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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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Algérie : les affrontements des années 1990

marche pour les disparus : tous contre l’impunité en Algérie

La Coalition d’associations de victimes des années 1990 – constituée de : Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), Sos Disparus, Djazairouna, Somoud – appelle à une marche pour les disparus, allant du métro Belleville à la Place de la République, samedi 8 octobre 2011 (départ à 15 h).

A partir de 17h, rassemblement Place de la République, avec prise de parole et musique.1

Dans le contexte des révolutions du monde arabe, la Coalition réaffirme que
la lutte contre l’impunité est partie intégrante de celle pour le changement et la démocratie.

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“Fatima pour mémoire”, par Didier Daeninckx

Le 17 octobre 1961– c’était un mardi – des milliers d’Algériens et d’Algériennes
défilèrent dans Paris pour protester contre le couvre-feu qui leur était imposé par le préfet Maurice Papon. Si, depuis plus de cinq ans, la guerre faisait rage en Algérie, cette manifestation organisée par le FNL était pacifiste. Les hommes et les femmes s’étaient endimanchés, certains vinrent avec leurs enfants. Ils ne portaient aucune arme, avaient consigne de ne répondre à aucune violence. Mais sur les ponts, au sortir des métros… les forces de l’ordre les attendaient. La répression fut féroce: des milliers de blessés, des dizaines de morts – jusqu’à 300, affirme l’historien Jean-Luc Einaudi. Durant des jours, des cadavres furent retrouvés dans la Seine. Officiellement, il n’y a eu que deux morts. Aujourd’hui encore, l’Etat nie les faits historiquement établis et, sous couvert de raison d’Etat, empêche de faire toute la lumière sur cette répression féroce.

Jusqu’au 17 octobre 2011, jour du cinquantenaire de ce mardi macabre,
Mediapart publie, en association avec Au Nom de la Mémoire, collectif animé
par Mehdi Lallaoui et Samia Messaoudi, les textes de 17 écrivains, hommes et
femmes, français et algériens, rappelant le souvenir de cet épisode sombre et
honteux de notre histoire – ces textes seront publiés en librairie. Ci-dessous le texte de Didier Daeninckx, auteur en 1983 de Meurtres pour mémoire (Gallimard), un roman noir dont l’action se situe le 17 octobre 1961.

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Le 17 octobre 1961

Benjamin Stora : dans les eaux glacées de la mémoire du 17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961, à l’appel du FLN une manifestation pacifique est organisée pour protester contre le couvre-feu discriminatoire instauré par le Préfet de police Maurice Papon. Les forces de l’ordre dispersent cette manifestation avec une grande violence : selon les historiens, on compte aux alentours de 100 à 200 morts et disparus et 2300 blessés.

Les massacres qui se sont déroulés à Paris servent de toile de fond à Octobre noir, une BD dont Didier Daeninckx est le scénariste et Mako le dessinateur, et qui rend hommage à Fatima Bédar, tuée pendant la manifestation, mais aussi à tous les anonymes qui ont participé à cette tragédie. Benjamin Stora en a écrit la préface reprise ci-dessous.

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Fillette rom à l'aéroport de Bucarest, retour de Marseille, le 14 septembre 2010. Elle faisant partie d'un groupe de Roms roumains rapatriés à la suite d'une OQTF (© 2010 Reuters)
A-la France et les Roms “européens”

HRW dénonce la politique de la France envers les Roms

Dans un communiqué du 29 septembre 2011, Human Rights Watch dénonce la politique de la France envers les Roms : «les autorités françaises expulsent et éloignent de façon massive les Roms originaires d’Europe de l’Est séjournant en France», déclare l’organisation de défense des droits de l’Homme, tout en rendant public un document d’information qu’elle a adressé en juillet à la Commission européenne.

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évacuation de Roms à Marseille : “un cynisme qui fait école en Europe”

Mardi matin, 27 septembre 2011, près de 200 Roms roumains ont été évacués par la police dans le quartier de Font Vert à Marseille. Parmi eux, figu­raient des enfants scolarisés et des nour­ris­sons.

Ces évacuations musclées de Roms comme le récent tramway de la honte en région parisienne relèvent de la communication médiatico-électorale et témoignent de l’absence d’une volonté de s’attaquer aux problèmes de fond. Pour la Ligue des droits de l’Homme, s’en prendre aux plus faibles, désigner des boucs émissaires n’est pas tolérable : toute personne a droit au respect de sa dignité et de l’égalité de ses droits.

Ci-dessous, après une vidéo enregistrée à Marseille le 27 septembre, un communiqué de la fédération des Bouches-du-Rhône de la LDH, et, pour terminer, un article datant d’il y a un an dans lequel le Guardian dénonçait un «cynisme qui fait école en Europe».

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Marseille

Théo Balalas … hélas, hélas …

Ancien de l’OAS «où il a travaillé avec Gilles Buscia2», puis cofondateur en 1972 du Front national à Marseille, Théodore Balalas (alias Théo) est passé au socialisme sous Gaston Defferre. Tout en restant membre de l’Adimad, association des anciens détenus de l’OAS, Théo Balalas a adhéré au Parti socialiste vers la fin des années 70. Il y a joué les intermédiaires avec l’extrême droite locale jusqu’au début des années 90, et il y a présidé pendant une dizaine d’années l’importante Commission des adhésions de la fédération du PS des Bouches-du-Rhône.

Dans son livre Derrière les lignes du Front récemment publié, Jean-Baptiste Malet, journaliste d’investigation et rédacteur à Golias Hebdo, rapporte que Théo Balalas est toujours membre de l’Adimad, association de nostalgiques dont un fait de gloire est la pose d’une stèle commémorative des combattants de l’Algérie française au cimetière de Marignane.

