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jsylvestre

Matin plus, vendredi 21 sept. 2007, page 13.
Les « tirailleurs sénégalais »

l’inauguration bien discrète d’une exposition sur les tirailleurs sénégalais

Samedi matin 22 septembre, au Musée du Chemin des Dames, a été inaugurée l’exposition «Dans la guerre des toubabs. Les tirailleurs sénégalais en 14-18», consacrée aux soldats africains qui ont été lancés le 16 avril 1917 à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames et aux milliers d’entre eux qui y ont perdu la vie. Voir sur ce
sujet, l’article d’Emmanuel Blanchard les tirailleurs, bras armé de la France coloniale.

Bizarrement, ni les historiens qui ont travaillé sur cette histoire, ni les associations concernées n’avaient été invités, et même les élus locaux du département les plus impliqués dans le travail de mémoire autour de la Grande Guerre comme le maire de Craonne n’ont été informés qu’au dernier moment. Comme si les autorités étaient désireuses que l’inauguration se fasse en catimini.

Notons, par ailleurs, que plusieurs médias avaient annoncé la présence à cette inauguration du président de la République, en particulier le quotidien gratuit Matin plus du vendredi 21 septembre, alors que Nicolas Sarkozy n’est pas venu. Cette annonce reposait-elle sur une information erronée ou révélerait-elle changement de programme ?

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Algérie : les affrontements des années 1990

Algérie : enterrer le dossier des disparus ?

Les «disparus» sont des personnes qui ont été enlevées, dans leur écrasante majorité, par les services de sécurité, essentiellement entre 1992 et 1997. Ils se comptent par milliers et leur sort reste toujours inconnu. Certains disparus avaient été enlevés par des groupes armés islamistes. Le sort de beaucoup d’entre eux reste également inconnu à ce jour. Mohamed Smaïn, dirigeant de la Ligue algérienne de Défense des Droits de l’Homme explique les rouages de l’oubli.

L’interview, réalisée le 21 septembre 2007, par Yassin Temlali, est reprise du site Babelmed.net 1.

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Perpignan

dérapages à Perpignan

Les projets de la mairie de Perpignan concernant la présence française en Algérie
continuent à être contestés. Ils ont été l’objet d’un sérieux incident lors du conseil municipal du 24 septembre.

Le “Mur des disparus” qui doit être inauguré fin novembre soulève en particulier de nombreuses questions. Toutes les familles de disparus à l’occasion de la guerre d’Algérie ne sont pas associées à la réalisation de ce projet, et pourtant leurs douleurs méritent toutes le même respect.

[Page mise en ligne le 25 sept., revue et complétée le 27 sept. 2007]
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France-Algérie : histoire et enjeux politiques, par G. Meynier et E. Savarese (version réduite)

Ceci est la version réduite du texte établie par ses auteurs. Elle a été publiée dans L’Humanité le 25 septembre 2007.

Les deux historiens plaident pour une reconnaissance de responsabilités de la puissance publique française dans les traumatismes entraînés par la colonisation, qui ne ferait pas l’objet d’une loi établissant des responsabilités pénales

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l’historienne Adame Ba Konaré réagit au discours de Sarkozy

Jugé décalé et rétrograde par les uns, paternaliste voire colonialiste par certains et raciste par les autres, le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier continue à susciter une vive réprobation sur l’ensemble du continent africain.

Dans un texte publié le 14 septembre par le quotidien malien Les Echos, Adame Ba Konaré s’insurge. Elle demande à ses collègues de la rejoindre dans un Comité pour la défense de la mémoire de l’Afrique. Et elle propose aux historiens africains de s’engager dans la production d’un ouvrage scientifique qui réponde au discours du chef de l’Etat français.

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France-Algérie : histoire et enjeux politiques, par Gilbert Meynier et Eric Savarèse

Les deux historiens plaident pour « le principe d’une reconnaissance de responsabilités de la puissance publique française dans les traumatismes qu’a entraînés la
colonisation», précisant qu’il «serait important qu’elle n’établisse pas de responsabilité pénale». Cette reconnaissance concernerait «au premier chef les centaines de milliers d’Algériens massacrés […], dépossédés de leurs terres et clochardisés en masse […], discriminés […] par le refus de la citoyenneté française et […] par le Code de l’Indigénat […]. Mais elle devrait aussi englober […] les Européens et les Juifs d’Algérie.»2

