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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

mort du poête Mahmoud Darwich

Mahmoud Darwich était né en 1941 à Al-Birwah, un village de Galilée de la Palestine mandataire. Après la guerre israélo-arabe de 1948 et un premier exil libanais, il rentrera en Galilée, militera au Parti communiste israélien puis deviendra un cadre dirigeant de l’OLP jusqu’en 1993. Il est mort à Houston (Texas) le 9 août 2008.

L’exil forcé, les souffrances et l’injustice faites à son peuple étaient une blessure profonde jamais cicatrisée. « On ne peut vivre avec la blessure de la disparition de la patrie que si une cohabitation équilibrée s’instaure entre les « deux réalités », juive israélienne et arabe palestinienne, dont aucune ne peut éradiquer l’autre. »

« L’espoir, assurait-il, est une maladie incurable chez les Palestiniens, l’espoir d’une vie normale où nous ne serions ni héros ni victimes. » L’espoir donc, malgré une occupation israélienne qui est « une déclaration permanente de guerre contre nos corps et nos rêves, nos maisons et nos arbres ».1

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Le tir Canopus au-dessus de Fangataufa, le 24 août 1968.
Les essais nucléaires français en Algérie

Pour la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires français

Les États-Unis admettent que leurs expériences nucléaires ont fait des victimes ; ils ont voté en 1988 une loi pour indemniser tant les vétérans civils et militaires que les populations voisines de leurs anciens sites d’essais.

Une étude scientifique récente 2 vient de mettre en évidence, chez les vétérans néo-zélandais des essais nucléaires britanniques de 1957-58, un pourcentage d’anomalies de l’ADN trois fois plus élevé qu’habituellement.

Mais le ministère français de la Défense, qui a effectué 210 essais nucléaires dont 50 atmosphériques tant au Sahara algérien qu’en Polynésie française, continue à affirmer qu’ils ont été « propres» et sans conséquences sur la santé des personnes. Pour éviter toute remise en cause de ce “dogme”, les archives des essais nucléaires viennent d’être classées dans la catégorie orwellienne de celles qui sont «incommunicables», sans limitation de temps.

Depuis des années, deux associations, l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) et l’association Moruroa e tatou, se battent pour obtenir la vérité sur les essais nucléaires français et la justice pour les victimes. Elles demandent :

  • le vote d’une loi sur le suivi sanitaire et environnemental des essais nucléaires ;
  • la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes ;
  • la levée du secret défense sur les documents portant sur le niveau des retombées radioactives […] des essais nucléaires de la France au Sahara et en Polynésie française, entre 1960 et 1996.

Elles ont lancé une pétition.

Pour tout renseignement : ">.

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Pancho (Le Monde du 16 novembre 2007)
A-la France et les Roms “européens”

la Roumanie et la Bulgarie sont en Europe… leurs citoyens également

Comme tous les citoyens européens, les Roumains et les Bulgares peuvent circuler librement pendant trois mois dans l’Union européenne. Au-delà, à moins d’exercer un des 150 métiers qui leur sont ouverts en France, ils deviennent illégaux s’ils sont « une charge déraisonnable pour l’assistance sociale» (en français courant : s’ils ne justifient pas de ressources suffisantes)3.

A la veille de l’entrée de ces pays dans l’Union européenne, le ministre de l’intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, avait adressé aux préfets une circulaire sur les « modalités d’admission au séjour et d’éloignement des Roumains et des Bulgares ». Saisi de recours déposés par la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, le Gisti d’une part, et SOS-Racisme d’autre part, le Conseil d’Etat a, le 19 mai 2008, annulé en partie cette circulaire.

Mais les autorités françaises ont trouvé le moyen de reprendre les expulsions de Roms : il suffit de les qualifier de « retours humanitaires ». Trois mille Roumains et Bulgares ont été reconduits à la frontière en 2007.

