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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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Harkis

 62 enfants de harkis racontent

Le livre Des vies – 62 enfants de harkis racontent, écrit sous la direction de Fatima Besnaci-Lancou, vient de paraitre. Il est préfacé par Boris Cyrulnik, et a reçu la participation de Jean-Jacques Jordi, Gilles Manceron, Abderahmen Moumen et Yann Scioldo-Zurcher1.

Fatima Besnaci-Lancou est présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont Fille de harkis (Éditions de l’Atelier, 2003) et Les harkis dans la décolonisation et ses suites (en collaboration avec Gilles Manceron aux Éditions de l’Atelier, 2008).

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Gilles Manceron, historien : « la plupart des Français veulent tourner la page coloniale »

A l’occasion du cinquième anniversaire de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 «portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés», Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, revient sur ce qu’il appelle « le contentieux historique » entre la France et l’Algérie.
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Dans un long entretien publié dans le quotidien algérien El Watan, il déclare que «c’est bien à l’ancienne puissance coloniale de déclarer que sa conquête et sa domination étaient contradictoires avec les principes des droits de l’homme auxquels elle se référait par ailleurs. […] Ce qu’il faudrait, de la part de la France, ce sont des gestes forts de reconnaissance. Cela seulement pourrait apaiser l’affrontement des mémoires et permettre de tourner la page».

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Nicole Dreyfus
Les résistances à la guerre d'Algérie

Nicole Dreyfus, de l’affaire Dreyfus à la défense des militants algériens

Nicole Dreyfus, qui fut avocate de militants du FLN, est morte le 11 février 2010 à l’âge de 85 ans. Le 8 mai 2009, elle s’était encore rendue en Algérie pour participer à Guelma au colloque organisé par l’université de cette ville en commémoration des massacres qui avaient suivi la manifestation du 8 mai 1945.

Pour le livre Etre dreyfusard hier et aujourd’hui paru en octobre 2009, elle avait considérablement complété son intervention au colloque de 2006 dont ce livre reprend les travaux. Elle y apporte des explications qu’elle n’avait jamais données sur son enfance alsacienne et sur son engagement d’avocate anticolonialiste. Elle développe, en particulier, l’importance qu’avait eue pour elle la mémoire de l’affaire Dreyfus telle qu’elle lui avait été transmise comme une affaire profondément ressentie par sa propre famille, et elle revient sur le sens qu’avait eu pour elle la défense des militants algériens.

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Au cimetière de Tazla.
De 2007 à 2012

L’Etat français doit assumer son héritage colonial

Quarante-huit ans après l’indépendance, l’instrumentalisation des souffrances de la guerre d’Algérie continue à entretenir la “guerre des mémoires”. Dans une tribune récemment publiée dans Le Monde, Georges Morin, président du Réseau des villes françaises partenaires de villes algériennes, rappelle que le peuple algérien garde, «au sein de chaque famille, les souvenirs amers de la conquête, de la colonisation et de la guerre de libération». Il demande « pourquoi l’Etat français, au plus haut niveau, ne pourrait-il reconnaître, avec des mots simples, forts et dignes, sa responsabilité historique dans les malheurs qu’a entraînés, pour le peuple algérien, l’occupation injustifiable, le système colonial inique et les répressions impitoyables qui ont jalonné les 132 ans de sa “présence” outre-Méditerranée ?»3

Georges Morin poursuit : «Ce n’est pas aux Français de 2010, qui ne sont “coupables” de rien, d’en porter le poids et d’exprimer une quelconque repentance. C’est encore moins aux Français d’Algérie de le faire, alors qu’ils sont des victimes évidentes de cette histoire tragique. C’est à l’Etat français d’assumer son héritage.» Et il rappelle que Jacques Chirac était sorti grandi de la reconnaissance en 1995 de la responsabilité de l’Etat dans la rafle du Vél’ d’hiv.

A la suite d’un article de Noureddine Saâdi, professeur de droit, qui appelle également la France à «[reconnaître] solennellement les crimes commis contre les peuples colonisés», nous reprenons ci-dessous un reportage sur le voyage récent en Algérie d’une délégation de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre4 qui depuis de nombreuses années contribue à la reconstruction de ce qui a été détruit, renouant ainsi des liens avec l’autre rive de la Méditerranée.

