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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

expulsions de Roms : l’UE ne respecte pas ses engagements en matière de droits de l’Homme !

Durant l’été 2012, de nombreux gouvernements de l’Union européenne ont expulsés des Roms de leurs logements. Certains Etats ont également expulsé ces populations hors de leurs frontières. Dans un communiqué repris ci-dessous, l’Association Européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) appelle les Etats à cesser ces expulsions et à mettre fin à leurs politiques de stigmatisation des Roms.

Auparavant, vous pourrez écouter la plaidoirie, prononcée dimanche matin 16 septembre 2012 au micro de France-Inter, par Maître Christian Charrière Bournazel, président du Conseil national des barreaux, pour défendre la cause des Roms.

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Maryse Joissains (Nicolas Vallauri/PhotoPQR/MaxPPP)
Aix-en-Provence

Albert Camus otage à Aix-en-Provence

Voilà quatre ans qu’une grande exposition sur Albert Camus est programmée à Aix-en-Provence. Prévue pour septembre 2013, elle devait être un des principaux événements de “Marseille-Provence 2013” (MP 2013). L’historien Benjamin Stora, un des meilleurs spécialistes des rapports entre la France et l’Algérie, officiellement chargé du projet, avait bâti un scénario de 54 pages pour une exposition intitulée “Albert Camus, l’étranger qui nous ressemble”.

Tout a été remis en cause en avril dernier. Motif invoqué : Catherine Camus, fille de l’auteur du Premier homme, refusait de prêter certains documents. On ignore si la maire d’Aix (Droite populaire) s’est beaucoup dépensée pour défendre Benjamin Stora, dont les travaux n’ont pas l’heur de plaire aux pieds-noirs “nostalgériques”, mais on apprenait au cours de l’été que Maryse Joissains avait choisi un nouveau commissaire, Michel Onfray, pour un nouveau projet intitulé “Albert Camus, un homme révolté”.

Selon le philosophe, «l’éviction de Benjamin Stora n’est pas politique» : «c’est Catherine Camus qui a décidé de ne plus accorder sa confiance à Benjamin Stora 1».

Néanmoins, à la suite de ce revirement, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a décidé de supprimer tout financement de l’événement. Ce qui posera quelques problèmes et amène tout naturellement à quelques interrogations : y aura-t-il une exposition dans le cadre de MP 2013 ? le musée pérenne prévu2 sera-t-il effectivement créé ? L’article de Catherine Simon, paru dans Le Monde daté du 15 septembre 2012, que nous reprenons ci-dessous, ainsi que la motion de soutien à Benjamin Stora initiée par une vingtaine d’historiens, permettent d’éclairer différents aspects de la situation.

Dernière minute – Michel Onfray a indiqué vendredi 14 septembre 2012 sur son compte Twitter qu’il ne signerait pas la convention qui aurait fait de lui le commissaire de l’exposition consacrée à Albert Camus qui doit se tenir à Aix-en-Provence en 2013, une information confirmée le lendemain matin par le philosophe auprès de l’AFP. La mairie d’Aix-en-Provence a indiqué samedi n’être au courant de rien. (Libération, 15 septembre 11:18)

[Mis en ligne le 14 septembre 2012 à 23h00, mis à jour le 15 à 15h]

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pas d’enfant rom sans école à la rentrée !

Le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation et Romeurope rappellent dans un communiqué commun que le droit à l’éducation des enfants roms n’est pas négociable : ayant ratifié la Convention internationale des droits de l’Enfant, la France a le devoir de scolariser tous les enfants vivant sur son sol, sans distinction d’origine et quel que soit leur lieu de vie.

5 000 à 7 000 enfants roms sont concernés par des difficultés d’accès à l’école.
Pour Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, il est de la responsabilité de notre génération d’éduquer ces enfants pour éviter que les mêmes problèmes se reposent dans dix ans.

Ajout du 14 septembre : les trois circulaires adressées le 12 septembre 2012 par la ministre déléguée à la Réussite éducative aux recteurs d’académie pour favoriser la scolarisation des enfants roms et itinérants (voir ci-dessous).

