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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

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Harkis

les harkis dans la colonisation et ses suites

Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron publient «Les Harkis dans la colonisation et ses suites», avec une préface de Jean Lacouture1.

Ci-dessous une présentation du livre, suivie d’extraits de la préface, puis d’un article que l’historien Jean-Charles Jauffret a consacré à cet ouvrage.

[Mise en ligne le 2 février 2008, mise à jour le 25 septembre 2009]


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Vincent Sardon
Racisme de couleur et islamophobie

Mustapha Kessous : « ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente au téléphone »

Les propos discriminants récemment tenus par Brice Hortefeux éclairent la conception de l’“identité nationale” du ministre de l’Intérieur. Derrière une façade politiquement correcte magnifiant la “diversité », ils révèlent à quel point les stéréotypes coloniaux et l’idée d’“inassimilabilité”, qui jalonnent l’histoire de l’immigration en France et une vision biaisée de la société française, façonnent l’univers de la majorité actuelle2.

Mais a-t-on suffisamment souligné le fait que le président de la République n’a pas eu un mot pour condamner les propos de Brice Hortefeux3. Ce faisant, Nicolas Sarkozy « s’inscrit dans la dynamique de légitimation du racisme par les élites » qui classe les Français en deux catégories : les Français «de souche » et les « Français pas tout à fait comme les autres »4.

Le témoignage d’un journaliste du Monde que nous reprenons ci-dessous montre la persistance dans une (trop grande) partie de la population de préjugés à l’égard des personnes issues de l’immigration. La promotion de l’“identité nationale” à laquelle Nicolas Sarkozy s’est livré pour gagner les voix de l’extrême droite et qui continue à être un de ses thèmes politiques favoris ne fait que conforter ces fantasmes injustifiables, alors qu’il conviendrait tout au contraire de les combattre.

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de l’Algérie à l’Afghanistan : la France a-t-elle perdu la mémoire ?

L’Afghanistan n’est pas sa première guerre hors de ses frontières : l’Algérie est un épisode particulièrement tragique dont on pouvait penser avoir tiré des leçons.

Combien faudra t-il encore rapatrier de cercueils pour que l’opinion se réveille de sa léthargie et que la classe politique ose dire l’absurdité d’un engagement militaire français dans les lointaines montagnes de l’Hindou Koush ? C’est la même question que posent à un an de distance, chacun à sa façon, le chroniqueur Roland Hureaux et l’anthropologue Emmanuel Terray.

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1945-1962

un tournant de la guerre d’Algérie : le discours de de Gaulle sur l’autodétermination, par Benjamin Stora

Quand de Gaulle assume une fois de plus les pouvoirs de la République, en mai 1958, et forme un nouveau gouvernement, l’Algérie est à feu et à sang depuis quatre ans. Il semble bien être le seul à pouvoir tirer la France de ce bourbier. Mais choisira-t-il l’indépendance ou la fermeté ? Après avoir prononcé le slogan « Vive l’Algérie française » à Mostaganem, puis le fameux « Je vous ai compris» à Alger, il suscite de grands espoirs parmi les Algériens français. Aussi, le 16 septembre 1959, son discours télévisé créé la stupeur : il lève l’ambiguïté grandissante de son attitude face au conflit et lâche le mot tabou d’« Autodétermination» … Un basculement décisif, le rejet de « l’intégration» : le chef de l’État offre aux Algériens le choix entre l’association et la sécession – c’est donc la volonté de la population musulmane, très largement majoritaire, qui l’emportera. Les partisans de l’Algérie française crient aussitôt à la trahison…

Ce choix pour l’autodétermination a-t-il relevé d’une mûre réflexion, après bien des hésitations, ou d’une décision secrète prise de longue date ? En analysant de très nombreux témoignages, souvent contradictoires, en mettant en perspective les événements politiques, sociaux et culturels précédant le discours du 16 septembre 1959, Benjamin Stora tente dans son dernier livre, Le mystère de Gaulle. Son choix pour l’Algérie, de cerner les raisons profondes qui ont présidé à cette décision finale 5.

