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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Les enseignants français en Algérie 1945-1965, par Aïssa Kadri

Le 15 mars 1962 a vu l’assassinat par les commandos de l’OAS de six instituteurs algériens et européens mêlés, qui étaient engagés pour l’Algérie, pour les Algériens et pour l’indépendance : Mouloud Feraoun, Max Marchand, Ali Hamoutène, Salah Ould Aoudia, Robert Eymard et Marcel Basset, auxquels il faut rendre hommage en cette date anniversaire. Dans le retour de mémoires sur la guerre d’Algérie, celle des instituteurs et enseignants a été assez inaudible jusque-là.

Un ouvrage en cours de parution aux éditions Sudel UNSA, Instituteurs et enseignants en Algérie. Les luttes enseignantes dans la décolonisation 1945 – 1965 par Aïssa Kadri et Ahmed Ghouati, analyse cet engagement d’un point de vue socio-historique.

L’occasion de rappeler quelques chiffres concernant la scolarisation dans l’Algérie coloniale.

[Publié le 15 mars, complété le 20 mars 2008]
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Manifestations de chaussettes devant la mairie. (Maxppp)
Perpignan

soupçons de fraude à Perpignan

Le résultat du second tour des élections municipales de mars 2008 s’annonçait incertain à Perpignan — l’ambiance au congrès départemental du Cercle algérianiste en témoigne. La liste du maire sortant, Jean-Paul Alduy (UMP), devait finalement l’emporter à l’issue d’une triangulaire, avec 574 voix d’avance sur la liste de gauche. Est-ce cette incertitude qui a incité le président d’un bureau de vote à mettre des bulletins dans ses chaussettes ? Une information judiciaire a été ouverte pour “fraude électorale”.

Encore heureux que Perpignan n’ait pas eu recours à des ordinateurs de vote avec lesquels la fraude semble plus facile et quasiment indétectable : « … avec les bulletins papiers, on ne peut bourrer les urnes que si, tout le monde dans le bureau de vote est d’accord pour vous laisser faire. Ce fut jadis le cas dans certains bureaux de vote insulaires ou tenus par des organisations politiques prenant des libertés avec la démocratie … avec des ordinateurs de vote, par contre, c’est nettement plus facile …»

[Première mise en ligne le 18 mars, mise à jour le 19 mars]
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Des soldats chinois déployés sur une avenue de Lhassa au Tibet, le 15 mars 2008 (AFP).
Le Tibet

Tibet : tout silence est complice

Devant des journalistes à Dharamsala, en Inde, siège du gouvernement tibétain en exil, le dalaï lama a réclamé qu’une «organisation internationale respectée puisse établir ce qu’est la situation au Tibet et quelle en est la cause».

«Que ce soit de façon intentionnelle ou non intentionnelle, une forme de génocide culturel est en train d’avoir lieu», a ajouté le chef spirituel des Tibétains, en référence à la politique de Pékin visant à encourager l’ethnie majoritaire Han à migrer vers la région et les restrictions pesant sur les pratiques bouddhistes au Tibet, envahi par la Chine en 1950.

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Lazare Ponticelli (Reuters)
Histoire de France et rejets identitaires

le vieux monsieur aurait-il aimé voir ça ?

La mort du dernier “poilu” en France s’accompagne de la mise en place d’un dispositif politico-religieux associant la défense de la patrie à une identité française catholique.
Une nouvelle contribution au grand récit national revisité par le Président de la République : honneur aux “poilus” qui répondirent à « l’appel de la Patrie envahie»1.

Lundi 17 mars à 11 heures, Nicolas Sarkozy et François Fillon assisteront en l’église Saint-Louis des Invalides à la messe de funérailles de Lazare Ponticelli, le dernier “poilu” français de la Première guerre mondiale mort mercredi dernier à l’âge de 110 ans. Les honneurs militaires seront rendus à l’issue de la cérémonie.