[Mis en ligne le 5 septembre 2012, mis à jour 14]

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le côté obscur de la rébellion syrienne

Un an et demi après le début de la révolte déclenchée par une contestation populaire qui s’est militarisée au fil des mois face à la répression du régime, les violences en Syrie ne connaissent aucun répit. «Le bilan des pertes humaines est ahurissant, les destructions atteignent des proportions catastrophiques et la souffrance de la population est immense», a déclaré le médiateur international Lakhdar Brahimi.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), plus de 26 000 personnes ont péri depuis mars 2011, près de 250 000 Syriens ont fui leur pays et 1,2 million ont été déplacés. Un éditorial du Monde s’alarme de ce qu’il qualifie de «crime d’État sans précédent».

Bien qu’aucune perspective de règlement n’apparaisse, la plupart des observateurs sont convaincus que le régime d’Assad finira par tomber. Mais on peut s’interroger avec Akram Belkaïd sur ce qui va suivre … car « au pire peut toujours succéder l’“encore pire” ».

[Mis en ligne le 11 septembre 2012, complété le 13]

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Roms: la commune humanité bafouée

Alors que Manuel Valls se rend en Roumanie, Mediapart publie cet appel – à signer en ligne – concernant la politique menée à l’égard des Roms. Cette pétition initiée par un collectif de 105 personnalités, parmi lesquelles Étienne Balibar, Luc Boltanski, Cécile Canut, Éric Fassin, Danièle Lochak, Ariane Mnouchkine, Jean-Luc Nancy, Pap Ndiaye et Gérard Noiriel, dénonce la «banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français» poursuivie par le gouvernement actuel.

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Diverses questions d'histoire

Un lieu d’éducation : le mémorial du camp des Milles

L’ancienne tuilerie des Milles, près d’Aix-en-Provence, a été utilisée dès 1939, d’abord par les autorités françaises puis par celles de Vichy pour y parquer des étrangers, des opposants politiques, des juifs… jusqu’aux cinq convois de la mort de l’été 1942. Ce site, dernier camp français de déportation encore intact, maintenant aménagé en un «lieu de mémoire et d’éducation» a été officiellement inauguré le 10 septembre 2012 en présence du premier ministre Jean-Marc Ayrault qui a annoncé que «la lutte contre le racisme et l’antisémitisme est une priorité de [son] gouvernement ». Ce plan sera « d’abord fondé sur l’éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l’étranger, sur l’autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités et que des vents mauvais ont à nouveau attisés au cours des années passées » a-t-il précisé.

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La Tuilerie.
Diverses questions d'histoire

La lente gestation du mémorial du camp des Milles

Aménagé dans le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact, le mémorial des Milles, inauguré le 10 septembre 2012 par le premier ministre, marque une étape dans la reconnaissance de la responsabilité de l’État français. Ouvert en 1939 sous la Troisième République dans une ancienne tuilerie située près d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), il fut d’abord utilisé comme camp d’internement pour les « étrangers ennemis ». A partir de 1940, le ministère de l’intérieur de Vichy y interna des résistants au nazisme et des « indésirables », et il servit de camp de déportation pour les juifs. Plus de 10  000 personnes, de 38 nationalités, y furent emprisonnées et, durant l’été 1942, 2 000 hommes, femmes et enfants juifs furent déportés des Milles vers Auschwitz. Ci-dessous un petit dossier, mis en ligne en février 2007, qui retrace la gestation de ce projet.

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Deux vétérans et des dizaines de descendants, à Sorgues le 6 septembre 2012.
Les Indochinois immigrés de force (1939-1952)

Sorgues : hommage aux travailleurs indochinois immigrés de force

Après Arles en décembre 2009, la ville de Sorgues (Vaucluse) a rendu hommage le 6 septembre 2012 aux milliers de Vietnamiens qui y avaient été employés à partir de 1939 dans une poudrerie pour un salaire dérisoire et logés dans des camps particulièrement rudes.

Le recours à des travailleurs et tirailleurs coloniaux pour participer à l’effort de guerre à partir de 1939 fait partie des événements longtemps occultés de notre mémoire nationale : en septembre 1939, 27 000 Indochinois ont été requis, la plupart de force, et envoyés en France – 7 000 tirailleurs et 20 000 travailleurs. Après la défaite, 5 000 d’entre eux ont été rapatriés mais les autres sont restés bloqués en France. 3

Deux anciens travailleurs indochinois nonagénaires et de nombreux descendants de ces hommes étaient présents lors de la cérémonie de Sorgues.

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Exposition Albert Camus à Aix : qui est le pilote?

Dans son édition du jour, le quotidien algérien El Watan aborde les difficultés rencontrées par le projet d’exposition sur Albert Camus, dans le cadre de Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture (MP 2013). Cet article que nous reprenons ci-dessous apporte des précisions et soulève plusieurs questions.

