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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

De nouveaux échos du livre essentiel
de Raphaëlle Branche,
Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?

Articles, interviews et réactions se succèdent depuis la parution, début septembre 2020, du livre essentiel de Raphaëlle Branche, Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?. Jacques Inrep, l’un des appelés qui avait aidé Pierre Vidal-Naquet à documenter ses livres sur la torture pratiquée par l’armée française en Algérie et qui, devenu psychanalyste et membre de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG), a renseigné l’historienne au fil de sa longue enquête, nous a envoyé son point de vue sur un livre dont il conseille vivement la lecture. Nous publions également l’entretien que Raphaëlle Branche a donné à Hassina Mechaï et que Le Point Afrique a publié le 28 septembre 2020. Et aussi le lien vers l’entretien filmé que l’autrice de ce livre a accordé à Rachida El Azzouzi et Fabien Escalona, publié le 2 octobre par Mediapart.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Deux soirées sur France 2 et sur Arte qui renvoient à l’histoire de la colonisation

Comme un symptôme du retour dans l’espace public en ce XXIème siècle de la mémoire de la colonisation, plusieurs films qui y renvoient sont diffusés à la télévision en ce mois d’octobre 2020. Sur France 2, le mardi 6 octobre, les deux films de David Korn-Brzoza et Pascal Blanchard, « Décolonisations : du sang et des larmes », et sur Arte le 7 octobre le film de Nathalie Masduraud et Valérie Urrea, « Pornotropic – Marguerite Duras et l’illusion coloniale ». Notre site reproduit ci-dessous leur présentation par les chaînes qui les diffusent. Comme il a présenté en janvier 2020, lors de sa diffusion par Arte, le documentaire « Décolonisations. Le bouleversement mondial », réalisé par Karim Miské et Marc Ball, accompagnés dans l’écriture par l’historien Pierre Singaravélou. Autant de documentaires qui donnent à réfléchir sur cette page de notre histoire.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Kanaky : l’idée d’indépendance
ne cesse de progresser

A l’occasion du deuxième référendum organisé le 4 octobre 2020 en Kanaky-Nouvelle Calédonie, la volonté d’indépendance et de décolonisation s’est exprimée plus fortement que lors du précédent. Le oui à l’indépendance est arrivé nettement en tête là où vivent en majorité des citoyens kanak : 84,6% dans la province des îles et 77,8% dans celle du nord (pour 29,1% dans la troisième province, celle du sud). Mais aussi dans des secteurs dont la population est de diverses origines. Au total, le oui a recueilli 46,7% de voix, pour 43,3% lors du référendum de novembre 2018. Une progression très encourageante dans la perspective du troisième référendum qui devrait avoir lieu dans deux ans.

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L'accès aux archives coloniales

La presse fait écho au recours déposé devant le Conseil d’Etat sur
les archives classées « secret-défense »

Une conférence de presse, annoncée par notre site, a eu lieu le 1er octobre 2020 après le dépôt d’un recours au Conseil d’Etat contre les dispositions administratives qui entravent l’accès au archives. Elle a suscité une dépêche de l’AFP et plusieurs échos dans la presse. Ci-dessous l’article d’Yves Bordenave dans Le Monde du 1er octobre, la tribune des présidents des trois associations requérantes — Céline Guyon, présidente de l’Association des archivistes français, Clément Thibaud, président de l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche, et Pierre Mansat, président de l’Association Josette et Maurice Audin —, parue dans ce quotidien le 2 octobre — et l’interview de ce dernier à RFI. Ainsi que les articles de Jérôme Skalski, « Un recours contre le “confinement” des archives nationales », publié dans l’Humanité le 2 octobre et de Chloé Leprince intitulé « L’ombre du général Massu menace-t-elle toujours ceux qui travaillent sur la guerre d’Algérie ? », paru le 1er octobre sur le site de France culture.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Kanaky-Nouvelle-Calédonie : avant le référendum, Mediapart a publié un livre important qui a fait l’objet d’une manœuvre perverse de dénigrement

Avant le référendum sur l’indépendance qui a lieu le 4 octobre en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, Mediapart a publié aux éditions La Découverte, le livre Une décolonisation au présent, coordonné par Joseph Confavreux, avec un beau texte d’Edwy Plenel dont nous donnons de larges extraits. Leur force et leur qualité a provoqué une honteuse offensive de dénigrement de la part de ceux qui se proclament « loyalistes » et refusent la décolonisation. Une tribune publiée dans Le Monde le 16 septembre 2020 a cherché à utiliser le nom de l’un des fils du leader indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou pour leur reprocher « un paternalisme tout à fait colonial ». Cette manœuvre perverse a suscité la mise au point cinglante d’Edwy Plenel dans Le Monde du 1er octobre que nous reproduisons ici.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Kanaky, vingt-deux ans après l’accord de Nouméa,
par Isabelle Leblic

Un référendum d’autodétermination se tiendra le 4 octobre 2020 en Kanaky Nouvelle-Calédonie dans le cadre de l’accord de Nouméa de mai 1998 qui avait engagé ce territoire dans un processus de « décolonisation dans la République ». Il fait suite à celui organisé en 2018 qui, à la question : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », bien que le non l’ait emporté avec une majorité de 57 %, avait connu un nombre de oui qui dépassait déjà les attentes. Conformément à l’accord de Nouméa, un troisième et dernier référendum pourra avoir lieu dans les deux années à venir si le non l’emporte à nouveau en 2020. À la veille de ce deuxième référendum, la chercheuse au CNRS Isabelle Leblic fait le point sur cette consultation qui représente une étape importante dans l’histoire de la Kanaky Nouvelle-Calédonie.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Un roman graphique sur l’œuvre de Frantz Fanon