Le Premier ministre demande «un moment de recueillement» permettant aux agents des services publics de s’associer à cet hommage national. Drapeaux en berne sur tous les bâtiments et les édifices publics durant la journée du 17 mars, rassemblement, à 11h00, devant le monument aux morts de chaque commune. Les maires feront sonner le glas dans les églises.2

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Un film de Jean-Pierre Lledo, à voir et à débattre

Le dernier long-métrage documentaire de Jean-Pierre Lledo, “Algérie, histoires à ne pas dire”, troisième volet de sa Trilogie d’exil, est sorti en France le 27 février 2008 en partenariat avec le quotidien Le Monde, Radio France Internationale, ainsi que les associations Coup de Soleil et ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Un site consacré au film donne le calendrier des débats organisés à cette occasion. Ci-dessous les points de vue des historiens Gilles Manceron et Benjamin Stora. Vous trouverez, par ailleurs, ceux d’Olivier Barlet et de Brahim Senouci.

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La France remet à l’Algérie une partie de ses archives filmées de la période coloniale

Le fonds «images» de la télévision algérienne s’enrichit. L’Entreprise publique nationale de télévision hérite officiellement des archives cédées par l’Institut français de l’Audiovisuel (INA). Un patrimoine de 400 heures d’images vivantes tournées entre la Seconde Guerre mondiale et l’indépendance de l’Algérie. Avant de partir pour une visite de deux jours à Alger, le président de l’INA, Emmanuel Hoog, évoque les projets de coopération entre l’INA et la télévision algérienne.

[Mise en ligne le 6 février 2008 – le texte de Benjamin Stora ayant été ajouté le 8 mars]
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Page 159 de Challenging De Gaulle.
Chateau-Royal, mars 1962

Le massacre du 15 mars 1962 à El Biar : qui étaient les assassins ?

Il y a une vingtaine d’années, l’historien américain Alexander Harrison a réalisé des entretiens avec d’anciens activistes de l’OAS, pour le livre Challenging de Gaulle – The OAS and the conterrevolution in Algeria – 1954-1962 qu’il a publié en 19893. L’ouvrage comporte des informations précises concernant l’assassinat des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs à Alger le 15 mars 1962 : d’après les témoignages qu’il a recueillis, Gabriel Anglade, aujourd’hui présent sur la liste du maire sortant de Cagnes-sur-Mer, et Joseph Rizza étaient à la tête des commandos delta 5 et delta 9 de l’OAS.

L’ouvrage publie une photo, prise à Nice en 1979, qui représente l’auteur en compagnie notamment de Gabriel Anglade, dont la légende précise que ce dernier a fait feu sur l’écrivain algérien Mouloud Feraoun.

Ci-dessous : la traduction d’un extrait du livre d’Alexander Harrison, suivie du texte d’origine en anglais. Puis un extrait d’un autre ouvrage publié en 2001, réédité en 2006, qui reprend les mêmes informations.

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les maires ne sont pas en dessous, mais ils ne sont pas non plus au-dessus des lois

Dans son rapport récent consacré à la situation des Roms et des gens du voyage en France, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme insiste sur les problèmes liés au logement et à l’habitat4.

Le nombre de places de stationnement autorisées est très en deçà des besoins recensés et l’application effective par les collectivités territoriales de la loi Besson a pris un grand retard. La carence notoire de places régulières contraint les Gens du voyage à vivre très souvent en stationnement irrégulier.

Les obligations incombant aux communes sont dans l’ensemble mal respectées, alors que les procédures d’évacuation des gens du voyage ont été rendues plus expéditives !