A la suite de la présentation de ce livre par Jean Daniel, vous trouverez un article récent de Benjamin Stora sur ce sujet.

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Abdelkader Rahmani, école des officiers de Bou Saada, 1944.
Les résistances à la guerre d'Algérie

Abdelkader Rahmani, officier FSNA – Français de souche nord-africaine – de l’armée française

Après avoir participé à la libération de la France, Abdelkader Rahmani s’engage dans l’armée française.

Au printemps 1957, il est embastillé pour avoir officiellement demandé à ne pas avoir à se battre contre ses frères qui luttaient pour l’indépendance de leur pays.Il occupe une cellule dans laquelle le général de Bollardière, seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement la torture, lui succédera.

Après différentes péripéties, l’armée le place, le 2 février 1959, dans la position de non-activité par retrait d’emploi. Il y sera maintenu plus de quinze ans.

Sa carrière brisée ne sera jamais reconstituée, contrairement à celles des putschistes qui avaient tourné leurs armes contre la République, et qui ont pu bénéficier de la loi d’amnistie du 3 décembre 1982.

Aucune indemnité ne lui sera versée, contrairement aux activistes de l’OAS qui ont bénéficié de l’article 13 de la loi du 23 février 2005.

Ci-dessous, la reprise d’un article d’Hélène Bracco publié dans le n°159, juillet-septembre 2009, de la revue Gavroche6.

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Paul Girot de Langlade
Racisme de couleur et islamophobie

Un préfet suspendu après un violent accès de négrophobie

Une femme agent de sécurité à l’aéroport d’Orly a porté plainte le 31 juillet dernier pour propos diffamatoires à caractère raciste contre le préfet Paul Girot de Langlade, celui là même qui était encore le « patron » des États généraux à la Réunion il y a quelques jours. Le 14 août, on apprenait que le ministère de l’Intérieur avait suspendu le préfet.

On peut rappeler que Paul Girot de Langlade, avait déjà défrayé la chronique à deux reprises pour « provocation à la haine raciale» dans l’exercice de ses fonctions de préfet. En 2002, alors qu’il était en poste dans le Vaucluse, puis en 2006, dans La Nouvelle République, il s’en était pris vertement aux gens du voyage, les assimilant à «des délinquants». Il avait gagné les deux procès en appel, mais ses prises de parole lui avaient valu son placement hors cadre.

[Première mise en ligne le 10 août, dernière mise à jour le 2 septembre 2009]

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Le 24 juillet 2009, Nicolas Sarkozy s'entretient avec le président camerounais à l'Elysée.
La Françafrique

biens mal acquis : la piste camerounaise

En juin dernier, le CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) a rendu public un nouveau rapport consacré aux avoirs détournés par certains chefs d’Etat africains. L’association, créée pour travailler sur les causes de la pauvreté et des inégalités et pour dégager des voies de développement, s’était précédemment penchée sur les cas des présidents Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale). Le nouveau rapport intitulé «Biens mal acquis, à qui profite le crime ?» aborde notamment le patrimoine et l’enrichissement du président camerounais Paul Biya et de ses proches.

Vous trouverez ci-dessous la transcription de l’intégralité du chapitre de ce rapport consacré au Cameroun7. Un document que les vacances fastueuses du couple présidentiel camerounais à La Baule illustrent de façon scandaleuse (43 chambres ont été réquisitionnées dans deux hôtels de luxe de La Baule, au prix de 42 000 € par nuit8).

En janvier 2009, un rapport d’Amnesty International9 avait rappelé que « L’opposition politique n’est pas tolérée au Cameroun. Toute dissidence est étouffée soit par la violence, soit par le détournement de la justice pour réduire les personnes qui émettent des critiques au silence. »

La France, oubliant qu’on ne peut être en même temps l’ami des démocrates et celui des dictateurs10, aurait renouvelé son aide au Cameroun en confirmant le versement de 537 millions d’euros sur cinq ans pour le désendettement et le développement du pays11.

