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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

20 ans après les accords de Matignon et 10 ans après ceux de Nouméa…

La Nouvelle-Calédonie a fêté le 25 juin 2008 un double anniversaire : les 20 ans des accords de Matignon qui avaient mis fin à des années de violences meurtrières entre les communautés caldoches et kanak, et les 10 ans des accords de Nouméa qui ont organisé la décolonisation progressive de l’archipel, avant un référendum d’autodétermination prévu entre 2014 et 2018. Cet accord, qui vise à instaurer une communauté de destin entre les Calédoniens, stipule que « des signes identitaires du pays devront être recherchés en commun pour exprimer l’identité kanak et le futur partagé entre tous ».

A cette occasion, le gouvernement collégial a adopté lors d’une séance spéciale un avant-projet de loi entérinant le choix d’un hymne et d’une devise ainsi que le nouveau graphisme des billets de banque.

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Le 20 mars 1962, quatre obus de mortier tombent sur la place du Gouvernement, faisant 24 morts et 59 blesssés parmi les musulmans. (photo © Dalmas - Sipa)
Rue d'Isly, mars 1962

Retour sur la fusillade de la rue d’Isly : avant le drame. Par Yves Courrière

Le récit d’Yves Courrière

Les blessures sont toujours vives chez les victimes de la guerre d’indépendance algérienne. La “fusillade de la rue d’Isly” du 26 mars 1962 à Alger – qui a fait 46 morts parmi les manifestants civils et un mort parmi les soldats français, ainsi que des centaines de blessés – reste un événement particulièrement douloureux pour les familles qui y ont perdu certains de leurs proches. Nous tenons à leur redire que nous partageons leur douleur.

Mais nous sommes toujours surpris de voir se manifester en France un “lobby nostalgérique”, dont des élus ont tendance à reprendre à leur compte la vision unilatérale des événements – comme nous le montrent les derniers épisodes intervenus à Aix-en-Provence et à Marignane. Il serait temps, près de cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, de ne plus faire écho au discours des jusqu’auboutistes de l’Algérie française qui ne retiennent qu’une partie de l’histoire, en occultant, en particulier, l’écrasante responsabilité de l’OAS.

Pour cela, nous publions les passages du tome IV de La Guerre d’Algérie qu’Yves Courrière a consacrés, en 1971, aux lendemains à Alger du cessez-le-feu du 19 mars 1962 et à la fusillade de la rue d’Isly. Le texte ci-dessous évoque la situation au cours de la semaine qui a suivi les accords d’Evian1. Un second article aborde la journée du 26 mars 1962.

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Rue d'Isly, devant la grande poste d'Alger, après la fusillade du 26 mars 1962.
Rue d'Isly, mars 1962

Retour sur la fusillade de la rue d’Isly : le drame. Par Yves Courrière

Le récit d’Yves Courrière

Cet article, consacré aux événements du 26 mars 1962 à Alger, fait suite à celui qui évoque la situation dans cette ville pendant la semaine qui a suivi les accords d’Evian du 18 mars 1962. Il reprend les pages 572 à 581 du quatrième tome, intitulé Les feux du désespoir, de La Guerre d’Algérie d’Yves Courrière (éd Fayard, 1971). Nous avons également repris les trois photos localisant des fusils mitrailleurs OAS, extraites du rapport secret “Renseignements judiciaires et militaires” établi au lendemain du 26 mars 19622, et la Une de La Dépêche d’Algérie du lendemain faisant état d’un premier bilan des victimes.

Dans un point de vue publié sur ce site, Jean-Pierre Gonon, avocat algérois qui avait dû quitter l’Algérie en 1959 pour se réfugier à Paris, confirme le récit d’Yves Courrière en rapportant le témoignage de son père. Celui-ci a vu distinctement, depuis l’appartement familial situé au 59 de la rue d’Isly, sur le toit de l’immeuble d’en face, au 64 de la rue d’Isly, sur lequel se trouvait le « journal lumineux » bien connu des Algérois, un fusil mitrailleur ouvrir le feu. Pour lui, les civils tués le 26 mars 1962 à Alger suite aux tirs de l’armée française sont des victimes de l’OAS.

«Les organisateurs de la manifestation avaient voulu l’épreuve de force. En lançant délibérément la foule contre les barrages militaires, ils couraient le risque de les voir balayés et de pouvoir gagner Bab-el-Oued, victorieux. Ils couraient également celui de voir la troupe réagir et, sachant la présence de leurs partisans armés dans les immeubles avoisinants, de provoquer le drame. Ils avaient acculé l’armée “à prendre ses responsabilités”, espérant jusqu’au bout la voir basculer. Ils étaient fixés. Plus de cinquante morts innocents payaient leur aveuglement.»
(Yves Courrière)

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La stèle de Marignane (cliché du 7 juillet 2005)
Marignane

Marignane: le commissaire du gouvernement remet en cause la stèle aux “combattants de l’Algérie française”

Le commissaire du gouvernement du tribunal administratif de Marseille a réclamé lundi l’annulation d’un arrêté municipal du 23 juin 2005 de la ville de Marignane (Bouches-du-Rhône) autorisant l’édification dans un cimetière municipal d’une stèle rendant hommage aux «combattants tombés pour que vive l’Algérie française».

