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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Racisme et islamophobie

Un livre pour décortiquer
la langue française
et le langage de l’islamophobie

Le linguiste Roland Laffitte n’avait pas en écrivant ce livre le projet de réfuter les propos ineptes d’une ministre sur l’« islamogauchisme » qui déferlerait à l’université. Son étude porte sur l’étymologie de la langue française, au sein de laquelle on compte de nombreux mots venant de l’arabe, aussi bien dans la langue classique que dans le langage parlé des cités populaires et des cours d’école. Dans une phrase bien française comme « Passée la douane, la caravane de chameaux déchargea fissa son fardeau sur la moquette du magasin, sans rien laisser au hasard », pas moins de la moitié des mots est d’origine arabe. L’auteur analyse aussi le français colonial, notamment le jargon des troupes, dont le prolongement est la langue de certains plateaux de télévision qui est souvent le véhicule d’une islamophobie ouverte ou diffuse. Et propose en annexe un « Dictionnaire de l’islamophobie ».

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L'accès aux archives coloniales

Accès aux archives de la guerre d’Algérie,
un communiqué de l’Elysée
ne donne pas satisfaction aux demandes
d’un respect pur et simple de la loi

Un communiqué que nous reproduisons ci-dessous a été publié le 9 mars 2021 sur le site de l’Elysée disant que « le président a entendu les demandes de la communauté universitaire pour que soit facilité l’accès aux archives classifiées de plus de cinquante-ans ». Mais les trois associations qui ont introduit deux recours devant le Conseil d’Etat pour l’annulation des instructions interministérielles qui entravent cet accès estiment que ce n’est pas une prise en compte réelle de leur demande. En effet, la « déclassification au carton » que mentionne ce communiqué présidentiel maintient un processus de déclassification obligatoire dont elles demandent l’annulation. Ci-dessous leur communiqué, ainsi que la lettre à la ministre des Armées, qui va dans le même sens, de l’historien Robert Frank (Université Paris I) au nom du Conseil scientifique de la recherche historique de la défense, et quelques unes des nombreuses publications depuis : dans l’Humanité, Le Monde, Franceinfo, le New York Times et Ouest France.

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Les résistances à la guerre d'Algérie

Le Manifeste des 121,
Déclaration pour le droit à l’insoumission
dans la guerre d’Algérie

La publication, le 6 septembre 1960, du Manifeste pour le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie a été un tournant important dans la dénonciation en France de la guerre d’Algérie. Critiquant durement le récent rapport de Benjamin Stora, un petit groupe d’historiens a déploré sa préconisation d’organiser un colloque international sur les refus de la guerre d’Algérie en prétendant opposer au Manifeste des 121, le « Manifeste des Intellectuels français pour la résistance à l’abandon », dont les signataires sont qualifiés par eux de « plus nombreux » et portant « des noms prestigieux ». Alain Ruscio, dans l’article ci-dessous pour l’Encyclopédie de la colonisation française (Les Indes savantes) compare les signataires du Manifeste des 121 à ceux de ce texte qui prétendait lui répondre. Entre Pierre Vidal-Naquet et Thierry-Maulnier, entre Jean-Paul Sartre et Jean Dutourd, la comparaison est impitoyable.

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Madagascar

L’insurrection malgache de 1947 :
un « trauma » colonial ?

Dans cet article de synthèse, Raphaël Gallien et Maxence Habran, chercheurs au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA) de l’Université de Paris, rappellent à quel point l’insurrection de 1947 et sa terrible répression par les troupes coloniales, au prix de dizaines de milliers de morts, constitue un épisode structurant pour la communauté nationale malgache d’aujourd’hui, même s’il est longtemps resté entouré de silence. Ils font le point sur les avancées historiographiques sur ce drame majuscule et montrent que les jeunes générations ont moins d’inhibitions que leurs aînées à évoquer 1947 comme un repère d’espérance et de fierté dans un pays qui voit le niveau de vie de ses habitants chuter sans discontinuer depuis le milieu des années 1970. Les obstacles dans la transmission des savoirs sur cette histoire restent tangibles, mais leur mémoire, un temps refoulée, s’affiche aujourd’hui au grand jour, lors de commémorations indissociables d’enjeux politiques contemporains et d’expressions culturelles (livres, films…) plus nombreuses.

