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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

La France remet à l’Algérie une partie de ses archives filmées de la période coloniale

Le fonds «images» de la télévision algérienne s’enrichit. L’Entreprise publique nationale de télévision hérite officiellement des archives cédées par l’Institut français de l’Audiovisuel (INA). Un patrimoine de 400 heures d’images vivantes tournées entre la Seconde Guerre mondiale et l’indépendance de l’Algérie. Avant de partir pour une visite de deux jours à Alger, le président de l’INA, Emmanuel Hoog, évoque les projets de coopération entre l’INA et la télévision algérienne.

[Mise en ligne le 6 février 2008 – le texte de Benjamin Stora ayant été ajouté le 8 mars]
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Page 159 de Challenging De Gaulle.
Chateau-Royal, mars 1962

Le massacre du 15 mars 1962 à El Biar : qui étaient les assassins ?

Il y a une vingtaine d’années, l’historien américain Alexander Harrison a réalisé des entretiens avec d’anciens activistes de l’OAS, pour le livre Challenging de Gaulle – The OAS and the conterrevolution in Algeria – 1954-1962 qu’il a publié en 19891. L’ouvrage comporte des informations précises concernant l’assassinat des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs à Alger le 15 mars 1962 : d’après les témoignages qu’il a recueillis, Gabriel Anglade, aujourd’hui présent sur la liste du maire sortant de Cagnes-sur-Mer, et Joseph Rizza étaient à la tête des commandos delta 5 et delta 9 de l’OAS.

L’ouvrage publie une photo, prise à Nice en 1979, qui représente l’auteur en compagnie notamment de Gabriel Anglade, dont la légende précise que ce dernier a fait feu sur l’écrivain algérien Mouloud Feraoun.

Ci-dessous : la traduction d’un extrait du livre d’Alexander Harrison, suivie du texte d’origine en anglais. Puis un extrait d’un autre ouvrage publié en 2001, réédité en 2006, qui reprend les mêmes informations.

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les maires ne sont pas en dessous, mais ils ne sont pas non plus au-dessus des lois

Dans son rapport récent consacré à la situation des Roms et des gens du voyage en France, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme insiste sur les problèmes liés au logement et à l’habitat2.

Le nombre de places de stationnement autorisées est très en deçà des besoins recensés et l’application effective par les collectivités territoriales de la loi Besson a pris un grand retard. La carence notoire de places régulières contraint les Gens du voyage à vivre très souvent en stationnement irrégulier.

Les obligations incombant aux communes sont dans l’ensemble mal respectées, alors que les procédures d’évacuation des gens du voyage ont été rendues plus expéditives !

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“escadrons de la mort, l’école française” par Marie-Monique Robin

Dans les années 1970 et 1980, les dictatures militaires du Cône sud de l’Amérique latine ont férocement réprimé leurs opposants, utilisant à grande échelle les techniques de la « guerre sale » (rafles, torture, exécutions, escadrons de la mort…). C’est en enquêtant sur l’organisation transnationale dont s’étaient dotées ces dictatures — le fameux « Plan Condor » — que Marie-Monique Robin a découvert le rôle majeur joué secrètement par des militaires français dans la formation à ces méthodes de leurs homologues latino-américains. Dès la fin des années 1950, les méthodes de la « Bataille d’Alger » sont enseignées à l’École supérieure de guerre de Paris, puis en Argentine, où s’installe une « mission militaire permanente française » constituée d’anciens d’Algérie. De même, en 1960, des experts français en lutte antisubversive, dont le général Paul Aussaresses, formeront les officiers américains aux techniques de la « guerre moderne », qu’ils appliqueront au Sud-Viêtnam.

Il faut (re)lire cet ouvrage qui vient d’être réédité en collection de poche aux éditions La Découverte3.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Dans la vie”, un film de Philippe Faucon

“Dans la vie” – Réalisation : Philippe Faucon – France, 2008, durée : 1 h 15 min.

Avec : Zohra Mouffok, Ariane Jacquot et Sabrina Ben Abdallah.

Esther, une femme âgée et paraplégique, a besoin d’une assistance permanente. Sélima, l’infirmière de jour, propose les services d’Halima, sa mère, une musulmane. Une vraie complicité se crée entre les deux femmes…

Le film sort en France le 12 mars. Une avant-première toulonnaise aura lieu le 4 mars 2008 à 20 heures, au cinéma « Le Royal », en présence des comédiens.

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Les noms de la famille Donnat effacés de la quatrième plaque (photo TC - 28 février 2008).
Perpignan

Perpignan : instrumentaliser les mémoires sans trop se soucier du respect de la vérité

La découverte sur le « mur des disparus » des noms de membres de la famille Donnat qui sont bien vivants met en évidence l’absence de crédibilité de cette opération et la légèreté dont ont fait preuve la municipalité de Perpignan et l’association avec laquelle elle a choisi de travailler exclusivement, négligeant avec dédain les historiens de l’Université de Perpignan.

La lettre adressée à Yvan Donnat par le directeur des archives du ministère des Affaires étrangères confirme que la liste présentée par le Cercle algérianiste de Perpignan comme une « liste officielle » méritant d’être gravée sur des plaques de bronze n’était qu’un document de travail de cette administration, susceptible de comporter des erreurs.

Il est vrai que l’objectif essentiel de ce mur était d’instrumentaliser les mémoires sans se soucier outre mesure de la vérité. Déjà, le jour de l’inauguration, la municipalité avait
dû masquer deux citations
gravées, l’une d’Albert Camus et l’autre du dramaturge algérien Slimane Benaïssa, qui avaient été utilisées sans l’accord de cet auteur ni de la fille de Camus.