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Appel à la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration

Au nom des « idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République», une vingtaine de chercheurs ont lancé le 4 décembre 2009 un appel demandant la suppression de ce ministère, symbole d’une politique qui « met en danger la démocratie».

Le site Mediapart avec plusieurs dizaines de personnalités avait lancé le 2 décembre un appel à refuser le “grand débat sur l’identité nationale” organisé par le pouvoir. La LDH est signataire de cet appel : elle souhaite qu’il soit à l’origine d’une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement.

[Mise en ligne le 4 décembre 2009, mise à jour le 16 février 2010]

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Réflexion sur les récits de l’Algérie coloniale dont les colonisés sont absents, par Eric Savarese

Un collectif d’universitaires s’est réuni à Narbonne le 19 avril 2007 à l’initiative d’Eric Savarese5 pour réfléchir à la contribution qu’ils pourraient apporter au dépassement de la guerre des mémoires algériennes en France. Les contributions individuelles ainsi que le rapport de synthèse ont fait l’objet d’une publication : Eric Savarese (dir.), L’Algérie dépassionnée. Au delà du tumulte des mémoires, Paris, Syllepse, 20086. Nous reprenons ci-dessous de larges extraits du troisième chapitre de cet ouvrage, dû à Eric Savarese et intitulé « Des récits à l’histoire. Penser la relation coloniale », qui permet de réfléchir aux récits de l’Algérie coloniale dont les colonisés sont absents.

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Le projet de loi sur les crimes de la France en Algérie : un boomerang

Il y a cinq ans, les parlementaires français votaient la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », dont un article reconnaissait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord» – une disposition abrogée un an plus tard.

Une centaine de leurs homologues algériens ont déposé le 13 janvier une proposition de loi visant à «criminaliser» la colonisation française : «Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux», a expliqué un député algérien. Une initiative jugée «particulièrement inquiétante», «incompréhensible» et même «outrancière» par Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants.

La philosophe et politologue, Seloua Luste Boulbina, chercheuse associée à l’Université de Paris VII, analyse la polémique suscitée en France7.

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Hubert Falco, à l'Assemblée nationale, le 9 février 2010.
De 2007 à 2012

France-Algérie : des feux mal éteints ravivés par des incendiaires de la mémoire

Faute d’avoir jusqu’à présent accepté de l’assumer, la France se trouve maintenant violemment confrontée à son passé colonial en Algérie: un projet de loi visant à «juger les responsables de crimes coloniaux» a été récemment déposé au Parlement algérien – réplique tardive à l’article 4 de la loi française du 23 février 2005 qui décrétait «le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord».

La proximité des élections régionales explique sans doute l’émotion manifestée par Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse et tête de liste de l’UMP pour les élections régionales en PACA, qui a refusé mardi matin 9 février de voter en faveur de la ratification d’une convention de partenariat avec l’Algérie signée il y a deux ans8. L’après-midi du même jour, à l’occasion d’une séance de questions au gouvernement, Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux anciens combattants, répondait aux inquiétudes de Thierry Mariani, en célébrant une fois encore les vertus d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie …

[Mise en ligne le 9 février 2010, mise à jour le 10]

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les “nostalgériques” auront leur fondation et les harkis des promesses verbales

Mardi 2 février 2010, à l’Assemblée nationale, répondant à une question d’Elie Aboud député UMP de l’Hérault, Hubert Falco, Secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, a annoncé la création de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, une décision qui fait l’objet de très nombreuses déclarations depuis quelques mois9.

Le lendemain, mercredi 3 février 2010, Hubert Falco présentait dans les locaux du Sénat une proposition de loi modifiant la loi n°2005-158 du 23 février 2005 en prévoyant des sanctions liées à l’interdiction d’injurier les harkis. Cette proposition de loi sera déposée au Sénat par Raymond Couderc, sénateur-maire de Béziers et tête de liste régionale UMP en Languedoc-Roussillon.

Pour avoir demandé à Hubert Falco de rappeler au Président de la République son engagement du 31 mars 2007 de « reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis », Fatima Besnaci-Lancou, vice-présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme, s’est vue grossièrement agressée.

Comment ne pas être scandalisé par ce qui s’est déroulé dans une enceinte de la République, en présence d’un membre du gouvernement, à l’occasion d’une mise en scène à visées électoralistes destinée à tirer le meilleur parti du comportement inadmissible du président sortant de la région Languedoc-Roussillon ?

