
le pacte du silence, par Sonia Combe
En janvier 1998, le conseiller d’État Dieudonné Mandelkern remettait le Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 établi par la mission qu’il avait présidée1.
Après avoir énuméré les documents sur lesquels la mission a pu travailler, le rapport donne une liste de documents manquants. Des «documents dont l’intérêt aurait dû imposer la conservation, mais qui ont été parfois détruits ou que la mission n’a pu retrouver2». Par exemple, les archives de la brigade fluviale ont été détruites. «Aucun exemplaire» du rapport du préfet de police au ministre de l’intérieur «relatif à la manifestation du 17 octobre 1961, ne semble avoir été conservé dans les archives de la préfecture de police, pas plus qu’à la direction générale de la police nationale3» – la Présidence de la République et le Premier Ministre étaient également destinataires de ce rapport.
La mission n’a pas trouvé trace des archives des services suivants :
- le service de coordination des affaires algériennes (SCAA).
- le service d’assistance technique (SAT) aux Français musulmans d’Algérie (FMA).
- le centre d’identification de Vincennes (CIV), créé en janvier 1959 pour recevoir les FMA interpellés sur la voie publique.
- les archives de la direction de la réglementation du ministère de l’intérieur (les arrêtés ministériels prononçant des assignations à résidence ou des mesures d’éloignement).
Sonia Combe, auteur de Archives interdites. L’histoire confisquée4 rappelle brièvement les violents débats auxquels l’application de la loi du 3 janvier 1979 sur les archives 5 a donné lieu en février 1999 à l’occasion du procès de Maurice Papon contre Jean-Luc Einaudi.







