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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

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A-la France et les Roms “européens”

Roms : racisme en circulaires

A la suite du vote par le Parlement européen d’une résolution demandant à la France et aux autres États membres de « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms », le ministre de l’Immigration avait déclaré dans un communiqué que « La France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms. Notre droit ne connaît les étrangers qu’à raison de leur nationalité. Les Roms ne sont pas considérés en tant que tel, mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité.»

Ces propos ont été démentis par la publication sur le site du Canard social de trois circulaires adressées aux préfets par le ministère de l’intérieur – la première est signée par les ministres de l’Intérieur et de l’Immigration. La seconde, datée du 5 août 2010 et signée par Michel Bart, chef de cabinet du ministre de l’Intérieur, montre que, contrairement aux affirmations du ministre, les Roms étaient explicitement visés. Le texte rappelle en effet aux préfets les «objectifs précis» fixés par le président de la République – «300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms» – et demande aux préfets d’engager «une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms».

Cette circulaire ayant fait scandale a été remplacé le 13 septembre 2010 par un texte plus présentable signé par Brice Hortefeux
relative à l’évacuation des campements illicites

Pour télécharger les circulaires adressées aux préfets par le ministère de l’Intérieur :

Nous reprenons ensuite, avec son autorisation, l’article paru sur le site Le canard social, suivi d’un commentaire de la seconde circulaire par Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme.

[Mis en ligne le 12 septembre 2010, mis à jour le 13]


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Evacuation d'un camp de Roms à Vénissieux, le 28 août 2007 (©BELGA/AFP/JEFF PACHOUD)
A-la France et les Roms “européens”

le Parlement européen demande la suspension immédiate de toutes les expulsions de Roms

Le Parlement européen a adopté le 9 septembre 2010 par 337 voix pour, 245 contre et 51 abstentions, une résolution, présentée par les socialistes, les libéraux, les Verts et les communistes, demandant à la France et aux autres Etats membres de « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms ». Cette résolution :

  • rappelle que les expulsions collectives et le relevé d’empreintes sont interdits,
  • demande aux décideurs politiques d’éviter toute rhétorique « provocatrice et discriminatoire »,
  • et regrette la réaction « tardive et réservée » de la Commission.

La résolution adoptée n’a pas de valeur contraignante… Le jour même, Eric Besson, ministre français de l’immigration, en déplacement à Bucarest, a déclaré qu’il n’était «pas question» que la France suspende les reconduites à la frontière de Roms. Selon M. Besson, le Parlement européen est «sorti de ses prérogatives et nous n’avons bien évidemment pas à nous soumettre à un diktat politique», ajoutant que la «France applique scrupuleusement le droit communautaire et elle respecte scrupuleusement la loi républicaine française».

[Mise en ligne le 9 septembre 2010, mise à jour le 11]

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Mémorial du Quai Branly

Mémorial du Quai Branly, l’esprit colonial est toujours vivace au cœur de l’Etat

Réagissant à la présence sur la colonne centrale du mémorial du quai Branly des noms des morts lors de la fusillade du 26 mars 1962 rue d’Isly, Anne Guérin-Castell a publié une série en trois volets sur le journal en ligne Médiapart. Elle précise qu’il ne s’agit pas de nier la réalité de ce qui s’est passé rue d’Isly ce jour-là1. Ce qu’elle dénonce dans cette série, ce sont «trois points très précis qui concernent directement Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants :

  1. le fait que les noms des morts de la rue d’Isly soient inscrits sur la colonne centrale du mémorial du quai Branly : premier volet ;
  2. le fait que si des noms de victimes civiles de l’OAS étaient inscrits sur cette même colonne, rien ne viendrait renseigner sur les circonstances de leur mort, ces noms se retrouvant rangés par ordre alphabétique avec ceux des morts de la rue d’Isly : troisième volet;
  3. le fait que s’il était demandé que les noms des six inspecteurs dont l’assassinat est relaté dans le deuxième volet figurent sur cette colonne, seuls trois d’entre eux y auraient droit, avec éventuellement un quatrième, le secrétariat d’État à la Défense et aux Anciens Combattants excipant pour cela, sans aucune vergogne, d’un code de la nationalité d’essence raciste. »
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Nouvelles pressions à l’approche de la sortie du film “Hors la loi”