Les harkis seront-ils une nouvelle fois instrumentalisés ?

[Mise en ligne le 3 février 2010, mise à jour le 9]

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Avis de la CNCDH sur le port du voile intégral

La Commission nationale consultative des droits de l’homme, dont la LDH est membre, vient d’adopter un avis sur la question dite du « voile intégral », en rappelant des principes fondamentaux permettant de guider la réflexion collective sur un sujet particulièrement complexe.

A ce titre le président de la CNCDH, Yves Repiquet, a souligné que « le port du voile intégral choque nombre d’entre nous. Cependant, tout ce qui choque ne doit pas nécessairement être interdit, et l’interdiction n’est pas nécessairement la meilleure des solutions contre le fondamentalisme ». La CNCDH a rappelé qu’en vertu même de la Constitution française, la liberté est le principe et l’interdiction l’exception. Toute ingérence de la loi dans la vie privée doit non seulement être justifiée par un but légitime – comme la défense de l’ordre public ou des droits d’autrui – mais également être « strictement nécessaire dans une société démocratique », conformément à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Une interdiction générale du « voile intégral » sur l’ensemble du territoire national serait manifestement disproportionnée, s’agissant d’un phénomène qui reste marginal, et s’attacherait plus aux effets qu’aux causes du fondamentalisme, laissant les femmes concernées encore plus isolées et vulnérables, les hommes échappant à toute sanction. La CNCDH a attiré l’attention sur les risques d’effets pervers, au regard même de l’exigence de mixité.

La CNCDH recommande notamment des efforts de pédagogie et d’éducation aux droits de l’homme, de sensibilisation et de médiation, afin de renforcer le vouloir vivre ensemble selon les principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité qui sont notre patrimoine commun. Elle encourage les autorités publiques à soutenir les femmes qui subissent des violences et à appliquer pleinement les réglementations existantes, en matière d’ordre public ou de neutralité des services publics.

En conclusion, le Président Yves Repiquet a souligné que, « dans l’attente des conclusions du rapport de la mission d’information parlementaire, la CNCDH poursuivra ses réflexions et ses travaux ».

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Gaza asphyxiée par le blocus israélien : un scandale !

Décembre 2008, Israël lançait son offensive meurtrière contre Gaza. Bilan: 1 400 morts, des milliers de blessés, une destruction massive d’habitations et d’équipements collectifs.
Depuis un an, près d’un million et demi de Palestiniens restent prisonniers dans la bande de Gaza toujours soumise au blocus israélien qui empêche toute reconstruction.

Cette situation est un scandale !

Le collectif toulonnais Pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens
appelle à un rassemblement mercredi 3 février à 18h30, Parvis des Droits de l’Homme à Toulon, pour demander

  • la levée du blocus de Gaza et l’acheminement rapide de l’aide internationale,
  • que les enquêtes internationales sur les crimes de guerre aillent jusqu’au bout et soient suivis de poursuites à l’encontre des responsables,
  • la reconnaissance réelle des droits nationaux du peuple palestinien, condition indispensable à une paix durable.

Ci-dessous deux textes, repris d’Amnesty International pour l’un, et de l’Union juive française pour la paix pour l’autre, exposent la situation actuelle10.

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Georges Frêche, la gauche colonialiste

Les dérapages verbaux du président de la région Languedoc-Roussillon ne se comptent plus. Mais, comme le remarque l’association Harkis et droits de l’Homme, il aura fallu que le sujet de son dernier dérapage soit un membre éminent du Parti socialiste – Georges Frêche a évoqué la «tronche pas catholique» de Laurent Fabius – pour que le parti se décide enfin à régler le “cas Frêche”.

C’est que Georges Frêche est une personnalité politique de poids en Languedoc-Roussillon. Son implantation locale s’est notamment appuyée sur un clientélisme affiché envers les nostalgiques de l’Algérie française – Pierre Daum l’a montré dans son article «quand Frêche flirtait avec les ex de l’OAS». La défense des colonies est une des traditions du Parti socialiste, en particulier dans le midi méditerranéen – voir cette page. Comme l’explique l’historien Gilles Manceron, Georges Frêche est un des derniers survivants d’une certaine tradition de la gauche colonialiste qui «remonte à Jules Ferry et on la retrouve dans la SFIO de Guy Mollet, où se mêle au discours républicain celui de la mission colonisatrice des races supérieures vis-à-vis des races inférieures»11.

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