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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

La prison Barberousse d'Alger à l'époque coloniale.
1945-1962

la guillotine et la guerre d’Algérie

Pendant la guerre d’indépendance algérienne, de 1954 à 1962, au nom de la lutte contre la “subversion” du FLN, au nom du rattachement de l’Algérie à la France qui interdisait d’y appliquer le droit de la guerre et de considérer les nationalistes comme des combattants, plus de 1 500 condamnations à mort furent prononcées par la justice française.

En 2001, après avoir pu consulter le “registre des grâces” qui répertoriait les noms des condamnés à mort, deux journalistes parvenaient au total de 222 militants du FLN exécutés entre 1956 et 1962, « le plus souvent au terme d’une parodie de justice ». Vous trouverez ci-dessous leur article, publié dans Le Point en août 2001, qui met en évidence l’utilisation politique qui a été faite de la peine de mort au cours de cette guerre. Il est suivi d’un entretien avec Abdelkader Guerroudj, ancien dirigeant du PCA, condamné à mort pour atteinte à la sécurité de l’État, qui put échapper au couperet, tout comme sa femme Jacqueline, grâce à la mobilisation de l’opinion.

La même année, l’historienne Sylvie Thénault, dont le travail de recherche porte sur l’histoire de la décolonisation et de la justice, publiait un ouvrage important issu de sa thèse, Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie1. Vous trouverez ci-dessous une interview de Sylvie Thénault datant d’août 2001.

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le Parlement a adopté une nouvelle loi sur les archives

Le Parlement a définitivement adopté le 1er juillet 2008 le projet de loi sur les archives qui fixe de nouveaux délais de communication des archives publiques (voyez le site internet que le Sénat consacre à ce projet de loi).

Aux termes de l’article 17 du projet de loi, les archives publiques sont désormais communicables de plein droit à l’expiration d’un délai de 50 ans pour les documents relatifs à la vie privée. Il en va de même pour les documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l’Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l’Etat, à la sécurité publique.
Toutefois, est interdite la consultation des archives dont «la communication est susceptible d’entraîner la diffusion d’informations permettant de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes nucléaires, biologiques, chimiques» ou tout autre arme de destruction massive. Cette disposition interdit l’accès aux archives publiques pour les recherches concernant les contaminations par les essais nucléaires du Sahara ou du Pacifique.

Vous trouverez ci-dessous une réaction reprise de la presse algérienne, suivie du communiqué diffusé le 15 mai par l’association des usagers des Archives nationales (AUSPAN) après l’adoption du texte (identique au texte définitif) en seconde lecture par le Sénat2.

[Première mise en ligne le 3 juillet, complétée le 17 juillet 2008]
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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

“cannibale” de Didier Daeninckx, au Festival d’Avignon 2008

Du 7 au 27 juillet à 20h20

à La Manufacture (2, rue des Ecoles, 84000 Avignon)

Réservations :04 90 85 12 71

Conception et interprétation : Sylvie Malissard

d’après Cannibale de Didier Daeninckx (1er éd. Verdier)

Compagnie Le Porte Plume 5 rue Goy 39800 Poligny

Contact 06 31 77 49 16 – ">

[Première mise en ligne le 17 juin 2008, mise à jour le 15 juillet 2008]
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Pour la justice,
Marignane

le Tribunal administratif condamne la ville de Marignane

Le Tribunal administratif de Marseille a rendu son jugement lundi 7 juillet 2008 suite aux requêtes formées il y a trois ans contre l’arrêté du précédent maire de Marignane, Daniel Simonpiéri, qui avait permis l’édification sur le domaine communal d’une stèle à la gloire de l’OAS.

Le TA annule cet arrêté et il enjoint d’enlever la stèle dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Voici les considérants les plus intéressants et la décision proprement
dite du TA, suivis de quelques articles de presse — dont celui d’Alexandre Nasri qui fut le premier, en novembre 2004, à nous alerter sur ces 454.

[Mise en ligne de la décision de justice le 9 juillet 2008, mise à jour le 11 juillet]
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20 ans après les accords de Matignon et 10 ans après ceux de Nouméa…

La Nouvelle-Calédonie a fêté le 25 juin 2008 un double anniversaire : les 20 ans des accords de Matignon qui avaient mis fin à des années de violences meurtrières entre les communautés caldoches et kanak, et les 10 ans des accords de Nouméa qui ont organisé la décolonisation progressive de l’archipel, avant un référendum d’autodétermination prévu entre 2014 et 2018. Cet accord, qui vise à instaurer une communauté de destin entre les Calédoniens, stipule que « des signes identitaires du pays devront être recherchés en commun pour exprimer l’identité kanak et le futur partagé entre tous ».

A cette occasion, le gouvernement collégial a adopté lors d’une séance spéciale un avant-projet de loi entérinant le choix d’un hymne et d’une devise ainsi que le nouveau graphisme des billets de banque.

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Le 20 mars 1962, quatre obus de mortier tombent sur la place du Gouvernement, faisant 24 morts et 59 blesssés parmi les musulmans. (photo © Dalmas - Sipa)
Rue d'Isly, mars 1962

Retour sur la fusillade de la rue d’Isly : avant le drame. Par Yves Courrière

Le récit d’Yves Courrière

Les blessures sont toujours vives chez les victimes de la guerre d’indépendance algérienne. La “fusillade de la rue d’Isly” du 26 mars 1962 à Alger – qui a fait 46 morts parmi les manifestants civils et un mort parmi les soldats français, ainsi que des centaines de blessés – reste un événement particulièrement douloureux pour les familles qui y ont perdu certains de leurs proches. Nous tenons à leur redire que nous partageons leur douleur.

