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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Kharpout, mai-juin 1915. Notables arrêtés et conduits en prison.
Diverses questions d'histoire

« Je partage les sentiments et les peines de mes sœurs et frères arméniens et je leur demande pardon… »

« 1915’te Osmanlı Ermenileri’nin maruz kaldığı Büyük Felâket’e duyarsız kalınmasını, bunun inkâr edilmesini vicdanım kabul etmiyor.
Bu adaletsizliği reddediyor, kendi payıma Ermeni kardeşlerimin duygu ve acılarını paylaşıyor, onlardan özür diliyorum.»

« Ma conscience ne peut accepter que l’on reste indifférent à la Grande Catastrophe que les Arméniens ottomans ont subie en 1915, et qu’on la nie. Je rejette cette injustice et, pour ma part, je partage les sentiments et les peines de mes sœurs et frères arméniens et je leur demande pardon. »

Ces excuses adressées aux victimes du génocide arménien de 1915 ont été formulées par quatre intellectuels turcs, Ahmet İnsel, Baskın Oran, Cengiz Aktar et Ali Bayramoğlu, qui étaient des proches du journaliste d’origine arménienne Hrant Dink, assassiné en janvier 2007. Cette déclaration a reçu plus de 30 000 signatures depuis sa mise en ligne sur internet le 15 décembre dernier sous forme de pétition. Certaines personnes d’origine arménienne ont décidé de réagir personnellement et publiquement à ce geste. Elles ont choisi de le faire par une pétition lancée le 19 janvier 2009, second anniversaire de la mort de Hrant Dink.

[Mise en ligne le 24 décembre 2008, complétée le 25 février 2009]

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Diverses questions d'histoire

Le génocide des Arméniens en Turquie

Le génocide des Arméniens a été le premier du XXe siècle. Mais il n’a été reconnu que récemment 1. La population arménienne de l’empire ottoman fut presque totalement anéantie entre 1915 et 1918 par des massacres et des déportations qui firent plus d’un million de morts. Taner Akçam, historien turc vivant en exil et spécialiste des archives ottomanes, a montré de manière irréfutable – à partir de documents ottomans – que, loin de n’être qu’une conséquence aussi fâcheuse qu’involontaire de la Première Guerre mondiale, le génocide fut soigneusement planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l’époque, le comité Union et Progrès, plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs ». En 2001, la France a reconnu le génocide arménien de 1915.

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Guadeloupe : la politique du mépris

La Ligue des droits de l’Homme dénonce le comportement irresponsable des plus hautes autorités de l’État et les appelle à témoigner vis-à-vis des populations d’outre-mer, comme naguère vis-à-vis des populations des quartiers populaires, du respect et de l’égale considération qui sont dues à tous les citoyens de la République.

Lire également «légitimité démocratique et légitimité républicaine», par Jacky Dahomay, professeur de philosophie en Guadeloupe.

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Uri Avnery : juger en Israël les Israéliens suspectés de crimes de guerre

L’essentiel est que les criminels de guerre soient traduits en justice. Mais en tant que patriote israélien, Uri Avnery préfèrerait que les Israéliens suspectés de crimes de guerre soient traduits en justice en Israël : «C’est nécessaire pour le pays, pour tous les officiers et soldats honnêtes de l’armée israélienne, pour l’éducation des futures générations de citoyens et de soldats».

Cet article a été publié en hébreu et en anglais sur le site de Gush Shalom le 1er février 20092.

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Rwanda

Décès d’Alison Des Forges, historienne et militante

Alison Des Forges est décédée le 12 février 2009 dans le crash d’un avion à Buffalo. Un coup très dur pour la cause des droits de l’Homme dans la région des Grands Lacs, en particulier au Burundi et au Rwanda.

«Triste fin de journée. C’était la militante rigoureuse et déterminée que tout le monde connaît. Elle n’a jamais mégoté sur la réalité du génocide de 1994, tout en étant toujours soucieuse de cerner la vérité. Elle est le contraire d’une idéologue. […]

«J’ajouterai surtout que c’est une grande historienne du Rwanda. Il faudrait éditer sa thèse sur Musinga en hommage à ce travail remarquable. Elle a sacrifié son travail de recherche pour la défense des droits humains. Qui le regrettera ? »

Jean-Pierre Chrétien
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L'antisémitisme, les Juifs, la Palestine

«aujourd’hui Gaza, demain Massada ?» par Rony Brauman

C’était un temps déraisonnable

On avait mis les morts à table

On faisait des châteaux de sable

On prenait les loups pour des chiens

Louis Aragon

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?


Plusieurs centaines d’enfants ont été tués à Gaza en trois semaines. Combien de vocations à l’attentat-suicide cette “opération” aura-t-elle suscitées ? Si les leaders israéliens ne prennent pas conscience des effets dévastateurs de leur politique, d’autres massacres se produiront, suivis de cessez-le-feu… jusqu’au retournement du rapport de forces qui risque de se produire.

