
Roms : racisme en circulaires
A la suite du vote par le Parlement européen d’une résolution demandant à la France et aux autres États membres de « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms », le ministre de l’Immigration avait déclaré dans un communiqué que « La France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms. Notre droit ne connaît les étrangers qu’à raison de leur nationalité. Les Roms ne sont pas considérés en tant que tel, mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité.»
Ces propos ont été démentis par la publication sur le site du Canard social de trois circulaires adressées aux préfets par le ministère de l’intérieur – la première est signée par les ministres de l’Intérieur et de l’Immigration. La seconde, datée du 5 août 2010 et signée par Michel Bart, chef de cabinet du ministre de l’Intérieur, montre que, contrairement aux affirmations du ministre, les Roms étaient explicitement visés. Le texte rappelle en effet aux préfets les «objectifs précis» fixés par le président de la République – «300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms» – et demande aux préfets d’engager «une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms».
Cette circulaire ayant fait scandale a été remplacé le 13 septembre 2010 par un texte plus présentable signé par Brice Hortefeux
relative à l’évacuation des campements illicites
Pour télécharger les circulaires adressées aux préfets par le ministère de l’Intérieur :
- circulaire du 24 juin 2010
- circulaire du 5 août 2010
- circulaire du 9 août 2010
- circulaire du 13 septembre 2010
Nous reprenons ensuite, avec son autorisation, l’article paru sur le site Le canard social, suivi d’un commentaire de la seconde circulaire par Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme.