[Reprise et mise à jour le 5 août 2008 (première mise en ligne : 29 juin 2007
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Femmes et enfants roms.
A-gens du voyage en Europe

les Roms sont indésirables partout en Europe

Constituant la plus grande minorité d’Europe, les Roms seraient 7 millions en Europe — difficile d’être plus précis, car les statistiques du Conseil de l’Europe regroupent dans une même catégorie les Roms et les gens du voyage — originaires principalement de Roumanie et des Balkans. La Roumanie compterait 1,8 million de Roms et la Bulgarie 650 000. En France, 400 000 personnes sont recensées comme « gens du voyage et Roms », parmi lesquels les Roms sont très minoritaires.

Le 16 septembre 2008, à Bruxelles, le premier sommet européen consacré aux Roms se penchera sur les discriminations de plus en plus aiguës dont ils font l’objet.

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Les victimes de la fusillade de la rue d’Isly bénéficieront-elles d’une reconnaissance refusée aux victimes de l’OAS ?

Comme l’année dernière à pareille époque, d’anciens activistes de l’OAS ont obtenu l’autorisation de participer à la cérémonie du ravivage de la Flamme à l’Arc de Triomphe, le 26 mars prochain. Il s’agit pour eux d’honorer le souvenir des victimes de la fusillade du 26 mars 1962 à Alger
4.

Une fois encore, nous nous associons à la douleur des familles, mais nous devons à la vérité de rappeler que les manifestants du 26 mars 1962 répondaient à l’appel de l’OAS, organisation terroriste qui a fait de nombreuses victimes civiles et militaires, françaises et algériennes.

La compassion envers les familles des victimes est légitime. Mais la prise en compte d’une seule catégorie d’entre elles ne doit pas être une insulte à la mémoire des autres. A ce titre, nous ne pouvons que nous élever par avance contre le projet, dénoncé par deux associations de défense de la mémoire de victimes de l’OAS, d’accorder le statut de «Morts pour la France» aux victimes de la rue d’Isly.

[Article mis en ligne le 23 mars 2008, complété le 30 juillet 2008]
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Discours de Dakar 2007

Henri Guaino veut faire entrer le discours de Dakar dans l’histoire

Le conseiller spécial du président de la République revient dans une tribune du journal Le Monde sur le discours toujours très controversé prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, en juillet 2007. La “plume du président” se défend de toute vision raciste de l’Afrique — il avait aimablement traité de «petit con prétentieux» BHL qui avait affirmé «Guaino, il est raciste» — mais il n’hésite pas à répéter, avec l’assurance qu’on lui connaît, que «l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

Achille Mbembe, professeur d’histoire et de science politique à Johannesburg, avec « L’Afrique de Nicolas Sarkozy », et Ibrahima Thioub, professeur d’histoire à l’Université de Dakar, avec sa « lettre à Nicolas Sarkozy », ont répondu en leur temps à cette vision “frivole et exotique” de l’Afrique. Ci-dessous, avant la reprise de la tribune d’Henri Guaino, un commentaire de David Servenay qui remarque que l’appréciation du rôle de la France dans le génocide rwandais ne semble pas avoir été affectée par le changement de président de la République.

[Mise en ligne le 28 juillet 2008, complétée le 30 juillet]
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Discours de Dakar 2007

le discours de Dakar : premier anniversaire

Il aura fallu attendre un an pour apprendre que Bernard Kouchner «juge avec une certaine sévérité» le discours prononcé par Nicolas Sarkozy il y a un an à Dakar. On notera que notre ministre des Affaires étrangères travestit la réalité quand il affirme, au sujet de Thabo Mbeki, qu’«il a en tout cas envoyé une lettre très claire de soutien au président Sarkozy». En effet, dans cette lettre, Thabo Mbeki remerciait Nicolas Sarkozy pour le soutien qu’il avait déclaré vouloir apporter au développement de l’Afrique — mais il semble que, là aussi, le président français en soit resté au stade des déclarations.

Bernard Kouchner n’ayant pas précisé ses critiques, vous trouverez ci-dessous un point de vue sur ce “fameux” discours.