Un certain nombre d’associations qui avaient manifesté en mai 2010 contre la présence du film Hors la loi de Rachid Bouchareb au Festival de Cannes, en raison d’une séquence de quelques minutes évoquant les massacres de Sétif en mai 1945, font à nouveau pression sur France Télévisions à la veille de la sortie du film en salles le 22 septembre. Selon l’hebdomadaire Le Point du 25 août 2010, elles ont sollicité le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui a écrit aux dirigeants de France Télévisions pour leur demander d’organiser un débat au moment de cette sortie. L’hebdomadaire relève que cette surprenante intervention n’entre pas dans le cadre des attributions du CSA. Le “lobby algérianiste”, qui annonce, par ailleurs, vouloir troubler la diffusion commerciale de ce film, était déjà intervenu auprès du CSA et de la direction de France 3 à la suite de la diffusion sur cette chaîne du documentaire Les Porteuses de feu le 26 janvier 2008.

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les séquelles psychiques de la guerre d’Algérie (pour les anciens appelés)

Près de deux millions de jeunes ont été appelés entre 1956 et 1962 pour participer à la guerre coloniale en Algérie. On peut estimer que plusieurs centaines de milliers en sont revenus psychiquement malades. Dans le texte que nous reprenons ci-dessous, Gilbert Argelès rappelle que la France n’a jamais vraiment affronté le problème et que, malgré leur âge maintenant avancé, beaucoup des anciens combattants de cette guerre qui ne disait pas son nom continuent à souffrir de ses suites.

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Harkis

“les Harkis, histoire, mémoire et transmission”, par Fatima Besnaci-Lancou, Benoît Falaize et Gilles Manceron

La guerre d’Algérie devient un objet d’histoire abordé à l’école primaire, au collège et au lycée. Mais la question de la place des harkis, ces supplétifs enrôlés aux côtés de l’armée française, est souvent laissée dans l’ombre en raison des passions qu’elle suscite et des clichés qui perdurent. Grâce aux repères rigoureux proposés au fil des pages, cet ouvrage aidera notamment les enseignants à aborder cette question dans leurs cours.

La première partie examine l’état des connaissances historiques sur le sujet en répondant à quatre questions décisives : À quel objectif répondait le recrutement des harkis ? Comment explique-t-on cet engagement ? Dans quelle mesure peut-on dire que l’État français les a abandonnés ? Que sait-on de l’ampleur des massacres à l’indépendance de l’Algérie ?

Les seconde et troisième parties du livre traitent respectivement de la gestion de la mémoire (lieux, littérature, cinéma…) et de la façon dont l’Éducation nationale aborde la question des harkis dans les programmes, les manuels et les pratiques scolaires en France et en Algérie.

Nous reprenons ci-dessous la préface de cet ouvrage par l’historien Philippe Joutard, suivie d’un extrait de l’introduction et de la table des matières.

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“Aux origines d’un certain regard” par Benjamin Stora

Le retour sur l’histoire permet d’intervenir dans les méandres du présent… La leçon est bien connue, encore faut-il sans cesse la mettre en œuvre, au risque de succomber au culte de la nouveauté perpétuelle et de l’étonnement conduisant au désarroi politique. Depuis le discours de Grenoble de l’été 2010 une politique répressive se développe, de l’expulsion des Roms aux propositions de déchéance de la nationalité française. Une situation qui renvoie à des souvenirs d’histoire troublants, non ceux de la politique vichyssoise, mais à ceux qui précèdent l’application de cette politique funeste du début des années 1940.2

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Marie-José Chombart de Lauwe : «attention danger !»