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Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

La France reconnait l’assassinat en 1957
de Me Ali Boumendjel
Une parole de vérité nécessaire mais bien tardive

L’avocat Ali Boumendjel, juriste et élève du professeur de droit et grand résistant René Capitant, connu en Algérie pour être proche de Ferhat Abbas au sein de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA), est l’un des milliers d’Algériens qui ont été enlevés puis assassinés par l’armée française pendant le grande répression d’Alger en 1957. Sa veuve, Malika, qui n’a cessé de demander aux autorités françaises la vérité sur la mort de son mari, est morte en août 2020 à l’âge de 101 ans, sans avoir reçu une parole de vérité de leur part. Le 2 mars 2021, elle aurait eu 102 ans. Emmanuel Macron a reçu au Palais de l’Elysée quatre de ses petits-enfants pour leur dire au nom de la France ce qu’elle aurait voulu entendre : Ali Boumendjel ne s’est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné.

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L'accès aux archives coloniales

De nombreux articles dans la presse
sur les entraves à l’accès aux archives

Notre site s’est impliqué dans l’organisation, le 20 septembre 2019, d’une journée d’étude à l’Assemblée nationale d’où a émergé la nécessité de s’opposer aux entraves à l’accès aux archives de la guerre d’Algérie, et de demander l’application de la promesse faite un an plus tôt par le président de la République d’en permettre la libre consultation. Les début de l’année 2020 ayant été marqués par une fermeture accrue, un recours a été déposé par des historiens, des archivistes et l’Association Josette et Maurice Audin auprès du Conseil d’Etat pour qu’il impose la levée de ces entraves. Ci-dessous le lien vers la pétition qui l’accompagne et qui va approcher 20 000 signataires. De nombreux journaux évoquent cette mobilisation, comme en témoignent les articles parus dans Le Monde, L’Humanité, La Croix, Libération et la revue L’Histoire.

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La reconnaissance du passé colonial

Marseille, le nom des rues en débat :
quelle place accorder dans l’espace public
au passé colonial et à ses suites ?

Les personnages honorés dans l’espace public sont des repères pour les citoyens. A Marseille, des rues et des écoles portent les noms des colonisateurs Bugeaud ou Cavaignac. L’association Ancrages, qui travaille sur l’histoire de la ville et sa diversité, a élaboré une liste de 315 noms dont les parcours pourraient être rappelés dans l’espace public. L’écrivain Claude Mckay, originaire de la Jamaïque, et la militante de l’indépendance algérienne puis de l’antiracisme à Marseille, Baya Jurquet-Bouhoune, en font partie. Cette association a fait des proposition de cartels pour accompagner les statues à la gloire de la colonisation qui se trouvent à la Gare Saint-Charles. Le Collectif pour une mémoire apaisée appelle à débaptiser les lieux portant les noms de Bugeaud et de Cavaignac pour leur donner les noms de Gisèle Halimi et de Maurice Audin. Par ailleurs, après un quart de siècle de refus de l’ancienne municipalité, une avenue au nom d’Ibrahim Ali, tué en 1995, à 17 ans, par des colleurs d’affiches du FN, a été enfin officiellement inaugurée.

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Italie

La mémoire coloniale en Italie,
un passé refoulé qui resurgit aujourd’hui

Libye, Somalie, Ethiopie : commencée peu après l’unification de l’Italie (1861), devenue centrale dès 1929 pour le régime fasciste de Mussolini, la colonisation par l’Italie de ces trois pays d’Afrique fut marquée par de nombreuses atrocités, loin du mythe d’une occupation douce qui a chercé à s’imposer. Longtemps refoulés, ces souvenirs commencent à ressurgir. C’est l’objet d’une enquête de Jérôme Gautheret publiée dans Le Monde, que nous faisons suivre d’une recension du roman traduit de l’italien de Francesca Melandri, Tous sauf moi, publié chez Gallimard, ainsi qu’un entretien en vidéo avec cette écrivaine qui explore de façon passionnante les liens entre la colonisation italienne en Afrique et les migrations actuelles en Méditerranée orientale.