Mais, aujourd’hui, Malek Boutih demande son exclusion du PS, au motif qu’un «facho n’a pas sa place au Parti socialiste» – démarche fréquemment mal comprise dans le midi méditerranéen, l’organisation terroriste y bénéficiant souvent d’une indulgence pour le moins surprenante3.

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la France doit voter pour que la Palestine devienne le 194e État des Nations unies

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, dont la LDH fait partie, demande que la France vote pour l’entrée de la Palestine aux Nations unies.
Auparavant, la Ligue des droits de l’Homme avait adressé une lettre ouverte au Président de la République appelant le gouvernement français, l’Union européenne et ses États membres à soutenir de leur vote la reconnaissance par les Nations unies de l’État de Palestine.

Les personnalités du groupe The Elders, présidé par l’archevêque Desmond Tutu, interviennent dans le même sens.

[Mis en ligne le 15 septembre 2011, mis à jour le 23]

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La petite Delphine Renard
Charonne 8 février 1962

 8 février 1962 : massacre à la station Charonne

Le 8 février 1962, au moment de la dispersion d’une manifestation pacifique de protestation contre une série d’attentats de l’OAS à Paris, une violente charge de policiers provoque la panique. Bilan : huit morts (plus un qui décédera des suites de ses blessures), des dizaines de blessés, dont certains très grièvement…

Aucun responsable du massacre de Charonne n’a été jugé, aucune sanction n’a été prononcée… Pas de coupable ! Il est vrai que la tolérance dont bénéficient les violences policières fait partie du patrimoine culturel de notre pays.

Par ailleurs on peut se demander avec Pierre Vidal-Naquet comment les victimes des policiers au métro Charonne «avaient effacé dans la mémoire du pays […] le crime majeur du 17 octobre4», avant que les massacres d’Algériens en octobre 1961 ne ré-émergent dans la mémoire collective française.

[Cette page, mise au point le 23 septembre 2011, n’a été mise en ligne que le 30]

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Harkis

les Harkis attendent une reconnaissance et non des médailles

Le 25 septembre 2001, le président Jacques Chirac a institué le 25 septembre de chaque année comme journée nationale d’hommage aux harkis. À la veille du dixième anniversaire de cette décision, il semble malheureusement que le président Nicolas Sarkozy n’ait toujours pas l’intention d’honorer sa promesse du 31 mars 2007 de «reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis ».

Après la Ligue des droits de l’Homme, l’association Harkis et droits de l’Homme demande solennellement au président de la République de respecter son engagement.

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Maurice Papon, préfet de police en octobre 1961, arrive au tribunal de Paris en 1999 (Reuters)
Le 17 octobre 1961

“ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961”, film de Yasmina Adi

Un film documentaire de 1h30, réalisé par Yasmina Adi, sur les massacres du 17 octobre 1961 à Paris, sortira en salle le 19 octobre prochain : Ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961.

A l’occasion du cinquantenaire de la violente répression sur ordre du préfet de police Maurice Papon de la manifestation d’Algériens,
Yasmina Adi, dont on se rappelle le documentaire l’autre 8 mai 1945 – aux origines de la guerre d’Algerie (2008) a voulu réaliser ce nouveau film Ici on noie les Algériens – 17 octobre 1961 pour que la vérité remplace les non-dits et pour faire émerger la dimension politique et humaine de cet épisode trop longtemps tu.

Le film sera projeté à Toulon, au cinéma Le Royal dès le 20 octobre. La projection du jeudi 20 octobre à 20 heures sera suivie d’un débat organisé par la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme ; une affichette présentant cette séance est téléchargeable (pdf) – merci de la diffuser.

[Mis en ligne le 17 septembre 2011, mis à jour le 22]

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A-la France et les Roms “européens”

faits divers ou montée de la xénophobie ?

En Essonne, le président d’une association de soutien aux Roms avait aidé à nettoyer un bidonville. Un coup de balai qui lui vaut d’être poursuivi pour « dépôt d’ordures sur la voie publique » ! Signez et faites signer la pétition de soutien à Serge Guichard.

Le Conseil de l’Europe publie un communiqué dans lequel il exprime son inquiétude devant la montée de la xénophobie en Italie. Mais celle-ci se développe aussi en France, entretenue par certains politiques qui n’hésitent plus, par démagogie électorale, à flatter de façon irresponsable « le ventre encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ».

[Mis en ligne le 12 septembre 2011 – le communiqué LDH a été ajouté le 19]

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les massacres du 17 octobre 1961 vus à travers les journaux télévisés de 1996 à 1999

Il y a cinquante ans, le 17 octobre 1961, la manifestation pacifique des Algériens, qui défilaient dans Paris à l’appel du FLN pour protester contre le couvre-feu qui leur était imposé, fut réprimée avec une très grande brutalité par la police. On ne saura jamais le nombre exact des Algériens qui ont succombé sous les coups de la police de Papon, mais on sait qu’ils ont été des dizaines sinon des centaines, que des dizaines d’entre d’eux furent jetés dans la Seine, et que plus de 11 000 furent interpellés.

Le nombre des victimes et la brutalité de la répression ont longtemps été occultés par Maurice Papon. Le 20 mai 1998, Jean-Luc Einaudi écrivit dans Le Monde: « En octobre 1961, il y eut à Paris un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon ». Papon lui intenta un procès pour diffamation. C’est la relaxe dont bénéficia Jean-Luc Einaudi en février 1999 qui permit d’établir la réalité d’une répression d’une violence inouïe.

Les extraits de bulletins d’information télévisés de 1996 à 1999, repris ci-dessous des archives de l’INA, permettent de suivre la mise au jour progressive de la réalité des massacres d’octobre 1961 à Paris.

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