4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

voleurs_de_reves.jpg
Le témoignage de Bachir Hadjadj

«les voleurs de rêves» de Bachir Hadjadj

« Ce livre-là, nous étions nombreux à rêver qu’on l’écrive, depuis bientôt un demi-siècle, sitôt qu’a pris fin le sanglant corps à corps franco-algérien,
le 19 mars 1962. Et la voilà enfin, l’autobiographie d’une famille depuis l’époque antérieure à la conquête, à travers trois périodes : la turque, la française, l’algérienne proprement dite, manifestant la continuité profonde d’un peuple, assurée par l’islam au travers des immenses bouleversements provoqués par les guerres et cent trente ans de colonisation impérieuse. L’extraordinaire intérêt du livre de Bachir Hadjadj réside dans la sincérité du ton, dans l’intrépidité du témoignage. » [ Jean Lacouture]

Les voleurs de rêves — 150 ans d’histoire d’une famille algérienne de Bachir Hadjadj, éd. Albin Michel (Avril 2007) – 460 pages, 22 euros.

Lire la suite »
Lettre de Xavier à ses parents, 15 février 1959.
Les résistances à la guerre d'Algérie

Refuser la torture, par Xavier Jacquey

Comment se souvenir de la guerre d’Algérie? Comment dire la violence?
Acteurs ou témoins, ceux qui ont été appelés sont déchirés. Impossible de
choisir entre une mémoire impossible et un impossible oubli. La violence
est toujours là. Quand ils veulent l’oublier, les événements des guerres
actuelles la font resurgir. Les notes prises au jour le jour, les lettres,
les photographies envoyées alors aux parents exhumées dans les greniers
confirment les cauchemars.

Le 16 mars 2007, s’est tenue à l’Université Inter-Age de Versailles une table-ronde animée par Pierre Servent sur le thème « Guerre d’Algérie, leçon d’histoire pour aujourd’hui »1. Nous avons choisi de reprendre le témoignage du docteur Xavier Jacquey alors infirmier appelé à la fin des années 1950.

Lire la suite »
La délégation du collectif : Jacky Malléa, Marcel Le-Goallec, Patrick Lecrocq, Dominique Lasnier, Christian Bousquet, Bernard Cholet (de g. à dr.).
Perpignan

musée à la gloire de la colonisation : les désaccords persistent

Comme cela avait été convenu le 26 mars dernier2, le maire de Perpignan a reçu le 10 avril une délégation du collectif opposé au projet d’un « centre de la présence française en Algérie ».

Malheureusement, il ne semble pas que la position de Jean-Paul Alduy se soit modifiée à la suite de cette rencontre. Le collectif a donc décidé de poursuivre ses manifestations silencieuses.

[Première publication le 16 avril, mise à jour le 21 avril 2007]
Lire la suite »

“la rémanence des stérétotypes coloniaux dans le discours politique, 1962-2005”, par Yann Scioldo-Zürcher

Les pieds-noirs ne forment pas une communauté, ni même un groupe homogène, et plusieurs mémoires, parfois concurrentes, les caractérisent. Pourtant, il se dégage une « vision pied-noir de l’histoire franco-algérienne ». Faite de mythologies coloniales, de sophismes politiques, de justifications a posteriori, de rejets et de victimisation, cette vision est souvent leur unique point de rencontre.
Dans sa contribution au colloque de Lyon de juin 2006, Yann Scioldo-Zürcher
4 s’est d’abord attaché à définir cette vision historique telle qu’elle existait au temps de la colonisation, et à analyser les dénis de mémoire et les refus d’histoire sur lesquels elle reposait.

Dans la dernière partie, reproduite ci-dessous, il montre comment, après l’indépendance de l’Algérie, cette vision fut réintroduite en métropole au point de redonner vie à des stéréotypes coloniaux qui ont survécu à la fin de la colonisation.

Lire la suite »
Au centre le lieutenant Le Pen, à droite le général Massu.
Le Pen et la torture

Il faut que les Français sachent qui est Le Pen, cet homme qui a la prétention de diriger notre pays

Si le séjour de Jean-Marie Le Pen dans l’Algérie en guerre a été bref – de janvier à fin mars 1957 –, le lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), attaché à la division Massu, a laissé dans l’ex-colonie française de terribles souvenirs. Elu député poujadiste à l’âge de 28 ans, ayant voté l’envoi du contingent en Algérie décidé par le gouvernement de Guy Mollet, Jean-Marie Le Pen s’engage en 1956 pour six mois. Il débarque en pleine bataille d’Alger. Basé à la Villa des Roses (aujourd’hui remplacée par un jardin public sur les hauteurs d’El-Biar), il fait officiellement du renseignement.