L’écrivain Frédéric Ciriez et le dessinateur Romain Lamy ont publié à La Découverte une évocation documentée de l’itinéraire de Frantz Fanon (1925-1961) sous la forme d’un roman graphique. Ils y imaginent en particulier le contenu de la rencontre qui eut lieu à Rome en août 1961, durant trois jours, du penseur martiniquais avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Claude Lanzmann. Fanon est indissociable de la réflexion sur le racisme, la guerre d’indépendance algérienne et les luttes anticoloniales du XXe siècle. Au moment où les négociations d’Evian avaient commencé et où se dessinait l’indépendance prochaine de l’Algérie, Fanon, gravement malade, raconte sa vie et ses combats et échange avec Sartre en lui portant parfois la contradiction. Ce livre est à la fois une biographie intellectuelle et politique de Frantz Fanon et une introduction à son œuvre dont l’importance ne cesse d’être davantage reconnue au XXIème siècle.

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Séquelles politiques postcoloniales

Non au projet de loi sur le « séparatisme »

Dans la lettre ouverte au président de la République qui a été publiée le 25 septembre 2020 par Mediapart, le président de la Ligue des droits de l’Homme, Malik Salemkour, rejette l’idée d’une loi « contre le séparatisme ». Il affirme : « Le fameux “séparatisme” que vous ne définissez jamais, en l’agitant sans cesse, c’est le nouveau bouc émissaire contemporain, pour l’essentiel l’islam et les musulmans ». Et ajoute : « La République n’est ni votre propriété, ni un terrain de jeu ! Ses principes et les valeurs qu’elle porte ne sauraient dépendre des intérêts électoraux de quiconque ». S’en prendre au « séparatisme » est une opération politicienne porteuse du rejet d’une partie de la nation. Nous reproduisons ci-dessous cette lettre ouverte, ainsi que le communiqué commun publié à ce sujet par les syndicats CGT, FSU, Solidaires, UNEF et UNL.

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L'accès aux archives coloniales

Un recours a été déposé au Conseil d’Etat
pour demander l’ouverture des archives

Depuis de longs mois, des archivistes, des juristes, des historiennes et des historiens, relayés par une pétition signée par plus de 15 000 personnes, dénoncent une restriction inadmissible dans l’accès aux archives contemporaines de la Nation. Le 23 septembre 2020, l’Association des archivistes français, l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’Association Josette et Maurice Audin, ainsi qu’un collectif d’historiennes et historiens, d’archivistes et de juristes, ont saisi le Conseil d’État pour obtenir l’abrogation de l’article 63 de l’Instruction générale interministérielle n° 1300, une mesure réglementaire qui entrave l’accès aux archives contemporaines de la Nation. Une visio-conférence de presse a lieu le 1er octobre comme indiqué ci-dessous.

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La reconnaissance du passé colonial

Benjamin Stora s’explique sur le rapport
qu’il doit remettre au président de la République

Emmanuel Macron a demandé fin juillet à Benjamin Stora un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie dans les deux pays. Une mission vivement contestée par l’extrême droite et la droite française et au sujet de laquelle la gauche est restée silencieuse. L’historien s’en est expliqué dans l’entretien pour Mediapart avec Rachida El Azzouzi dont nous donnons le lien. Il y répète qu’il ne travaillera ni avec la personnalité désignée par le président Tebboune, ni dans le cadre d’une commission mixte binationale. Dans son article ci-dessous, la journaliste résume ses propos et évoque les débats que cette mission a suscités. La remise du rapport est prochaine. Les conclusions qu’en tirera Emmanuel Macron montreront s’il est véritablement décidé à entreprendre un travail de vérité historique sur ces sujets ou si ses déclarations antérieures seront sans lendemain.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

Eric Jennings : « L’histoire africaine de la France libre a été occultée par celle de la Résistance intérieure »

L’historien canadien Eric Jennings, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toronto, a étudié les rapports de la France — vichyste comme résistante — avec son empire colonial durant la Seconde Guerre mondiale. Il explique dans un entretien à TV5MONDE que la mémoire française a tendance à réduire la Résistance et la France libre à l’exil du général de Gaulle à Londres, à son appel du 18 juin 1940 et aux combattants des réseaux et des maquis de l’intérieur. Or, durant cette période, la vraie capitale de la France libre ne fut pas Londres mais Brazzaville. Sans les Africains, la Résistance extérieure française n’aurait peut-être pas vu le jour. Il serait temps qu’en France cette histoire africaine de la France libre cesse d’être méconnue et sous-estimée.

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La reconnaissance du passé colonial

Étienne Achille et Lydie Moudileno :
« Pour une décolonisation du quotidien »

Écrire des « mythologies » et des « lieux de mémoire » postcoloniaux. C’est à ce projet ambitieux que se sont attelés Étienne Achille et Lydie Moudileno, avec une volonté politique et historique qui résonne avec les mobilisations antiracistes contemporaines. Ci-dessous l’entretien qu’ils ont accordé à Joseph Confavreux pour Mediapart. Tous deux travaillent aux États-Unis, en Pennsylvanie et en Californie du Sud, et c’est en s’inspirant du meilleur des postcolonial studies qui se développent dans les universités nord-américaines qu’ils se sont lancés dans une tentative audacieuse de réécriture dans une perspective post-coloniale des deux grands livres que sont les Mythologies de Roland Barthes et les Lieux de mémoire, dirigé par Pierre Nora.

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