4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Ghislaine Ruvira, juin 1962. (photo : Bayard jeunesse)
Les Européens d'Algérie et leur exode

 1962 : l’exode de Ghislaine, oranaise …

La guerre d’Algérie est un événement historique complexe qui a broyé beaucoup de ceux qui l’ont vécu. En novembre 2004, les éditions Bayard jeunesse ont publié un dossier Okapi réalisé par Antoine d’Abbundo, J’ai vécu la guerre d’Algérie, 1954-1962, comportant les témoignages de quatre protagonistes – un appelé du contingent1, un moudjahid, un harki et une «pied-noire».

Nous avons choisi, avec l’autorisation de l’éditeur, de reprendre le dernier de ces témoignages, celui de Ghislaine Ruvira, pied-noire d’Oran, qui a dû, début juillet 1962, quitter définitivement l’Algérie, «son pays», «le pays où [elle est] née».2.

Lire la suite »
Alain Lopez tient à renforcer les liens d'amitié avec le Maghreb. (Photo reprod.)
1962, la fin de la guerre d'Algérie

de la liberté de commémorer la fin de la guerre d’Algérie…

Faute de pouvoir interdire le colloque “Algérie 1962: pourquoi une fin de guerre si tragique?”, le maire de Nice, Christian Estrosi avait demandé à la Ligue des droits de l’Homme de «surseoir» à son projet. La LDH a refusé de céder à cette pression et le colloque s’est tenu les 10 et 11 février derniers, sans incident majeur, mis à part les cris d’oiseaux proférés par une vingtaine de perturbateurs nostalgériques, au début de la matinée.

D’autres réunions et colloques prévus pour les jours prochains, à l’occasion du cinquantenaire des Accords d’Evian, sont l’objet de menaces. À Samatan (Gers), la soirée couscous qui devait conclure la journée du 25 février a été annulée par le maire, suite à la pression d’un groupe d’activistes pour lesquels la seule vision acceptable de la guerre d’Algérie est celle de l’“Algérie française” – mais la projection-débat du film El gusto est maintenue.

Il importe que les autres colloques, notamment ceux qui sont prévus à Nîmes3 et à Évian, puissent se tenir dans le calme et la sérénité.
Dans une démocratie, il incombe aux pouvoirs publics de veiller au respect de la liberté d’expression.

[Mis en ligne le 22 février 2012, mis à jour le 23]

Lire la suite »

Colloque LDH de Nice en février 2012 : lettre ouverte d’André Nouschi à Christian Estrosi

André Nouschi, «Juif, Pied noir » et professeur d’histoire, a été scandalisé par le communiqué de Christian Estrosi manifestant son opposition au colloque organisé par la Ligue des droits de l’Homme les 10 et 11 février derniers. Il a adressé le texte ci-dessous au Patriote Côte d’Azur qui l’a publié dans le courrier des lecteurs de son édition du 17 février 2012.

Après ce texte qu’André Nouschi nous autorise à reprendre comme une lettre ouverte au maire de Nice, vous pourrez prendre connaissance du compte-rendu du colloque de la LDH publié dans le même numéro de cet hebdomadaire, puis de la lettre de soutien qu’André Nouschi avait adressée fin janvier au collectif Non à un hommage officiel à Bigeard.

Lire la suite »
Un détail du mémorial de Nice
Nice

Nice célèbre le cinquantième anniversaire de l’exode des Français d’Algérie

Comment faut-il comprendre Christian Estrosi quand il déclare à propos de la célébration du cinquantenaire de “l’exode d’un million de personnes” : « Tout n’a pas été dit sur cette période. Il reste bien des choses à dire. Et ce qui doit être dit doit être dit à Nice4 » ?

Cette question se pose pour différentes raisons. En effet, le député-maire de Nice s’était ému il y a quelques jours de la tenue dans sa ville d’un colloque organisé par la LDH les 10 et 11 février 2012, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, et il avait fait aussitôt connaître sa «totale désapprobation quant à cette démarche, qui ne s’inscrit en aucune manière dans le cadre ou l’esprit, de la commémoration du Cinquantenaire à Nice».

