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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Benjamin Stora :
Un passé à reconnaître et à enseigner

Alors que la France tout entière débat des problèmes de racisme et de discriminations qui perdurent dans sa société, le quotidien algérien « El Watan » a publié le 16 juin 2020 un article de Nadjia Bouzeghrane qui souligne le rôle de vigie joué par Benjamin Stora sur la question de leurs racines coloniales. Elle rappelle ses ouvrages, Les guerres sans fin. Un historien, la France et l’Algérie (Stock, 2008), et La Gangrène et l’Oubli paru en 1991 (La Découverte), où il explique que « la mémoire de la guerre d’Algérie travaille en profondeur la société française à travers quatre grands groupes : les pieds-noirs, les harkis, les immigrés, les soldats ». Ci-dessous, cet article d' »El Watan » et le chapitre de La Gangrène et l’Oubli intitulé « France : derrière l’immigration, la guerre d’Algérie ».

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Séquelles politiques postcoloniales

« Ethnicisation de la question sociale » :
sortez de votre ignorance, monsieur le Président !

Lors de son allocution du 14 juin, Emmanuel Macron a déclaré à propos du refus du racisme : « ce combat noble est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé. Ce combat est inacceptable lorsqu’il est récupéré par les séparatistes ». Il a aussi, quelques jours plus tôt, dans des propos rapportés par le quotidien Le Monde, accusé le monde universitaire d’avoir « encouragé l’ethnicisation de la question sociale ». Nous publions ci-dessous la réponse que lui a faite la sociologue Alizée Delpierre dans les colonnes de l’hebdomadaire Alternatives économiques.

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Séquelles politiques postcoloniales

Réflexions sur la « blanchitude »,
par Alain Ruscio

De quelle couleur sont les Blancs ?, c’est la question que pose le titre d’un livre dirigé par Sylvie Laurent et Thierry Leclère paru en 2013 aux éditions La Découverte, sous-titré Des « petits Blancs » des colonies au « racisme anti-Blancs ». Il s’interroge sur la mentalité née parmi les Européens des colonies, faite d’un sentiment de supériorité, mais aussi d’inquiétude et même de peur, qui a produit l’idée, durable et bien ancrée, que la blancheur de l’épiderme représenterait une « normalité » et serait le signe d’une prévalence hiérarchique au sein de l’espèce humaine. On trouvera ci-dessous le texte qu’Alain Ruscio a publié dans ce livre, sous le titre « Blanc, couleur de l’Empire », qui est une réflexion plus que jamais d’actualité sur cette réalité habituellement jamais nommée, la « blanchitude ».

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La Françafrique

Les archives du président Mitterrand autour du génocide au Rwanda vont être accessibles aux chercheurs

Au terme d’une longue bataille administrative, le Conseil d’État vient d’accorder l’ouverture des archives de l’Élysée sur le Rwanda au chercheur François Graner, membre de l’association Survie, co-auteur du livre, L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda. Il a estimé que ses demandes présentent « un intérêt légitime au regard de la liberté de recevoir et de communiquer des informations et des idées pour nourrir les recherches historiques et le débat sur une question d’intérêt public ». Le chercheur demandait à accéder notamment aux documents de Bruno Delaye, Hubert Védrine et Dominique Pin. Cette décision créée une jurisprudence, elle pose un point général de droit qui dépasse son cas et va s’imposer pour les demandes futures sur d’autres sujets.

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Commémorations

Les paroles et les images de la cérémonie d’hommage à Josette et Maurice Audin au cimetière du Père Lachaise

Pour le 63ème anniversaire de l’enlèvement à Alger, le 11 juin 1957, de Maurice Audin par des parachutistes français qui l’ont assassiné quelques jours plus tard, un rassemblement d’hommage à Josette et Maurice Audin a eu lieu au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, devant le cénotaphe à Mautice Audin inauguré en 2019. Nous en publions les images ainsi que les interventions, dont celle de Pierre Mansat, président de l’Association Josette et Maurice Audin. Etaient présents notamment Cédric Villani, Pierre Laurent, Bertrand Delanoë — qui, comme maire de Paris, avait pris la décision de nommer une place Maurice Audin dans la capitale —, et Marie-Christine Lemardeley, adjointe à la maire de Paris, qui représentait Anne Hidalgo.

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Séquelles politiques postcoloniales

Les statues de colonisateurs, symboles d’une domination dont les peuples d’outre-mer ne veulent plus, par Alain Ruscio

Le 22 mai 2020, en Martinique, deux statues de Victor Schoelcher ont été mises à bas le jour où l’île commémorait l’abolition de l’esclavage. Un acte fondé sur un contre-sens puisque Schoelcher avait lutté pour obtenir cette abolition, choquante du fait de l’indemnisation des maîtres, mais cette mesure lui avait été imposée et il avait milité sans y parvenir pour que des moyens soient donnés aux anciens esclaves. Indépendamment de cette méconnaissance concernant Schoelcher, de nombreuses statues à la gloire des colonisateurs édifiées aussi bien en métropole que dans l’ancien espace colonial ont été la cible de la colère des colonisés à l’heure des indépendances, et aujourd’hui pour les peuples d’outre-mer, elles symbolisent une domination qu’ils ne veulent plus subir.

