4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

L'accès aux archives coloniales

De l’Académie des Sciences coloniales
à l’Académie des Sciences d’outre-mer,
par Alain Ruscio

L’Académie des sciences d’outre-mer, 15 rue La Pérouse à Paris (16e), est la continuatrice de l’Académie des Sciences coloniales, fondée en 1922, dont elle n’a jamais renié le passé. Mais elle a changé de dénomination en 1957 quand elle s’est identifiée au courant « réformiste colonial » représenté par Robert Delavignette qui s’est séparé des partisans de la guerre à outrance en Algérie. C’est le moment où cet ancien gouverneur colonial a démissionné de la « Commission de sauvegarde des droits et libertés individuelles » constituée par Guy Mollet pour couvrir les crimes de l’armée française dans la « bataille d’Alger » et a écrit un projet de préface pour L’Affaire Audin de Pierre-Vidal-Naquet. Sa bibliothèque contient une documentation utile à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’empire colonial français.

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L'accès aux archives coloniales

Accès aux achives, crise sanitaire :
l’Association Josette et Maurice Audin
interroge le rôle
du Secrétariat général de la défense
et de la sécurité nationale (SGDSN)

Dans sa déclaration lors de sa visite à Josette Audin, le 13 septembre 2018, le président de la République a dit qu’« il importe que cette histoire soit connue, qu’elle soit regardée avec courage et lucidité », et a annoncé « la libre consultation tous les fonds d’archives de l’Etat qui concernent ce sujet ». Or pour l’Association Josette et Maurice Audin, c’est tout le contraire qui a été mis en œuvre à l’initiative du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Dans le cadre de son engagement de longue date contre les décisions secrètes et la raison d’Etat, elle interroge aussi, au-delà de la question de l’accès aux archives, le rôle du SGDSN dans ses décisions concernant la crise sanitaire. Nous reproduisons également un article de Pierre Mansat, président de cette association, sur les objectifs qu’elle poursuit.

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Le rôle des historiens

Jacques Thobie, historien pionnier de l’histoire coloniale, par Catherine Coquery-Vidrovitch

Spécialiste de l’histoire coloniale de l’Afrique subsaharienne, Catherine Coquery-Vidrovitch a eu l’occasion de travailler avec l’historien Jacques Thobie, mort le 8 avril 2020. Tous deux étaient alors communistes et partageaient le même intérêt pour une histoire contemporaine qui ne se limite pas aux frontières de l’Europe. Elle évoque pour notre site leurs collaborations dans un moment où l’intérêt pour l’histoire coloniale a commencé à émerger dans l’université et la société françaises. Mais de manière provisoire, puisqu’il est rapidement retombé et qu’il faudra attendre, au XXIe siècle, une nouvelle génération de chercheurs pour que ce domaine commence à être reconnu. Tout en continuant à susciter de vives oppositions. Nous reprenons aussi l’évocation de ses travaux par Faruk Bilici.

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Musées et créations contemporaines

Hommage à la cinéaste anticolonialiste
Sarah Maldoror

La cinéaste Sarah Maldoror est morte le 13 avril 2020 victime de la pandémie du coronavirus. Née en 1929, cette femme de théâtre et réalisatrice de nombreux films s’est impliquée dans les luttes de libération en Afrique et a partagé la vie du fondateur du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), l’écrivain angolais Mario De Andrade, avec qui elle aura deux filles. Son premier film, Monangambé, portait sur la torture et été réalisé en 1969 en Algérie. Elle a tourné aussi en Guinée-Bissau, au Cap-Vert, au Congo et sur la guerre de libération de l’Angola. Ci-dessous, une évocation de son parcours, l’hommage que lui ont consacré ses filles, Annouchka De Andrade et Henda Ducados, et l’entretien qu’elle avait accordé en 1997 à Africultures.com.

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Algérie

Six ouvrages importants de Benjamin Stora
réédités et réunis en un volume

Benjamin Stora, qui a quitté son Algérie natale encore adolescent, a grandi en France où il a fait des études d’histoire. Il a été l’un des premiers chercheurs à travailler dans l’université française sur l’histoire du mouvement national algérien et la guerre d’Algérie. Il a aussi écrit sur son parcours personnel et celui de sa famille, depuis son enfance dans le quartier juif de Constantine jusqu’à son engagement militant à l’extrême gauche, et ses désillusions. Six de ses livres parus entre 2003 et 2015, qui rendent compte de son itinéraire courageux, sont rassemblés par les éditions Robert Laffont dans un volume de sa collection « Bouquins » intitulé Une mémoire algérienne. Y compris son analyse sans complaisance des rapports du général de Gaulle et de François Mitterrand à l’Algérie.

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Depuis 1962

Sur le livre de Jean-Pierre Filiu,
« Algérie, la nouvelle indépendance » :
les réactions de Tahar Khalfoune, Daniel Rivet
et Gilles Manceron

L’historien arabisant Jean-Pierre Filiu a publié en décembre 2019, aux éditions du Seuil, un essai intitulé « Algérie, la nouvelle indépendance ». Il souligne l’importance du mouvement déclenché en Algérie depuis le 22 février 2019, le hirak, où, dans tout le pays, des foules nombreuses d’hommes et de femmes exigent de reprendre le pouvoir aux mains d’une hiérarchie militaire protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade. Nous publions sa présentation par l’éditeur et les réactions à ce livre écrites pour notre site par le juriste Tahar Khalfoune, l’historien Daniel Rivet, spécialiste du Maroc et plus généralement du Maghreb, ainsi que la note de lecture de Gilles Manceron.

