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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Mohammed Harbi : “le pari des accords d’Evian n’a pas été tenu”

Il y a 48 ans, le 18 mars 1962, étaient signés les accords d’Évian. Ils comprennent deux parties :
un accord de cessez-le-feu, dont l’application était fixée au lendemain, le 19 mars 1962 à midi, et des déclarations portant notamment sur la période de transition1.

Le cessez-le-feu officiel ne marqua malheureusement pas la fin des combats, et cette guerre devait faire encore de très nombreuses victimes civiles ou militaires au cours des mois qui ont suivi. L’indépendance de l’Algérie sera proclamée le 5 juillet, après 132 ans de “présence” française.

Dans un entretien publié dans le quotidien algérien El Watan, l’historien Mohammed Harbi tente d’expliquer pourquoi les Etats français et algérien ne parviennent toujours pas à dialoguer sereinement de leur passé commun.

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Israel-Palestine : la paix ne peut être fondée que sur le droit international

Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, des ambassadeurs français rappellent que la paix et un ordre durable ne peuvent être fondés que sur le droit international.

L’Union juive française pour la paix (UJFP), après avoir rappelé qu’«il y a un occupant et un occupé», déclare apporter «son soutien total aux droits du peuple palestinien et à la campagne internationale de BDS – boycott, désinvestissement, sanctions contre l’Etat d’Israël tant que dureront l’occupation, la colonisation et l’apartheid.»

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A-le génocide des tsiganes

l’internement des tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale

En France, entre 1940 et 1946, de nombreuses familles tsiganes – 6000 à 6500 hommes, femmes, vieillards, enfants – furent internées dans des camps gérés par l’administration française.
Les livres d’histoire sont souvent silencieux sur ce versant sombre de l’histoire de notre pays, que Tony Gatlif rappelle dans son dernier film, Liberté.

Afin de faire connaître et reconnaître une histoire oubliée et de rendre hommage aux victimes et à leurs familles, un collectif d’associations a décidé de programmer en 2010 un événement intitulé Une mémoire française : Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-19462.

Nous remercions Marie-Christine Hubert, co-auteure, avec Emmanuel Filhol, de Les Tsiganes en France : un sort à part 1939-19463, de l’aide qu’elle a apportée à la mise au point de cette page.

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“Obliger les femmes à porter la burqa est condamnable où que ce soit, mais le leur interdire chez nous serait une erreur”

«Les femmes devraient être libres de choisir la façon dont elles s’habillent, sans qu’interfèrent ni leurs communautés, ni les autorités publiques» a affirmé Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, dans son dernier point de vue publié le 8 mars 2010 à l’occasion de la journée internationale des femmes4.

« L’interdiction de la burqa et du niqab ne libérerait pas les femmes opprimées mais pourrait, au contraire, aggraver leur exclusion dans les sociétés européennes » a-t-il déclaré.

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Saint Denis, 1988 (photo Dominique Lallier)
Vietnam

Il y a 60 ans : Raymonde Dien et Henri Martin contre la guerre d’Indochine

On peut encore lire ou deviner des inscriptions « Libérez Henri Martin ! » sur de vieux murs. A-t-on oublié que cet Henri Martin a fait les grands titres de la presse il y a 60 ans ? Le 14 mars 1950, ce marin était arrêté à Toulon par la Gendarmerie militaire. Son crime ? Avoir dénoncé la guerre, celle menée par la France en Indochine.

Quelques jours plus tôt, en février 1950, une autre militante, Raymonde Dien, avait été arrêtée, pour s’être couchée à Saint-Pierre-des-Corps devant un train chargé de matériel militaire à destination de l’Indochine.

Alors que notre participation à la guerre d’Afghanistan se poursuit au loin, Alain Ruscio, historien spécialiste de la colonisation française et notamment de l’histoire de l’Indochine coloniale, rappelle la forte opposition qui s’est manifestée en France contre la guerre d’Indochine5.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Un siècle d’immigration des Suds en France”, par l’Achac

Le coffret « Un siècle d’immigration des suds en France » paraît en 2010, aux éditions La Découverte. Il rassemble une série de huit livres maintenant réunis en seul coffret. L’Achac a publié ces ouvrages au cours de dix ans d’un travail visant à décrypter le regard d’un pays sur ses nouveaux habitants, entre images et imaginaire colonial. Des milliers de photos ont été rassemblées et une exposition en plein air autour de l’Hôtel de Ville de Paris a été réalisée sur le thème, « Paris, 150 ans d’immigration ». Nous publions l’article de Stéphanie Binet publié par Libération le 26 février 2010 à propos de ce livre.

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Benjamin Stora décrypte le projet de loi algérien criminalisant la colonisation

Le dépôt d’une proposition de loi criminalisant le colonialisme français a été annoncé début février par un député FLN, Moussa Abdi, professeur d’histoire à Chlef. Ce texte aurait été remanié à plusieurs reprises ces dernières semaines et on ne sait toujours pas si le gouvernement algérien a décidé de l’inscrire au programme de l’Assemblée.