[Première mise en ligne le 30 juin, mise à jour le 3 juillet 2008]
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Indochinois

rapatriés d’Indochine : plus de cinquante ans d’oubli

La première arrivée massive de rapatriés des colonies de l’histoire de la France s’est déroulée en 1956. Venant du Vietnam, ils ont été parqués, à Noyant, dans l’Allier, et à Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne, puis oubliés, au point que certains d’entre eux y vivent toujours.

Un article récent rappelle l’existence de ces victimes oubliées de l’Empire français. Dans un texte de juin 2006 que nous reprenons à la suite, l’historien Gilles Manceron rappelle que leur sort est révélateur de la manière dont le drame colonial s’est prolongé pendant un demi-siècle en plein cœur de la France3.

[Cette page, dont la première mise en ligne date d’août 2006,

a été complétée le 26 juin 2008]
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appel au refus des affrontements intercommunautaires

La LDH rappelle que tous les êtres humains méritent le même respect et la même garantie de leur droit à vivre en paix.

Quel que soit le jugement que l’on pourra porter sur les mobiles des agresseurs d’un jeune homme juif dans le XIXème arrondissement, chacun sent que le risque d’une communautarisation et d’une ethnicisation des violences menace le vivre ensemble. C’est pourquoi la LDH appelle à lutter contre le cercle vicieux des violences, des peurs et des enfermements.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Suzanne Citron : “Nos ancêtres les Gaulois…” ? Ils sont fous ces historiens!

Pour l’historienne Suzanne Citron, qui s’intéresse notamment à l’historiographie scolaire et a publié Le Mythe national, l’histoire de la France revisitée, (éd. de l’Atelier, 2008), les ancêtres gaulois sont une fiction récente et la question des origines et de l’histoire doit être posée autrement. Nous reprenons un article d’elle initialement publié le 23 juin 2008 sur le site Rue89.

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Fillon à Alger alors qu’une “pesante mémoire commune” continue d’affleurer

François Fillon est à Alger les 21 et 22 juin 2008 afin de poursuivre le développement d’une relation franco-algérienne pragmatique et dépassionnée.

Certes, les antagonismes liés au passé colonial continuent à peser sur les relations entre les deux pays, mais l’historien Benjamin Stora, dont nous reprenons deux interviews, voit les signes d’une détente sur le front mémoriel franco-algérien et n’exclut pas une avancée vers des mémoires apaisées à défaut d’être réconciliées.

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Sophie Joissains embrasse sa mère après sa réélection (Ph. Karine Villalonga).
Aix-en-Provence

Comment Maryse a imposé sa fille à Jean-Claude Gaudin : merci Maman !

Sophie Joissains embrasse sa mère après sa réélection (Ph. Karine Villalonga).
Sophie Joissains embrasse sa mère après sa réélection (Ph. Karine Villalonga).

Sophie Joissains, fille de Maryse Joissains-Masini, députée-maire (UMP) d’Aix-en-Provence, pourrait devenir sénatrice en septembre prochain, six mois après avoir été élue au conseil municipal sur la liste de sa maman.

Son expérience politique? De 2002 à 2008, elle a été chef de cabinet de la présidente de la communauté d’agglomération du pays d’Aix (CPA), c’est-à-dire de sa maman, avant d’être élue vice-présidente de la communauté il y a peu.

Sa mère assure que « Sophie a les diplômes pour…, une grande expérience professionnelle et l’envie de servir ses concitoyens»4.

Nul ne doute des compétences de Sophie Joissains, mais son élection comme sénatrice, si elle se réalisait, tiendrait plus du népotisme bling bling que d’un fonctionnement démocratique des institutions.

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Immigration algérienne en France

L’immigration algérienne en France, par Gérard Noiriel

Texte extrait des actes des journées de Larrazet (Tarn et Garonne) des 10 et 11 novembre 2006, consacrées à “La France et l’Algérie, l’histoire et l’avenir en partage”.

«À l’interface de la mémoire et de l’histoire, les journées de Larrazet ont démontré avec éclat qu’il était aujourd’hui possible de regarder le passé en face et de le faire respirer avec bonheur.

«La publication des actes, qui est le prolongement naturel des journées, a pour vocation de présenter le savoir historique actualisé de deux siècles d’une relation profonde. […]

«Qu’un village de 600 habitants s’y emploie pleinement contient toute la symbolique d’un nouvel âge du lien qui se tisse sous nos yeux.»

(Extrait de la présentation des actes – voir également ci-dessous )

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Identité nationale

L’éducation civique ne doit pas devenir un apprentissage de la xénophobie

Six organisations (FCPE, FERC-CGT, GISTI, LDH, RESF, SNES-FSU) ont lancé, vendredi 6 juin, un appel à la vigilance après avoir pris connaissance de nouveaux programmes d’éducation civique pour le collège qui leur apparaissent «comme un nouvel usage scolaire de la problématique de l’identité nationale dans ce qu’elle a de plus pernicieux».

Faut-il voir dans ces nouveaux programes une contribution du ministère de l’Education nationale à la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ?

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une première victoire des défenseurs de la légalité républicaine

Après l’interdiction de la manifestation d’hommage à l’OAS à Perpignan, et après la publication d’une interview indigne d’une élue de la République, la Ligue des droits de l’Homme et le collectif perpignanais rappellent leurs demandes.

A la suite de leurs communiqués, vous trouverez un texte dans lequel le commissaire Jacques Delarue s’insurge à l’idée que l’on puisse « transformer impunément des assassins en héros».

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