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Commémorations

Le jeudi 11 juin 2020, au cimetière du Père Lachaise à Paris, hommage à Josette et Maurice Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin a été enlevé à son domicile d’Alger par des policiers et des militaires français, et, une dizaine de jours plus tard, été assassiné par les parachutistes qui le détenaient. Le 11 juin 2019, un cénotaphe, monument funéraire qui ne contient aucun corps, a été inauguré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, non loin du Mur des Fédérés où ont péri les derniers Communards et des monuments aux victimes des camps nazis. En 2020, l’Association Josette et Maurice Audin honore la mémoire de Josette Audin, qui a partagé tous les engagements de Maurice, et celle du militant de l’indépendance algérienne, Maurice Audin, dont on ignore encore les circonstances exactes du décès. Elle affirmera la permanence de son action pour la vérité, la justice sur cet assassinat et sa solidarité avec le combat du peuple algérien.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Enquête sur deux photos de la torture en Algérie, par Fabrice Riceputi

Si la torture a été massivement pratiquée par l’armée française durant la Guerre d’indépendance algérienne, il n’existe que très peu d’images connues la représentant. A la suite du blog Textures du temps de l’historienne Malika Rahal, nous reproduisons ici deux d’entre-elles, accompagnées d’une enquête sur leur production et leur histoire menée par Fabrice Riceputi. Elles furent réalisées en 1957 par un inconnu, au prix de risques importants. Leur auteur voulait alors témoigner en métropole de l’existence de cette pratique que le gouvernement Guy Mollet niait. Mais elles ne purent être montrées que cinquante cinq ans plus tard, en 2012.

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La reconnaissance de l'esclavage

Pourquoi s’en prendre
aux statues de Victor Schoelcher ?

Le vendredi 22 mai, des militant(e)s ont détruit deux statues de Victor Schoelcher en Martinique, à Fort-de-France et à Schoelcher. Ce jour-là, l’île commémorait l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage, par un décret de la Deuxième République du 27 avril 1848 pour lequel Victor Schoelcher avait longtemps combattu. Nous publions la réaction de l’historien Marcel Dorigny, ainsi que celles de trois universitaires antillais, Myriam Cottias, Louis-George Tin et Dominique Taffin, recueillies par le quotidien 20 Minutes. Ils s’interrogent sur le bien fondé de cet acte, mais aussi sur ses raisons, dans le contexte actuel de lutte contre le racisme et d’inégalités persistantes dans la société des Antilles. Nous reproduisons aussi les liens vers une vidéo qui justifie ces destructions et vers le communiqué publié à ce sujet par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

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La reconnaissance du passé colonial

Recherches entravées… il est urgent de lever les obstacles à la consultation des archives

Paradoxalement, après la déclaration importante du président de la République du 13 septembre 2018 concernant la vérité sur l’affaire Audin et les tortures pratiquées par l’armée française en Algérie, des mesures ont été prises concernant les archives qui empêchent le processus qu’il a jugé nécessaire et entravent les recherches sur notre histoire contemporaine. Via l’organisme opaque qu’est le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), a été mis en place, en effet, en 2019 et jusqu’à aujourd’hui, un mécanisme long et complexe de « déclassification » qui empêche l’accès aux archives tel que prévu par la loi. Par des questions orales ou écrites, plusieurs parlementaires s’en sont inquiétés. Il est urgent de lever ces obstacles dressés en France contre la liberté de la recherche historique et le droit des citoyens à l’information.

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La reconnaissance du passé colonial

Albert Memmi, écrivain et penseur de la société coloniale et du racisme

Albert Memmi est mort le 22 mai 2020 dans sa centième année. Né à Tunis le 15 décembre 1920 dans une famille juive arabophone, formé d’abord à l’école rabbinique puis à l’école de l’Alliance israélite universelle, il a poursuivi sa scolarité, grâce à une bourse, au lycée Carnot de Tunis, puis à l’université d’Alger, où il mena des études de philosophie qu’il poursuivra à la Sorbonne. Installé en France en 1956, il a conduit une carrière universitaire à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) puis à Nanterre. Ses œuvres de fiction comme ses essais sociologiques portent en particulier sur les rapports de domination, sur les conséquences complexes de la société coloniale et sur les différentes formes de racisme. L’universitaire Hervé Sanson, qui a publié avec lui Penser à vif. De la colonisation à la laïcité, l’évoque pour notre site.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle Calédonie va-t-elle
interrompre sa décolonisation ?

La date prévue pour le prochain référendum en Kanaky-Nouvelle Calédonie est le 6 septembre 2020. Le FLNKS, réuni le 22 mai en Bureau politique élargi, s’est prononcé pour un report de la date du référendum au 25 octobre ou au 1er novembre. Ceci, parce que le second tour des élections municipales étant fixé au 28 juin, le délai entre cette échéance et le 6 septembre est trop court pour une campagne spécifique au référendum. De son côté, le président de l’Union calédonienne a publié le 18 mai une lettre ouverte que nous reproduisons. Il constate que certains élus calédoniens et certains représentants de l’Etat ne se soumettent pas aux règles sanitaires qui régissent la sécurité des Calédoniens. S’ils devaient persister dans cette attitude, l’Union calédonienne appellera la population à protéger le pays par toutes les voies possibles et elle l’assumera.

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