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Français, musulmans, juifs d'Algérie

Les contradictions des socialistes européens dans l’Algérie coloniale, par Claire Marynover

Dans son livre, L’Algérie à gauche, Socialistes à l’époque coloniale, que Claire Marynower a publié aux Presses Universitaires de France (PUF, 2018), cette historienne et maîtresse de conférences à Sciences-Po Grenoble explique le rôle particulier et contradictoire qu’ont joué au début du XXe siècle les colons français de gauche dans l’Algérie française. Elle souligne l’ambigüité et la grande inefficacité de leurs positions. Nous reproduisons l’avant-propos de ce livre qui éclaire un pan oublié de l’histoire coloniale, ainsi que les journaux — dans les pages desquels on peut se déplacer — et les illustrations que « RetroNews », le site de presse de la Bibliothèque nationale de France (BnF), a choisis pour accompagner ce texte.

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La Françafrique

La note d’étape de la commission sur le génocide du Rwanda et le rôle de la France
suscite un débat

La commission sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, présidée par l’historien Vincent Duclert, a été installée en avril 2019 par Emmanuel Macron « pour un approfondissement de notre connaissance et de notre compréhension de cette entreprise terrifiante de destruction humaine » et pour « faire toute la lumière » sur le rôle de la France. Avant son rapport final qui doit intervenir en avril 2021, elle a remis une note intermédiaire le 5 avril 2020 (en lien ci-dessous). Nous publions la réaction de l’association Survie, un article paru dans Le Monde en avril 2019 sur l’absence dans cette commission des historiens Hélène Dumas (CNRS) et Stéphane Audouin-Rouzeau (EHESS) et l’émission La grande H où ces deux universitaires s’expriment sur la composition de la commission et pourquoi ils en ont été écartés.

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Séquelles politiques postcoloniales

Des déclarations scandaleuses sur l’expérimentation en Afrique d’un vaccin contre le coronavirus rappellent les expériences sur les « indigènes coloniaux »

Le 1er avril 2020, sur LCI, deux médecins ont évoqué des tests en Afrique pour essayer contre le coronavirus le vaccin BCG contre la tuberculose. Cette idée de prendre les Africains comme cobayes a suscité une vive indignation. Elle rappelle les nombreuses expériences faites tout au long de la période coloniale. Ci-dessous des extraits des travaux à ce sujet des historiens Grégoire Chamayou et Guillaume Lachenal, ainsi qu’un article d’Alain Ruscio sur les vaccins expérimentés durant la Première Guerre mondiale sur les soldats africains au camp du Courneau, près d’Arcachon. Gilles Manceron relève qu’à Fréjus et dans les camps du Midi méditerranéen, leur mortalité a été bien supérieure encore et se demande si ce n’est pas en rapport avec de telles expérimentations.

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Les méthodes de l'armée française

L’ex-appelé Jacques Inrep, qui avait transmis des documents sur la torture à Pierre Vidal-Naquet, témoigne d’un combat qui se poursuit

C’est grâce aux témoignages et aux documents qui lui ont été transmis que Pierre Vidal-Naquet a pu établir que la pratique de la torture durant la guerre d’Algérie a été institutionnalisée par l’armée française. L’une de ses principales sources fut l’appelé Jacques Inrep, qui, à la veille de sa démobilisation en août 1961, a photographié à la sauvette des documents tamponnés « secret » qui prescrivaient explicitement d’y recourir. Ci-dessous le récit de son acte courageux et de sa rencontre avec l’historien. Leur combat continue. Depuis peu, des instructions cherchent à entraver au mépris de la recherche historique la consultation de ce type de documents dans les archives publiques. La pétition lancée en février 2020 pour protester contre ce scandale réunit des milliers de signatures.

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La société française face à l'héritage de son passé colonial

Des « vieilles colonies » aux outre-mer :
essai d’historiographie,
par Sylvain Mary et Edenz Maurice

Pendant longtemps, l’histoire des colonies françaises d’outre-mer s’est écrite sans les historiens professionnels. Puis trois principaux domaines de recherche ont émergé à partir de la fin des années 1990, acquérant une visibilité nationale : l’étude de la traite négrière et de l’esclavage ; l’analyse de l’histoire des Dom comme postcolonies ; et la publication d’outils de recherche bibliographiques grâce à un accès facilité aux archives. Une histoire « sans historiens », « mutique » ou encore « périphérique » ? Autant de formules aujourd’hui dépassées pour décrire l’état de la recherche sur les outre-mer. Bien ancrée dans les sciences sociales, cette histoire avance désormais à bon train, comme l’explique cet article très documenté.

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Le massacre de Thiaroye décembre 1944

Nouvelles recherches sur le massacre de Thiaroye commis par l’armée française au Sénégal en 1944

Le livre d’Armelle Mabon Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée (La Découverte, 2010) a été récemment réédité, augmenté d’un copieux chapitre, fruit de nouvelles recherches de l’historienne sur le massacre de Thiaroye perpétré par l’armée coloniale française au Sénégal en décembre 1944 contre des tirailleurs dont beaucoup avaient rejoint en France la Résistance et qui demandaient simplement les soldes qu’on leur avait promises. Il fait le point sur le procès scandaleux fait en 1945 à trente-quatre survivants du massacre. Nous en publions ici un extrait et présentons également le combat de Biram Senghor pour la réhabilitation de son père, M’Bap Senghor, qui n’a obtenu jusqu’ici qu’une surprenante modification par le Service historique de la Défense d’une archive publique.

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