Mais nous sommes toujours surpris de voir se manifester en France un “lobby nostalgérique”, dont des élus ont tendance à reprendre à leur compte la vision unilatérale des événements – comme nous le montrent les derniers épisodes intervenus à Aix-en-Provence et à Marignane. Il serait temps, près de cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, de ne plus faire écho au discours des jusqu’auboutistes de l’Algérie française qui ne retiennent qu’une partie de l’histoire, en occultant, en particulier, l’écrasante responsabilité de l’OAS.

Pour cela, nous publions les passages du tome IV de La Guerre d’Algérie qu’Yves Courrière a consacrés, en 1971, aux lendemains à Alger du cessez-le-feu du 19 mars 1962 et à la fusillade de la rue d’Isly. Le texte ci-dessous évoque la situation au cours de la semaine qui a suivi les accords d’Evian3. Un second article aborde la journée du 26 mars 1962.

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Rue d'Isly, devant la grande poste d'Alger, après la fusillade du 26 mars 1962.
Rue d'Isly, mars 1962

Retour sur la fusillade de la rue d’Isly : le drame. Par Yves Courrière

Le récit d’Yves Courrière

Cet article, consacré aux événements du 26 mars 1962 à Alger, fait suite à celui qui évoque la situation dans cette ville pendant la semaine qui a suivi les accords d’Evian du 18 mars 1962. Il reprend les pages 572 à 581 du quatrième tome, intitulé Les feux du désespoir, de La Guerre d’Algérie d’Yves Courrière (éd Fayard, 1971). Nous avons également repris les trois photos localisant des fusils mitrailleurs OAS, extraites du rapport secret “Renseignements judiciaires et militaires” établi au lendemain du 26 mars 19624, et la Une de La Dépêche d’Algérie du lendemain faisant état d’un premier bilan des victimes.

Dans un point de vue publié sur ce site, Jean-Pierre Gonon, avocat algérois qui avait dû quitter l’Algérie en 1959 pour se réfugier à Paris, confirme le récit d’Yves Courrière en rapportant le témoignage de son père. Celui-ci a vu distinctement, depuis l’appartement familial situé au 59 de la rue d’Isly, sur le toit de l’immeuble d’en face, au 64 de la rue d’Isly, sur lequel se trouvait le « journal lumineux » bien connu des Algérois, un fusil mitrailleur ouvrir le feu. Pour lui, les civils tués le 26 mars 1962 à Alger suite aux tirs de l’armée française sont des victimes de l’OAS.

«Les organisateurs de la manifestation avaient voulu l’épreuve de force. En lançant délibérément la foule contre les barrages militaires, ils couraient le risque de les voir balayés et de pouvoir gagner Bab-el-Oued, victorieux. Ils couraient également celui de voir la troupe réagir et, sachant la présence de leurs partisans armés dans les immeubles avoisinants, de provoquer le drame. Ils avaient acculé l’armée “à prendre ses responsabilités”, espérant jusqu’au bout la voir basculer. Ils étaient fixés. Plus de cinquante morts innocents payaient leur aveuglement.»
(Yves Courrière)

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La stèle de Marignane (cliché du 7 juillet 2005)
Marignane

Marignane: le commissaire du gouvernement remet en cause la stèle aux “combattants de l’Algérie française”

Le commissaire du gouvernement du tribunal administratif de Marseille a réclamé lundi l’annulation d’un arrêté municipal du 23 juin 2005 de la ville de Marignane (Bouches-du-Rhône) autorisant l’édification dans un cimetière municipal d’une stèle rendant hommage aux «combattants tombés pour que vive l’Algérie française».

[Première mise en ligne le 30 juin, mise à jour le 3 juillet 2008]
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Indochinois

rapatriés d’Indochine : plus de cinquante ans d’oubli

La première arrivée massive de rapatriés des colonies de l’histoire de la France s’est déroulée en 1956. Venant du Vietnam, ils ont été parqués, à Noyant, dans l’Allier, et à Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne, puis oubliés, au point que certains d’entre eux y vivent toujours.

Un article récent rappelle l’existence de ces victimes oubliées de l’Empire français. Dans un texte de juin 2006 que nous reprenons à la suite, l’historien Gilles Manceron rappelle que leur sort est révélateur de la manière dont le drame colonial s’est prolongé pendant un demi-siècle en plein cœur de la France5.

[Cette page, dont la première mise en ligne date d’août 2006,

a été complétée le 26 juin 2008]
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appel au refus des affrontements intercommunautaires

La LDH rappelle que tous les êtres humains méritent le même respect et la même garantie de leur droit à vivre en paix.

Quel que soit le jugement que l’on pourra porter sur les mobiles des agresseurs d’un jeune homme juif dans le XIXème arrondissement, chacun sent que le risque d’une communautarisation et d’une ethnicisation des violences menace le vivre ensemble. C’est pourquoi la LDH appelle à lutter contre le cercle vicieux des violences, des peurs et des enfermements.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Suzanne Citron : “Nos ancêtres les Gaulois…” ? Ils sont fous ces historiens!

Pour l’historienne Suzanne Citron, qui s’intéresse notamment à l’historiographie scolaire et a publié Le Mythe national, l’histoire de la France revisitée, (éd. de l’Atelier, 2008), les ancêtres gaulois sont une fiction récente et la question des origines et de l’histoire doit être posée autrement. Nous reprenons un article d’elle initialement publié le 23 juin 2008 sur le site Rue89.

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