En octobre 2011 déjà, Christian Estrosi avait interpellé le consul d’Algérie à Nice pour lui exprimer son étonnement face à l’organisation d’une conférence sur les événements du 17 octobre 1961 « qu’un certain nombre de ses administrés considèrent comme une provocation susceptible de générer des tensions».

En revanche, pour le cinquantenaire du putsch d’Alger en avril dernier, il avait permis aux nostalgiques de l’OAS de fleurir le mémorial dédié “aux martyrs de l’Algérie française” du jardin d’Alsace-Lorraine – monument qui rend notamment hommage à Roger Degueldre, responsable des “commandos Delta” qui assassinèrent six dirigeants des centres sociaux-éducatifs à Alger, le 15 mars 1962.

Un détail du mémorial de Nice
Un détail du mémorial de Nice

La municipalité niçoise a prévu de célébrer le cinquantenaire de l’“exode”. Le programme officiel précise que la commémoration doit se dérouler «sous le sceau de l’exigence mémorielle et du recueillement». Un élément important sera sans doute l’érection sur la Promenade des Anglais d’un monument à la mémoire des Pieds-Noirs – « un monument qui regardera de l’autre côté de la mer » et qui sera inauguré le 30 juin prochain.

Lire la suite »

Le scandale des essais nucléaires français du Sahara

Alors que l’Organisation nationale des moudjahidine vient de sortir de son long silence évoquant, dimanche dernier, 30 000 victimes des essais nucléaires français dans [le Sahara algérien] (1960-1968), les habitants des régions irradiées à In Ekker continuent, cinquante après, de souffrir des retombées de ces catastrophes humaines et écologiques. Un drame que ni l’Algérie ni la France ne semblent vouloir affronter. Reportage.

Un dossier publié dans El Watan, le 17 février 20125.

Lire la suite »
Photo Robert Terzian
Rejet des Roms et gens du voyage

les Roms, boucs émissaires et cobayes d’une politique sécuritaire

Le Collectif national des droits de l’Homme (CNDH) Romeurop a rendu public le 16 février 2012 son rapport 2010-2011 sur la situation en France des Roms
6. Les associations du Collectif constatent qu’elle s’est gravement dégradée ces deux dernières années, en particulier depuis le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble, en juillet 2010. Les Roms sont à la fois des boucs émissaires et les cobayes d’une politique anti-pauvres : le collectif s’alarme de la mise en place d’un « arsenal juridique spécifique, qui veut limiter le droit de séjour, restreindre le droit de circulation, faciliter les évacuations des squats et terrains occupés de manière “illicite” et interdire la mendicité. »

Vous trouverez ci-dessous l’introduction de ce rapport, suivie d’un extrait concernant le fichage dont ils sont l’objet, puis d’un article consacré à la situation à Marseille.

Lire la suite »
© Aurel
Oran 1962

“Oran, 5 juillet 1962…”, par Pierre Daum

Il y a cinquante ans, le peuple algérien accédait à l’indépendance. En juillet 1962, les journées de liesse ne furent entachées d’aucune violence envers les Français encore présents. Sauf à Oran, où des dizaines de pieds-noirs furent tués par la foule. Depuis un demi-siècle, les principaux récits de ce massacre ignorent les témoignages des Algériens.

Pierre Daum, journaliste, auteur notamment du livre “ni valise ni cercueil”, est allé enquêter sur place. Voici ce que cet envoyé spécial du Monde Diplomatique a publié dans l’édition de janvier 2012 du mensuel.

Lire la suite »

l’Algérie, cinquante ans plus tard, par Michèle Villanueva

Il y a un an, un éditeur libraire m’a proposé de faire partie d’un projet collectif à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance algérienne. Sous-forme de témoignage, il s’agissait d’évoquer notre ressenti ou notre vécu, “Nous et l’Algérie”, par un texte personnel – toutes les formes littéraires étant acceptées à l’exception de la fiction.