Le Collectif départemental pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne donne, ce vendredi 29 février à 11h, une conférence de presse à la Bourse du travail de Perpignan.

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L'Indépendant du 18 février 2008
Perpignan

des vivants “gravés” dans le bronze du mur des disparus

Quelle n’a pas été la stupeur de Yvan Donnat, né en Algérie, d’apprendre que les noms de plusieurs membres de sa famille étaient gravés à Perpignan,dans le bronze du mur des disparus, alors qu’ils sont, à l’exception de son père, bien vivants.
La famille Donnat, dont plusieurs membres avaient été condamnés à mort par l’OAS, ne peut admettre que les noms de certains des siens figurent à côté de ceux de tueurs de l’OAS.

Son père, Gaston Donnat, décédé le 5 février 2007, a été, tout au long de sa vie, un
internationaliste et un anticolonialiste. Il est l’auteur de l’ouvrage « Afin que nul n’oublie, témoignage d’un anticolonialiste »4 que nous présentons ci-dessous.

[Page mise en ligne le 16 février 2008, à l’exception de la reproduction]
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Identité nationale

Quand les drapeaux sont déployés, toute l’intelligence est dans la trompette (Stefan Zweig)

A l’occasion de son discours, vendredi 15 février à Périgueux, le président de la République a appelé au « respect des valeurs et des emblèmes de la République française».

En fait, ni le drapeau tricolore, ni la Marseillaise ne semblent l’objet de marques particulières d’irrespect. En revanche, on peut constater tous les jours — voir cette page — que la loi sur l’“immigration choisie” et la politique des quotas sont contraires à l’une des valeurs fondamentales de la République : la Fraternité.

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confusionnisme émotionnel autour des victimes de la Shoah

Convié au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), mercredi 13 février, Nicolas Sarkozy a profité de la tribune qui lui était offerte pour annoncer qu’il avait demandé au gouvernement « de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah», expliquant que «rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui.»

L’historien Henry Rousso, contestant ce « marketing mémoriel», le philosophe Régis Debray, rappelant que « l’émotionnel est un obstacle à la connaissance », et Simone Veil, scandalisée, condamnent tous cette «fausse bonne idée».

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Au camp de Rivesaltes en 1962.
Harkis

les harkis au camp de Rivesaltes

Le « centre d’hébergement » de Rivesaltes est un « haut lieu » de la mémoire des harkis. Après avoir servi successivement entre 1939 et 1942 de camp d’internement de Républicains espagnols, de Tsiganes et de juifs de toutes nationalités5, à partir de juin 1962 il a accueilli des tirailleurs algériens démobilisés, avant de jouer, jusqu’en décembre 1964, le rôle de plaque tournante dans la redistribution des harkis vers d’autres lieux.

Actuellement, il subsiste des vestiges de cet espace fermé où, de l’été 1962 à la fin de 1964, des « Français musulmans rapatriés » ont été regroupés, surveillés et dominés par des institutions dont ils dépendaient totalement. Le conseil général des Pyrénées-Orientales a acheté une partie des terrains militaires abandonnés pour y installer le futur Musée-Mémorial de Rivesaltes qui évoquera le souvenir des différentes populations qui y ont été internées ou «hébergées».

[Page mise en ligne le 10 octobre 2005, revue le 15 février 2008]
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La contrainte ou le consentement, deux écoles d’historiens français de la guerre de 14-18

Les historiens français de la guerre de 14-18 sont souvent classés en deux écoles : ceux qui considèrent que les «poilus» ont « consenti » au sacrifice et ceux pour qui les «poilus» ont été « contraints » de multiples façons. La première école est souvent rattachée à l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, les thèses du second groupe étant exposées sur le site du CRID 14-18 (Collectif de Recherche International et de Débat sur la guerre de 1914-1918). Vous trouverez ci-dessous un article de Jean Birnbaum qui, au printemps 2006, faisait le point sur ce débat. Les polémiques entre ces deux groupes d’historiens reviennent au premier plan de l’actualité avec la publication récente d’un rapport de Jean-Jacques Becker dans lequel s’esquisse une nouvelle tentative d’instrumentalisation politique de l’histoire de France, de la part de Nicolas Sarkozy, à l’occasion de la commémoration de la fin de la «grande guerre».

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Histoire de France et rejets identitaires

commémoration de 1918 : une nouvelle instrumentalisation de l’histoire ?

Entre les deux écoles des historiens de la « Grande guerre », celle qui considère que les « poilus » ont « consenti au sacrifice » et celle qui insiste sur le fait qu’ils ont été « fortement contraints », le pouvoir politique semble avoir fait son choix, puisqu’il a demandé à l’un des tenants de la première thèse, Jean-Jacques Becker, un rapport sur la commémoration de la fin de la guerre de 14-18.

Or ce rapport, dont nous rappelons ci-dessous les circonstances de la commande, qui met l’accent sur le libre consentement des poilus au « devoir national », apparaît bien comme un hommage nostalgique à « l’Union sacrée ». Les thèses opposées sont développées sur le site internet CRID 14-18. Un autre site publie une critique du rapport Becker intitulée Commémorations de 1918 : une marche arrière mémorielle que nous reprenons ici. Elle pose la question de savoir si, après la commémoration — manquée — de Guy Môquet, nous allons assister à une nouvelle tentative d’utilisation de l’histoire par Nicolas Sarkozy.

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