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Francis Jeanson, un intellectuel engagé, par Benjamin Stora

Francis Jeanson vient de nous quitter. Proche de Jean-Paul Sartre, il est une des figures intellectuelles françaises les plus connues, les plus engagées contre la guerre d’Algérie dans les années 50. Pour cet animateur infatigable de la revue Les Temps modernes, le moteur de l’histoire est le défi, qui est aussi le mobile de ses propres actes. Pendant la seconde guerre mondiale, moment de son premier engagement, le défi que l’homme libre et responsable doit relever est celui que lance au monde le nazisme.

Après 1945, le défi fondamental est celui de la décolonisation. Pendant la guerre d’Algérie, Francis Jeanson veut faire converger ses propos et ses actes : si on parle de solidarité avec les Algériens nationalistes et révolutionnaires, alors il faut se « mettre au service » des militants du FLN. Ce seront les fameux « réseaux Jeanson », chargés de porter les valises pleines d’argent et de documents, traqués par la police française. En 1960, le procès du réseau Jeanson sera l’occasion d’une dénonciation, en portée au grand public, de la guerre coloniale menée en Algérie.12.

Dans un entretien, publié le 3 Août 2009 sur le site Mediapart, que nous reprenons ci-dessous, Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, retrace l’engagement de Francis Jeanson.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Nouvelle Calédonie : «pas de paix civile sans justice sociale»

Après les violents incidents du début du mois, la situation est revenue progressivement au calme en Nouvelle Calédonie. Le 12 août une importante manifestation, constituée en majorité d’Européens, s’est déroulée à Nouméa pour exprimer le refus des violences.

De son côté, l’USTKE continue à réclamer la libération de son président et appelle à une journée de mobilisation le 22 août.

La Ligue des Droits de l’Homme et du citoyen de Nouvelle-Calédonie appelle les partis politiques, les syndicats, les associations et les citoyens à «tirer dans le même sens» dans le cadre de l’Accord de Nouméa afin de mener une véritable politique de réduction des inégalités sociales, de plus grand respect mutuel et de meilleur partage des richesses.

[Première mise en ligne le 10 août, mise à jour le 13 août 2009]

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La société française au temps des colonies

Aimé Césaire :
“Discours sur le colonialisme” (1950)

Aimé Césaire, poète et homme politique, a été maire de Fort de France (1945-2001), et député de la Martinique (1945-1993) ; il a obtenu la départementalisation de la Martinique en 1946. Né en 1913 à la Martinique, il est mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. En dehors de ses œuvres d’écrivain, dont Cahier d’un retour au pays natal (1939), La tragédie du roi Christophe (1963), il a écrit en 1950 son important Discours sur le colonialisme. Nous en publions ci-dessous le début, précédé d’une lecture publique par Antoine Vitez en 1989 à Avignon.

[Mise en ligne le 23 mars 2005 – Le document audio a été mis à jour le 22 février 2017]
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La loi du 23 février 2005 et l’indemnisation d’anciens activistes de l’OAS

L’article le plus connu de la loi 2005-158 du 23 février 2005 est sans conteste le quatrième, du fait de l’abrogation décrétée le 15 février 2006 de son second alinéa : «Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord […]».

Mais cette loi comporte d’autres mesures qui sont passées en douceur. Notamment son article 13 visant à indemniser «les personnes de nationalité française […] ayant fait l’objet, en relation directe avec les événements d’Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d’expulsion, d’internement ou d’assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle […]». En clair, il s’agissait d’indemniser certains anciens activistes de l’OAS qui avaient interrompu leur activité professionnelle pour se réfugier à l’étranger avant de bénéficier de l’amnistie de 1969, et qui ont de ce fait perdu des annuités de retraite.

Le point sur l’application de cet article 13 de la loi du 23 février 2005.

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