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“escadrons de la mort, l’école française” par Marie-Monique Robin

Dans les années 1970 et 1980, les dictatures militaires du Cône sud de l’Amérique latine ont férocement réprimé leurs opposants, utilisant à grande échelle les techniques de la « guerre sale » (rafles, torture, exécutions, escadrons de la mort…). C’est en enquêtant sur l’organisation transnationale dont s’étaient dotées ces dictatures — le fameux « Plan Condor » — que Marie-Monique Robin a découvert le rôle majeur joué secrètement par des militaires français dans la formation à ces méthodes de leurs homologues latino-américains. Dès la fin des années 1950, les méthodes de la « Bataille d’Alger » sont enseignées à l’École supérieure de guerre de Paris, puis en Argentine, où s’installe une « mission militaire permanente française » constituée d’anciens d’Algérie. De même, en 1960, des experts français en lutte antisubversive, dont le général Paul Aussaresses, formeront les officiers américains aux techniques de la « guerre moderne », qu’ils appliqueront au Sud-Viêtnam.

Il faut (re)lire cet ouvrage qui vient d’être réédité en collection de poche aux éditions La Découverte5.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Dans la vie”, un film de Philippe Faucon

“Dans la vie” – Réalisation : Philippe Faucon – France, 2008, durée : 1 h 15 min.

Avec : Zohra Mouffok, Ariane Jacquot et Sabrina Ben Abdallah.

Esther, une femme âgée et paraplégique, a besoin d’une assistance permanente. Sélima, l’infirmière de jour, propose les services d’Halima, sa mère, une musulmane. Une vraie complicité se crée entre les deux femmes…

Le film sort en France le 12 mars. Une avant-première toulonnaise aura lieu le 4 mars 2008 à 20 heures, au cinéma « Le Royal », en présence des comédiens.

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Les noms de la famille Donnat effacés de la quatrième plaque (photo TC - 28 février 2008).
Perpignan

Perpignan : instrumentaliser les mémoires sans trop se soucier du respect de la vérité

La découverte sur le « mur des disparus » des noms de membres de la famille Donnat qui sont bien vivants met en évidence l’absence de crédibilité de cette opération et la légèreté dont ont fait preuve la municipalité de Perpignan et l’association avec laquelle elle a choisi de travailler exclusivement, négligeant avec dédain les historiens de l’Université de Perpignan.

La lettre adressée à Yvan Donnat par le directeur des archives du ministère des Affaires étrangères confirme que la liste présentée par le Cercle algérianiste de Perpignan comme une « liste officielle » méritant d’être gravée sur des plaques de bronze n’était qu’un document de travail de cette administration, susceptible de comporter des erreurs.

Il est vrai que l’objectif essentiel de ce mur était d’instrumentaliser les mémoires sans se soucier outre mesure de la vérité. Déjà, le jour de l’inauguration, la municipalité avait
dû masquer deux citations
gravées, l’une d’Albert Camus et l’autre du dramaturge algérien Slimane Benaïssa, qui avaient été utilisées sans l’accord de cet auteur ni de la fille de Camus.

Le Collectif départemental pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne donne, ce vendredi 29 février à 11h, une conférence de presse à la Bourse du travail de Perpignan.

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L'Indépendant du 18 février 2008
Perpignan

des vivants “gravés” dans le bronze du mur des disparus

Quelle n’a pas été la stupeur de Yvan Donnat, né en Algérie, d’apprendre que les noms de plusieurs membres de sa famille étaient gravés à Perpignan,dans le bronze du mur des disparus, alors qu’ils sont, à l’exception de son père, bien vivants.
La famille Donnat, dont plusieurs membres avaient été condamnés à mort par l’OAS, ne peut admettre que les noms de certains des siens figurent à côté de ceux de tueurs de l’OAS.

Son père, Gaston Donnat, décédé le 5 février 2007, a été, tout au long de sa vie, un
internationaliste et un anticolonialiste. Il est l’auteur de l’ouvrage « Afin que nul n’oublie, témoignage d’un anticolonialiste »6 que nous présentons ci-dessous.

[Page mise en ligne le 16 février 2008, à l’exception de la reproduction]
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