À mon premier envoi, on m’a signifié que mon texte faisait une part trop importante à l’Histoire. Je l’ai modifié trois à quatre fois, mais cela n’a pas suffi. Il est vrai que je ne peux évoquer mon passé en faisant abstraction du canevas tragique de la décolonisation qui en a constitué la toile de fond. Voici donc mon témoignage où s’entremêlent, de façon indissociable, ma vie personnelle et l’Histoire.

Michèle Villanueva

auteure de L’écharde7

Lire la suite »

quand Estrosi se fait balader par un Français d’Algérie

Il est bien connu au bord de la Méditerranée que, dès qu’une association de la nébuleuse pied-noir commence à froncer les sourcils, les politiques se mettent au garde-à-vous, de peur sans doute de perdre quelques voix au cours des élections à venir… quitte à se ridiculiser.

C’est la mésaventure qui vient d’advenir à Christian Estrosi, maire de Nice : la LDH a refusé de surseoir au colloque qu’elle a organisé les 10 et 11 février derniers. Elle a maintenu le colloque prévu et la rencontre s’est fort bien déroulée – on peut sans exagération parler de succès. Mais d’autre part la question se pose maintenant de l’existence de l’association U.N.F.A.N. au nom de laquelle le maire de Nice avait été sollicité : la consultation du JO Associations comporte en effet la mention de sa dissolution à la date du 23 août 2007 (voir ci-dessous) !

Lire la suite »

la LDH a refusé la censure de Christian Estrosi

L’arrivée à Nice de 40 000 pieds-noirs et harkis au début des années 1960 a été un événement important, justifiant le choix de cette ville pour l’organisation par la LDH, le 11 février 2012, d’un colloque sur le thème “Algérie 1962, pourquoi une fin de guerre si tragique ?” Cette journée de rencontre avait été précédée la veille d’une représentation de l’émouvant Contraire de l’amour, adaptation par Dominique Lurcel du Journal de Mouloud Feraoun.

Le 9 février, Christian Estrosi, maire de Nice, avait demandé à la LDH de “surseoir à la tenue de ce colloque”, au motif que celui-ci ne s’inscrit pas dans “l’esprit” de la commémoration organisée par sa municipalité. La LDH, qui a toujours agi dans le respect des victimes de ce conflit, a refusé de céder à une telle incongruité et le colloque s’est déroulé comme prévu. Environ 200 personnes ont participé à des échanges sur lesquels nous reviendrons. Une journée particulièrement riche que les noms d’oiseaux lancés par une vingtaine de “nostalgériques” venus en perturbateurs n’ont pu gâcher. Les différents intervenants sont notamment revenus sur le rôle de l’OAS.

Ci-dessous, un communiqué émanant de la mairie de Nice, suivi de la réaction de la section de Nice de la LDH, et de la lettre que Pierre Tartakowsky, président de la LDH, a adressée au maire de Nice et au ministre de l’Intérieur. Vous compléterez ces informations en consultant la page qui expose comment Estrosi s’est fait balader par un Français d’Algérie.

[Mis en ligne le 9 février 2012 à 19h45, mis à jour le 12 à 11h30]

Lire la suite »

Patrick Chamoiseau : soutien total à Serge Letchimy

Les propos très polémiques sur la hiérarchie des civilisations tenus par Claude Guéant, samedi 4 février, continuent à susciter des réactions. Le mardi suivant, le député Serge Letchimy comparait à la tribune de l’Assemblée Nationale l’idéologie défendue par le ministre de l’Intérieur à celle ayant amené aux camps de concentration. L’écrivain Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992, prend la défense de Serge Letchimy dans une tribune publiée le 10 février dans LeMonde.fr et reprise ci-dessous.

Lire la suite »