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D'après Plantu (Le Monde du 20 septembre 2007)
Diverses questions d'histoire

Bernard Kouchner et l’addiction à la guerre

En 2003, Bernard Kouchner justifiait l’invasion de l’Irak, tout en se déclarant opposé à la guerre3. Aujourd’hui le fondateur de Médecins sans frontières utilise, vis à vis de l’Iran, le langage viril d’un “militaire sans frontières”. Mais sait-il que l’on estime aujourd’hui à un million le nombre des victimes irakiennes depuis l’invasion américaine du pays en mars 2003 ? La guerre… Le choix des mots n’est pas innocent. D’ailleurs, l’ex-“french doctor” ne fait que suivre l’exemple du Président de la République qui, dans son allocution à la conférence des Ambassadeurs, au Palais de l’Élysée, le 27 août dernier, n’a pas craint d’évoquer « une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran ».

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Guerre d’Algérie : trois projets de musée

Trois projets de musées, consacrés à la présence française en Algérie, ont été lancés dans le Sud par des élus et des associations pieds-noires. Suscitant une vive polémique contre la réhabilitation de l’entreprise coloniale.

Un article de Pierre Daum, publié dans Libération le 20 septembre 2007
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Lucknow en 1857, après la mise à mort de 2000 rebelles.
Royaume-Uni

Il y a cent cinquante ans, la révolte des cipayes

En septembre 1857 fut écrasée en Inde la première grande insurrection contre un empire colonial européen : la révolte des cipayes, soldats indigènes, contre leurs chefs britanniques, porteurs des « valeurs » occidentales. Londres apprit à ses dépens que nulle force ne peut venir à bout de fondamentalismes religieux qui se nourrissent de l’occupation étrangère. Cette leçon n’a été entendue ni par les Etats-Unis ni par Israël. Ni même, paradoxalement, par M. Anthony Blair.

Cet article de William Dalrymple4, version abrégée d’un texte publié dans la New York Review of Books, est paru dans Le Monde diplomatique d’août 2007.

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consternation des harkis après la relaxe de Frêche en appel

Le président de la région Languedoc-Roussillon avait été condamné pour avoir traité, en février 2006, des harkis de “sous-hommes” (voir notre article), mais il vient d’être relaxé en appel.

En effet, la Cour d’appel, présidée par Claude Arrighi, a reconnu que «les expressions “vous n’avez rien. Vous êtes des sous-hommes” qui nient même l’appartenance à la nature humaine et renvoient aux expressions utilisées par les doctrines raciales nazies» peuvent être qualifiées d’injures, et qu’elles «s’adressent bien à l’ensemble de la communauté harkie et non aux seuls harkis qui ont participé à la réunion de Palavas.» Mais au terme d’une analyse juridique de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, le tribunal a relaxé Georges Frêche.

Comme en témoigne la déclaration de l’association Harkis et droits de l’Homme, ce jugement a semé la consternation au sein de la communauté harkie. De son côté, la Ligue des droits de l’Homme a décidé de porter l’affaire en cassation.

[Première publication le 13 sept. 07, modifiée et complétée le 17 sept. 07]

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1960 - Pierre Messmer, ministre des Armées, arme un harki d'un village d'autodéfense.
Harkis

« la France, en quittant le sol algérien, n’a pas su empêcher » le massacre de harkis

«Il était, il est du devoir le plus élémentaire » du gouvernement français «de protéger les hommes qu’il a engagés» écrivait Pierre Vidal-Naquet en novembre 1962. «Il semble bien que ce n’est pas par hasard si les harkis sont si peu nombreux à s’être réfugiés en France, poursuivait-il, des ordres ont été donnés pour éviter un afflux massif que l’économie française est pourtant en état de supporter ; en Algérie même, la protection des harkis semble laissée à l’initiative individuelle. Il y a là la continuation de la vieille attitude raciste et coloniale.»5

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Identité nationale

Françoise Vergès et l’identité française

Un groupe de citoyens d’origines diverses, mais partageant la conviction qu’un gouvernement n’a pas à légiférer pour définir l’identité de notre pays, vient de créer un site internet Identités Nationales. Refusant de considérer l’immigration comme un problème en soi et contestant la politique symbolisée par la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, ils ont pour objectif de créer un espace de réflexion et d’échange.

Professeure d’Histoire et vice-présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage6, Françoise Vergès a accepté de répondre à leurs questions.

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