[Première mise en ligne le 25 juillet, revue et complétée le 26 juillet 2008]
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La prison Barberousse d'Alger à l'époque coloniale.
1945-1962

la guillotine et la guerre d’Algérie

Pendant la guerre d’indépendance algérienne, de 1954 à 1962, au nom de la lutte contre la “subversion” du FLN, au nom du rattachement de l’Algérie à la France qui interdisait d’y appliquer le droit de la guerre et de considérer les nationalistes comme des combattants, plus de 1 500 condamnations à mort furent prononcées par la justice française.

En 2001, après avoir pu consulter le “registre des grâces” qui répertoriait les noms des condamnés à mort, deux journalistes parvenaient au total de 222 militants du FLN exécutés entre 1956 et 1962, « le plus souvent au terme d’une parodie de justice ». Vous trouverez ci-dessous leur article, publié dans Le Point en août 2001, qui met en évidence l’utilisation politique qui a été faite de la peine de mort au cours de cette guerre. Il est suivi d’un entretien avec Abdelkader Guerroudj, ancien dirigeant du PCA, condamné à mort pour atteinte à la sécurité de l’État, qui put échapper au couperet, tout comme sa femme Jacqueline, grâce à la mobilisation de l’opinion.

La même année, l’historienne Sylvie Thénault, dont le travail de recherche porte sur l’histoire de la décolonisation et de la justice, publiait un ouvrage important issu de sa thèse, Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie5. Vous trouverez ci-dessous une interview de Sylvie Thénault datant d’août 2001.

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le Parlement a adopté une nouvelle loi sur les archives

Le Parlement a définitivement adopté le 1er juillet 2008 le projet de loi sur les archives qui fixe de nouveaux délais de communication des archives publiques (voyez le site internet que le Sénat consacre à ce projet de loi).

Aux termes de l’article 17 du projet de loi, les archives publiques sont désormais communicables de plein droit à l’expiration d’un délai de 50 ans pour les documents relatifs à la vie privée. Il en va de même pour les documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l’Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l’Etat, à la sécurité publique.
Toutefois, est interdite la consultation des archives dont «la communication est susceptible d’entraîner la diffusion d’informations permettant de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes nucléaires, biologiques, chimiques» ou tout autre arme de destruction massive. Cette disposition interdit l’accès aux archives publiques pour les recherches concernant les contaminations par les essais nucléaires du Sahara ou du Pacifique.

Vous trouverez ci-dessous une réaction reprise de la presse algérienne, suivie du communiqué diffusé le 15 mai par l’association des usagers des Archives nationales (AUSPAN) après l’adoption du texte (identique au texte définitif) en seconde lecture par le Sénat6.

[Première mise en ligne le 3 juillet, complétée le 17 juillet 2008]
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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

“cannibale” de Didier Daeninckx, au Festival d’Avignon 2008

Du 7 au 27 juillet à 20h20

à La Manufacture (2, rue des Ecoles, 84000 Avignon)

Réservations :04 90 85 12 71

Conception et interprétation : Sylvie Malissard

d’après Cannibale de Didier Daeninckx (1er éd. Verdier)

Compagnie Le Porte Plume 5 rue Goy 39800 Poligny

Contact 06 31 77 49 16 – ">

[Première mise en ligne le 17 juin 2008, mise à jour le 15 juillet 2008]
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Pour la justice,
Marignane

le Tribunal administratif condamne la ville de Marignane

Le Tribunal administratif de Marseille a rendu son jugement lundi 7 juillet 2008 suite aux requêtes formées il y a trois ans contre l’arrêté du précédent maire de Marignane, Daniel Simonpiéri, qui avait permis l’édification sur le domaine communal d’une stèle à la gloire de l’OAS.

Le TA annule cet arrêté et il enjoint d’enlever la stèle dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Voici les considérants les plus intéressants et la décision proprement
dite du TA, suivis de quelques articles de presse — dont celui d’Alexandre Nasri qui fut le premier, en novembre 2004, à nous alerter sur ces 454.

[Mise en ligne de la décision de justice le 9 juillet 2008, mise à jour le 11 juillet]
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