Les Algériens qui ont eu à faire à lui, dans le cadre des opérations de « maintien de l’ordre », suivant la terminologie employée par les autorités françaises à l’époque, et qui acceptent de témoigner, gardent l’image d’un homme « extrêmement violent » et, par-dessus tout, d’un « tortionnaire » 5. Le cas de Abdenour Yahiaoui est particulièrement éclairant.

Lire la suite »
Image utilisée comme “bon point” – La légende : «Un enfant de sept ans, coupable d'avoir, par jeu, avec son fusil de bois, mis en joue des Prussiens, est impitoyablement tué par eux.»
Histoire de France et rejets identitaires

Nicolas Sarkozy donne un bon point à la France en histoire

Si l’on en croit le candidat UMP, la France n’a pas à rougir de son passé car elle n’a pas inventé la solution finale ni construit de chambre à gaz et qu’«il n’y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le
monde qui aient tant oeuvré pour la civilisation et le développement et si peu
pour l’exploitation.»

Lire la suite »
prisonniers hereros enchaînés
Allemagne

Le massacre des Hereros (1904-1908)

Des Hereros, on connaît surtout les coiffes exubérantes de leurs femmes et les couleurs vives des vêtements qu’elles arborent lors des fêtes. Mais peu de gens savent que ce peuple a subi un massacre au début du XX-ème siècle. Ce massacre est d’ailleurs considéré, à juste titre, comme « le premier génocide du siècle ». 6

Le 14 août 2004, lors d’une cérémonie marquant le centième anniversaire du soulèvement des Hereros contre leurs colons allemands, une ministre a présenté les excuses du gouvernement allemand pour ce massacre.

[Première publication le 27 janvier 2005, mise à jour le 12 avril 2007]

Lire la suite »
savarese.gif
Les guerres des mémoires

Algérie, la guerre des mémoires, par Eric Savarese

Comment les pieds-noirs d’Algérie construisent-ils une identité du souvenir ? Quels peuvent être les usages sociaux et politiques des mémoires coloniales ? Dans quelle mesure est-il possible de définir l’élaboration de stratégies identitaires associées à la formulation de souvenirs de la colonisation et d’identifier les acteurs qui élaborent ces stratégies ? Comment des mémoires coloniales concurrentes s’affrontent-elles, tout en se recomposant ? Quel peut être le rôle du politique en matière de gestion des mémoires ? Comment s’élaborent, et sous l’influence de quels acteurs ou facteurs, des politiques commémoratives à travers lesquelles une sélection de souvenirs acquièrent le statut d’histoire officielle ?

C’est à toutes ces interrogations que le nouveau livre d’Eric Savarese7 tente de répondre, en soulignant l’étendue du travail qu’il reste à accomplir. Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’introduction (les pages 10 à 14).

Lire la suite »

Pierre Joxe : une jeunesse porteuse de la coopération de demain

El Watan publie dans son édition du 10 avril 2007 un long entretien avec le nouveau président de l’association France Algérie.

Membre du Conseil constitutionnel depuis 2001, Pierre Joxe a été ministre de l’Intérieur de mai 1988 à janvier 1991 et ministre de la Défense de janvier 1991 à mars 1993 sous la présidence de François Mitterrand. Il a été premier président de la Cour des comptes de mars 1993 à février 2001.

Lire la suite »

les harkis et l’élection présidentielle

La campagne électorale est l’occasion pour les candidats à l’élection présidentielle de revenir sur le problème des harkis. Différentes déclarations, différentes promesses ont été faites. Cela nous a incités à rencontrer deux responsables de l’association Harkis et droits de l’Homme8, pour faire le point, à quinze jours du premier tour de l’élection.

La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme a donc rencontré Fatima Besnaci-Lancou, présidente, ainsi qu’Amar Assas, porte-parole de l’association, et leur a posé quelques questions.

Vous trouverez ensuite un communiqué du PS en date du 10 avril, un extrait d’un discours de François Bayrou, puis une présentation des intentions de Nicolas Sarkozy à la date du 31 mars.

[Première publication le 9 avril, mise à jour le 10 avril 2007]
Lire la suite »