les degrés dans le crime, par Pierre Vidal-Naquet
Du 11 mai au 4 juillet 1987, au palais de justice de Lyon, Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon, a eu à répondre devant une cour d’assises de faits relevant de la complicité de crimes contre l’humanité. Sous ses ordres, de nombreux résistants, dont Jean Moulin, avaient été torturés et exécutés, des milliers de Juifs, dont les 44 enfants d’Izieu, avaient été déportés vers Auschwitz via Drancy.
Klaus Barbie, dont la défense était assurée par Jacques Vergès, a été condamné à la prison à vie pour complicité de crimes contre l’humanité1.
Me Vergès a plaidé la similitude de nature entre les crimes commis par l’Etat français lors de la guerre d’Algérie et ceux de l’occupant nazi – ces derniers étant imprescriptibles car reconnus crimes contre l’humanité2.
Tout au contraire, lors de son témoignage à ce procès, André Frossard avait abordé la distinction entre crime de guerre et crime contre l’humanité3, question que Pierre Vidal-Naquet devait développer dans l’article que vous trouverez ci-dessous4.