MP 2013 avait initialement confié à Benjamin Stora l’organisation de cette exposition intitulée “Camus, cet étranger qui nous ressemble”. Mais, en avril 2012, MP 2013 informe Benjamin Stora par téléphone de l’annulation du contrat.
Catherine Camus, qui gère l’oeuvre et le fonds de son père, explique alors n’avoir pas reçu dans les délais la liste des documents requis pour l’événement.

Fin juillet, Maryse Joissains Masini, maire (UMP) d’Aix-en-Provence et présidente de la communauté du pays d’Aix, demande à Michel Onfray de devenir commissaire d’un nouveau projet d’exposition “Camus, l’homme révolté” – ce qu’il accepte.

Aujourd’hui, MP 2013 se refuse à toute déclaration avant la tenue de son conseil d’administration prévu le 15 octobre, mais des questions se posent :

  • Michel Onfray bénéficie-t-il d’un contrat ? avec MP 2013 ? – on peut remarquer que son nom n’apparaît pas sur le site internet MP 2013 – ou bien a-t-il été engagé par la mairie d’Aix comme commissaire de l’exposition ?
  • L’autorité de tutelle de MP 2013 – le ministère de la culture – a-t-elle été consultée ? Rappelons que Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, a retiré le financement et le logo du ministère pour cette exposition.
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Plantu, Le Monde, 28 août 2012
Hollande, Valls et les Roms

Roms : les promesses n’engagent que ceux qui y croient

Au petit matin du lundi 27 août, un camp situé sur la commune d’Evry, où habitaient plus de 70 Roms, a été démantelé, par application d’un arrêté du socialiste Francis Chouat, successeur de Manuel Valls à la mairie d’Evry. Le démantèlement, réalisé avant toute décision de justice, a d’autant plus choqué que, dès le lendemain, le tribunal d’Evry rejetait le référé d’expulsion. Mais M. Chouat a renvoyé à la ligne définie par le premier ministre : les expulsions sont légitimes, a dit M. Ayrault, « dès lors qu’elles interviennent en application d’une décision de justice ou pour mettre fin à une situation de danger ou de risque sanitaire ».

Contraire à un engagements de François Hollande lors de la campagne pour l’élection présidentielle – pas d’expulsion sans solution de relogement
–, cette politique a été confirmée par la circulaire du 28 août reprise ci-dessous. Une politique critiquée par de nombreuses organisations comme le Syndicat de la Magistrature. Sur le plan international, des experts de l’ONU rappellent qu’en droit international, les expulsions collectives sont interdites, et demandent au gouvernement français de s’assurer que le démantèlement des camps de Roms respecte les normes européennes et internationales des droits de l’homme relatives à la non-discrimination.

[Mis en ligne le 3 septembre 2012, mis à jour le 5]

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vague brune sur l’histoire de France

Comme chaque année à pareille époque, une bruyante campagne est lancée contre l’enseignement de l’histoire, avec le support du Figaro. Le Figaro Magazine du 24 août 2012 publie en effet, sous le titre racoleur Qui veut casser l’histoire de France ?, un article de Jean Sevillia qui mêle des préoccupations idéologiques fortes à une méconnaissance du sujet – un de ses griefs étant la prétendue disparition de la chronologie de la nation au profit de l’histoire du monde.

Nous reprenons ci-dessous la réponse du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) à cette diatribe4. Sur le même sujet, vous pourrez également prendre connaissance de la réaction de Bernard Girard – Sortir de l’histoire de France, publiée sur le site Journal d’école – pour qui il est essentiel de contribuer à faire des élèves des «citoyens du monde».

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1945-1962

l’Humanité censuré, 1954-1962

La liberté de la presse repose en France sur la loi du 29 juillet 1881. Depuis cette date, la censure a été pratiquée de façon systématique à trois reprises : lors de la Première guerre mondiale, sous le régime de Pétain et lors de la guerre d’Algérie.

L’engagement de L’Humanité contre la guerre d’Algérie lui a valu censures et procès : saisi à 27 reprises, le journal a été l’objet de 150 poursuites, dont 49 pour «provocation de militaires à la désobéissance», 24 pour «diffamation envers l’armée», 14 pour «atteinte à la sécurité de l’État» …
Dans un ouvrage qui vient de paraître, Rosa Moussaoui et Alain Ruscio publient l’intégralité des pages censurées du journal.

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