqué des incidents graves. En France aussi, la présence des statues érigées à la gloire de colonisateurs font débat. L’historien Alain Ruscio1 propose quant à lui de rendre hommage à un héros de la résistance anticoloniale en Algérie, l’émir Abdelkader. Il montre que l’idée d’installer une statue de l’émir à Paris avait déjà ses partisans au début du XXe siècle.

Lire la suite »
pj3.jpg
La reconnaissance du passé colonial

Monuments et statues du temps des colonies dans la capitale

Alain Ruscio recense dans cet article les principales traces architecturales du passé colonial dans la capitale. Plusieurs de ces monuments et statues datent de l’Exposition coloniale de 1931. A cette occasion, tout le quartier populaire à la lisière du Bois de Vincennes, dans l’est de Paris, a été remodelé. De nouvelles artères ont été créées, des édifices nouveaux érigés, dont le Palais des colonies, place de la Porte dorée, devenu Musée d’histoire de l’immigration. C’est précisément cette institution qui a publié une brochure de Gilles Manceron, Traces de l’Histoire coloniale dans le 12e arrondissement de Paris 2, qui le complète sur plusieurs points et dont nous reproduisons la description de la façade ouest du musée.

Lire la suite »