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Séquelles politiques postcoloniales

Nombreuses réactions à la chasse aux sorcières lancée par Frédérique Vidal
contre l’épouvantail de l’« islamo-gauchisme »

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal a lancé une chasse à l’« islamo-gauchisme » dans les universités. Ci-dessous un entretien donné à la revue Regards par Eric Fassin, sociologue et professeur à l’université Paris-8, qui montre qu’elle s’approprie le vocabulaire de l’extrême droite ; un article d’André Gunthert, publié par Mediapart, qui explique que ce terme en dit plus long sur l’idéologie de ceux qui l’emploient que sur le monde de la recherche ; et un appel publié par Le Monde qui demande la démission de la ministre. Enfin, une analyse par Stéphane Dufoix, professeur de sociologie à l’Institut Universitaire de France, publiée dans le Journal du dimanche, qui décrypte ces accusations d’« islamo-gauchisme » dont fait l’objet l’université française.

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La reconnaissance du passé colonial

« Repentance » : l’histoire d’un mot écran

Il n’y aura « ni repentance, ni excuses » : telle fut, dans la bouche de Bruno Roger-Petit, l’actuel conseiller mémoire du président Macron, la première réaction de l’Elysée au rapport de l’historien Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie, avant même sa remise officielle, le 20 janvier 2021. « Repentance » : l’usage officiel de ce mot est lourd de signification et ne peut qu’inquiéter ceux qui militent pour la reconnaissance de ce que fut le colonialisme. Rappelons que cette notion aujourd’hui banalisée dans le débat public français a une histoire : empruntée au vocabulaire religieux, elle fut introduite dans les années 2000 comme repoussoir par des courants politiques nationalistes amateurs de roman national, désireux de réhabiliter la colonisation et de disqualifier toute histoire critique de cette dernière, avant d’être consacrée sous Nicolas Sarkozy. Nous publions ici deux textes, l’un de Fabrice Riceputi, l’autre de Sébastien Jahan et Alain Ruscio, qui expliquent l’émergence de ce thème, ainsi qu’un article de Gilles Manceron paru le 17 février 2021 dans l’Humanité.

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Rwanda

Rwanda juillet 1994 :
un document confirme l’ordre de la France
de laisser s’enfuir les génocidaires

En juillet 1994, les principaux membres du gouvernement rwandais responsable du génocide des Tutsis sont entrés dans la Zone Turquoise contrôlée par l’armée française. Leur arrestation est possible et même réclamée par le commandement militaire de cette Zone, qui a connaissance des fortes présomptions qui pèsent contre eux. Grâce à la décision du Conseil d’Etat d’autoriser le chercheur François Graner à accéder aux archives de François Mitterrand, il a pu consulter un document inédit, émanant alors du cabinet du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, qui montre que la France a préféré les laisser partir. Il est signé de l’actuel patron de la DGSE. Ci-dessous l’article de Mediapart qui explique son contenu et l’émission de RFI qui a réuni François Graner et le colonel Jacques Hogard, chargé en 1994 d’organiser l’exfiltration de ces présumés organisateurs du génocide.

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Musées et créations contemporaines

Les réflexions d’un historien britannique
à propos d’un monument ou d’une statue
de l’émir Abd el-Kader en France

Parmi les préconisations du rapport que Benjamin Stora a remis à sa demande le 20 janvier 2021 au président de la République, Emmanuel Macron, figure la construction, au moment du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022, d’une stèle à l’émir Abd el-Kader à Amboise, où il a vécu en résidence surveillée de 1848 à 1852, ainsi que la restitution de son épée à l’Algérie. Rendre hommage à ce héros de la lutte du peuple algérien face à la colonisation française est une nécessité. Pour sa part, notre site a réclamé, dès octobre 2017, sur la suggestion d’Alain Ruscio, l’ouverture d’un débat sur l’installation d’une statue d’Abd el-Kader sur la place qui porte son nom à Paris, inaugurée par son maire, Bertrand Delanoë, en novembre 2006. Ci-dessous les réflexions à ce sujet de l’historien britannique Neil MacMaster.

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