Engagée dans la Résistance à l’âge de 17 ans, arrêtée puis déportée à Ravensbrück et Mauthausen, Marie-José Chombart de Lauwe préside depuis treize ans la Fondation pour la mémoire de la déportation. Aujourd’hui elle condamne la politique menée envers les Roms.

Dans sa déclaration3, Marie-José Chombart de Lauwe rappelle que Roms et Tziganes ont fait l’objet d’un génocide systématique de la part des nazis, « ce qui justifierait des égards […] comparables à ceux consentis à d’autres. » Et elle cite Jacques Sémelin, pour qui « le massacre est le résultat d’une démarche mentale créant un “imaginaire de l’ennemi opposé à l’imaginaire de soi”, instaurant une perception négative de l’Autre dans l’imaginaire collectif. »4

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manifestations en Europe le 4 septembre contre les politiques xénophobes de la France

Des manifestations de protestation sont organisées par le Réseau européen contre le racisme (ENAR).

Contact :Georgina Siklossy, Communication and Press Officer

Téléphone: +32 (0)2 229 35 70 – Mobile: +32 (0)473 49 05 31

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www.enar-eu.org

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Destruction d’un bidonville bulgare le 7 juillet 2010 à Floirac, dans la banlieue bordelaise. (Romeurope)
A-la France et les Roms “européens”

les Roms et la délinquance, selon Maître Eolas

Le 12 juin 1867, Gustave Flaubert écrivait à George Sand :


« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens
qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et
toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient
la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me
suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et
j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à
quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous
les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique,
au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette
haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère.
»5

Monsieur Hortefeux fait partie des gens de l’ordre, c’est bien connu, mais il confond Roms et Roumains : afin de justifier la chasse aux Roms dont il est l’un des organisateurs, il s’est appuyé récemment sur des statistiques de la délinquance perpétrée par des Roumains à Paris6.

Face à une argumentation qui vise à entretenir les préjugés, Maître Eolas a entrepris sur son blog de réfuter les contre-vérités qui fleurissent concernant la délinquance des Roms. Nous reprenons ci-dessous trois extraits de son exposé, afin de donner aux lecteurs l’envie de prendre connaissance de l’original.

[Mise en ligne le 29 août 2810, mise à jour le 30]

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la politique de la France envers les Roms ?critiquée par l’Onu et par le Conseil de l’Europe

Après avoir examiné la situation des minorités en France, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CERD) a publié, vendredi 27 août, une série de recommandations. Les dix-huit experts du CERD se disent globalement préoccupés par « la tenue de discours politiques de nature discriminatoire en France » parallèlement à « une augmentation récente des actes et manifestations à caractère raciste et xénophobe ».

Ils s’inquiètent plus particulièrement du sort des Roms, victimes d’une « montée des manifestations et des violences à caractère raciste ». Dénonçant les derniers renvois massifs de Roms en Bulgarie et en Roumanie, sans « leur consentement libre, entier et éclairé », ils demandent à la France « d’éviter en particulier les rapatriements collectifs » et « d’œuvrer à des solutions pérennes ».

Ces observations ont été accueillies avec satisfaction par la LDH et la FIDH, qui se félicitent dans un communiqué que « le gouvernement français soit rappelé à l’ordre à propos des violences racistes et des récents renvois collectifs infligé aux Roms et des traitements discriminatoires frappant les gens du voyage ».
A la suite de ce communiqué nous reprenons un extrait des observations finales du CERD concernant la France.

Dans la soirée du 24 août, on avait appris – voir ci-dessous – que la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) du Conseil de l’Europe avait également pris fermement position en déclarant notamment que : «L’antitsiganisme, qui constitue une forme particulière du racisme, devrait être combattu de manière efficace dans tous les pays européens».

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