Pierre Puchot en publie une version sur le site Mediapart ainsi qu’une analyse par Benjamin Stora pour qui ce texte marque un durcissement
dans les rapports entre Paris et Alger6.

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Harkis

 62 enfants de harkis racontent

Le livre Des vies – 62 enfants de harkis racontent, écrit sous la direction de Fatima Besnaci-Lancou, vient de paraitre. Il est préfacé par Boris Cyrulnik, et a reçu la participation de Jean-Jacques Jordi, Gilles Manceron, Abderahmen Moumen et Yann Scioldo-Zurcher7.

Fatima Besnaci-Lancou est présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont Fille de harkis (Éditions de l’Atelier, 2003) et Les harkis dans la décolonisation et ses suites (en collaboration avec Gilles Manceron aux Éditions de l’Atelier, 2008).

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Gilles Manceron, historien : « la plupart des Français veulent tourner la page coloniale »

A l’occasion du cinquième anniversaire de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 «portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés», Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, revient sur ce qu’il appelle « le contentieux historique » entre la France et l’Algérie.
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Dans un long entretien publié dans le quotidien algérien El Watan, il déclare que «c’est bien à l’ancienne puissance coloniale de déclarer que sa conquête et sa domination étaient contradictoires avec les principes des droits de l’homme auxquels elle se référait par ailleurs. […] Ce qu’il faudrait, de la part de la France, ce sont des gestes forts de reconnaissance. Cela seulement pourrait apaiser l’affrontement des mémoires et permettre de tourner la page».

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Nicole Dreyfus
Les résistances à la guerre d'Algérie

Nicole Dreyfus, de l’affaire Dreyfus à la défense des militants algériens

Nicole Dreyfus, qui fut avocate de militants du FLN, est morte le 11 février 2010 à l’âge de 85 ans. Le 8 mai 2009, elle s’était encore rendue en Algérie pour participer à Guelma au colloque organisé par l’université de cette ville en commémoration des massacres qui avaient suivi la manifestation du 8 mai 1945.

Pour le livre Etre dreyfusard hier et aujourd’hui paru en octobre 2009, elle avait considérablement complété son intervention au colloque de 2006 dont ce livre reprend les travaux. Elle y apporte des explications qu’elle n’avait jamais données sur son enfance alsacienne et sur son engagement d’avocate anticolonialiste. Elle développe, en particulier, l’importance qu’avait eue pour elle la mémoire de l’affaire Dreyfus telle qu’elle lui avait été transmise comme une affaire profondément ressentie par sa propre famille, et elle revient sur le sens qu’avait eu pour elle la défense des militants algériens.

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Au cimetière de Tazla.
De 2007 à 2012

L’Etat français doit assumer son héritage colonial

Quarante-huit ans après l’indépendance, l’instrumentalisation des souffrances de la guerre d’Algérie continue à entretenir la “guerre des mémoires”. Dans une tribune récemment publiée dans Le Monde, Georges Morin, président du Réseau des villes françaises partenaires de villes algériennes, rappelle que le peuple algérien garde, «au sein de chaque famille, les souvenirs amers de la conquête, de la colonisation et de la guerre de libération». Il demande « pourquoi l’Etat français, au plus haut niveau, ne pourrait-il reconnaître, avec des mots simples, forts et dignes, sa responsabilité historique dans les malheurs qu’a entraînés, pour le peuple algérien, l’occupation injustifiable, le système colonial inique et les répressions impitoyables qui ont jalonné les 132 ans de sa “présence” outre-Méditerranée ?»9

Georges Morin poursuit : «Ce n’est pas aux Français de 2010, qui ne sont “coupables” de rien, d’en porter le poids et d’exprimer une quelconque repentance. C’est encore moins aux Français d’Algérie de le faire, alors qu’ils sont des victimes évidentes de cette histoire tragique. C’est à l’Etat français d’assumer son héritage.» Et il rappelle que Jacques Chirac était sorti grandi de la reconnaissance en 1995 de la responsabilité de l’Etat dans la rafle du Vél’ d’hiv.

A la suite d’un article de Noureddine Saâdi, professeur de droit, qui appelle également la France à «[reconnaître] solennellement les crimes commis contre les peuples colonisés», nous reprenons ci-dessous un reportage sur le voyage récent en Algérie d’une délégation de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre10 qui depuis de nombreuses années contribue à la reconstruction de ce qui a été détruit, renouant ainsi des liens avec l’autre rive de la Méditerranée.

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Appel à la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration

Au nom des « idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République», une vingtaine de chercheurs ont lancé le 4 décembre 2009 un appel demandant la suppression de ce ministère, symbole d’une politique qui « met en danger la démocratie».

Le site Mediapart avec plusieurs dizaines de personnalités avait lancé le 2 décembre un appel à refuser le “grand débat sur l’identité nationale” organisé par le pouvoir. La LDH est signataire de cet appel : elle souhaite qu’il soit à l’origine d’une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement.

[Mise en ligne le 4 décembre 2009, mise à jour le 16 février 2010]

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