Rony Brauman3
est de ceux qui pointent cette perspective finale et poussent à un renversement des hypothèses fondamentales de la politique israélienne. Dans ce texte écrit alors que la bande de Gaza subissait une attaque massive, il disait voir dans l’exaltation grandissante en Israël du mythe de Samson et des martyrs de Massada comme une prophétie en cours d’auto-réalisation.

[Première mise en ligne le 18 janvier 2009]
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Nicolas Sarkozy à Camopi, le 11 février 2008, entre un chef coutumier descendant de noirs marrons (à sa droite) et le maire de Camopi. (Photo : Frédéric Farine/RFI)
Guyane

je vous écris d’un département très lointain

J’aimerais revenir sur la situation de la Guyane, tout aussi exemplaire et sans doute aussi explosive que celle de la Guadeloupe… nous écrit Nicole.

Elle nous parle de la Guyane et de ses habitants. Leurs problèmes – l’accès à la santé, à l’enseignement, le [non]respect des droits des étrangers. Et aussi des Amérindiens du Haut-Maroni victimes du mercure lié à l’orpaillage – leurs demandes n’ont pas été entendues en mars 2007, lors de la création du Parc amazonien en Guyane4

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Les essais nucléaires français en Algérie

Le 13 février 1960 à Reggane : Gerboise bleue

Le 13 février 1960, à 7h04, au fin fond du Sahara algérien, la France procédait au premier de ses essais nucléaires atmosphériques, dénommé « Gerboise bleue ». Une vidéo replace cet événement dans le contexte de l’époque.

Cette première expérimentation dans l’atmosphère devait être suivie de trois autres, puis de treize essais souterrains à In-Ekker. Certains de ces essais – le plus connu étant Beryl – ont été l’occasion de rejets radioactifs dans l’environnement.

Le désert était habité et, un demi-siècle plus tard, les populations en subissent toujours les effets. Lors d’une journée d’étude organisée récemment à Alger par la Fondation du 8 mai 1945, un chercheur en physique nucléaire, a mis en évidence un lien entre les fausses couches, malformations, cancers et autres maladies rares observées dans la région et les essais nucléaires effectués par l’armée française entre 1960 et 1966. Il a également insisté sur «la nécessité d’ouvrir des centres de recherche spécialisés pour pouvoir traiter les effets de ces essais et prendre en charge médicalement les populations».

Après que différentes propositions de lois aient été présentées par des parlementaires, le gouvernement a décidé de soumettre au Parlement un projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français.

Les victimes algériennes seront-elles prises en compte ? On est en droit de se poser la question à la lecture de la version du 30 janvier 2009 de l’avant-projet de loi que nous reproduisons plus bas.

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Après des décennies de refus, l’Etat indemnisera les irradiés de ses essais nucléaires

Longtemps, l’Etat français a refusé d’admettre les conséquences sur les personnes de ses essais nucléaires au Sahara ou dans le Pacifique. Il s’est battu contre les demandes de dédommagement présentées devant les tribunaux – 355 au total.

Cette époque semble révolue : le ministre de la Défense a annoncé le dépôt d’un projet de loi d’indemnisation au cours du printemps prochain, et une délégation ds associations représentatives des victimes a été reçue le 22 décembre 2008 au ministère de la Défense.

[Mise en ligne le 25 décembre 2008, complétée le 6 février 2009]
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Travailleurs forcés originaires d'Indochine (Cnhi).
Les Indochinois immigrés de force (1939-1952)

un camp de travailleurs coloniaux forcés à Toulon

Par le plus grand des hasards, Alexandre Briano met la main, en 2006, sur le plan d’un campement de travailleurs coloniaux de 1940 situé au Mourillon. Après deux années de longues recherches, il en résultera un ouvrage, «Les travailleurs coloniaux. Les oubliés de l’Histoire », où Alexandre Briano évoque ce camp de travailleurs forcés qui a fonctionné au coeur de Toulon jusqu’à la fin 19426.

Une histoire que les Français ont oubliée, celle des travailleurs coloniaux, arrachés par milliers à leurs familles, réquisitionnés, en 1914, puis en 1940, pour participer à l’effort de guerre, et que l’on a parqués dans des camps, un peu partout en France, dont un se trouvait à Toulon, au Mourillon.

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Yad Vashem : plafond de la salle des noms.
L'antisémitisme, les Juifs, la Palestine

«car je sais combien nombreux sont vos crimes… », lettre ouverte de Jean-Moïse Braitberg

Le Monde a publié dans son édition du 29 janvier 2009 un texte de Jean-Moïse Braitberg intitulé Effacez le nom de mon grand-père de Yad Vashem
7, extrait d’une lettre ouverte qu’il a adressée à Shimon Pérès.

Nous reprenons, avec la permission de Jean-Moïse Braitberg, la version intégrale de cette lettre ouverte qu’il a écrite «en tant que Français, militant des droits de l’Homme, indigné par l’instrumentalisation du génocide faite par Israël».

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